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13/12/2020

Cathy Garcia Canalès - Nuit de Lucia

Nuit de Lucia 2020 (2).jpg

 

 

04/11/2020

Selva

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Selva

 

Ombres pâles sous la lune, le petit groupe avance, en silence. En tête, l’Ancien, celui qui sait. La nuit aux yeux d’onça les observe, les couve de désir phosphorescent, de douceur oppressante. Ténèbres végétales gorgées de sucs et de venins. Les transes stridentes des insectes s’élèvent, s’apaisent. Pulsations, ondulations, symphonies d’un autre monde. Océan de cuirasses, carapaces, antennes, crocs, mandibules, pattes, mâchoires. Copulation. Mutilation. Vie et mort s’entredévorent.

 

Les hommes marchent. Des traits rouge vif marquent leurs pommettes saillantes. Colliers, perles d’os, flûte gravée, calebasses remplie de feuilles, graines, poudres, pierres secrètes. Les hommes marchent vers le monde des morts. Bientôt leur terre ne sera plus. Atteinte depuis trop longtemps d’une étrange maladie, elle rétrécit et personne ne sait comment la guérir, pas même celui qui sait, l’Ancien.

 

Une étrange maladie et bien d’autres fléaux aux mains d’un envahisseur blanc, cruel, avide, au pouvoir venimeux. L’Ancien ne peut que s’incliner ; les Esprits semblent avoir rétréci avec son monde. Il ne les entend plus. Fouillés, prospectés, clôturés, abattus, démembrés, brûlés, souillés, massacrés, les Esprits ne parlent plus.

 

L’Ancien pourtant continue à marcher. Solide. D’autres le suivent. Ombres de plus en plus pâles sous la lune rouge. Et des ténèbres vers la voûte lactée, monte la plainte de la Mère qui pleure.

 

cg in Sursis (à tire d'ailes 2017)

Collage originale du même nom

 

 

 

25/10/2020

Cathy Garcia Canalès - Le Gardien - 2016

le gardien.jpg

 

 

 

28/09/2020

Pomba-Gira : Une entité qui punit en riant

 

 

 

oU l'explication de l'origine du nom de mes deux encres :

Pombagira I.jpg

Pomba-Gira I, 2018

 

 

 

In La colère et le sacré, Antonio Talora Delgado Sobrinho, Viviane Junqueira dos Santos

Source : https://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_2000_ant_755_1_1...

 

La Pomba-Gira : son origine, ses fonctions et sa caractérisation dans l'univers actuel de l'Umbanda

Le mot " Pomba-Gira " provient probablement du mot " Bombonjira " Bombonjira est l' Εχύ des nations du Congo. Pourtant, la Pomba-Gira n'a pas les mêmes fonctions que l’ Εχύ masculin du Congo : dans l'Umbanda, elle est associée à la prostitution et à l'homosexualité, tandis que, dans le Candomble, qui a subi une influence extérieure plus petite et a mieux conservé les traditions africaines, le seul Exu féminin est " Vira " (Bastide, 1976 : 167), qui maintient l'image de la divinité africaine.

Peu à peu, la Pomba-Gira a pris des fonctions qui étaient d'abord attribuées à d'autres orixâs : la protection des prostituées appartenait originairement à Oxum, considérée comme la " Vénus africaine " (Delgado, 1985 : 208), déesse de l'amour, vaniteuse et coquette. Oxum porte des éventails, des bracelets en métal et d'autres parures. Soucieuse de sa beauté, elle représente l'un des désirs féminins, d'où le fait d'être considérée comme la protectrice des prostituées. Quand elle arrive au Brésil avec les esclaves, elle reçoit les influences du catholicisme, perd peu à peu ses caractéristiques de déesse de l'amour et commence à jouer le rôle de déesse des eaux (Valente, 1976 : 98). Oxum est le nom d'une rivière africaine et, au Brésil, elle devient la divinité des fontaines et des ruisseaux ; elle correspond dans le catholicisme à Notre - Dame de Carmo, et devient une " madone ". Ainsi, la fonction de protectrice des prostituées est transférée à la Pomba-Gira.

