Sara Balbi di Bernardo


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Vous dirais-je encore, poursuivit Toby-Chien lancé, la musique du crapaud obscur, qui égoutte de seconde en seconde sa note liquide, perle de cristal qu'on peut ouïr rouler entre l'herbe et s'y figer ?... Car je ne puis croire à une autre origine de la rosée étincelante !... Esquisserais-je pour vous l'harmonie modeste de la bouilloire, grillonne tapie dans les cendres ardentes, petite sorcière ventrue, bienveillante, quoiqu'elle crache la vapeur par sa lèvre en lippe ?
in Toby-Chien et la musique
in Les vrilles de la vigne
Tu la crois assise là, près de nous ? Elle est assise en même temps sur la roche tiède, au revers de la combe, et aussi sur la branche odorante et basse du pin argenté... Tu crois qu'elle dort ? elle cueille en ce moment, au potager, la fraise blanche qui sent la fourmi écrasée. Elle respire, sous la tonnelle de roses, l'odeur orientale et comestible de mille roses vineuses, mûres en un seul jour de soleil. Ainsi immobile et les yeux clos, elle habite chaque pelouse, chaque arbre, chaque fleur, – elle se penche à la fois, fantôme bleu comme l'air, à toutes les fenêtres de sa maison chevelue de vigne... Son esprit court, comme un sang subtil, le long des veines de toutes les feuilles, se caresse au velours des géraniums, à la cerise vernie, et s'enroule à la couleuvre poudrée de poussière, au creux du sentier jaune... C'est pourquoi tu la vois si sage et les yeux clos, car ses mains pendantes, qui semblent vides, possèdent et égrènent tous les instants d'or de ce beau jour lent et pur.
in Dialogue de bêtes
in Les vrilles de la vigne, 1908

Je suis ce que j'attends
Je ne ris ni ne pleure
De la fuite du temps,
Mon cœur bat toute l'heure.
Révolu le sommeil,
Je me douche de pluie.
Le caressant soleil
À paumes d'or m'essuie.
Mer bleu roi. Pics neigés.
Rouge-herbe. Passeroses.
Mes yeux sont messagers
Entre l'être et les choses.
Je sais des mondes sûrs,
Infiniment infimes,
Et je trouve hors murs
Les espaces intimes.
in Ode à chacun

sort aujourd'hui
aux éditions Les Liens qui Libèrent
https://www.editionslesliensquiliberent.fr/
Ce livre-enquête explore quatre dimensions de l'accaparement de l'eau par les intérêts privés (agriculture, embouteillage, industrie du numérique, technologies de traitement de l'eau). Nous montrons comment la "démocratie de l'eau" est dévoyée au profit du technosolutionnisme.
La première diffusion remonte à 2019, pour une enquête sur 2017/2018, édifiante, aujourd'hui ça ne peut qu'être pire.
"Aujourd’hui, qu’ils soient bio ou pas, presque tous les fruits et légumes que vous achetez sont calibrés comme des produits industriels. Pour cela, les multinationales ont mis au point des semences totalement standardisées. Linda Bendali et l’équipe de Cash Investigation révèlent pourquoi, en un demi-siècle, nos tomates ont perdu par exemple plus de 50% de leurs vitamines. Les semences à l’origine des fruits et légumes que nous consommons sont désormais la propriété d’une poignée de géants mondiaux comme l’Allemand Bayer ou le Français Limagrain, qui pèse, lui, plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un business mondialisé où la graine se vend plus chère que de l’or. La réalisatrice Linda Bendali est partie en Inde, où les multinationales font produire leurs graines. Elle a découvert des femmes et des enfants qui triment pour une poignée de roupies. Cette course à la semence high-tech peut aussi avoir des conséquences sur notre santé. Elle a enquêté sur ces blés destinés à la fabrication de nos baguettes ou de nos pains de mie que certains consommateurs ne digèrent plus. L’hypersensibilité au gluten n’est pas qu’une mode, vous comprendrez pourquoi les partisans du « sans gluten » sont si nombreux ! Menace pour la santé, perte de nutriments, « privatisation » du vivant, le grand hold-up des industriels sur nos fruits et légumes."
Réfléchir avant de consommer oui mais soutenir aussi les semences paysannes, une lutte plus qu'essentielle. Juste un chiffre sans parler des bandits que sont ces multinationales, de leurs mensonges permanents et du fait qu'elles exploitent à tour de bras les humains partout sur la planète, en moins de 100 ans, on a perdu 75 % de la diversité des fruits et légumes cultivés. Or, cette diversité est essentielle sur le plan de la sécurité alimentaire, sans parler de la perte en nutriments, toute aussi grave et des saveurs qui sont liées à ces nutriments essentiels à la santé.
Je vous invite à aller découvrir le Réseau Semences Paysannes qui anime un mouvement de collectifs ancrés dans les territoires qui renouvellent, diffusent et défendent les semences paysannes, ainsi que les savoir-faire et connaissances associées.
Ces collectifs inventent de nouveaux systèmes semenciers, source de biodiversité cultivée et d'autonomie, face au monopole de l’industrie sur les semences et à ses OGM brevetés.
https://www.semencespaysannes.org/
Dans son jardin
il est tombé
bras étendus
sur la terre noire
c'était une belle et forte image
ce corps
mêlé aux feuilles mortes
comme son chien
l'année dernière
au même endroit du cœur
un battement de trop
de moins juste
après il a fermé les yeux
sans voir l'image
sans se préoccuper
des matières couleurs
lignes de fuite
simplement
une dernière esquisse
un crayonné inachevé
les jambes dispersées
hors cadre
dans un sourire d'herbes
et la nuit
qui posait sa couverture
délicatement
une dernière fois
sous sa nuque.
in C'est ici
Les Carnets du Dessert de Lune, 2025

