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11/01/2018

John Steinbeck

Je ne sais pas ce que nous réservent les années à venir. De monstrueux changements se préparent, des forces dessinent un futur dont nous ne connaissons pas le visage.
Lorsque notre nourriture, nos vêtements, nos toits ne seront plus que le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera le tour de notre pensée. Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminée.
(...) aujourd'hui, le concept du groupe entouré de ses gendarmes entame une guerre d'extermination contre ce bien précieux : le cerveau de l'homme. En le méprisant, en l'affamant, en le réprimant, en le canalisant, en l'écrasant sous les coups de marteau de la vie moderne, on traque, on condamne, on émousse, on drogue l'esprit libre et vagabond. Il semble que notre espèce ait choisi le triste chemin du suicide.
Voici en quoi je crois : l'esprit libre et curieux de l'homme est ce qui a le plus de prix au monde. Et voici pourquoi je me battrai : la liberté pour l'esprit de prendre quelques décisions qui lui plaisent. Et voici contre quoi je me battrai : toute idée, religion ou gouvernement qui limite ou détruit la notion d'individualité.
Tel je suis, telle est ma position. Je comprends pourquoi un système conçu dans un gabarit et pour le respect du gabarit se doit d'éliminer la liberté de l'esprit, car c'est elle seule qui, par l'analyse, peut détruire le système.

 

in A l'Est d'Eden (1952)

 

 

 

 

 

 

21:43 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

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