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21/06/2019

Murièle Modély interprétée par Lionel Mazari

 

Texte : Murièle Modély
Interprétation et improvisation guitare : Lionel Mazari
Photo : Francesca Woodman

 

textes publiés sur le blog de JL Millet "Au hasard des connivences" :

http://auhasarddeconnivences.eklablog.com/l-oeil-la-plume...

 

 

 

 

27/05/2019

Thiago De Mello

 

Article 1.

Il est décrété que maintenant la vérité existe,

que maintenant la vie existe
et que la main dans la main
nous travaillerons tous pour la vraie vie

Article 2.

Il est décrété que tous les jours de la semaine,
y compris les mardis les plus gris,
ont le droit de devenir des matins de dimanche.

Article 3.

Il est décrété qu'à partir de cet instant,
il y aura des tournesols à toutes les fenêtres
et que les tournesols auront le droit
de s'ouvrir dans l'ombre ;
et que les fenêtres doivent rester, toute la journée
ouvertes sur le vert où grandit l'espérance.

Article 4.

Il est décrété que l'homme
n'aura plus jamais à
douter de l'homme
Que l'homme fera confiance à l'homme
comme le palmier fait confiance au vent,
comme le vent fait confiance à l'air,
et comme l'air fait confiance au champ bleu du ciel.

Paragraphe unique
L'homme fera confiance à l'homme
comme l'enfant fait confiance à un autre enfant

Article 5.

Il est décrété que les hommes
sont libérés du joug du mensonge.
Qu'ils n'auront plus jamais besoin
de la cuirasse du silence
ni de l'armure des mots.
L'homme se mettra à table
le regard limpide
parce que la vérité sera servie
avant le dessert.

Article 6.

Est instauré pour dix siècles
le rêve du prophète Isaïe, réalisé :
le loup et l'agneau paîtront ensemble
et ce qu'ils mangeront aura le même goût d'aurore

Article 7.

Par décret irrévocable est instauré
le royaume permanent de la justice et de la clarté
et la joie sera un drapeau généreux
qui pour toujours flottera dans l'âme du peuple.

Article 8.

Il est décrété que la plus grande douleur
a toujours été et sera toujours
de ne pas pouvoir donner son amour à qui l'on aime
parce que c'est l'eau
qui donne à la plante le miracle de la fleur.

Article 9.

Il est permis que le pain de chaque jour
ait pour l'homme la marque de sa sueur.
Mais qu'il ait toujours, et surtout
la chaude chaleur de la tendresse.

Article10.

Est permis à n'importe qui,
à n'importe quelle heure de la vie,
le port du costume blanc

Article 11.

Il est décrété, par définition
que l'homme est un animal qui aime
et c'est pour cela qu'il est beau
beaucoup plus beau que l'étoile du matin

Article 12.

Nous décrétons que rien ne sera ni obligatoire ni interdit
Tout sera permis
et surtout de jouer avec les rhinocéros
et de se promener par un bel après midi
avec un immense bégonia à la boutonnière

Paragraphe unique
Il n'y a qu'une chose qui soit interdite
faire l'amour sans amour

Article 13.

il est décrété que l'argent
ne pourra plus jamais acheter
le soleil des matins à venir.
Banni du grand coffre de la peur
l'argent se transformera en une épée fraternelle
qui défendra le droit de chanter
et la fête du jour qui est arrivé.

Article final.

Est interdit l'usage du mot liberté,
lequel sera supprimé des dictionnaires
et du marécage trompeur des bouches.
À partir de cet instant
la liberté sera quelque chose de vivant et transparent
comme un feu, comme un fleuve,
ou comme la semence du blé,
et sa demeure sera toujours
le cœur de l'homme.

 

 

 

 

24/05/2019

Gitana - Cathy Garcia Canalès

 

 

Poèmes interprétés par Lionel Mazari.
© Textes : Cathy Garcia Canalès
© Image : Tableau de Fabien Pérez

 

 

 

 

 

 

11/01/2019

Un petit tour sur Mars ?

 

Ce film, basé sur des images prises par Mars Express de l’ESA, met en lumière le Mawrth Vallis, un canal de sortie de 600 km de long et 2 km de profondeur à la limite des hautes terres du sud et des basses terres de Mars.

 

 

03/01/2019

Coluche - Misère

 

 

 

01/01/2019

Une très nouvelle bonne année 2019 !

