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03/07/2015

Auteur inconnu

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02/07/2015

Serge Wellens

 

 

L'ARBRE AU FOND DE LA RIVIÈRE

  

La forme d'un poisson se pose

 sur la branche la plus lointaine

 et tremblante d'un reflet

  

Passe l'ombre d'un homme

 un instant retenue

 par de vagues remous

 d'écorces

 de racines

 

 ( C'est ainsi

 les hommes sont mortels

 Ils meurent

 on dit qu'ils passent )

  

Et puis s'en vient l'apparence d'un chien

 désœuvré cherchant dans son propre rêve

 un coin de nuit pour dormir

  

Alors l'oiseau

 très haut dans le ciel

désert jusqu'à l'absence

 étant seul à voir cela

 se prend à douter de ses ailes

et tombe .

 

  in Vivre nous tente

 

 

Serge Wellens

    " MA  NUIT "  DIT  LE  VIEUX

 

 A présent

 j'entre dans ma nuit

 non plus par l'ombre stérile

 du figuier que l'Ombre efface

 mais par les yeux grands ouverts

 de mon frère le hibou

 

 Nuit hérissée

 nuit d'insomniaque

 les mots qui l'inventent

 courent dans les taillis

 brouillant leurs traces

 intraduisibles autant

 que ces abois qui roulent

 dans de lointaines cours

 de fermes éteintes

  

Ainsi va ma nuit

 qui ne s'encombre pas d'étoiles

 qui sent la pomme fatiguée

 tombée de l'arbre

  

Ma nuit où je suis seul

 et chez moi parmi mes tombes

 je l'aime et je la cherche dans le noir

 j'y cultive mon chiendent.

 

 

in Il m'arrive d'oublier que je perds la mémoire

 

 

 

 

 

19/06/2015

Anne Archet - Dérobade

 

 

14 décembre 2009

 

(aubade)

 

Pas le temps de sucer ta queue
Car j’ai des poèmes à écrire
Il y a tant de papiers griffonnés
Entre les pages que mon carnet
Bubon trop mur sur le point d’éclater
S’effrite comme un lépreux sur le sol

 

Tu peux étendre ton foutre sur mon pied nu
Pourvu que mes mains restent sèches
Je dois retranscrire les odes sanitaires
Composées sur les murs des toilettes
Pas le temps de me faire bourrer le cul
Bientôt ma muse n’aura plus d’orifice intouché

 

Pas le temps de me faire ligoter
J’ai des vers célèbres au bout des doigts
Qui gémissent les musiques funèbres
Des sonnets blonds sur mes nymphes rougies
L’encre bleue des mille complaisances sous les ongles
Et celle des promesses à la saignée du coude

 

J’aurais bien aimé que tu restes plus longtemps
J’aurais bien frotté ma fente contre ton menton
J’aurais bien goûté au suc amer de ta veine noueuse
Mais j’ai des hymnes de chair et de tendons à écrire
Des fatrasies ululantes sous la lune oestromane
Des églogues gluantes de mouille et de rosée lubrique

 

 

 

 

17/05/2015

Guillevic - Les charniers

 

Passez entre les fleurs et regardez :
Au bout du pré c’est le charnier.
 
Pas plus de cent, mais bien en tas,
Ventre d’insecte un peu géant

Avec des pieds à travers tout.
 
Le sexe est dit par les souliers,
Les regards ont coulé sans doute.
 
— Eux aussi
Préféraient des fleurs.
 
            *
 
À l’un des bords du charnier,
Légèrement en l’air et hardie,

 
Une jambe — de femme
Bien sûr —
 
Une jambe jeune
Avec un bas noir
 
Et une cuisse,
Une vraie,
 
Jeune — et rien,
Rien.

 
            *
 
Le linge n’est pas
Ce qui pourrit le plus vite.
 
On en voit par là,
Durci de matières.
 
Il donne apparence
De chairs à cacher qui tiendraient encore.
 
            *

 
Combien ont su pourquoi,
Combien sont morts sachant,
Combien n’ont pas su quoi ?
 
Ceux qui auront pleuré,
Leurs yeux sont tout pareils,
 
C’est des trous dans des os
Ou c’est du plomb qui fond.
 
            *

 
Ils ont dit oui
À la pourriture.
 
Ils ont accepté,
Ils nous ont quittés.
 
Nous n’avons rien à voir
Avec leur pourriture.
 
