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  • Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? de Karelle Fitoussi et Salma Cheddadi - 2025

     

    "Une classe maternelle classée REP offre, entre imaginaire et échos de l’actualité, une version miniature du vivre-ensemble. Une irrésistible immersion qui capte comme rarement le regard d’enfants sur le monde.

    Faustine, Fatou, Edgar, Acacia et les autres ont 5 ans. Dans cette grande section de maternelle, classée REP (pour "réseau d'éducation prioritaire"), dans le 11e arrondissement à Paris, le brassage social, réel, se traduit pour le meilleur dans des discussions animées, tissées d’humour et de délicieux traits d’innocence, gestuelle décidée propre à cet âge à l’appui. Moussa, qui vit à l’hôtel, s’apprête à quitter la classe, à la grande tristesse de ses camarades, quand Embrun, lui, a vu "La cerisaie de Tchekhov… euh Tchaïkovski, et des spectacles 3T dans Télérama". Dans ce microcosme bouillonnant d’éclats de vie et d’hilarants échanges, les différences – comme celle du genre ou de l’homoparentalité – suscitent d’abord et surtout la curiosité, voire l’émerveillement, quand une petite Afghane arbore une robe finement brodée de son pays le jour de son anniversaire. Entre apprentissage de la lecture, dessin et initiation à la mythologie, les garçons et les filles s’aiment avec passion ou timidité, se chamaillent, se réconcilient, et dans leur regard sur le monde, la réalité qu’ils perçoivent se mêle à l’imaginaire. Au printemps, les élections européennes de 2024 s’invitent dans la cour de récré, et la montée de l’extrême droite génère de vifs débats sur l’immigration et le racisme, échos à ceux entendus des adultes. La guerre en Ukraine et l’état de la planète aussi les inquiètent, avec cette conscience diffuse de nuages noirs qui planent sur leur futur. Leaders ou personnalités en retrait, ils inventent en liberté, dans le sanctuaire fragile de l’école publique, un vivre-ensemble, réjouissante utopie à hauteur d’enfant."

     

    Un documentaire vraiment très émouvant, qui fait du bien et pulvérise bien des cases, à voir sur Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/125654-000-A/qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-toi/

     

     

  • Jawad Morad

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    Jawad Morad est un dessinateur de presse kurde syrien né en 1983, diplômé en beaux arts et en archéologie. Il habite actuellement en Belgique. Il est spécialisé dans le commentaire politique à travers des dessins publiés sur The Levant News, North Press et Iran Wire.

     

    Merci à Voix Dissonantes !

     

  • Saghi Farahmandpour - Débris du destin

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    Quelque part dans l’apesanteur entre la vie et la mort
    En cherchant le vieux mirage des regrets entrelacés
    Je porte sur mes épaules
    Jusqu’à la fin du matin
    Le pesant fardeau de l’illusion d’un temps de paix.

     

     

    Version bilingue

    Poèmes traduits du persan par l'autrice

    Préface de Dana Shishmanian

    Ed du Cygne, février 2026

     

     

    Extraits :

     

     


    (...)

    Elle sait qu'il creusera précocement avec ivresse
    La fosse de la mort
    Qu'il effeuillera
    La lumière tremblante restante dans son regard sombre.

     

    (...)

    Le spectre géant et dégoûtant de la guerre
    Vole
    Dans le ciel sombre de la ville
    L'enfant
    Mange une poignée de terre
    (...)
    L'enfant sans-abri de la ville
    Enterre
    Son corps fragile
    Sous les décombres d'une maison inconnue.

     

    (...)

    Ouvrent leurs yeux
    Et rampent
    À travers les lézardes profondes et raboteuses du
    silence
    Aux murs poudreux des foyers
    Dans les corps insomniaques
    (...)
    Brûlent 
    Toutes les nuits
    Dans le feu sans flamme et sans fin de l'oppression

     

    (...)

    Les hommes haineux et aux aguets
    Leurs yeux fermés, leurs oreilles sourdes
    Se promènent un gros bâton d'oppression et de joug à 
    la main, dans les rues, sur les toits
    À l'entour de la nuit

     

    (...)

