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25/06/2018

Murièle Modély, un poème tout frais d'hier soir

nana bon pé kolèr dodan mon tét
in fraz apré lot', zot i grimp, zot i mont 
zot i ensèr mon gorg'
bon pé i dit zot i konpran pa moin
mi doi koz franssé
mi doi embrass la tèr, zot tèr
mi doi embrass lo pié, zot pié
mi doi baiss lo zié, mon zié
mi doi mang mon lang
é mi doi rir pli fort que zot mém
kan zot i crach dessu moin mém
mi doi crach pli for su tout band boug
i vien empli le port, i vient empli la mer
toussa kaf, toussa kafrine i grimp, i monte
in fraz apré lot', i vien empli mon gorg'
rand corail, poisson, tout band zafér au fon la mer
noir
noir
noir com lo san 
mi doi rir pli fort, mi doit crache su zot
sak i parl pas com zot, sak i parl pas com moin
parle franssé ti fille / parl françé / parl franssais
ma bo ékri comme mi veu
tout zafér la lé roug', i rempli mon tét 
tout band marmaille lé roug' kan zot i aval é kan mi aval
la mort la mer ek not koulér

 

 

[traduction :
il y a beaucoup de colères en moi
une phrase après l'autre, elles grimpent, elles montent
elles m'étouffent
beaucoup disent qu'ils ne me comprennent pas
je dois parler français
je dois embrasser la terre, leur terre
je dois embrasser les pieds, leurs pieds
je dois baisser les yeux, mes yeux
je dois ravaler ma langue
et je dois rire plus fort qu'eux mêmes
quand ils me crachent dessus
je dois cracher plus fort sur tous ces hommes
qui viennent emplir le port, qui viennent emplir la mer
tous ces cafres, toutes ces cafrines qui grimpent, qui montent
qui une phrase après l'autre viennent remplir ma gorge
rendre les coraux, les poissons, tout ce qu'il y a au fond de la mer
noir
noir
noir comme le sang
je dois rire plus fort, cracher sur ceux
qui ne parlent pas comme eux, qui ne parlent pas comme moi
parle français petite fille/ parle français / parle français
j'ai beau l'écrire comme je veux 
tous ces mots sont rouges, emplissent ma tête
tous ces enfants sont rouges, quand ils avalent et quand j'avale
la mort, la mer et nos couleurs]

 

 

07/06/2018

Auteur inconnu

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03/06/2018

Legend Lin Dance Theatre - Song of Pensive Beholding

 

 merci à jlmi !

 

 

 

 

16/05/2018

Pénélope Corps

Ce matin en partant bosser
Dans le brouillard de ce mois de mai dégueulasse
Je me suis demandé ce que je ferais
Si jamais le soleil ne revenait pas
Si les journées continuaient à s'empiler dans le gris comme des parpaings
Comme un hiver sans fond
Parce que tu vois
Quand on vit où je vis
Quand on voit ce que je vois tous les jours au bout de la route qui m emmène au travail
Il en faut peu pour que la mort vienne se caler tranquille côté passager
Genre déesse autostoppeuse
Genre salope même pas sexy
Je le sais
Je l'ai déjà vue
Alors je me suis dit ma vieille
Trouve un plan B
La créativité c'est de la survie
Pas de la vengeance non
Juste une alternative à la mélancolie stérile de nos enfances un peu trouées
Un moyen d'ancrer nos pieds quelque part
Trouver des prises dans la paroi
Je me suis dit ça
Et j' ai posé un plan d'attaque monstrueux
Comme une princesse Viking sans cheveux
Comme une sacro-sainte guerrière illuminée
Je suis rentrée chez moi
Je me suis foutue dans le canapé
Et j'ai fini le bourgogne à la bouteille
En riant très fort
Et voilà

 

 

 

27/03/2018

Pietr Dvarrack - Wind Spirit #3

 

 

 

 

 

 

25/03/2018

Roxana Méndez (Salvador) - L'instant, la vie

 

Roxana Méndez.jpg

J'ai eu une belle vie :
dix ans de guerre
et trois tremblements de terre
qui ont jeté la ville à terre,
accomplissant la prophétie
de la grand-mère,
qui, plusieurs mois
auparavant,
nous avait annoncé
la destruction terrible
avec cette même voix
qui nous contait
les histoires douces
où tout était couleur
de noisettes sèches.

Mais j'ai eu une belle vie,
paisible, assise
à la table dans la cour,
ou bien cachée
entre les sacs de maïs,
dans l’attente que
les détonations
cessent, que les cris
s’interrompent,
dans cette obscurité
où le moustique
était un murmure
qui me faisait dormir.
Le moustique dont la piqûre
ne causait pas la mort.

Mais j'ai eu une belle vie,
un amour de mille ans
vrai et brillant
comme l'or qui a acquis
la forme d'une broche,
un hibou aux grands
yeux blancs,
allumé toujours
sous ma blouse, et pour lui
une goutte de sang
est ce qui reste
du passé, une goutte
suspendue
comme une planète froide.

