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23/05/2017

Jean-Louis Millet - Insomnie

 

JL Millet les chaises dorment toujours debout 2005 .jpg

"les chaises dorment toujours debout" jlmi 2005

 

 

Avant de plonger

dans les corridors étroits de l’avenir

la chambre se tait.

 

Dehors,

l’éclat moisi d’un réverbère enlace la nuit

dans l’indifférence sceptique des murs.

De longues ombres à l’odeur violette

traînent sur le trottoir

suivant la pluie,

interminablement,

sans raison apparente pour personne.

D’ailleurs, personne n’est plus là pour personne,

la vie est le tombeau du rêve.

Cauchemar de détails dans le cauchemar plus vaste

de ce quotidien où plus rien ne fait sens

hors les formules complaisantes, minables, pitoyables

qui se métastasent à grande vitesse

dans les viscères chatoyantes des horloges.

 

Et toi

qui te crois bien à l’abri derrière ton cœur insoumis

tu colles les morceaux

                                c’est tout.

                                                Rien

que ce que l’émotion vole à la mémoire.

 

Une fois encore

au bord du matin

la nuit au sourire corrodé s’est fatiguée la première

 

Sous les arbres, la statue de marbre te sourit

‘’avant que la mort te mortaise à la terre’’

 

Une idée affreuse, hein ?

En général ce sont les meilleures.

 

Source : http://jlmi22.hautetfort.com/archive/2013/12/03/l-oeil-la...

 

 

 

 

01/05/2017

Porte-bonheur

 

je connais des lieux où le muguet pousse en secret,

et le meilleur porte-bonheur,

c'est de le laisser pousser en paix

 

muguet (2).JPG

 

 

 

30/04/2017

Olav H. Hauge

 

Sous l’à-pic

Tu vis sous l’à-pic
tu le sais
mais tu sèmes ton jardin
tu consolides ton toit
tu laisses tes enfants jouer
tu te couches
comme si de rien n’était.

Peut-être
appuyé sur ta faux
un soir d’été
tes yeux se fixent là-haut sur la paroi.
Là, dit-on,
se trouve
la faille.
Peut-être
allongé, éveillé,
tu entends
la chute d’une pierre
une nuit.

Et quand l’éboulement survient
cela ne t’étonne pas.
Alors tu déblaies
le petit arpent vert
sous la montagne.

 

in Nord profond

trad. François Monnet

 

 

 

19/04/2017

Jacques Prévert

 

Les clefs de la ville


Les clefs de la ville

Sont tachées de sang

 L’Amiral et les rats ont quitté le navire

 Depuis longtemps

 Sœur Anne ma sœur Anne

 Ne vois-tu rien venir

 Je vois dans la misère le pied nu d’un enfant

 Et le cœur de l’été

 Déjà serré entre les glaces de l’hiver

 Je vois dans la poussière des ruines de la guerre

 Des chevaliers d’industrie lourde

 A cheval sur des officiers de cavalerie légère

 Qui paradent sous l’arc

 Dans une musique de cirque

 Et des maîtres de forges

 Des maîtres de ballet

 Dirigeant un quadrille immobile et glacé

 Où de pauvres familles

 Debout devant le buffet

 Regardent sans rien dire leurs frères libérés

 Leurs frères libérés

 A nouveau menacés

 Par un vieux monde sénile exemplaire et taré

 Et je te vois Marianne

 Ma pauvre petite sœur

 Pendue encore une fois

 Dans le cabinet noir de l’histoire

Cravatée de la Légion d’Honneur

 Et je vois

 Barbe bleue blanc rouge

 Impassible et souriant

 Remettant

 Remettant les clefs tachées de sang

 Aux grands serviteurs de l’Ordre

L’Ordre des grandes puissances d’argent. 

 

 

 

18/04/2017

Jacques Prévert

 

Hélas ! Hélas !
Trois ou quatre fois hélas!
Voilà le mauvais temps, la crise et tout et tout.
Le capital en prend un coup,
ll se roule par terre et il gueule,
ll bave même un petit peu,
Toute la famille est inquiète.
Qu'est-ce que c'est ?
Ce n’est rien, c‘est la crise, ça va passer.