    En regardant les blessures béantes et profondes sur le corps
    On ne peut encore
    Oublier un petit peu

     

    (...)

    Les tortures et les chaînes de peur
    Rivées aux mains et aux pieds cassés
    Ces cris étouffés dans la gorge
    Ces gémissements sourds
    (...)
    Les larmes éternisées
    dans les rides des visages inconnus
    (...)
    Les fleuves de sang
    Et toutes les tombes

     

    (...)

    J'écoutai
    La voix agréable des flocons de neige délicats qui
    tombaient
    Sur la plaine blanche de l'imagination
    Puis
    Je pris
    Une gorgée amère
    Avec l'instant humide de l'aube.

     

    (...)

    Je n'ai rien fait depuis longtemps
    Je suis égarée et errante

     

    (...)

    J'attends un jour insolite
    Une fontaine tumultueuse de passion
    Un récit inconnu
    Et un bosquet touffu et mélodieux
    N'importe où très loin
    Rempli des myosotis aux fleurs bleues

     

    (...)

    Elle lavait 
    Chaque jour
    Lorsque la lune s'obscurcissait
    La sanie de ses blessures, l'une après l'autre
    Confiait ses souffrances une à une
    À la poussière noire de l'aube

     

    (...)

    Mon cri réprimé dans la gorge nouée
    Moi, cachée en moi-même

     

    (...)

    Le temps est lourd d'indignité

     

    (...)

    La voie de la libération est fermée depuis des années
    Il semble qu'il n'y ait jamais eu d'issue et il n'y en aura plus !

     

    (...)

    Les lèvres gercées sans sourire
    Les regards en colère restés éteints pendant des années
    Le cri des cœurs affolés
    Et pris au piège ardent de la haine
    Ne se guérissent guère
    Hélas !
    (...)
    Personne ne sème les graines de la vie
    L'arbre ne porte pas de nouvelles branches
    Personne ne voit quelque signe d'eau
    Et ne plante le jeune arbre du désir !

     

    (...)

    Je suis fatiguée de toute cette répétition
    Taciturne et remplie de supplice
    Mon visage
    Se flétrit doucement
    Comme une branche de fleurs, défraîchie
    En un vieux vase à long col et étroite embouchure

     

    (...)

    Toi, tristesse douloureuse et muette
    Ne vagabonde pas
    Sur les ruines du chagrin
    Viens t'asseoir
    Auprès de mon cœur fatigué
    Laisse-moi dans ce bourbier de la vie
    Te parler
    De la tombe étroite des émotions
    N'aie pas peur
    Et vois
    Où est
    La source de cette douleur constante ?
    Qui tient
    La corde ignifugée et sinueuse du trouble ?


    (...)

    Matin

    Un matin 
    Il est parti
    ...
    Il  est parti pour toujours
    sans que la clarté délicate du soleil
    Caresse son beau visage.

     

    *

     

    Saghi Farahmandpour est née en février 1981 à Téhéran, en Iran. Tout son parcours universitaire a été en langue et littérature française et elle a un doctorat ès lettres françaises. Elle a fait des recherches au cours de sa maîtrise sur la réalité dans la diégèse. Sa thèse de doctorat porte sur l’interprétation des poèmes d’Alfred De Vigny basée sur l’herméneutique phénoménologique de Heidegger. Elle écrit de la poésie en persan et en français ; elle fait également de la traduction, de l’interprétation littéraire et de la peinture. 

     

     

     

  • Grande Tortue - Nymphalis polychloros

    Grande Tortue Nymphalis polychloros 2026 02 27.jpg

     

    Grande Tortue

    prend le soleil

    sur le bois lisse

    et grisé

    d'un vieux piquet

    Nymphalis polychloros

    Vanesse de l'orme

    le Grand-Renard, le Doré

    papillon univoltine

    es-tu un des deux

    que j'ai tirés ce matin

    des épaisses

    toiles d'araignées

    qui tapissent l'atelier ?

    Ce fut une joie vive

    de vous voir

    vous envoler

     

  • Rhubarbe

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    Rhubarbe

    ma délicieuse

    déplacée cet automne

    tu sembles plus à l'aise

    à l'ombre humide

    d'un vieux prunier

    je salue 

    ta renaissance