Mais j'ai eu une belle vie,
une vie où la guerre
et l'amour
ont duré
le même nombre d'années.
Une vie où la mort
m'a assez peu rendu visite,
et où j'ai vu le monde
et écouté le son des grandes
eaux et des vallées
énormes, où les sabots
du cheval créole
et ceux du cerf me montrent
leur différence étrange.
J'ai vu et j'ai oublié
ce que j'ai vu
et à nouveau m'a étonné
ce que j'avais déjà
trouvé curieux auparavant.
Je ne me plains pas.
Les eaux continuent
à m'embrasser les pieds,
accrochées avec toute leur tiédeur
à la brièveté que je possède.

 

traduction : Laurent Bouisset

version originale, voir :

https://fuegodelfuego.blogspot.fr/2016/11/el-instante-la-...

 

 

 

 

20/01/2018

Hommage fait maison à Banksy (pour un devoir d'anglais)

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01/01/2018

2018, nos cœurs qui battent

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à toutes celles et ceux qui savent déjà à quel point elles-ils sont précieux à mon cœur, aux poètes et artistes de la toile, aux ami-e-s du présent, aux ami-e-s du passé (j'ai une mémoire très inclusive), aux ami-e-s du futur, à vous inconnu-e-s

 à vous toutes et tous, que cette année 2018 soit une année que vous n'oublierez pas, une année où vous serez plus que jamais vous-même, plus que jamais à l'écoute de ce qui vibre et résonne juste pour vous, une année à cœurs ouverts, rythmée par leur belle et irremplaçable musique...

 

 

 

 

 

 

26/12/2017

Santa Is a Psychedelic Mushroom

 

 

24/12/2017

" La pastorale des santons de Provence d'Yvan Audouard & Paul Durand - Orchestration de Raymond Chevreux - 1960

 

Un souvenir d'enfance... si magie de Noël il y a, alors on peut la retrouver ici avec l'accent !

 

 

 

 

 

 

21/12/2017

Joyeux solstice !

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11/12/2017

Marc Guimo

 

Ailleurs ça coûte cher

J’ai fait une grave erreur il parait
J’ai écrit des poèmes
Des tonnes de poèmes qui ne parlent à personne
On pense à des messages envoyés dans l’espace
Des textos mystérieux à des extraterrestres
Qui n’en demandaient pas tant
J’ai écrit aussi comme on creuse un trou
Depuis le 4ème étage d’un immeuble
Ça pose quelques problèmes d’architecture
Et de méthodologie
La réalité en général est arrangeante
La poésie encore plus
Sauf quand elle est soule
Et qu’elle cherche dans ses affaires
Une ou deux victimes multivitaminées
Son petit côté furet dans le poulailler
Ces derniers temps d’ailleurs
Je dois allonger un peu plus le bras
Pour qu’elle reste tranquille
Et qu’elle n’attaque pas les passants et les civils
Elle fait une fixette sur les mollets
Tibias et fémurs qui craquent
Sont ses deux fournisseurs d’orgasme
Je cumule les plaintes et les procès sous mon lit
Même les arbres m’en veulent de les gâcher
Je souhaite m’en sortir pourtant
Lundi je m’y mets ou peut-être vendredi
Même s’il faut pour ça enfiler un plâtre intégral
Ou déjeuner avec des types qui pensent à leur prime
Je vais m’y mettre
Et casser la baraque
Littéralement
Des sociétés de pilon m’ont proposé leurs services
Et quelques pyromanes
La secte poétique a ceci de particulier
Qu’il est difficile de quitter son propre cerveau
Aller voir ailleurs
Ça requiert de l’expérience
Il y a des pays où on écrit très peu
3 heures de vol et quelques libertés en moins
Il parait que là bas on vous récompense
En vous offrant gratos l’au-delà
On ne sait pas si c’est de l’humour noir
Ou une performance d’art contemporain
Au fond je vais rester là
Tranquille et intranquille comme Pessoa
Au fond je ne suis pas pressé
De ressembler à un carton paumé dans des archives
Ailleurs cette fois
Je vais essayer de pas l’oublier
Ça peut couter cher
Ou juste le prix d’un café

 

 

 

 

17/11/2017

Alexo Xenidis - Heure grise

 

Laisser aussi, grande ouverte, la porte
Pour la Voix du soir, celle des dos courbés, de la poussière
Poisseuse sur la peau, qui se racle la gorge,...
Et cherche longuement ses idées dans les lointains
S’accoude au bar, découvre les solitudes assises
Parle de la vie humble, la vie à petits bruits
De pas traînés à terre, et la journée pesante
Sur les reins les épaules, les cris bleus des métros
Le soupir des portières pneumatiques où se dégonfle
Un poumon mécanique avant l’arrachement du quai
L’odeur d’encre, les masques de papier journal,
Le piétinement des foules lentes vers les abris
Puis tandis que s’allument les fenêtres jaunes
Et que la Ville croit être un champ d’étoiles
Se taire
La Voix du soir s’éraille à te chercher
Engloutie dans le ventre d’un monstre bétonné
Dont tu têtes les sucs pour t’enivrer

 

 

04/11/2017

Atahulapa Yupanqui - Le temps de l'Homme

 

 

 

08/09/2017

Antonin Artaud - Tutuguri ou le rite du soleil noir - par Lionel Mazari