 

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Que 2019 nous comble et vous comble, de la joie, de l'amour et justice et paix pour de vrai pour tous partout et amour et guérison pour le grand corps, l'esprit et l'âme de la Pachamama !!!

 

 

 

 

 

 

30/12/2018

Charles Marie René Leconte de Lisle - La Légende des Nornes

 

La neige, par flots lourds, avec lenteur, inonde,
Du haut des cieux muets, la terre plate et ronde.
Tels, sur nos yeux sans flamme et sur nos fronts courbés,
Sans relâche, mes sœurs, les siècles sont tombés,
Dès l’heure où le premier jaillissement des âges
D’une écume glacée a lavé nos visages.
À peine avions-nous vu, dans le brouillard vermeil,
Monter, aux jours anciens, l’orbe d’or du soleil,
Qu’il retombait au fond des ténèbres premières,
Sans pouvoir réchauffer nos rigides paupières.
Et, depuis, il n’est plus de trêve ni de paix :
Le vent des steppes froids gèle nos pleurs épais,
Et, sur ce cuivre dur, avec nos ongles blêmes,
Nous gravons le destin de l’homme et des Dieux mêmes.
Ô Nornes ! qu’ils sont loin, ces jours d’ombre couverts,
Où, du vide fécond, s’épandit l’univers !
Qu’il est loin, le matin des temps intarissables,
Où rien n’était encor, ni les eaux, ni les sables,
Ni terre, ni rochers, ni la voûte du ciel,
Rien qu’un gouffre béant, l’abîme originel !
Et les germes nageaient dans cette nuit profonde,
Hormis nous, cependant, plus vieilles que le monde,
Et le silence errait sur le vide dormant,
Quand la rumeur vivante éclata brusquement.
Du Nord, enveloppé d’un tourbillon de brume,
Par bonds impétueux, quatre fleuves d’écume
Tombèrent, rugissants, dans l’antre du milieu ;
Les blocs lourds qui roulaient se fondirent au feu :
Le sombre Ymer naquit de la flamme et du givre,
Et les Géants, ses fils, commencèrent de vivre.
Pervers, ils méditaient, dans leur songe envieux,
D’entraver à jamais l’éclosion des Dieux ;
Mais nul ne peut briser ta chaîne, ô destinée !
Et la Vache céleste en ce temps était née !
Blanche comme la neige, où, tiède, ruisselait
De ses pis maternels la source de son lait,
Elle trouva le Roi des Ases, frais et rose,
Qui dormait, fleur divine aux vents du pôle éclose.
Baigné d’un souffle doux et chaud, il s’éveilla ;
L’Aurore primitive en son œil bleu brilla ;
Il rit, et, soulevant ses lèvres altérées,
But la Vie immortelle aux mamelles sacrées.
Voici qu’il engendra les Ases bienheureux,
Les purificateurs du chaos ténébreux,
Beaux et pleins de vigueur, intelligents et justes.
Ymer, dompté, mourut entre leurs mains augustes ;
Et de son crâne immense ils formèrent les cieux,
Les astres, des éclairs échappés de ses yeux,
Les rochers, de ses os. Ses épaules charnues
Furent la terre stable, et la houle des nues
Sortit en tourbillons de son cerveau pesant.
Et, comme l’univers roulait des flots de sang,
Faisant jaillir, du fond de ses cavités noires,
Une écume de pourpre au front des promontoires,
Le déluge envahit l’étendue, et la mer
Assiégea le troupeau hurlant des fils d’Ymer.
Ils fuyaient, secouant leurs chevelures rudes,
Escaladant les pics des hautes solitudes,
Monstrueux, éperdus ; mais le sang paternel
Croissait, gonflait ses flots fumants jusques au ciel ;
Et voici qu’arrachés des suprêmes rivages,
Ils s’engloutirent tous avec des cris sauvages.
Puis ce rouge Océan s’enveloppa d’azur ;
La Terre d’un seul bond reverdit dans l’air pur ;
Le couple humain sortit de l’écorce du frêne,
Et le soleil dora l’immensité sereine.
Hélas ! mes sœurs, ce fut un rêve éblouissant.
Voyez ! la neige tombe et va s’épaississant ;
Et peut-être Yggdrasill, le frêne aux trois racines,
Ne fait-il plus tourner les neuf sphères divines !
Je suis la vieille Urda, l’éternel Souvenir ;
Mais le présent m’échappe autant que l’avenir.

 


DEUXIÈME NORNE.