sous la direction d'Olivier Petitjean, Ivan du Roy
éditions de la Découverte, février 2025
Qu’on consomme leurs produits, qu’on admire leurs marques ou qu’on dénonce leurs pratiques, les multinationales sont omniprésentes. Mais les connaît-on vraiment ? Comment sont-elles devenues ce qu’elles sont aujourd’hui ? Cette somme ambitieuse, associant chercheurs et journalistes, offre une fresque mondiale et une généalogie critique inédites. Elle inscrit les entreprises et les marques dans la « grande histoire » et raconte les choix économiques, politiques, juridiques, techniques, financiers ou culturels qui ont rendu possible leur essor.
De la Compagnie française des pétroles à Total, des premiers câbles télégraphiques sous-marins aux géants du Web, de Rockefeller à Elon Musk, de la Compagnie des Indes orientales au « Commodity Trading », de IG Farben au RoundUp, de la machine à coudre Singer à ChatGPT, des « républiques bananières » au lobbying intensif, ce livre retrace la montée en puissance progressive des multinationales, de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à nos jours, à travers une série de dates emblématiques complétées par des portraits et le récit de plusieurs épisodes clés.
L’histoire des multinationales épouse celles des relations entre États, des conflits et des grandes crises, qui sont souvent des moments d’enrichissement et de rupture. Elle suit de près la trajectoire des changements technologiques, que ces entreprises ont contribué à orienter et accélérer. Elle accompagne la transformation de nos vies quotidiennes, à travers l’avènement d’une société de consommation de masse à l’échelle du globe, et aujourd’hui le tout-numérique. Elle est aussi l’histoire de la transformation de notre environnement naturel, de l’extraction des matières premières, de la production d’énergie à une échelle toujours plus importante, jusqu’à engendrer des menaces inédites.
L’histoire des multinationales est donc notre histoire.
Voir : https://www.editionsladecouverte.fr/multinationales-9782348077074
"J'ai lu avec grand intérêt "Le monde émoi", qui m'a touché et même ému. Le thème de notre relation avec le monde dans lequel nous vivons est fondamental. J'écris aussi sur le sujet et je lis régulièrement des ouvrages le concernant, je classe cela dans une grande rubrique "Ce que je crois", puisqu'à la fin il faut quand même vivre avec ce qui nous semble insupportable. J'admire la cohérence dans tes modes de vie et de pensée. Je ne vais pas me lancer dans une discussion. Je suppose que tu connais et apprécies l’œuvre de Henry David Thoreau. Je joins comme "un baume au cœur" un de ses poèmes que je ne connaissais pas et qui est inclus dans un recueil (poèmes choisis et traduits par Alain Blanc) paru récemment aux éditions Voix d'encre, et qui j'espère te plaira si tu le découvres."


La Contre Allée éd, 20 février 2026
"Pour un pain volé, pour vagabondage ou pour indiscipline ; suite à une lettre de dénonciation d’un frère, à la tyrannie d’un père ; au nom de la protection et de l’éducation, sur fond de peur du corps féminin et des classes populaires, des jeunes filles sont jugées comme délinquantes et enfermées dans une école de préservation. Elles s’appellent Marthe, Monelle, Jeanne ou Berthe. Âgées de 11 à 21 ans, elles sont toutes considérées comme coupables ou, pour le moins, dérangeantes.
Discipline et maltraitance sont le lot quotidien de ces pupilles soumises à la violence des surveillantes, à des ordres qui brisent les nuques.
Mais ces mauvaises filles résistent…
Un jour de novembre 1934, trois heures durant, sur les toits de l’école de préservation de Clermont, ces jeunes filles se réapproprient leur enfance inachevée et remplissent le ciel de leurs chants et de leurs rires.
Un soulèvement-joie auquel Perrine Le Querrec prête son souffle en donnant voix à ces mutines."
En savoir plus : https://lacontreallee.com/catalogue/mutines/

in Les Forces
Do not stand
By my grave, and weep.
I am not there,
I do not sleep—
I am the thousand winds that blow
I am the diamond glints in snow
I am the sunlight on ripened grain,
I am the gentle, autumn rain.
As you awake with morning's hush,
I am the swift, up-flinging rush
Of quiet birds in circling flight,
I am the day transcending night.
Do not stand
By my grave, and cry—
I am not there,
I did not die.
in The Gypsy, revue de poésie, décembre 1934