Dans le domaine de la sexualité, outre les prostituées, ce sont les homosexuels qui ont été (et sont encore, malgré la meilleure compréhension de ce sujet de la part des nouvelles générations) les plus grandes victimes des préjugés d'une société brésilienne traditionnelle, dominée par une idéologie machiste. Cette morale machiste a toujours considéré l'activité sexuelle " active " et " dominatrice " de l'homme comme " normale ", si bien que, dans le Brésil rural, on pardonne même à l'homme ses pratiques sexuelles sodomites. Des témoignages montrent que, dans ce même Brésil rural, il y a moins de cinquante ans, les parents qui apprenaient que leur fils était homosexuel étaient consolés par des amis, qui cherchaient à les convaincre que leur fils était le partenaire " actif ", afin d'atténuer leur chagrin et leur honte. " L'anormalité " extrême, dans cette mentalité, est celle de la femme qui a des rapports polyandriques (même dans les cas où elle y aurait été involontairement soumise), ainsi que celle de l'homme qui a des relations considérées par la société comme " passives " ; ces deux cas correspondent aux catégories " prostituée " et " homosexuel ".

Quand la Pomba-Gira " possède " une femme, elle peut la rendre sexuellement insatiable et, si elle "possède" un être du sexe masculin, on lui attribue le pouvoir de le rendre homosexuel. (L'étude réalisée sur le terrain (no terreiro) semble indiquer que la Pomba-Gira n'incorpore que les hommes qui sont déjà homosexuels).

En plus, la Pomba-Gira devient responsable aussi de l'action de concéder la virilité ou de causer l'impuissance - des tâches qui étaient originairement accomplies par Exu -. Ce transfert

d'attributions est peut-être dû à un effet d'extension, puisque c'est la Pomba- Gira qui s'occupe désormais de la sexualité.

La Pomba-Gira surgit comme une prostituée désincarnée, qui adopte des noms tels que Maria Padilha, Maria Molambo, Carmelita, etc. Elle se présente aussi comme une gitane, identifiée par ses foulards colorés, ses colliers dorés ; elle peut tirer les cartes ou lire dans les mains, c'est-à-dire pratiquer la lecture de l'occulte par des pouvoirs magiques. Elle est toujours coquette, provocante, ce qui montre que son caractère est associé à la sensualité et à la sexualité. Ses couleurs sont le rouge et le noir : le rouge associé au feu, à l'énergie sexuelle, à l'activité créatrice ; le noir associé à la Terre et à la mort. Les Exu masculins et les Pombas-Giras châtient en riant, parfois même en éclatant de rire (comme s'ils se moquaient des gens qui ont oublié les choses spirituelles fondamentales). Si celui qui est châtié les incorpore, il rit aussi, obligé, pour ainsi dire, par l'esprit qu'il incarne. Il paraît que ce comportement soulage un peu le châtié de sa peine, ce qui fait penser aux deux personnages du film Le trésor de la Sierra Madré, de John Ford : ils éclatent de rire quand le vent emporte tout l'or pour lequel ils avaient presque perdu la vie. Dans ce sens, la Pomba-Gira exerce des fonctions semblables à celles des " clowns " rituels des Indiens Pueblo.

(Une approche intéressante que l'on peut faire dans ce sens renvoie à la théorie de Laura Makarius, citée par Mazzoleni (1979 : 64). Selon Makarius, " trickster " et " clown " sont, respectivement, le protagoniste mythique et le protagoniste rituel de la violation des tabous. Dans ce cas, la Pomba-Gira correspondrait au premier (au trickster) et son " cheval " au clown. Gilberto Mazzaleni a fait une étude de la littérature existante sur les bouffons rituels dans les cultures indiennes américaines, dont celles des Indiens Pueblo sont très connues. Mazzoleni critique plusieurs analyses théoriques, depuis celle de Elsie Parsons jusqu'à celle de Laura Makarius. Dans la même œuvre, Mazzoleni attire l'attention sur les différentes connotations du rire selon les cultures, en renvoyant aussi à Lévi-Strauss et à Clastres).