Tombe, neige sans fin ! Enveloppe d’un voile
Le rose éclair de l’aube et l’éclat de l’étoile !
Brouillards silencieux, ensevelissez-nous !
Ô vents glacés, par qui frissonnent nos genoux,
Ainsi que des bouleaux vous secouez les branches,
Sur nos fronts aux plis creux fouettez nos mèches blanches !
Neige, brouillards et vents, désert, cercle éternel,
Je nage malgré vous dans la splendeur du ciel !
Par delà ce silence où nous sommes assises,
Je me berce en esprit au vol joyeux des brises,
Je m’enivre à souhait de l’arôme des fleurs,
Et je m’endors, plongée en de molles chaleurs !
Urda, réjouis-toi ! l’œuvre des Dieux fut bonne.
La gloire du soleil sur leur face rayonne,
Comme au jour où tu vis le monde nouveau-né
Du déluge sanglant sortir illuminé ;
Et toujours Yggdrasill, à sa plus haute cime,
Des neuf sphères du ciel porte le poids sublime.
Ô Nornes ! Échappé du naufrage des siens,
Vivant, mais enchaîné dans les antres anciens,
Loki, le dernier fils d’Ymer, tordant sa bouche,
S’agite et se consume en sa rage farouche ;
Tandis que le Serpent, de ses nœuds convulsifs,
Étreint, sans l’ébranler, la terre aux rocs massifs,
Et que le loup Fenris, hérissant son échine,
Hurle et pleure, les yeux flamboyants de famine.
Le noir Surtur sommeille, immobile et dompté ;
Et, des vers du tombeau vile postérité,
Les Nains hideux, vêtus de rouges chevelures,
Martèlent les métaux sur les enclumes dures ;
Mais ils ne souillent plus l’air du ciel étoilé.
Le mal, sous les neuf sceaux de l’abîme, est scellé,
Mes sœurs ! La sombre Héla, comme un oiseau nocturne,
Plane au-dessus du gouffre, aveugle et taciturne,
Et les Ases, assis dans le palais d’Asgard,
Embrassent l’univers immense d’un regard !
Modérateurs du monde et source d’harmonie,
Ils répandent d’en haut la lumière bénie ;
La joie est dans leur cœur : sur la tige des Dieux
Une fleur a germé qui parfume les cieux ;
Et voici qu’aux rayons d’une immuable aurore,
Le Fruit sacré, désir des siècles, vient d’éclore !
Balder est né ! Je vois, à ses pieds innocents,
Les Alfes lumineux faire onduler l’encens.
Toute chose a doué de splendeur et de grâce
Le plus beau, le meilleur d’une immortelle race :
L’aube a de ses clartés tressé ses cheveux blonds,
L’azur céleste rit à travers ses cils longs,
Les astres attendris ont, comme une rosée,
Versé des lueurs d’or sur sa joue irisée,
Et les Dieux, à l’envi, déjà l’ont revêtu
D’amour et d’équité, de force et de vertu,
Afin que, grandissant et triomphant en elle,
Il soit le bouclier de leur œuvre éternelle !
Nornes ! Je l’ai vu naître, et mon sort est rempli.
Meure le souvenir au plus noir de l’oubli !
Tout est dit, tout est bien. Les siècles fatidiques
Ont tenu jusqu’au bout leurs promesses antiques,
Puisque le chœur du ciel et de l’humanité
Autour de ce berceau vénérable a chanté !

 

TROISIÈME NORNE.

