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16/01/2021

Gilbert Cesbron

 
 
Ne nous touche vraiment que la beauté qui s’ignore.
 
 
 
 

14:32 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

Pat Ryckewaert

 

J’en appelle à ton silence
pour retrouver ma voix
et les cordes du ring
me renvoient au milieu.
Laisse le cri dans ta gorge
l’instinct dans ta poche révolver
il n’est plus le temps
de la roulette russe et du froid sibérien.
Regarde comme il fait beau ici
sous le néon du jour
au ciel rose de décembre
la neige carbonique
fait de la fourrure d’ange
et des cendres qui craquent.
J’ai replié mes ailes
et la corneille est morte
enfouie dans mon chagrin
tu m’as fait tant de peine
et du bien aussi, il y a longtemps.
Regarde la fleur de ma bouche
elle a le goût des autres
et des baisers d’hier
c’est un poème d’amour
avec du souffre dedans
et du sang sous les ongles
d’avoir griffé la nuit, lacéré les heures
la croute va se faire, je le sais
pour soulager ta chair et ta mémoire.
Regarde ce qu’il reste de nous
dans nos gestes et nos cœurs qui hésitent
on est à se recoudre ensemble
dans un corset de mots.

 

in La corneille

 

 

 

 

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12/01/2021

Daria Colonna

 

Je coupe au couteau les coins de ma bouche, je suis tout sourire. Le siècle est un souper qui se trempe, s’arrose, s’asperge, se douche, s’inonde. J’apprends à respirer sous l’eau, à jurer du beau temps, je fais mon âge et je l’entends gémir, chaque mois, de corvée de culotte et de jours enclos. C’est par considération que je meurs.

 

Je tourne autour des soleils jusqu’à ce que l’un d’eux me rajeunisse.

 

Alors j’ai la joie et trois ans; pardonnez ma voix borgne, pardonnez l’enthousiasme, les mensonges de rien, le rire aigu, je suis un entrepôt de boue, d’agrumes et de limon où pousse un chapeau de fête.

 

Laissez la pourriture recouvrir les murs de mes écoles.

 

Demain j’irai mieux, je dormirai clouée à mes écrans, attachée à mes personnages de série, nous à nouveau, grouillantes de passés simples, pourries d’espérance, flanquées des versions les plus pâles du Christ. Je ressusciterai par balle, par colis, par habitude.

 

Nous aurons toujours de quoi veiller.

 

 

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11/01/2021

Martin Caparrós

La stratégie des dominants a toujours été de maintenir leurs dominés au niveau le plus bas possible. De déterminer à chaque fois ce niveau par la méthode empirique : essais et erreurs. L’erreur a pu consister en ce que des milliers de gens meurent de faim ou en ce qu’ils se dressent et exigent. (…) Alors entre en action la charité chrétienne ou sa version contemporaine, l’assistanat : donner aux pauvres le minimum pour qu’ils survivent et n’éclaboussent pas de leur sang ou de leurs os les écrans de télévision.

 

(…) Mais nous ne sommes pas trop de manière abstraite, en général : certains sont en trop.

(…) Si on administrait un jour aux patrons argentins — les riches et leurs représentants  — la dose adéquate de penthotal, il serait amusant de les entendre : ils pourraient parler de la manière de se débarrasser de cinq ou six millions de personnes. Ils l’envisageraient comme un véritable service à la patrie : le reste de la population vivrait plus confortablement, l’indice de criminalité chuterait, les sectes évangélistes perdraient de leur influence, il y aurait beaucoup d’espace libre pour de nouvelles cultures ou quartiers résidentiels, les transports en commun marcheraient mieux, l’État économiserait des ressources — en subsides, organismes, policiers, gardiens de prison — qu’il pourrait employer à améliorer par exemple les écoles, les universités et les hôpitaux que des usages éduqués utiliseraient avec discernement. On perdrait peut-être quelques footballeurs et quelques boxeurs, deux ou trois chanteurs ringards ; (…) et  ils auraient tous plus de difficultés à trouver des femmes de ménage mais, globalement, ils y gagneraient plus qu’ils n’y perdraient.

 

in La faim, éd. Buchet-Chastel, octobre 2015

 

 

 

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Rapport de l’Institution of Mechanical Engineers (Royaume-Uni), janvier 2013

« Aujourd’hui nous produisons environ quatre milliards de tonnes de nourriture par an. Et pourtant, en raison de mauvaises pratiques de récolte, de stockage et de transport, ainsi que du gaspillage à la vente et à la consommation, on calcule qu’entre 30 et 50% de cette nourriture — 1,2 à 2 milliards de tonnes  — n’arrive jamais dans un estomac humain. Et encore, cette estimation ne reflète pas les grandes quantités de terre, d’énergie, d’engrais et d’eau qui sont également gâchées dans la production d’aliments qui finissent tout simplement à la poubelle. »

 

 

 

 

 

12:06 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (1)

Warren Buffet, la quatrième fortune du monde

Il y a une lutte des classes depuis vingt ans, et ma classe l’a gagnée. Nous sommes les seuls à avoir vu leur taux d’imposition baisser de manière spectaculaire. En 1992, les 400 personnes qui ont payé le plus d’impôts aux États-Unis avaient un revenu moyen de 40 millions de dollars. L’an dernier, le revenu moyen de ces 400 personnes étaient de 227 millions, soit cinq fois plus. Durant cette période, la proportion de ce qu’ils ont payé sur leurs revenus est passée de 29% à 21%. Grâce à la baisse de ces impôts, ma classe a gagné la guerre : ce fut un vrai carnage.

