Edgar Morin
Prenez parti pour les forces positives, les forces d'union, d'association, d'amour, et luttez contre toutes les forces de destruction, de haine et de mépris.
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Prenez parti pour les forces positives, les forces d'union, d'association, d'amour, et luttez contre toutes les forces de destruction, de haine et de mépris.
Le merveilleux et l'horrible sont entre-accroupis dans le noyau de toutes choses...
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L'indifférence, ce gel de l'âme.
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Quand on a l'obsession de réfuter une idée, c'est contre soi qu'on veut la réfuter. Si on ne répond pas aux vrais arguments d'autrui, et qu'on en cherche seulement les défauts superficiels, c'est qu'on sent ces arguments terriblement valables.
Certes, je suis conscient du fait que la polémique, qui ferme l'esprit, peut aussi l'aiguiser. La polémique est un aspect du jeu dialectique « de la vérité ». Je ne propose pas la mort de la polémique. Je pose plutôt la nécessité de l'auto-polémique. Ne sommes-nous pas à nous-mêmes notre meilleur ennemi ? Oui, il faut une pensée toujours en lutte, aiguisée, hors du fourreau, mais contre l'ennemi intérieur ; il faut concevoir ce qu'il y a de juste dans une objection, en même temps qu'on fonce pour découvrir ce qu'il y a de faux.
in Le vif du sujet
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Chacun contient en lui des galaxies de rêves et de fantasmes, des élans inassouvis de désirs et d'amours, des abîmes de malheur, des immensités d'indifférence glacée, des embrasements d'astre en feu, des déferlements de haine, des égarements débiles, des éclairs de lucidité, des orages déments....
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L'amour est poésie. Un amour naissant inonde le monde de poésie, un amour qui dure irrigue de poésie la vie quotidienne, la fin d'un amour nous rejette dans la prose.
in Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur
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L'excès de sagesse devient fou, la sagesse n'évite la folie qu'en se mêlant à la folie de la poésie et de l'amour.
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Amour et poésie, quand ils sont conçus comme fins et moyens du vivre, donnent plénitude de sens au « vivre pour vivre ».
in Amour, poésie, sagesse
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Le tourbillon destructeur de l'histoire, en balayant à tous vents les cultures en miettes, disperse aussi des spores.
in Le paradigme perdu
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Étant donné que nous avons des cellules qui sont les filles des premières cellules de la vie, nous avons en nous de façon singulière toute l'histoire de la vie... nous avons l'univers en nous.
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Le problème n’est pas que vous n’ayez pas été éduqué.
Le problème est que vous avez été éduqué juste assez pour croire ce qu’on vous a enseigné, mais pas assez pour remettre en cause tout ce qu’on vous a dit.
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L'ennemi, c'est la pensée cloisonnée, la tête coupée du reste, qui disjoint quand il faudrait unir les connaissances, les cœurs, les pierres, les pays, les végétaux et la flamme de l'amour à la lumière de la raison.
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Notre planète est une machine emballée sur laquelle nous n'avons plus prise, nous allons contre le mur en connaissance de cause.
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Vous allez beaucoup manquer à l'humanité Monsieur Morin,
bon retour à la maison des étoiles !




Diceria dell'untore, 1981, Palerme
10/18, 1989
Tout commence aux premières lueurs de l'aube, et l'on entend à travers son sommeil, les chiens se lamenter dans les oliveraies. Puis le soleil jaillit des toits, jaune d’œuf ruisselant, horrible menstruation du ciel. Le souffle qui naît alors ne fait même pas transpirer, mais serre le cœur dans un poing, envoie les hirondelles se briser contre les éclats de lave, partout où miroite, trompeuse, une inexistante palpitation d'eau. une heure, deux heures. Maintenant murmure doucement et s'éteint la traînée de vent qui s'était levée de la mer, semant du sable africain dans tous les replis de la peau et du sol; à côté des puits, les seaux dans lesquels s'enfile la vipère sont vides; sur les seuils, pareils à des morts, les pauvres dorment, un chiffon noir posé sur leurs paupières.
in Le semeur de peste


Vous dirais-je encore, poursuivit Toby-Chien lancé, la musique du crapaud obscur, qui égoutte de seconde en seconde sa note liquide, perle de cristal qu'on peut ouïr rouler entre l'herbe et s'y figer ?... Car je ne puis croire à une autre origine de la rosée étincelante !... Esquisserais-je pour vous l'harmonie modeste de la bouilloire, grillonne tapie dans les cendres ardentes, petite sorcière ventrue, bienveillante, quoiqu'elle crache la vapeur par sa lèvre en lippe ?
in Toby-Chien et la musique
in Les vrilles de la vigne
Tu la crois assise là, près de nous ? Elle est assise en même temps sur la roche tiède, au revers de la combe, et aussi sur la branche odorante et basse du pin argenté... Tu crois qu'elle dort ? elle cueille en ce moment, au potager, la fraise blanche qui sent la fourmi écrasée. Elle respire, sous la tonnelle de roses, l'odeur orientale et comestible de mille roses vineuses, mûres en un seul jour de soleil. Ainsi immobile et les yeux clos, elle habite chaque pelouse, chaque arbre, chaque fleur, – elle se penche à la fois, fantôme bleu comme l'air, à toutes les fenêtres de sa maison chevelue de vigne... Son esprit court, comme un sang subtil, le long des veines de toutes les feuilles, se caresse au velours des géraniums, à la cerise vernie, et s'enroule à la couleuvre poudrée de poussière, au creux du sentier jaune... C'est pourquoi tu la vois si sage et les yeux clos, car ses mains pendantes, qui semblent vides, possèdent et égrènent tous les instants d'or de ce beau jour lent et pur.
in Dialogue de bêtes
in Les vrilles de la vigne, 1908


in Les Forces


in Parti sans laisser d'adresse,
traduit de l'allemand par MarinaSkalova (Cheyne, 2025)
La poésie
C’est mon refuge en automne,
C’est mon bout de jardin
En été,
C’est mon coin d’atelier
En hiver.
Dédaignant toute école
Et loin de toute mode,
À mon gré,
Je bricole…
in sa revue Poésie et propos entre amis n°11

in Un carré de poussière
J'ai si longtemps respiré l'air des forêts, l'air vibrant de neige, je me suis si souvent mêlée aux
Blancheurs vastes et désertes, que mon âme est un peu l'âme des louves fuyantes.