Pourtant, Maria Padilha et Maria Molambo sont plus sages et leur argumentation plus sérieuse. Elles ont la fonction spécifique de conduire l'esprit de ceux qui sont morts de façon violente -à coups de pierres, noyés, brûlés, c'est-à-dire des morts qui semblent correspondre à une conception archaïque du sacrifice-. Néanmoins, cette manière plus pudique de se manifester peut être associée à leur fonction de psychopompe. En plus, Maria Padilha exerce un contrôle sur le sommeil - et le sommeil a, au moins inconsciemment, le sens primitif de " petite mort " -. On lui attribue le pouvoir de réveiller une personne au moment juste, ce qui peut être compris comme une action psychopompe, puisqu'il y a une croyance très archaïque et généralisée selon laquelle l'âme peut se séparer du corps pendant le sommeil.

Pendant les séances, la Pomba-Gira ne boit que du Champagne, servi généralement dans des coupes. Elle aime le parfum et le tabac de bonne qualité : elle a l'habitude de demander à un homme présent de lui allumer une cigarette. Une vie de luxure, avec des vêtements de luxe, des parfums, des bijoux, du Champagne, accessible, par la prostitution, aux femmes qui sont pauvres, mais belles -cette idéalisation a évidemment comme modèle la représentation que les couches sociales les plus pauvres se font de la vie des dames de la haute société -. Ce qui montre que la Pomba-Gira, qui protège les prostituées, dénonce du même coup l'injustice sociale existante, puisque les femmes de la haute société jouissent du luxe aux dépens des pauvres qui ont travaillé pour que les riches puissent garder et multiplier leur argent, tandis que la prostituée ne vit que de ce qui lui appartient incontestablement, c'est-à- dire son corps.

Dans le deuxième entretien reproduit par Trindade, nous pouvons observer une association entre le manque de culture et l'amoralité, c'est-à-dire la non-distinction entre le bien et le mal. Dans ce contexte, " culture " veut dire " culture érudite ", de laquelle les gens du peuples se trouvaient - et se trouvent encore - très éloignés, à cause des conditions économiques, qui les empêchent de poursuivre une formation scolaire. Dans ce sens, nous pouvons comprendre cette association aussi comme une contestation : pourquoi quelqu'un qui n'a pas d'accès aux valeurs symboliques et intellectuelles d'une société devrait-il respecter la morale imposée par cette même société ?

Quand il décrit une séance d'Umbanda, Ortiz (1991 : 95) cite un " point chanté ", adressé à la Pomba-Gira au début de la séance, et qui fonctionne comme un type de " padé ", une fois que l'Umbanda a perdu, peu à peu, son caractère sacrificiel. (" Padé " : c'est le premier rituel réalisé dans l'ouverture des séances d'Umbanda et de Candomble, afin de révérer Exu qui, selon la tradition, doit être le premier à recevoir la révérence, avant tous les autres orixâs, pour qu'il ne perturbe pas les " travaux ").

Quem é que atravanca a rua

Qui est-ce qui encombre la rue

Guarda a encruzilhada

Et garde le carrefour

É a Pomba-Gira

C'est la Pomba-Gira

Que trabalha na estrada.

Qui travaille sur la route.

La Pomba-Gira est conçue, ici, comme la responsable des mêmes tâches dont s'occupait Exu, comme la divinité des débuts et des ouvertures : c'est elle qui garde le carrefour. Bastide (1976 : 181-2) décrit Exu dans ces fonctions de la manière suivante :

" (...) C'est simultanément le dieu des chemins, " l'homme de la rue ", tel qu'il est appelé parfois par les banto (...) Ses offrandes sont placées dans les chemins les plus distants ou dans les carrefours, car c'est là que les voies de communications se croisent, et comme cela on peut être sûr que, pendant ses longues marches, il finira par passer par ces endroits. C'est justement parce qu'il préside aux ouvertures et aux chemins qu'il est devenu le messager de tous les orixâs, et c'est pour cela qu'il ouvre la porte qui sépare la Nature des choses divines, en unissant, de la sorte, ces couches du monde (...) ".

Ainsi que ΓΕχύ masculin, la Pomba-Gira symbolise aussi le chaos et l'ordre, et établit la médiation entre les deux.

  1. La Pomba-Gira et ses congénères dans les autres mythologies : points d'intersection

Lorsqu'on analyse l'entité Pomba-Gira, on constate que quelques-uns de ses attributs se rapportent à des prérogatives d'entités mythiques issues d'autres mythologies, comme, par exemple, Lilith.

