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23/03/2020

Martin Caparrós

 

Être pauvre, c’est aussi vivre avec cette sensation perpétuelle d’incomplétude : ne pouvant obtenir qu’une infime partie de ce que l’on pense devoir obtenir, de ce dont on a besoin. Tous les efforts des publicitaires, des experts en marketing, des grands commerciaux des pays riches consistent à reproduire cette sensation chez les consommateurs : que le monde est rempli de choses que l’on désire et que l’on n’a pas encore. Transformer les riches en pauvres à qui il manque toujours quelque chose.

in La faim

 

 

 

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22/03/2020

Nicolas Mathieu

 

Je rêve que ce virus soit le point de butée

où trébuche notre civilisation du déni permanent.

 

 

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18/03/2020

Harold Alvarado Tenorio

Jaune et sèche
comme les déserts
fut notre vie.
Aride aussi,
sera notre mort.
Il ne restera ni os ni poussière d’os
de notre orgueil,
votre vanité,
notre appétit,
votre ruine,
notre rancune
votre avidité indécente
d’être pire que les autres
c'est-à-dire, nous.

Soyons reconnaissants
à l’art d’imaginer
l’existence possible d’autres mondes.
Peut-être seulement là
trouve-t-on couleur, lumière, eau et repos.

On ne meurt qu’une fois.
Nous,
nous sommes morts deux fois.

 

in Colline castillane

 

 

 

 

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Marc Guimo

 

Première chose à faire :

braquer la réalité

 

in La poésie, personne n’en lit  

 

 

 

 

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10/03/2020

Arthur Fousse

 

nous nous sommes peut-être trompés.

peut-être n’étions-nous faits que pour tisser

le suaire d’un monde

qui ne devait que cacher la lumière

d’un faussaire.

peut-être devions-nous simplement nous taire

et attendre.

maintenant,

je regarde ces rides dans le coin de mes yeux, j’y lis des frontières qui ont croisé le fer

avec l’éternité

et qui sont restées closes à jamais.

des barbelés tristes sur un visage de honte.

 

 

 

 

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06/03/2020

Catherine Voyer-Léger

 

C’est une douceur qui te prend au ventre. Ou, plus précisément, c’est
quelque chose dans le ventre qui te rappelle que tu es douceur. Ça grossit là,
dans l’abdomen, et ça caresse tout ce qui se mousse au fond de toi.

 

 

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Marc Tison

 

On partira à l’aube sur les océans

On part toujours à l’aube

Dans la pureté des promesses

Avant l’ouverture des supercheries marchandes

 

in des nuits au mixer

 

 

 

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02/03/2020

Pierre Peuchmaurd

 

 

La Lisière

C'est là qu'ils viennent tirer. Pourquoi là, et tirer quoi ?
C'est toujours le soir, on n'y voit plus qu'à peine.
Obscurément ils visent la nuit, les chasseurs. S'agit-il
même de chasseurs ? Quand le vent porte, c'est comme
l'écho d'une très vieille guerre qui revient hanter la
lisière. ça dit qu'il n'y a pas de sûr refuge, et pas d'oubli
non plus. On ne les voit jamais. Personne ne longe le
bois à cette heure, ni aux autres. Le matin, peut-être.
Mais pas moi. Le matin, je dors.

 

 

 

 

 

 

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Vénus Khoury-Ghata

 

Les pierres de ton jardin parlent plus haut que les passants
elles se réclament d'une ascendance qui remonte à la première caverne
quand deux silex détenaient le feu et qu'un vent pauvre
balayait les ronces d'un alphabet atteint de surdité

Les choses étant ce qu'elles sont
Il suffit de serrer une pierre dans ta main pour vibrer
avec la planète
détecter la fronde d'un volcan
le cri d'une montagne écroulée par une fourmi

 

 

 

12:42 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (1)

Philippe Léotard

 

 

Je ne regarde plus la mer, je suis le sel.
Sèche-toi encore un peu sur mes mains qui tremblent.