2011

 

11:49 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (1)

Martin Caparrós

(…)

Alors que 200 milliards de dollars atterrirent sur le marché alimentaire, 250 millions de personnes tombèrent dans l’extrême pauvreté. Entre 2005 et 2008, le prix de la nourriture augmenta de 80 % (…). Quelques gouvernements tombèrent, les prix finirent par chuter, des millions de personnes basculèrent dans l’extrême pauvreté et le monde eut plus d’affamés que jamais dans son histoire. Ils atteignirent pour la première fois le milliard de personnes.

 

Un milliard d’affamés.

 

(…)

« La nourriture est le nouvel or », écrivit alors un journaliste du Washington Post, dans une formule qui fit mouche : elle signifiait surtout que ce n’était plus un bien de consommation mais un bien de thésaurisation et de spéculation, et pas n’importe lequel : le bien dont le prix avait le plus augmenté durant les dernières années.

 

Pour beaucoup, cela signifiait qu’ils avaient cessé d’en manger.

 

(…)

Elles s’appellent Archer Daniel Midlands, Bunge, Cargill, Louis Dreyfus et on les appelle, cela va de soi, ABCD. Elles contrôlent à elles quatre 75 % du marché mondial  des grains : les trois quarts des grains de la planète. En 2005, leur chiffre d’affaires s’élevait à 150 milliards de dollars ; en 2011, à 320 milliards.

 

(…)

« Aujourd’hui, le ravitaillement alimentaire mondial doit non seulement se battre contre une offre moindre et une demande accrue de grains réels, mais les financiers ont en outre créé un système qui augmente artificiellement le cours futur des grains. Résultat : le blé imaginaire détermine le prix des céréales réelles, puisque les spéculateurs — autrefois un cinquième du marché — sont aujourd’hui quatre fois plus nombreux que les acheteurs et les vendeurs réels. Aujourd’hui les banquiers et les spéculateurs sont assis au sommet d’une chaîne alimentaire : ce sont les carnivores du système, ils mangent tout ce qu’il y a en dessous » (…).


in La faim, éd. Buchet-Chastel, octobre 2015

 

 

 

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Charles Bukowski

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09:05 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

Alejandro Jodorowsky

Nous ne sommes pas des anarchistes qui nous rebellons contre Dieu, la Science ou l’État. Pas du tout. Un combat pareil n’apporte au pauvre que des coups de bâton et une pluie de balles… L’État, et à travers lui, le capital, peut prendre toutes les formes, il a gagné la bataille pour deux ou trois siècles. Rien ne viendra changer le cours de l’Ère industrielle. Les vers ont commencé à dévorer le fromage et nul ne peut les arrêter. La production ne cessera pas avant la dégradation complète de la planète. Peu y survivront. Dans un futur proche les pauvres auront peut-être de meilleurs costumes, ils seront mieux logés et nourris, mais ils continueront à être pauvres ; c'est-à-dire qu’ils seront de plus en plus endettés vis-à-vis du pouvoir, et que s’ils n’y laissent plus leur sang et leurs poumons, ils devront payer avec quelque chose d’aussi précieux que leur rire, et leur intelligence aussi. Le pauvre deviendra un imbécile casé et grave. La conclusion évidente ? L’essentiel est de survivre ! Que l’effondrement de la société ne nous détruise pas…

 

(…) Mais venons-en au fait : le pouvoir n’est pas créatif et les riches s’ennuient. Ils possèdent tout sauf eux-mêmes. C’est logique. Pour se trouver soi-même, il faut tout lâcher et eux, au contraire, s’approprient tout. Vous me suivez ?

 

in L’arbre du Dieu pendu

 

 

 

 

08:37 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (1)

06/01/2021

Michel Baglin

Cette vie l’éclairer
à la danse des flammes
sur une hanche nue,
aux feux de camps des femmes,
à l’étoile allumée
sur un visage ému.
L’éclairer d’allégeances
faites à la lumière,
à la terre, à la pluie, 
au navire en partance,
à la fontaine claire
comme à l’alcool des nuits.

in De chair et de mots

 

 

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04/01/2021

Angela Vannier

 

Je partage avec les miroirs
Les fontaines et les rivières
Le droit d’épouser la lumière
Avant que ne tombe le soir

 

 

 

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02/01/2021

Michèle Caussat

 

Et que la farine du ciel nous cuise un gâteau d’étoiles ! 

 

in Traction Brabant 80

 

 

 

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24/12/2020

Jacques Lacarrière

Toi qui es eau et qui es terre

Qui es lumière et boue mêlées

Toi qui es source et qui es cendre

Qui es berceau, tombeau mêlés

Toi la salubre et la salie

Toi la sainte et toi la souillée

Toi la très sage et l’insensée

Qui est début, qui est déchet

 

in Marie d’Égypte

 

 

12:23 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

16/12/2020

Anais Nin

 

Équilibre ? Un rêve impossible pour moi, padre amor. Parce que je suis née sous le signe de Sainte-Thérèse et des grandes courtisanes perverses.

Mysticisme de la terre ou du ciel, mais des extrêmes.

 

 

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Toni Morrison

 

C'est ce que fait la haine. Elle brûle tout sauf elle-même, alors quel que soit votre motif, votre visage ressemble à celui de votre ennemi.

in Love, 2002

 

 

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