Lilith est présente dans les " mythologies archaïques " des Hébreux5 (ainsi que suméro-acadienne et gréco-romaine). Le mythe nous apprend que Lilith a été la première épouse d'Adam, formée par Javeh du limon, ainsi qu'Adam lui-même. A cause de cette condition d'égalité, Lilith n'accepte pas d'être dominée par Adam : elle le conteste et, du même coup, elle conteste Javeh. Adam n'accepte pas la désobéissance de Lilith, et celle-ci part vers la mer Rouge. Adam parle à Javeh et lui raconte ce qui s'est passé. Javeh va chercher Lilith et lui ordonne : " La volonté de la femme est celle de son mari. Retourne chez lui. " . Lilith refuse d'y retourner, et désobéit donc à un ordre, ce qui cause sa transformation en démon ; selon cette tradition, c'est dans la mer Rouge que les démons et les esprits méchants habitent. Lilith devient ainsi la Reine du Démon, déclare la guerre à Javeh et, en utilisant son pouvoir de destruction, enlève la paix aux hommes (Sicuteri, 1985 : 35-40).

La Pomba-Gira est aussi considérée comme la femme du Démon (plus précisément, du Diable chrétien). Voyons un " point chanté " :

Na familia da Pomba-Gira

Des affaires de la famille de Pomba-Gira

So se mete quem puder

Ne se mêlent que ceux qui sont forts

Ela e Maria Padilha

Elle et Maria Padilha

Sâo mulher de Lucifer.

Sont femmes de Lucifer.

(Meyer, 1993 : 71)

Si, d'un côté, surgit Lilith associée au Démon parce qu'elle à quitté Adam, en désobéissant à la volonté de Dieu, si, d'un autre côté, l'association de la Pomba-Gira avec le Démon se fait à travers le syncrétisme effectué avec le catholicisme, puisque Exu a été associé au diable biblique, et que la Pomba- Gira est un Exu - voilà le premier point d'intersection entre les deux personnages mythiques -. Le fait que les deux soient liés à la sexualité constitue un autre aspect commun :

" Lilith est couverte de sang et de salive, des symboles du désir ; le moment de la création de la femme est aussi le moment de la création du démon. Ce démon est aussi une femme: Celle qui a troublé, pendant toute la nuit, le sommeil d'Adam. Disent les écritures : il était vraiment troublé, et le rêve erotique émerge de l'inconscient, il présente à Adam toute la puissance de l'énergie vitale. C'est Lilith qui produit le rêve " (Sicuteri, op. cit. 32).

Si Lilith se rebelle contre l'ordre établi par Javeh, la Pomba-Gira se rapporte directement au désordre : elle aussi possède une personnalité subversive quant aux normes d'une morale préétablie, elle " se rebelle contre les modèles et les normes conventionnels " (Meyer, 1993 : 99).

On peut établir une autre relation entre Lilith et la Pomba-Gira : toutes deux agissent pendant la nuit. " II y a une étymologie hébraïque selon laquelle le nom de la biblique Lilith dériverait de " Layl " ou encore de " Laylah ", c'est-à-dire " nuit " dans le sens d'esprit de la nuit (...) Lilith serait donc un vrai démon nocturne qui excite la volupté " (Sicuteri, op. cit. : 41). Dans les traditions égyptiennes et grecques, Lilith est associée à la lune noire, c'est-à- dire à la nouvelle lune, à la lune en tant que " démon de l'obscurité ". Quant à la Pomba-Gira, la littérature de l'Umbanda l'associe souvent à la nuit; les deux " points chantés " qui suivent le montrent :

Que bêla noite

Quelle belle nuit

Que belo luar

Quel beau clair de lune

Exu Pomba-Gira

Exu Pomba-Gira

Vem trabalhar.

Vient travailler

(Ribeiro, a : 56)

 

Ai Pomba-Gira Eh,

Pomba-Gira

Cadê sua saia rodada ?

Où est ta jupe à volants ?

Cadê sua saia linda ?

Où est ta belle jupe ?

Rainha da Encruzilhada

Reine du Carrefour

Pois ela trabalha

Car elle travaille

Da hora grande

De minuit

Até madrugada.

Jusqu'à l'aube.