Que ne puis-je dormir sans réveil et sans rêve,
Tandis que cette aurore éclatante se lève !
Inaccessible et sourde aux voix de l’avenir,
À vos côtés, mes sœurs, que ne puis-je dormir,
Spectres aux cheveux blancs, aux prunelles glacées,
Sous le suaire épais des neiges amassées !
Ô songe, ô désirs vains, inutiles souhaits !
Ceci ne sera point, maintenant ni jamais.
Oui ! le Meilleur est né, plein de grâce et de charmes,
Celui que l’univers baignera de ses larmes,
Qui, de sa propre flamme aussitôt consumé,
Doit vivre par l’amour et mourir d’être aimé !
Il grandit comme un frêne au milieu des pins sombres,
Celui que le destin enserre de ses ombres,
Le guide jeune et beau qui mène l’homme aux Dieux !
Hélas ! rien d’éternel ne fleurit sous les cieux,
Il n’est rien d’immuable où palpite la vie !
La douleur fut domptée et non pas assouvie,
Et la destruction a rongé sourdement
Des temps laborieux le vaste monument.
Vieille Urda, ton œil cave a vu l’essaim des choses
Du vide primitif soudainement écloses,
Jaillir, tourbillonner, emplir l’immensité...
Tu le verras rentrer au gouffre illimité.
Verdandi ! Ce concert de triomphe et de joie,
L’orage le disperse et l’espace le noie !
Ô vous qui survivrez quand les cieux vermoulus
S’en iront en poussière et qu’ils ne seront plus,
Des siècles infinis Contemporaines mornes,
Vieille Urda, Verdandi, lamentez-vous, ô Nornes !
Car voici que j’entends monter comme des flots
Des cris de mort mêlés à de divins sanglots.
Pleurez, lamentez-vous, Nornes désespérées !
Ils sont venus, les jours des épreuves sacrées,
Les suprêmes soleils dont le ciel flamboiera,
Le siècle d’épouvante où le Juste mourra.
Sur le centre du monde inclinez votre oreille :
Loki brise les sceaux ; le noir Surtur s’éveille ;
Le Reptile assoupi se redresse en sifflant ;
L’écume dans la gueule et le regard sanglant,
Fenris flaire déjà sa proie irrévocable ;
Comme un autre déluge, hélas ! plus implacable,
Se rue au jour la race effrayante d’Ymer,
L’impur troupeau des Nains qui martèlent le fer !
Asgard ! Asgard n’est plus qu’une ardente ruine ;
Yggdrasill ébranlé ploie et se déracine ;
Tels qu’une grêle d’or, au fond du ciel mouvant,
Les astres flagellés tourbillonnent au vent,
Se heurtent en éclats, tombent et disparaissent ;
Veuves de leur pilier, les neuf Sphères s’affaissent ;
Et dans l’océan noir, silencieux, fumant,
La Terre avec horreur s’enfonce pesamment !
Voilà ce que j’ai vu par delà les années,
Moi, Skulda, dont la main grave les destinées ;
Et ma parole est vraie ! Et maintenant, ô Jours,
Allez, accomplissez votre rapide cours !
Dans la joie ou les pleurs, montez, rumeurs suprêmes,
Rires des Dieux heureux, chansons, soupirs, blasphèmes !
Ô souffles de la vie immense, ô bruits sacrés,
Hâtez-vous : l’heure est proche où vous vous éteindrez !

 

 

 

27/12/2018

Une belle fin d'année à toutes et tous !

Fugitives (FILEminimizer).JPG

cg "Fugitives"

 

"poésie : des signes et des sons sur des sensations, du souffle pour tisser des échelles et des passerelles, tentative de toucher au-delà des limites convenues, créature libre et sauvage, peut percer le coffre du cœur, peut mordre si besoin "

 

 

 

 

25/06/2018

Murièle Modély, un poème tout frais d'hier soir

nana bon pé kolèr dodan mon tét
in fraz apré lot', zot i grimp, zot i mont 
zot i ensèr mon gorg'
bon pé i dit zot i konpran pa moin
mi doi koz franssé
mi doi embrass la tèr, zot tèr
mi doi embrass lo pié, zot pié
mi doi baiss lo zié, mon zié
mi doi mang mon lang
é mi doi rir pli fort que zot mém
kan zot i crach dessu moin mém
mi doi crach pli for su tout band boug
i vien empli le port, i vient empli la mer
toussa kaf, toussa kafrine i grimp, i monte
in fraz apré lot', i vien empli mon gorg'
rand corail, poisson, tout band zafér au fon la mer
noir
noir
noir com lo san 
mi doi rir pli fort, mi doit crache su zot
sak i parl pas com zot, sak i parl pas com moin
parle franssé ti fille / parl françé / parl franssais
ma bo ékri comme mi veu
tout zafér la lé roug', i rempli mon tét 
tout band marmaille lé roug' kan zot i aval é kan mi aval
la mort la mer ek not koulér

 

 

