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05/07/2020

L’urgence de ralentir de Philippe Borrel (2014)

 

La version intégrale est maintenant visible en ligne :

 

 

 

 

 

04/07/2020

Vivarium de Lorcan Finnegan (2020)

 

 

 

Banksy - Mur de séparation

BANKSY - separation barrier.jpg

 

 

 

Gharib Asqalani

 

 

Il n’y a pas d’oiseaux dans le ciel de Gaza,

aucun vent ne porte les plumes de leurs ailes,

aucune brise n’apporte la senteur des saisons.

Les saisons : portes de sang à l’infini.

A Gaza, l’air est lourd

triste

pollué

occupé.

Les gens ne considèrent plus les corbeaux

et les hiboux comme les oiseaux de malheur,

les corbeaux noirs ont abandonné les cimes des cyprès et ont cessé de croasser,

les hiboux ne trouvent plus dans les arbres

assez d’obscurité pour s’y réfugier pendant le jour,

les ailes des chauves-souris se sont déchirées

à cause des débris d’explosions.

A toute heure, les avions bourdonnent dans l’espace,

filment ce qui se passe sur le sol,

enregistrent les mouvements des gens,

même dans leurs chambres à coucher,

sur les pauvres tables des déjeuners.

A Gaza,

la situation annonce une nudité forcée,

sans honte ni scandale,

sinon celle des Israéliens,

à chaque instant,

tous les jours,

il n’y a de présence que pour les hurlements des Apache,

des F16 et des Cobra, s’il y a lieu.

Dans les airs, la mort guette les gens,

les bêtes,

les oiseaux,

les maisons,

l’asphalte des rues qui ne sont plus goudronnées.

Le gibier c’est un enfant 

un homme 

une femme 

une ruelle qui dort sur sa faim,

ses blessures et ses morts.

L’assassinat à Gaza est devenu un rite

quotidiennement renouvelé qui dispense son éclat,

l’assassiné 

le martyr ferme ses paupières dans un repos éternel

sans se demander si ses membres se sont dispersés ou ont éclaté.

La situation à Gaza c’est le siège.

La situation c’est la mort et les questions à propos d’une patrie.

La situation à Gaza c’est la recherche d’une fleur

dans les méandres des cauchemars,

un archet et un rebâb qui laissent fuser un air fissuré sur une corde cassée 

fixée.

 

* le rebâb est un instrument de musique à cordes frottées

 

 

 

Merci à Jlmi

http://auhasarddeconnivences.eklablog.com/

 

 

 

03/07/2020

Hildegard von Bingen - Voices of Angels - Voices of Ascension

 

 

 

 

22:29 Publié dans MUSIC BOX | Lien permanent | Commentaires (2)

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois.jpg

 

 

Auteur inconnu - L'Enfer au 53, Boulevard de Clichy -1898

L'Enfer 53-boulevard-de-clichy-1898.jpg

 

 

Béa Tristan - Les mauvaises manières (1968)

 

 

 

 

21:53 Publié dans MUSIC BOX | Lien permanent | Commentaires (2)

Mon volcan d'adolescence

Scan10105.JPG

cathy garcia canalès, début 80's

 

 

 

 

 

Cécile Coulon

 

 

LES VOLCANS

Il faut qu'on parle des volcans.
Ce fut sublime de grandir au milieu des géants
aux gueules grandes ouvertes.
Enfant, chaque jour, je m'enfonçais
avec cette vitesse de fille gâtée
dans les profondeurs de la terre.
Il me suffisait de poser une oreille
contre la pierre noire que la forêt
avalait
pour sentir le coeur battre ;
ils disent que le feu ne reviendra
probablement jamais.
Ce n'est pas vrai.
C'est une erreur que de penser que mille années
suffisent à éteindre
le brasier des géants.
Simplement, ils se taisent ;
de temps en temps ils murmurent,
personne ne les entend.
Leurs paupières sont froissées :
quand l'été les surprend ils se couvrent
d'herbes sèches pour étouffer
le ronronnement de la vallée.
On ne m'a rien dit, rien expliqué;
Je le sais. Dedans ma poitrine
J'ai le même cratère abîmé
d'un volcan endormi dans vingt-six ans
de cendres renversées,
cerclé de prairies sombres, nourri d'une colère
chargées de tempêtes anciennes.
Il faut qu'on parle de mon volcan.
De cette robe légère que ta voix
lui a taillée, pour lui et pour lui seul,
dans la lumière.
De ce geste simple,
quand tu glisses, en silence, sur son flanc,
quand tu poses ton oreille contre sa peau
d'écorce, de fumée et de sang
et qu'enfin se rejoignent,
dans cette heure si particulière
où les arbres s'éteignent,
la main de la fureur mise dans celle du volcan.

 

 

 

 

 

02/07/2020

Sergio Tapiro Velasco - Volcan de Colima - Mexique - 13 décembre 2015

Sergo Tapiro Noota.jpg

 

 

 

 

01/07/2020

Ancien Dieu du Feu maya - Fragment - 900-1200 après JC - Guatemala

Ancien Dieu du Feu maya - Fragment - 900-1200 après JC - Site de Nebaj - Guatemala.JPG

 

 

 

Musica Maya AJ - Musique traditionnelle maya du Guatemala (reconstitution d'instruments traditionnels)

 

 

 

10:51 Publié dans MUSIC BOX | Lien permanent | Commentaires (0)

Regina José Galindo - La verdad

 

 

 

 

Regina José Galindo

Cent poèmes

 

Pour chaque champ que tu brûleras

nous sèmerons cent graines

 

Pour chaque fœtus que tu tueras

nous accoucherons cent fois

 

Pour chaque femme que tu violeras

nous aurons cent orgasmes

 

Pour chaque homme que tu tortureras

nous embrasserons cent joies

 

Pour chaque crime que tu nieras

nous tisserons cent vérités

 

Pour chaque arme que tu brandiras

nous ferons cent dessins

 

Pour chaque balle perdue

cent poèmes

 

Pour chaque balle trouvée

mille chansons.

 

in Revue Nouveaux Délits n°58 - octobre 2017