Mais, dans sa cuisine, la bourgeoise sanglote,
D'une main elle fait le signe de la Croix,
De l‘autre elle fait la cuisine, la mayonnaise.
Avec ses pieds, elle berce les enfants,
Avec sa bouche, elle leur chante une berceuse.
Mais les petits enfants,
Les petits bourgeois ne veulent pas dormir,
lls entendent, venant de très loin,
Les pas et les cris des marcheurs de la faim.
Leur bonne mère leur a dit :
Si vous n‘êtes pas sages, les chômeurs vont venir et ils vont vous prendre.

Les petits bourgeois ont très peur.
Il y a des ogres dans le sous-sol de la maison.
Il y a des chômeurs dans les environs.

 

 

 

 

Patti Smith - La chanson de l'écrivain

 

Je n'ai pas voulu travailler
n'ai pas voulu gagner mon pain
Juste me pelotonner avec ma jarre
dans le soyeux sorgho
j'ai mis ma natte dans les roseaux
les hommes de la ville m'ont appelé
oh ma vie
quelle importance
les roseaux cesseront ils de plier
le lépreux se retournera-t-il
je n'ai pas soufflé dans ma corne
j'ai pris un saké puis un autre
les hommes de la ville m'ont appelé
ivre de ciel
quelle importance mon cri
la lune enflera-t-elle
la flamme vacillera-t-elle
bonsaï bonsaï
mieux vaut écrire
et puis mourir
dans le cratère bleu
cerclé de paille
j'ai entendu
les hommes m'appeler
la voie est dure
la porte étroite
quelle importance que je parle
de foin fraîchement fauché
mon oreiller
j'ai bu un saké puis un autre
n'ai pas souci d'avoir ni d'errer
ai tracé mon nom sur l'eau
non rien vraiment au-dessus
bonsaï bonsaï
mieux vaut écrire
et puis mourir
mille souvenirs
mille prières
à l'écart parmi les faïences
nous tirons les jarres
des étagères
buvons à notre congé
de nous-mêmes
que nous soyons
roi ou mendiant
toujours siffleront les roseaux
toujours murmurera le cœur

 

 

 

 

04/02/2017

Jean-Louis Millet - Ryoan ji Blues

 

bonsaï.jpg
texte & ill. jlmi

 

I

 

Au milieu du sanctuaire,

par un jour de pluie,

le Bouddha resplendit

sous un grand chapeau de femme.

 

Extrême gravité du bonze en zazen,

du silence sur les mains.

Toutes ses veines balbutient

sous la peau parchemin.

 

Sur la terrasse

de teck du temple

un peintre dont la vue s’obscurcit,

paupières qui palpitent, peint

en rides runiques

un résineux, épis bleu violet

dans les rochers nus ;

image qui bouge dans le pinceau souvenirs.

Le goyo matsu,

n’a de couleur ni ancienne ni moderne.

 

Poésie du bonsaï bunjingi

nu derrière la fenêtre…

… une cloche de bambou claquette

la caresse d’un souffle.

 

 

Murmure de mots interdits à l’oreille,

des dormeurs qui vécurent,

béquilles de brume fondues,

tout est beau dans la pénombre.

 

La hache et le coin…

Répondre ? …

Depuis toujours les oiseaux ont peur des chutes de pierre.

 

*****

 

II

 

Au milieu du sanctuaire

par une nuit de pleine lune,

le Bouddha sourit

des larmes de lotus.

 

Extrême gravité du bonze en zazen,

du silence sur les mains.

Dans l’ombre sombre du dojo

plus rien ne vit.

 

Sur la terrasse

de teck du temple

un peintre a éteint l’éclat

de ses yeux las

sans déranger une étoile.

En contre-point de ses encres

du linge sèche.

Les aquarelles de lumière

ne se font plus que sur les pierres du jardin

qui n’ont de couleur ni ancienne, ni moderne.

 

Poésie du bonsaï bunjingi

nu derrière la fenêtre…

… au kansaï hibachi, le charbon de bois rougeoie

l’éclat d’un rêve.

 

Murmure des mots d’accès aux univers

sans fin, réservoirs sans fond

d’éternité pour jours ultimes

sous la protection du silence.

