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Celle qui manque, lu par Stéphane Beau

Un bel article de Stéphane Beau sur le Grognard à propos de Guillaume Siaudeau et
Quelques crevasses, le recueil qu’il vient de faire paraître aux éditions du Petit Véhicule et moi-même et Celle qui manque, tout juste paru donc chez Asphodèle.
  
à lire dans son intégralité ici :http://legrognard.hautetfort.com/archive/2011/02/08/les-crevasses-ne-manquent-pas.html

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C’est par le biais d’une publication chez Asphodèle que j’ai découvert Guillaume Siaudeau, et c’est chez ce même éditeur que j’ai le plaisir de retrouver Cathy Garcia, poétesse dont tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la poésie contemporaine connaissent forcément le nom. Son dernier né ? Celle qui manque.

A première vue, rien n’est plus éloigné de l’écriture de Guillaume Siaudeau que celle de Cathy Garcia. Alors que le premier semble porter sur la vie un regard doux et paisible, Cathy Garcia mène un combat sans pitié contre elle-même. Si j’ai parlé de « sourire » pour Guillaume Siaudeau, il convient plus de parler de « cri » à propos de Cathy Garcia (on retrouve d’ailleurs le célèbre personnage de Munch dans un de ses collages qui illustrent le volume). Même l’acte d’écrire, loin d’être l’expression d’une joyeuse harmonie, est chez elle bien souvent un aveu d’impuissance : « Ecrire. Ecrire quoi ? Tourner, tourner la même soupe, une connerie christique s’imaginant offrir ses tripes. Manquer de pudeur ? Mais c’est bien pire que ça ! Montrer ses fesses, sans culotte, certes c’est osé, mais les montrer sans peau ? ».

 

Et pourtant, malgré les différences de styles et de tonalités, Guillaume Siaudeau et Cathy Garcia se retrouvent sur l’essentiel : la sincérité et l’honnêteté. Aucun des deux n’écrit pour la gloire : s’ils se remettent à l’ouvrage chaque jour c’est parce que la béquille des mots leur est indispensable pour colmater les brèches de leurs crevasses intimes. Tous deux n’écrivent pas pour écrire, mais pour vivre, tout simplement. « Vivre et justifier quoi ? » Nous demande Cathy Garcia, avant de répondre pour nous : « Rien. Nothing. Nada. »

 

Stéphane Beau

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