(Molina, op. cit. : 97-8)

 

" Pomba-Gira s'occupe de toutes les affaires, surtout les amoureuses, celles qui concernent des femmes qui sont désavantagées ; elle est capable de réaliser tout genre d'union ; c'est une de ses prédilections, elle agit dans ces cas avec acharnement, et finit toujours par atteindre son but, ce but si attendu par ceux qui la cherchent et la révèrent. " (Molina, op. cit. : 11).

  1. Pomba-Gira et la signification de ses fonctions tricksters dans l'actualité

Nous pouvons conclure que, dans l'Umbanda, la Pomba-Gira réalise plusieurs fonctions exercées par les tricksters des mythologies des peuples simples, des fonctions que nous appelons " archaïques ", puisqu'elles représentent un schéma de rééquilibre (entre l'homme et la Nature, et parmi les membres de la communauté humaine) typique de l'univers symbolique de toute l'humanité pendant les périodes de pré-domestication.

On peut dire que, dans une société urbaine, industrielle et capitaliste, d'où la Nature se trouve très éloignée, désacralisée et dominée par la technique, les tensions sont ressenties beaucoup plus intensément dans les relations " internes " à la communauté humaine (les relations entre les êtres humains, au lieu des relations homme-Nature, que nous pourrions appeler " extérieures ", à titre de simplification).

Dans une société dans laquelle tous les membres n'ont pas les mêmes opportunités, la justice aussi est relative. Dans une société compétitive, la réussite des uns présuppose, la plupart du temps, l'échec des autres. Le déséquilibre est structurel : ceux qui sont au-dessous montent, et ceux qui sont au-dessus descendent.

(…)

" Bien que l'amoralité soit un trait essentiel de leurs agents magiciens (les Exus et les Pombas-Giras, par excellence), leur efficacité - qui en principe n'a pas de limites - tend à être contenue par une conception spécifique de justice. Il ne s'agit pas du tout, bien sûr, de la moralité chrétienne en vigueur dans l'univers traditionnel de notre société, passive et conformiste. Il s'agit d'une moralité basée sur le sentiment de justice particulière à ceux qui vivent dans un milieu compétitif et conflictuel, dépourvus de ressources matérielles efficaces, qui puissent leur permettre d'affronter la lutte quotidienne pour la vie et de surmonter les problèmes qu'elle suscite (...) La justice pratiquée dans le cadre restreint des parties en litige n'a pas de répercussion sociale importante (...) ; c'est une éthique pragmatique qui n'oppose pas des valeurs abstraites et idéalisées aux relations concrètes qui sont restreintes : elle les reconnaît et les accepte telles quelles sont. " (Negrâo, op. cit. : 372).

Par rapport aux fonctions de la Pomba-Gira, il faut souligner spécifiquement celle de rééquilibre des relations du genre dont elle se charge. Dans notre société, régie par des modèles de comportement stéréotypés, où la femme doit être chaste et l'homme " macho ", la Pomba-Gira joue un rôle libérateur par rapport aux femmes qui fument, qui sont lascives, qui disent des gros mots, et aussi par rapport aux homosexuels, qui peuvent montrer leur sexualité sans crainte de se le faire reprocher. Aussi, la Pomba-Gira, dans l'univers de l'Umbanda, est-elle l'entité féminine créatrice du " chaos et du désordre ", car c'est elle qui libère les pulsions sexuelles, et qui symbolise la négation de l'ordre social.

Mais pouvons-nous conclure que, chez les entités telles que la Pomba- Gira, les fonctions de rééquilibre entre l'homme et la Nature sont vraiment absentes ? Ne lui attribue-t-on pas la capacité de donner la fécondité à la femme, de guérir l'impuissance de l'homme ou, au contraire, de la provoquer ? N'est-ce pas elle qui protège les homosexuels, qui maintiennent des relations sexuelles évidemment stériles ? N'est-ce pas elle, aussi, la protectrice des prostituées, qui évitent la conception et qui se font parfois avorter ? On pourrait peut-être voir, dans cette protection, le dernier réflexe d'une morale archaïque, contraignant à une augmentation démesurée de l'espèce humaine. L'histoire de la morale humaine ne suit pas une ligne droite : la vie humaine dépend fondamentalement des ressources naturelles, et dans la planète Terre celles-ci ne sont pas inépuisables, bien que des milliers de générations d'éleveurs de bétail et d'agriculteurs les aient conçues comme telles, et malgré les techniques modernes qui les conçoivent encore de la même manière. Le souci de la croissance démesurée de la population se fait à nouveau actuel et pertinent, ce qui a provoqué une réaction, surtout de la part de l'église catholique, qui semble toujours suivre la maxime biblique : " croissez et multipliez ".