 

Le fluant et l’immuable…

Répondre ?

 

Depuis toujours les pierres ont peur des chutes d’oiseaux.

 

 

****

 

III

 

 

Au milieu du sanctuaire

par un jour plein de nuit

le Bouddha se rit

de l’offense d’une fiente

 

Extrême gravité du bonze en zazen,

du silence sur les mains.

Son fleuve passe

sous le pont des brouillards

 

Sur la terrasse

de teck du temple

un vieil aveugle

assis, immobile

fixe le jardin

de ses yeux blanchis.

Le chant des sphères lui raconte

les 7 couleurs à  quoi penser.

Mais seules sont ses encres

qui n’ont de couleur ni ancienne, ni moderne.

 

Poésie du bonsaï bunjingi

nu derrière la fenêtre…

… par bribes, un mantra

récité d’une voix gutturale.

 

Murmure de mots immortels

qui n’ont jamais existé

qu’ici et maintenant.

Plus de langage, rien.

 

Le trait ou la page

Répondre ?

 

Depuis toujours les oiseaux de pierres ont peur des chutes.

 

***.

 

bunjingi : forme de bonsaï dite du lettré (la plante de l'illustration n'a pas cette forme)

dojo : salle

goyo matsu : pinus pentaphilla, pin

kansaï hibachi : brasero de la région de Kyoto

zazen : position assise de méditation

 

 

 

http://jlmi22.hautetfort.com/

 

 

 

 

03/02/2017

Alberto Blanco

 

Un bon poème
doit avoir assez de force
pour résister à tout :

Éditions artisanales,
mauvaises traductions,
fautes d'orthographe, coquilles,
coups d'épée cavaliers,
déclarations d'amour,
bibliothèques oubliées,
émissions de télévision,
films d'auteur,
films d'une autre sorte,
ironies de la vie,
corrections de dernière minute,
internet,
manifestes,
révolutions,
mauvais gouvernements,
discussions de café,
confessions du milieu de la nuit,
jours de soleil, jours nuageux,
bonnes critiques,
mauvaises critiques,
absence totale de critique.

Un bon poème
doit être assez fort
pour supporter
les interprétations abusives,
les approches scolaires, les thèses,
les mises en musique,
les anthologies,
les présentations,
les lectures collectives,
les hommages, les plagiats,
les épigraphes, les dédicaces,
les œuvres complètes.

 

traduction Laurent Bouisset

http://fuegodelfuego.blogspot.fr/

 

 

 

 

 

21/01/2017

Jean-Jacques Dorio - C’est un poète

 

 

Tout -ou presque- m’incite à penser

que l’époque est étrangère à la poésie

Mais je me rassure en me disant

que personne ne m’a jamais appris

à penser et que donc

pour ce que j’en pense ?

comme dit l’autre

 

Alors je remets sur le métier

les mots les signes l’impulsion première

       qui se déploient        et par à coups            

                  produisent ces pages quotidiennes                    

imprécises  malhabiles

en attente de sens

et qui disent ce qu’on veut bien leur faire dire :

des poèmes ?

*

 

C’est un poète 

Musique, paroles et interprétation par Jean Jacques Dorio. Chanson tirée de l’album « Chansons de quatre sous » enregistré en mai 2016 au studio « Le Petit Mas » à Martigues. L’album comprend 13 chansons avec leurs textes et des dessins originaux. Pour tout renseignement : http://dorio.blog.lemonde.fr/2016/11/ 

 

 

 

 

 

25/12/2016

Kalander - Burning wheel

 

dancer ANNA OMELYANTSEVA
music & voice PETR DMITRIEV

 

 

18/09/2016

Le marcheur - Cathy Garcia-Canalès

 

Poème tiré d'Ailleurs simple (Nouveaux délits éd. 2012)

Interprétation et environnement sonore de Lionel Mazari

 

 

 

 

11/09/2016

ô Soleil !