 

 

in Pas un jour sans une ligne

 

 

 

 

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29/02/2020

René de Obaldia

 

Cherche un amant
Aussi beau qu'un éléphant
Éléphant avec des ailes
Ayant des douceurs de gazelle

 

 

17:20 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

Heptanes Fraxion

 

 

tu constates que l'ordinaire ne l'est pas tant
et que l'extraordinaire ne l'est pas trop
la flemme devient ta religion officielle
l'an dernier à la même époque tu ne voulais voir personne
elle te mentait tellement mal 
que c'était tellement beau 
que tu brûlais tellement bien
trop vieux
trop pessimiste
tu t'en donnes des surnoms

monstre parmi les dieux
dans les caillasses de tes coussins
tu rêves d'une louve aux yeux cousus 
tu rêves d'être à bord d'un train filant sous la lune

qu'ils te pourrissent l'esprit
ou bien qu'ils t'aident à croire en toi 
les gens sont comme ça
toujours en transit 
tu ne leur en veux pas cette fois-ci
tu surfes juste sur leur haleine morte
et leurs beaux sourires de faux culs qui se sentent si puissants

géométrie variable des oiseaux migrateurs par dessus le faubourg
où tu es ton propre coiffeur et ton propre infirmier
il ne s'y passe strictement rien en ce jour férié
et c'est exactement pour cette raison que tu es venu là 
en quête de vin
poison qui te répare
au sortir du métro une voix horrible dit des choses si douces
les désespérés ont leur logique
les désespérés ont leur logique

émotions qui te percutent indéfinissables
la thérapie n'a pas marché
le désorientalisme t'apporte beaucoup plus 
qui rend utiles les mauvais souvenirs 
cocaïne des images
cocaïne des images
ton corps émet des codes

le ciel est fou
les nuages semblent en feu
les pertes que t'inflige ce monde brutal qui s'en fout te réduisent à l'essentiel 
vérité vraie plus grande que toi-même
vieux concepts qui te mangent et qui te chient
tu voulais des trucs
tu les as eus et puis tu les as abandonnés
ego malade

sur le chemin du retour
tu marches sur le trottoir de cette rue qui n'en finit pas
une voiture perd le contrôle qui fonce vers toi et s'encastre dans la barrière boule derrière laquelle 
tu attends figé 
un choc qui ne viendra pas 
cascade calibrée par ton ange gardien
qui apparemment ne picole plus lui

 

 

 

 

 

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28/02/2020

Philippe Godard

 

La société a vite fait de dénoncer comme « folle » une personne qui semble en-dehors de la norme. Or, en matière d’humanité, définir une norme est extrêmement dangereux : la norme ne contribue pas seulement à regrouper les « normaux » sous une bannière rassurante ; elle constitue surtout un moyen d’exclusion terriblement efficace, un outil de discrimination, parfois jusqu’à la négation de la personne dite hors-norme et jusqu’au doute sur son humanité. (…) Les scientifiques ont ainsi ouvert la boite crânienne de Ravachol en 1892, parce qu’ils pensaient prouver que le germe de l’anarchisme avait détruit son cerveau !

(…)

La maladie mentale est en effet largement politique : selon le contexte, sera déclaré fou tel ou tel, et si le contexte change, un malade mental pourra passer dans la catégorie des gens normaux et inversement.

 

in L'anarchie ou le chaos

 

 

 

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27/02/2020

Amadou Hampâté Bâ

 

Le besoin de critiquer est comme une maladie, et une maladie contagieuse. (…) Cela vaut aussi pour les individus : considère leurs qualités, prends en eux ce qu’ils ont de bon, et quant à leurs défauts, laisse-les leur. C’est leur affaire et non la tienne.

Et surtout Amadou, ne crois pas que le commandement, quel qu’il soit, ait jamais passé une nuit entière aux côtés de la vérité et de la justice. Ils ne peuvent demeurer ensemble, parce que la justice tue le commandement. Quand le commandement, ou le gouvernement, fait rendre la justice, c’est que cette justice ne lui gâche rien. Bien entendu, il arrive que le commandement revête le manteau de la religion, mais alors, attention ! Ce n’est plus de la religion, c’est du « commandement par la religion », ou de la « religion domestiquée ».

 

in Oui mon commandant !

 

 

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24/02/2020

Michel Baglin

 

Cette vie, la fêter
en allant jusqu’au bout
dans la paix et la fièvre,
ayant su la risquer
en se tenant debout
et la caresse aux lèvres.
La fêter en secret
en lui offrant son temps
et croire désapprendre
la peine et les regrets
en leur abandonnant
les jours tombés en cendre.

 


 in De chair et de mots


 

 

 

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