 

Pombagira II.jpg

Pomba-Gira II, 2018

 

 

 

Pomba-Gira I et II

format A4

encre noire et gouache rouge

visibles à la boutique Fourmillard à Cahors

 

 

 

 

 

 

 

 

 

03/07/2020

Mon volcan d'adolescence

Scan10105.JPG

cathy garcia canalès, début 80's

 

 

 

 

 

22/03/2020

TOI MON AUTRE

 

Toi mon autre 22 x 46.jpg

Toi mon autre, 2018

 

 

 

Toi mon autre

Ma sœur mon frère

Mon étranger

 

 

 Si semblable

Si différent(e)

Toi

Adoré(e)

Maudit (e)

Cherché(e)

Nié(e)

Toi

L’espéré(e)

 

 

Sans un passage

Entre toi et moi

Je ne peux vivre

 

 

Sans toi l’autre

Je ne peux exister

Sans vous autres

 

 

Vous autres

Qui me sortez de gré ou de force

De ma solitude de mon ignorance

De mon clan ma tribu mes préjugés

Ma présumée identité

 

 

Je ne peux vivre

Sans vos mains vos sourires vos musiques

Chaque objet que je touche

Porte votre empreinte

Vous autres, les autres

 

 

Contre vous souvent je me cogne

Et dans vos filets se prennent

Tous mes espoirs

Mes manques

Mes craintes

 

 

Mais sans vous comment saurais-je

L’amour le rire l’entraide

Un peu de cette précieuse chaleur humaine ?

 

 

De chacune de nos rencontres

J’apprends

 

Et avec toi

Et avec elle

Et avec lui

Avec elle

Avec lui

Avec eux

 

 

Diamant aux mille facettes

Lotus aux mille pétales

Trésor de nos différences

 

Nous devenons

Nous

 

 

Nos sourires

Nos mains

Autour d’un verre

D’un moment

Un silence

Un rêve

Une vie

Partagés

 

 

Nous toi moi eux

Autres et si pareils pourtant

 

Même chair

Même sang

Même cœur battant

Sur cette unique terre

 

Ensemble

 

 

Cathy Garcia Canalès, 2008

 

 

 

16/07/2019

MA DÉMARCHE ARTISTIQUE

 

Je suis une artiste autodidacte, n’ayant suivi aucune formation artistique spécifique mais pratiquant depuis toute jeune, pour ainsi dire depuis l’enfance, de façon très intuitive toutes sortes d’activités manuelles : peinture, collage, dessin, modelage, etc.… Et c’est exactement à la façon de l’enfant que je continue à m’extasier en maniant matières, couleurs et textures. C’est une passion et une impérieuse nécessité, et si œuvre il y a, elle est l’aboutissement d’un cheminement qui se suffit à lui-même. Ensuite vient le plaisir de partager, plus que celui d’exposer, partager et recueillir avec toujours le même étonnement et toujours autant d’émotion, la réaction, la sensation de l’Autre : chaque réaction raconte quelque chose à propos de cette brève, mais jamais anodine, rencontre entre une création qui a jailli entre mes doigts et celle ou celui qui la regarde, la touche, la questionne.

 

Les matériossages sont une expression concrète de mon profond amour de la nature, des années et des années de glanage au coup de cœur : une pierre, une racine, une branche, un coquillage, une graine, un morceau de verre poli qui m'appellent...  Trésors. Puis vient le travail d'assemblage et pour cela je me laisse plonger dans un état baigné d'une sorte de magie primitive, ce sont les matériaux eux-mêmes qui me guident et à travers eux la nature qui me les a généreusement confiés. C'est un travail très intuitif et je suis persuadée que chacune de ces créations se charge d'une énergie spécifique et bénéfique. Parfois un apport extérieur vient s'y rajouter comme une évidence, issu de récupération et de recyclage.