 

28/03/2016

Bon voyage Jim Harrison

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poems

 

 

I Believe

I believe in steep drop-offs, the thunderstorm across the lake
in 1949, cold winds, empty swimming pools,
the overgrown path to the creek, raw garlic,
used tires, taverns, saloons, bars, gallons of red wine,
abandoned farmhouses, stunted lilac groves,
gravel roads that end, brush piles, thickets, girls
who haven’t quite gone totally wild, river eddies,
leaky wooden boats, the smell of used engine oil,
turbulent rivers, lakes without cottages lost in the woods,
the primrose growing out of a cow skull, the thousands
of birds I’ve talked to all of my life, the dogs
that talked back, the Chihuahuan ravens that follow
me on long walks. The rattler escaping the cold hose,
the fluttering unknown gods that I nearly see
from the left corner of my blind eye, struggling
to stay alive in a world that grinds them underfoot.

from IN SEARCH OF SMALL GODS, Copper Canyon Press, 2010

 

 

Death Again

Let’s not get romantic or dismal about death.
Indeed it’s our most unique act along with birth.
We must think of it as cooking breakfast,
it’s that ordinary. Break two eggs into a bowl
or break a bowl into two eggs. Slip into a coffin
after the fluids have been drained, or better yet,
slide into the fire. Of course it’s a little hard
to accept your last kiss, your last drink,
your last meal about which the condemned
can be quite particular as if there could be
a cheeseburger sent by God. A few lovers
sweep by the inner eye, but it’s mostly a placid
lake at dawn, mist rising, a solitary loon
call, and staring into the still, opaque water.
We’ll know as children again all that we are
destined to know, that the water is cold
and deep, and the sun penetrates only so far.

from SONGS OF UNREASON, Copper Canyon Press, 2011

 

 

 

23/03/2016

LES FOUS

 

Il existe sur cette terre un peuple dont on ne parle jamais mais ils se reconnaissent entre eux ; ils s’aiment ou se haïssent mais surtout sans cesse, ils se renvoient la même question, la seule à leurs yeux qui mérite d’être posée. Ils cherchent, cherchent sans répit, sinon quelques plages de mensonges et certaines formes d’oubli. Cette question murmurée, implorée, chantée, hurlée, ils s’en frappent la tête. Ils s’en mettent le cœur à vif. Ils la boivent tel un vin rare, se saoulent et se régénèrent, la perdent pour mieux la retrouver jusqu’au bout des nuits blanches, des journées sans soleil. Ils la décortiquent, l’aspirent, la crachent et l’offrent parfois sans calcul comme un bouquet de fleurs à une âme de passage.

 

Certains disent qu’ils sont fous. Et alors ?

 

Il en faut des fous pour exorciser nos démons, pour donner corps à nos monstres et nous permettre de dormir en paix ! Il en faut des fous pour se mettre à nu et se poignarder avec tous nos pieux mensonges ! Il en faut des fous pour se lancer dans ce vide que nous n’affrontons pas même du regard. Il en faut des fous pour aller décrocher les étoiles qui brillent derrière nos paupières cousues.

 

 

Il en faut des fous pour accoucher le monde !

 

Fous ! Les fous battent la campagne et la breloque !

Fous ! désaxés ! détraqués ! dérangés !

Siphonnés, piqués, cinglés, timbrés, cintrés!

Mabouls, marteaux ! Toqués, tapés ! Tordus, toc-toc,

Cinoques, louftingues, dingues loufoques !

 

Z’ont perdu la raison,

La boule et la boussole,

Une araignée au plafond,

Mais qu’importe Monsieur,

Les fous travaillent et pas qu’un peu

Les fous travaillent du chapeau !

 

Les fourres tout

Les foutrement gais

Les inspirés

Chercheurs de vérité

Fous téméraires

Et foutu bordel !

 

Les fous à lier

Les fous de liberté

Les fous d’amour

Les fous de bonheur

Les fous de joie

Les fous de rire

Les fous des bois

Fous de toi

Et fous au galop

Les fous échappés du jeu de tarot

Les fous en marche

Sur l’échiquier

 

Il y a aussi les foutez-moi la paix

Les foutez-vous de ma gueule

Et tous ces fous qui en veulent

Il y a les vieux fous sans lendemain

Les fous qui combattent les moulins

 

 