[traduction :
il y a beaucoup de colères en moi
une phrase après l'autre, elles grimpent, elles montent
elles m'étouffent
beaucoup disent qu'ils ne me comprennent pas
je dois parler français
je dois embrasser la terre, leur terre
je dois embrasser les pieds, leurs pieds
je dois baisser les yeux, mes yeux
je dois ravaler ma langue
et je dois rire plus fort qu'eux mêmes
quand ils me crachent dessus
je dois cracher plus fort sur tous ces hommes
qui viennent emplir le port, qui viennent emplir la mer
tous ces cafres, toutes ces cafrines qui grimpent, qui montent
qui une phrase après l'autre viennent remplir ma gorge
rendre les coraux, les poissons, tout ce qu'il y a au fond de la mer
noir
noir
noir comme le sang
je dois rire plus fort, cracher sur ceux
qui ne parlent pas comme eux, qui ne parlent pas comme moi
parle français petite fille/ parle français / parle français
j'ai beau l'écrire comme je veux 
tous ces mots sont rouges, emplissent ma tête
tous ces enfants sont rouges, quand ils avalent et quand j'avale
la mort, la mer et nos couleurs]

 

 

07/06/2018

Auteur inconnu

artiste inconnu -parallel-universe.jpg

 

 

03/06/2018

Legend Lin Dance Theatre - Song of Pensive Beholding

 

 merci à jlmi !

 

 

 

 

16/05/2018

Pénélope Corps

Ce matin en partant bosser
Dans le brouillard de ce mois de mai dégueulasse
Je me suis demandé ce que je ferais
Si jamais le soleil ne revenait pas
Si les journées continuaient à s'empiler dans le gris comme des parpaings
Comme un hiver sans fond
Parce que tu vois
Quand on vit où je vis
Quand on voit ce que je vois tous les jours au bout de la route qui m emmène au travail
Il en faut peu pour que la mort vienne se caler tranquille côté passager
Genre déesse autostoppeuse
Genre salope même pas sexy
Je le sais
Je l'ai déjà vue
Alors je me suis dit ma vieille
Trouve un plan B
La créativité c'est de la survie
Pas de la vengeance non
Juste une alternative à la mélancolie stérile de nos enfances un peu trouées
Un moyen d'ancrer nos pieds quelque part
Trouver des prises dans la paroi
Je me suis dit ça
Et j' ai posé un plan d'attaque monstrueux
Comme une princesse Viking sans cheveux
Comme une sacro-sainte guerrière illuminée
Je suis rentrée chez moi
Je me suis foutue dans le canapé
Et j'ai fini le bourgogne à la bouteille
En riant très fort
Et voilà

 

 

 

27/03/2018

Pietr Dvarrack - Wind Spirit #3

 

 

 

 

 

 

25/03/2018

Roxana Méndez (Salvador) - L'instant, la vie

 

Roxana Méndez.jpg

J'ai eu une belle vie :
dix ans de guerre
et trois tremblements de terre
qui ont jeté la ville à terre,
accomplissant la prophétie
de la grand-mère,
qui, plusieurs mois
auparavant,
nous avait annoncé
la destruction terrible
avec cette même voix
qui nous contait
les histoires douces
où tout était couleur
de noisettes sèches.

Mais j'ai eu une belle vie,
paisible, assise
à la table dans la cour,
ou bien cachée
entre les sacs de maïs,
dans l’attente que
les détonations
cessent, que les cris
s’interrompent,
dans cette obscurité
où le moustique
était un murmure
qui me faisait dormir.
Le moustique dont la piqûre
ne causait pas la mort.

Mais j'ai eu une belle vie,
un amour de mille ans
vrai et brillant
comme l'or qui a acquis
la forme d'une broche,
un hibou aux grands
yeux blancs,
allumé toujours
sous ma blouse, et pour lui
une goutte de sang
est ce qui reste
du passé, une goutte
suspendue
comme une planète froide.

Mais j'ai eu une belle vie,
une vie où la guerre
et l'amour
ont duré
le même nombre d'années.
Une vie où la mort
m'a assez peu rendu visite,
et où j'ai vu le monde
et écouté le son des grandes
eaux et des vallées
énormes, où les sabots
du cheval créole
et ceux du cerf me montrent
leur différence étrange.
J'ai vu et j'ai oublié
ce que j'ai vu
et à nouveau m'a étonné
ce que j'avais déjà
trouvé curieux auparavant.
Je ne me plains pas.
Les eaux continuent
à m'embrasser les pieds,
accrochées avec toute leur tiédeur
à la brièveté que je possède.

 

traduction : Laurent Bouisset

version originale, voir :

https://fuegodelfuego.blogspot.fr/2016/11/el-instante-la-...

 

 

 

 

20/01/2018

Hommage fait maison à Banksy (pour un devoir d'anglais)

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