            *
 
On va, autant qu’on peut,

Les séparer,
 
Mettre chacun d’eux
Dans un trou à lui,
 
Parce qu’ensemble
Ils font trop de silence contre le bruit.
 
            *
 
Si ce n’était pas impossible,
Absolument,

 
On dirait une femme
Comblée par l’amour
Et qui va dormir.
 
            *
 
Quand la bouche est ouverte
Ou bien ce qui en reste,
 
C’est qu’ils ont dû chanter,
Qu’ils ont crié victoire,

 
Ou c’est le maxillaire
Qui leur tombait de peur.
 
— Peut-être par hasard
Et la terre est entrée.
 
            *
 
Il y a des endroits où l’on ne sait plus
Si c’est la terre glaise ou si c’est la chair.
 
Et l’on est peureux que la terre, partout,

Soit pareille et colle.
 
            *
 
Encore s’ils devenaient aussitôt
Des squelettes,
 
Aussi nets et durs
Que de vrais squelettes
 
Et pas cette masse
Avec la boue.

 
            *
 
Lequel de nous voudrait
Se coucher parmi eux
 
Une heure, une heure ou deux,
Simplement pour l’hommage.
 
            *
 
Où est la plaie
Qui fait réponse ?

 
Où est la plaie
Des corps vivants ?
 
Où est la plaie.
Pour qu’on la voie,
 
Qu’on la guérisse.
 
            *
 
Ici
Ne repose pas,

 
Ici ou là, jamais
Ne reposera
 
Ce qui reste,
Ce qui restera
De ces corps-là.

 

 

 

 

12/04/2015

Observez les Faucons pèlerins en direct sur la cathédrale de Bruxelles

Les images que vous voyez ici (clic sur le lien) sont transmises en direct et 24h/24h depuis la cathédrale des Saints Michel et Gudule, à Bruxelles. La caméra 1 est installée sur le balcon à 1 m du nid. Elle est télécommandable depuis le poste d'observation situé sur le parvis. Depuis 2013, une deuxième caméra placée à l'extérieur de la tour permet d'observer les allées et venues des adultes.

 

http://www.fauconspourtous.be/live2.jsp?lang=fr

11/04/2015

Charles Bukowski's last poetry reading - The Last Straw

 

 

All The Way - a Charles Bukowski Poem

 

Directed, filmed and edited by Willem Martinot
Based on "roll the dice" by Charles Bukowski
Voice: Tom O'Bedlam
Music: Tony Anderson
Shot in Andalusia, Spain
Actor and assistant: Imre Tigchelaar

 

 

09/01/2015

Anna Gréki - El Houria


Il jaillit tout entier lui-même de sa bouche
Cet amour fort vibrant comme l'air surchauffé
Tout entier de sa propre bouche à ras du cœur


Hors de la matrice énorme de la guerre
Tu nais dans un soleil de cris et de mains nues
prodiguant des Juillets moissonneurs et debout


Nos morts qui t'ont rêvée se comptent par milliers
Un seul aurait suffi pour que je me rappelle
Le tracé des chemins qui mènent au bonheur


Les champs de tendre chair se taisent apaisés
Nos morts rendent la terre au soc frais des charrues
Et dans tes veines bat la flamme de leur sang


Toi qui as exigé l'extrême du possible
D'épouvantables vertus - ce pain de ta bouche -
Tu iras par la force au-delà de toi même


Nous qui t'avons nourrie du plus cher de nous-mêmes
La terre crue la datte sèche et le pois chiche
Nous t'apprendrons à vivre de cœur populaire


Chaque homme a droit de vie sur qui lui tient à cœur
Tu fais partie du monde humilié des vivants
Le peuple qui te tient aura raison de toi
Le ciel indépendant ne parle qu'au futur
Il nous reste à présent l'énergie de l'espoir.


Je t'aime Liberté comme j'aime mon fils 

 


     

24/12/2014

Anna Gréki

MENAA DES AURÈS (1958 - Prison civile de Barberousse, Alger)

Même en hiver le jour n'était qu'un verger doux
Quand le col du Guerza s'engorgeait sous la neige
Les grenades n'étaient alors que des fruits - seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c'était l'instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroèn.
Aucune des maisons n'avait besoin de portes
Puisque les visages s'ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n'existait pas puisque l'on y dormait.


