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14/09/2021

Antonio Palmerini

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Je marche.

Je dois marcher.

 

Le ciel a mordu. Les chiens sont lâchés.

Dans les poitrines, les cœurs s’épavent.

On offre les hirondelles aux crocs du boucher.

 

Partout, s’installent des cirques funèbres.

 

Les ébréchés se font berner par les miroirs.

Torpeur... Foutoir irrespirable.

 

Je dois marcher.

 

in Fugitive, Cardère 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27/07/2021

Giorgio Vasari - Le Jugement dernier (détail) - Florence -1572-79

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X - Le Diable

 

Boucan de tous les miens,

triqueballe des Enfers,

comme ils sont ingrats !

Comme si je ne savais pas les recevoir

avec chaleur, avec ardeur !

En plus ça manque pas de lumière,

y a le gaz à tous les étages,

le lit gratteur,

la table instable,

la chaise en fusion,

l'armoire à vestes d'écorchés,

les fenêtres avec vue sur

la cage de verre du voisin...

Et puis le grand patron a investi

dans les étages vip :

tournebroches connectés,

champagne bouillonnants,

jeux de bourses arrachés,

pinces-monseigneur

pour ligaments...

Bon je sais bien que ce matos 

n'est pas de première main,

qu'il a été utilisé à plein régime,

pendant trois-quatre éternités,

là-haut au paradis définitif.

Faut vous dire qu'en enfer, on ne traite

que les petits délits courants

et qu'on ne connaît pas encore 

les nouveautés du catalogue

des accessoires du toit-terrasse.

Boucan de tous les miens,

triqueballe des Enfers,

comme vous êtes ingrats !

Se faire tirer la queue

à longueur de siècles

sans congés, ni retraite !

Service non-stop sans pourboire,

corvée de torture à perpétuité

et à ce propos nous aurions

une petite faveur à vous demander…

Mais non, on n’achète plus les âmes

c'est totalement démodé !

Ce serait juste une petite signature

au bas de la pétition...

Histoire qu'on échange un peu les rôles,

on aimerait bien être clients

pour quelques heures,

ou quelques siècles.

Sinon n'allez pas dire

qu'on ne vous aura pas prévenus...

Nous demanderons à être mutés

chez les Blanchis de Tout Soupçon !

 

in Le Tarot de Saint-Cirque, Gros Textes 2020

 

 

 

Lâche ta tête, trouve ton âme

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*

Tu te lèves, et tu vois la sale gueule du monde, les flippés qui se regroupent en meutes hargneuses et assassines, les mers qui vomissent la mort, les plus "jamais ça" qui ont fondu comme neige au chalumeau, les culs mal bénis qui rêvent d'inquisition, les trous du cul qui chient des lingots et à qui un enfant de 4 ans né dans un bidonville pourrait donner des leçons d'humanité de haut niveau.

Ne cherchez pas, l'enfer c'est ici. Les enfers, il y en a de toutes sortes, mais si on est là avec encore un minimum de dignité, ce n'est pas seulement pour se lamenter sans fin ou aboyer plus fort, c'est qu'il y a quelque chose à comprendre, des choses à faire, petites, toute petites, minuscules, ridicules, risibles, mais avec courage, avec du cœur.



Nous ne serons pas des héros, des sauveurs, ni plus humains ni meilleurs que les autres, nous sommes tous reliés, qu'on le veuille ou non, enchainés les uns aux autres. La moindre de nos pensées forme des ondes, le moindre de nos actes a des répercussions sans fin. Un mot après l'autre, un geste après l'autre, un pas après l'autre, nous ne sommes pas là pour rien mais nous ne pouvons agir que là où nous sommes et à partir de là où nous en sommes.



Et il y a des choses essentielles à comprendre au-delà des apparences. Cherchons toujours et encore ; apprenons toujours et encore ; et sur nous-mêmes pour commencer, pour ne plus être dupes de cet enchainement continuel de causes et d'effets, de cet enchainement continuel de nos pensées qui nous rend malades sans nous rendre pour autant plus efficaces.



C'est énorme en fait d'être là, ÉNORME.......... et je ne sais pas si c'est la fatigue qui m'inspire (de nouveau en concubinage avec Dracula, j'ai atteint là l'au-delà de la fatigue)..... Mais vraiment, arrachons-nous aux engrenages et essayons de percer le brouillard pour voir les choses telles qu'elles sont vraiment. Toutes les sagesses et philosophies humaines convergent vers un même point, alors ouvrons bien nos écoutilles, toutes ! Et acceptons à quel point nous sommes ignorants mais servons-nous aussi de tous ces flambeaux posés depuis le début du monde pour éclairer notre voie d'humanité ! À l'échelle cosmique, notre temps ne tient même pas dans une fraction de secondes....



in Ourse bipolaire,
le 30 juin 2018

 

 

 

 

25/07/2021

Graszka Paulska

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nuit émaciée

aux éclats de souffre

 

la langue des anges

dérange les nerfs

prend la douleur

trois fois nouée

 

in Mystica perdita, à tire d'ailes 2009

 

 

 

 