Les fous parlent à leur chien

Les fous respectent la terre

Les fous donnent tout

Les fous ne mentent pas

Les fous flânent en chemin

Nourrissent les oiseaux

Les fous pleurent

La mort d’une fleur

Les fous se rient des frontières

Les fous traversent les déserts

Gravissent les montagnes

Franchissent les mers

À la nage ou à la rame

Les fous disent paix et tolérance

Brûlent leur carte d’identité

Pour être sans-papier

Refusent de s’alimenter

Parce que d’autres sont affamés

Les fous ne ferment jamais leur porte à clé

 

Les fous vivent dans les arbres

Les fous sèment des jardins

Les fous se couchent au sol

Devant les tanks les bulldozers

Il y a des fous qui aiment tellement les animaux qu’ils ne les mangent pas

Il y a les fous qui balaient devant leurs pas

pour ne pas écraser les fourmis

Les fous parlent d’amour quand on leur fait la guerre

Les fous pardonnent à leurs tortionnaires

Les fous luttent, résistent, inventent

Aiment et cultivent la différence

 

Les fous vivent leurs idéaux

Les fous crachent des poèmes

Sur les façades des cités

Les fous refusent télé, supermarchés

Refusent d’être vaccinés, pucés

S’entêtent à ne pas se résigner

 

Les fous un jour partent

Sans se retourner

Les fous voyagent à pied

À dos d’ânes, en roulottes

Il y a des fous qui vont dans une grotte

Méditer pendant des années

Il y a des fous qui peuvent

Se passer d’électricité

Les fous font de leurs rêves une réalité

Les fous s’aiment malgré tout

Les fous refusent le garde à vous

Les fous croient en la justice

Et pensent pouvoir changer le monde

 

Mais les fous craignent les fous

Les fous vraiment malades

Les fous nocifs, les fous dangereux

Les foutez-les dehors Les fous qui veulent rester entre eux

Les fous offensifs

Führers et fous sanguinaires

Des fous pervers Fous du violent

Foudre de guerre Fous psychopathes Et fous de la gâchette Des fous furieux

Des fous maniaques Des fous avides

Des fouilles-merde Des fous stupides

Fous des grandeurs

Fous persécuteurs Fous délirants

Fous paranoïaques

Et fous de la matraque

Des fous forcenés

Fous d’odieux

Des fous banquiers

Fous scientifiques

Fous fanatiques

Des fous déguisés en flic

Fous de fric de pouvoir

Des fous politicards

Fous qui veulent tout diriger

Fous qui veulent tout acheter

Y’a pas pire fous que ceux-là.

Fous qui pensent qu’ils n’en sont pas

 

Et qui proclament :

 

Est fou celui qui ne pense pas comme nous…

Est fou celui qui n’est pas comme nous…

 

Et ils enferment, détruisent, asservissent et assassinent.

 

Monde foutu par ceux-là ?

Planète foutue par ces fous ci ?

 

Plutôt fou-rire !

 

 cg, in Follement autre

 

 

 

 

 

 

 


10/01/2016

OISEAUX II

 

 Oiseaux fous, oiseaux ivres,

 Fuyant par milliers

 Le vacarme des cités tendues,

 Prêtes à exploser.

  

Oiseaux fous,

 Oiseaux ivres,

 Portant haut

 Le vaste drapeau déchiré

 Du ciel,

 Vos cris se perdent

 Sur les océans migrateurs,

 Vos plumes se mêlent

 A leurs pleurs

 Et rougissent

 Les pages du monde.

 Nuit d’encre

 Où se noient

 Les rêves

 de l’albatros.

 

 Poète ,

 Marche,

 Vole !

 Les hommes

Riront toujours de toi !

  

Tailler les jours

 Entailler l’os,

 La marée épaisse

 Des rêves écorchés.

 Ôter à l’oiseau

 Le droit de voler

 Ôter à l’humain

 Toute volonté,

 Couper les ailes

 Trancher la main

 Fabriquer des implants

 De haine,

 Des lois taillées

 Sur des peaux blêmes,

 Et pour mieux encore

 Manipuler,

 Pénétrer au cœur même

 du sang

 Et du gène !

 Brider l’oiseau

 Briser l’humain,

  

Mais toi poète,

 Marche,

 Vole,

 Que les Hommes,

 S’il en reste,

 Puissent encore rire,

 De toi !

 

 

Cathy Garcia, 2001