C'était dans les Aurés
A Menaâ
Commune mixte Arris
Comme on dit dans la presse
Mon enfance et les délices


Naquirent là
A Menaâ - commune mixte Arris
Et mes passions après vingt ans
Sont les fruits de leurs prédilections
Du temps où les oiseaux tombés des nids
Tombaient aussi des mains de Nedjaï
Jusqu'au fond de mes yeux chaouias


Frileux comme un iris
Mon ami Nedjaï
Nu sous sa gandoura bleue
Courait dans le soir en camaïeu
Glissant sur les scorpions gris
De l'Oued El Abdi
Derrière les chacals brillants
Qui rient le cou ouvert.
Et dressé en angle aigu, lisse
Au haut de ses échasses
Il lançait pour voir clair
Jusqu'à la fin de l'espace
La lune au tire-boulettes.


Maintenant c'est la guerre aussi dans mon douar
Il a replié ses kilomètres de joie
Comme les ailes au dessus gris d'un papi1lon
Polymorphe et couve sous des gourbis zingueux
Tous les bonheurs en germe qui n'existent plus


Dehors -- pas plus que les vergers dont les soieries
sucrées rendaient le vent plus mielleux qu'une abeille
Pas plus que le bruit des pieds nus de Nedjaï
Sur les racines de mon enfance enfouies
Sous des sédiments de peur, de haine, de sang
Car c'est du sang qui bat dans l'Oued El Abdi
Et roule les scorpions gras comme des blessures
Qui seules survivraient des corps martyrisés.


C'est la guerre
Le ciel mousseux d'hélicoptères
Saute à la dynamite
La terre chaude jaillit et glisse
En coulée de miel
Le long des éclats de faïence bleue
Du ciel blanc
Les bruits d'hélices
Ont remplacé les bruits d'abeille


Les Aurés frémissent
Sous la caresse
Des postes émetteurs clandestins
Le souffle de la liberté
Se propageant par ondes électriques
Vibre comme le pelage orageux d'un fauve
Ivre d'un oxygène soudain
Et trouve le chemin de toutes les poitrines


Les bruits disparaissent
Dans la tiédeur de l'atmosphère et dans le temps
C'est la guerre muette
Derrière les portes de Batna
J'assiste sur l'écran de mon enfance
A un combat silencieux
Sur des images au ralenti


A la lumière de mon âge je l'avoue
Tout ce qui me touche en ce monde jusqu'à l'âme
Sort d'un massif peint en rose et blanc sur les cartes
Des livres de géographie du cours moyen
Et lui ressemble par je ne sais quelle joie liquide
Où toute mon enfance aurait déteint.
Tout ce que j`aime et ce que je fais à présent
A des racines là-bas
Au-delà du col du Guerza à Menaâ
Où mon premier ami je sais qu'il m'attendra
Puisqu'il a grandi dans la chair de mon coeur. Si
Le monde qui m'entoure a vieilli de vingt ans
Il garde dans sa peau mes amours chaouias.

 

 

 

 

17/09/2014

Tadashi Kawamata

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CHAISE CONTRE BALAI

 

LA chaise, sur laquelle se pose et se repose notre partie la plus charnue, LA chaise, une sorte de cul de remplacement en somme. Objet commun d’entre tous, objet d’une telle évidence et qui s’offre si généreusement « Prenez-donc une chaise. ». Quatre pieds bien ancrés, entre terre et ciel, nous offre une position qui n’a pas toujours été la nôtre, et qui d’ailleurs ne l’est toujours pas dans bien des endroits de notre planète. Quatre pieds bien arrimés, qui n’empêchent pas pour autant les enfants de s’en balancer, au risque de valdinguer, chaise et enfant confondus, six pieds en l’air. Serait-ce à dire que les enfants ont moins de respect pour ce si noble objet que nous, adultes, grands et responsables ? Les enfants préfèrent, à l’image de nos ancêtres et de nombreux peuples encore aujourd’hui, s’asseoir par TERRE. La chaise finalement ne serait-elle pas plus convenable que confortable ? Ce n’est pas Pharaon qui me contredirait qui fut sans doute le tout premier à vouloir affirmer sa puissance, en dominant un peuple accroupi aux dépends de son propre confort. En effet, les premiers sièges nous les devons aux Égyptiens, avant la klismosdela Grèce Antique, qui innove avec le siège ergonomique.