01/07/2021

Jenna Barton

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« Aussi pâles que la lune, aussi nombreux que les étoiles », racontait sa grand-mère lorsqu’ils étaient lui et ses frères et sœurs, pas encore sortis de la tanière. « Les Hommes étaient des créatures sans pelage, ni plume, très faibles à la naissance. Il fallait d’innombrables lunes avant qu’ils ne sachent se déplacer à quatre pattes, mais très vite, ils se tenaient sur deux pattes seulement et grandissaient en direction du ciel. C’était des êtres extrêmement rusés, habiles, qui habitaient de solides abris. Excellents chasseurs, disait encore la grand-mère, ils ne craignaient ni l’eau, ni la foudre de feu, ni aucune autre créature à part l’ours. Les Hommes, racontait-elle encore, vivaient en bonne entente avec nous, jusqu'au jour très ancien où une épaisse couche de glace recouvrit la terre. Le gibier se fit alors de plus en plus rare. Les Hommes ne voulurent plus partager et commencèrent à nous chasser aussi, rompant ainsi nôtre vieux pacte d’amitié. »

 

in Le rêve du loup

 

 

28/06/2021

Ricardo A. Morh Rioseco - Cordon Caulle, Chili - juin 2011

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C’est un âge où soudain on n’a plus envie d’attendre, plus envie d’être fidèle à son malheur. Un âge de volcan qui n’a pas dit son dernier mot.

 

in Ourse bipolaire

 

 

 

 

23/06/2021

Alain Etchepare - La thébaïde

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Le grand jardin qui m’entoure ne cesse de m’extasier. J’ai décidé de faire de mon quotidien, un sanctuaire. Le noir, le sombre, l’obscur, on connaît, depuis des siècles et des siècles et je crois avoir compris quelque chose tout récemment.

 

in À la loupe, tout est rituel, à tire d'ailes 2019

 

 

 

21/06/2021

Jill Ferry - Caught in the lights

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Les éblouis, les illuminés, les souterrains, les décollés, les obscurs, les perdus, les transparents, les cramés, les bannis, les rescapés, les contusions, les pauvres cons, les agonies, les suicidés.

 

La poésie.

 

in Bonzaïs hallucinogènes, Gros Textes 2017

 

 

 

 

 

15/06/2021

Mike Lessel

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Être un être de conscience demande le silence.

 

in Chroniques du hamac, à tire d'ailes 2008

 

 

 

14/06/2021

Oksana Vetova

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Poésie, langue noire et chatoyante de la gitanerie. Fragilité, espièglerie, obsession de la mort… Qu’en est-il du dosage andalou dans mon sang ? « Tu es seul et seul tu vivras », le bel héritage. Si vrai pourtant. Tener ángel ou tener duende ? La grâce céleste ou le noir pouvoir, caché au fond des entrailles ? Celui qui brûle les sangs, comme l’écrivait Lorca. L’ange descend sur nous, le duende remonte à la gorge, en connivence avec la mort intruse.
*
 
in "à la loupe", à tire d'ailes 2020
 
 
 
 

Nikolay Biryukov - Anna Chipovskaya en Persephone

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Innana, Ishtar, Astarté

Brûlés le fruit le jardin

Symboles de ta perdition

 

Tu as réduit les mères nourricières

au rang de putains de l’agro-industrie,

tu leur a mis le joug

de tes folies mécanistes.

 

Cérès Déméter pleurent sans fin,

quelle que soit la saison,

Perséphone ne quitte plus les enfers.

 

in Salines, à tire d'ailes 2007

 

 

07/06/2021

Gao Xingjian

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Cultiver le calme et regarder la société sombrer… avec tout ce qu’il peut y avoir d’étincelles positives dans la perte de contrôle. Se sentir comme ça à l’intérieur, pas une certitude à laquelle se raccrocher, ne reste que l’invisible, l’impalpable, la foi. Avoir foi ou ne pas avoir foi… Ce ne sont pas les faits qui changent, mais l’état dans lequel on les accueille et ce n’est pas rien…. Respirer ou suffoquer, ce n’est pas la même chose.

 

in Le livre des sensations

 

 

 

 

 

Audrey Casalis - série Les Passages

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Le manque m’a donné la connaissance intérieure du vide.

La voie de l’instant, l’ennui pulvérisé. Juste se placer dans l’intervalle. Impeccable posture.

La seule qui réponde à une véritable nécessité.

 

Appel et jaillissement, évaporation, déshabillage.

Le témoin est presque nu maintenant. Franchir, s’affranchir.  

 

La traversée ne relie pas un point à un autre, elle nous rend à notre originelle unité.

 

in Le poulpe et la pulpe, Cardère éd. 2010

 

 

 

03/06/2021

Thierry De Cordier - Zeeberg, 2011

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L’abrupt

 

Il y a ce moment honteux, irracontable, insupportable. L’orgueil du fauve reste une forme d’amour, mais celui qui, sans même un dernier regard, s’éloigne hiératique vers le glacier du renoncement total, est-il sage, alpiniste ou suicidé ?

Pourquoi vivre est-il si violent ?

 

in Le baume, le pire et la quintessence

 

 

 

 

 

16/05/2021

Grisélidis Real

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LA VIE SELON LA PLUS ÉMOUVANTE DES PUTAINS

 

Se noircir toute la nuit

danser baiser

bourlinguer

traverser les frontières

et n’en avoir rien à foutre

 

in Bonzaïs hallucinogènes, Gros Textes 2017