 

Dans ma pratique artistique générale, j’use autant que possible de matériaux récupérés et de médias non toxiques pour l’environnement, ce qui limite d’une certaine façon les possibilités mais la contrainte est aussi un matériau que j’aime utiliser, contourner, transcender. C’est un jeu. J’aime également expérimenter sans me mettre de barrières, sans jamais être (ou presque) sous la pression d’un résultat et encore moins la nécessité d’ « avoir un style ». Tout ce que je considère comme raté, devient matière première de futures créations, rien n’est jeté. C’est un besoin de cohérence avec une certaine éthique que j’applique par ailleurs dans ma vie quotidienne et c’est ce que j’aime transmettre aussi aux enfants à travers mes ateliers.

 

De la même façon que je considère la poésie comme une des multitudes de formes possibles d’art, dont la matière première serait ici les mots et les sonorités, je considère ma pratique artistique comme une forme de poésie. Les deux ont en commun une quête, un questionnement sur notre véritable essence.

 

L’art est donc pour moi un espace de totale liberté, une bouffée d’air ludique, ma création est spontanée, c’est un art irréfléchi, une sorte de transe : n’étant en aucune façon technicienne en ce domaine, je tente simplement de donner forme à ce qui me traverse et cela me met en résonance avec des dimensions qui échappent à toute tentative d’explication. Ce qui m'importe : quand le faire fusionne avec l’Être.

 

De créature à créateur, quelque chose est là, immense.

 

Cathy Garcia Canalès

 

 

 

Mes blogs qui présentent l'ensemble de mon travail artistique :

http://materiossagesartnaturel.hautetfort.com/

http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.h...

https://gribouglyphesdecathygarcia.wordpress.com/

 

 

Une partie de mes créations est en expo permanente à la boutique Fourmillard 60, rue du Portail d'Alban à Cahors (Lot)

 

 

 

Un article à mon propos (2009) et une interview sur le site d’Arts-up :

http://www.arts-up.com/JPGP/JPGP_Cathy_Garcia.htm 

http://www.arts-up.info/interview/interview_cathy_garcia....

 

 

 

03/12/2018

Nouvelle collection : mes cartes d'artiste

 

CHEVEUX ROUGES.jpg

 
"Cheveux rouges"
 
 127 x 178 mm
 
 
 

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 " Cancelled"

127 x 178 mm

 

 

 

Calavera de fiesta.jpg

 "Calavera de fiesta"

127 x 178 mm
 
 
 

Ange vagabond small.jpg

 
"Ange vagabond"
 
 110 x 220 mm
 
 
 
350-400 g/m², super qualité, super solides, toucher soyeux,
pas de brillance, pas de reflet, fabrication écolo sans chlore élémentaire (ECF)
 
chacune sera signée au dos
 
5 euros la carte (+port)
 
à réserver par mail : mc aroabse orange.fr
 
 
disponibles également à la boutique Fourmillard à Cahors
 
 
 
 

 

27/08/2018

Cathy Garcia - à la source - 2008

A la Source.jpg

 

 

30/04/2018

68, je n'étais pas née mais ça n'empêche pas de participer

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13/05/2017

Cathy Garcia - Au commencement - 2017

Au commencement 23 X 30 SMALL.jpg

Henné, encre noire, gouache blanche

 

 

 

17/10/2016

Matériossages

 

 

14/10/2016

Cathy Garcia - Gribouglyphes peinturlurés - Bazar 2005-2013

 

 

 

09/10/2016

Cathy Garcia - Encre, fusain, graphite - 2007 - 2015

 

Comprend entre autre des illustrations originales pour Fugitive et Les mots allumettes de Cathy Garcia (Cardère 2014 et 2012), Un chef d’œuvre sur la tempe de Guillaume Decourt (éd. du Coudrier 2013) et Recuerdos de Pascal Pratz (éd. du Petit Véhicule, 2012).

 

 

 

21/09/2016

Joker en colère

j'ai 7 ou 8 ans ou moins, je peins une feuille toute en rouge, je me fais engueuler pour avoir gaspillé une feuille et de la peinture.... alors je fais une œuvre.........

 

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