 

À l'origine donc, la chaise était un privilège réservé aux élites. Les gens du peuple, chez nous par exemple, utilisaient le coffre, le banc ou le tabouret. Autant dire que de la chaise au pouvoir, il suffit de prendre place, et le must ce sont les chaises portées par d’autres, la sedia du Pape (habemus !) et autre chaises à porteur qui sont souvent vite devenus le symbole de l’oppression dans les pays colonisés. Et nous pouvons pousser la réflexion jusqu’à l’inversion du symbole, quand la chaise fait déchoir l’être au plus bas, elle devient alors celle du condamné, la chaise punitive par excellence, la chaise électrique.

 

Mais revenons à nos chaises à nous, nos chaises toutes simples, si familières dans les foyers même les plus modestes. Si pratiques certes, mais sont-elles vraiment à ce point, indispensables ? Si nous n’avons pas la grosse tête en y posant nos fesses, ne seraient-elles pas pourtant comme un obstacle immiscé entre notre rondeur postérieure et la rondeur de la Terre ? Nos fesses ne se plairaient-elles pas mieux au sol finalement et n’y aurait-t-il pas quelque chose à apprendre à s’asseoir de cette façon ? Quelque chose qui aurait à voir avec un peu d’humilité. Agenouillés, en tailleur, voire en lotus, est-il impensable d’imaginer que cela puisse nous libérer l’esprit ? Nous ramener à une plus juste mesure ? A une gymnastique à la fois morale et physique qui nous serait bénéfique ? Les Asiatiques semblent en savoir plus que nous en ce domaine et pour avoir pratiqué, je pourrais même dire que la posture assise au sol, lotus ou zazen, peut nous être extrêmement bénéfique, de même que tout simplement s’asseoir plus souvent dans l’herbe.

 

J’écris tout ceci en buvant mon café, assise bien évidemment sur une chaise, une chaise en bois tout ce qu’il y a de plus classique. Alors plutôt que de bavarder plus longtemps, passons à la pratique justement. Me voilà assise sur le ciment de la terrasse. Première observation : il est frais et c’est agréable. Deuxième observation : le sol est sale. J’en arrive donc à cette conclusion, je vous l’accorde un peu hâtive, mais c’est un fait : si nous n’avions pas de chaises, nous passerions plus souvent le balai !

 

 CG, juillet 2010

 

 

 

 

 

10/09/2014

Revolenfants

 

02/04/2014

ô bistrot de Limogne

 

A Monique & Dédé... Merci Colombe !

 

 

 

 

03/03/2014

Blu

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COMMENT VA LE MONDE ?

  

Esclavage banalisé, mépris de l’humanité. Au nom, au nom ? Du progrès ? Non, du profit. Juste la fin qui change, cette fin qui justifie n’importe quels moyens et la faim toujours décime l’humain.

 

Les pieuvres de l’industrie, les grands groupes financiers, agro, commerciaux, miniers, pétroliers, banques, trusts, dynasties, lobbies avec la bénédiction de l’OMC,  du FMI…

Holdings, consortiums, pools, blocs multicartes, multimillionnaires, obsédés du fusionner pour mieux accumuler, multinationales dressées à mutiler. Politiques, cartels, mafias, tous bardés de lard dans le même plat.

 

Un génocide de haut vol, le plus organisé de toute l’histoire. Les valets du pouvoir croyant pouvoir échapper à leur propre extinction, bâtissent des empires du suc de leurs congénères : sang, sueur, larmes... voire quelques organes. Hissés au sommet de dynasties aussi raffinées que cruelles, ils fusionnent, s’entredévorent, hydre invincible et multicéphale. Il n’y a plus un lieu, plus un sanctuaire où la bête ne s’est infiltrée. Coupez une tête, c’est mille qui repoussent et encore plus arrogantes ! Quelle formidable prise de conscience pourrait les trancher toutes d’un seul coup ? 

 

Sommes-nous tous complices et serviteurs dans nos amnésies quotidiennes ?

 

Mal, le monde va mal. Bien, le monde va bien. Tout est question de point de vue, de point de bourse. Liberté, égalité, fraternité : le paillasson sur lequel l’économie mondiale s’essuie les pieds. Les droits de l’Homme imprimés sur du papier toilette recyclé, une bonne blague dans les somptueux cabinets.

 

Comment cela va t’il donc ? Juste une question de flux, de transit… Certains amassent et retiennent, tandis qu’une multitude d’autres se vident jusqu’à ce qu’ils en crèvent.

 

 

cg 2002

 

in Qué wonferful monde

(Ed. Nouveaux Délits, janvier 2012)

 

 

 

 

 

01/03/2014

Liddicoatite - Anjanabonoina, Betafo, Antsirabé, Madagascar

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