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20/09/2021

Julos Beaucarne - Femmes et hommes

Pour la troisième fois sur ce blog, je reposte ce magnifique texte et aujourd'hui pour saluer le départ du poète :

 

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas attacher
Ne permettez pas qu’on fasse sur vous
Des rêves impossibles
On est en amour avec vous
Tant que vous correspondez au rêve que l’on a fait sur vous
Alors le fleuve Amour coule tranquille

Les jours sont heureux sous les marronniers mauves
Mais s’il vous arrive de ne plus être
Ce personnage qui marchait dans le rêve
Alors soufflent les vents contraires
Le bateau tangue, la voile se déchire
On met les canots à la mer
Les mots d’amour deviennent des mots couteaux
Qu’on vous enfonce dans le cœur
La personne qui hier vous chérissait
Aujourd’hui vous hait.
La personne qui avait une si belle oreille
Pour vous écouter pleurer et rire
Ne peut plus supporter le son de votre voix

Plus rien n’est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre
Il pleut et vous remontez la rue
Dans votre pardessus noir
Est-ce aimer que de vouloir que l’autre
Quitte sa propre route et son propre voyage ?
Est-ce aimer que d’enfermer l’autre
Dans la prison de son propre rêve ?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas rêver par quelqu’un d’autre que vous-même
Chacun a son chemin qu’il est seul parfois à comprendre
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Si nous pouvions être d’abord toutes et tous
Et avant tout et premièrement
Des amants de la Vie
Alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs, ces éternels mendiants
Qui perdent tant d’énergie et tant de temps
À attendre des autres, des signes, des baisers, de la reconnaissance

Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la Vie
Tout nous serait cadeau, nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie et dans sa peau
À chacun sa texture, son tissage et ses mots.

 

 

 

 

 

18/09/2021

A Nation is coming de Kent Monkman avec Michael Greyeyes

 

 

10/08/2021

Gérald Neveu

 

Inaugurales

 

Quelqu'un marche :

Je sens mes pas dessiner l'horizon

Mais, quel deuil se traîne

À longs rubans d'hirondelles ?...

Quelqu'un marche :

Et les bêtes aux regards de silo

Perdent leurs rêves

Dans une dérive d'oiseaux

Brûlés par la nuit.

Quelqu'un marche :

Quelqu'un marche :

Après cette phrase, le roc. Après ce calme choc,

La rose

Ouverte dans la rue.

Minuit-source

Minuit-éclair

Comme les persiennes

Ouvertes toutes ensemble

Font séparer le matin.

Minuit-source

Minuit-éclair

Au cœur des hommes...

Les chaînes descellées crépitent dans l'espace

Au loin. . .

L'ocarina bleuté d'un sourire charnel...

Je te vois sur le fil du couteau

Où fusionnent tous les éclats.

Je te vois à même la lumière

Qui vole en pan-coupés

À hauteur de blessures.

Et le sang coule avec confiance

Du rêve à la réalité

Du passé au futur.

Je te vois plus semblable à moi

que moi-même.

Nul ne peut dire où sont allées les ombres

Quand la lumière parle.

 

in Cet oblique rayon

 

 

 

07/08/2021

La Fura dels Baus - 'M A N E S' 2018 (Teaser) -

 

Un des meilleurs spectacles que j'ai vu de ma vie, il tourne encore apparemment, mais peut-être pas la force qu'il avait dans les années 90...

 

 

04/08/2021

Pierre Reverdy

UNE SEULE VAGUE

 

J'ai longtemps hésité à remonter vers le niveau de ma lumière

Marche à marche le pas glissant sur le vernis des matins verts

J'ai mis longtemps à me décider entre la vie et la mort

Entre l'endroit réduit et la doublure

La mousse dégrafée des avalanches

Et le poil du réveil aux charnières de plomb

Quand l'esprit se retrouve en sursaut

Quand le cœur halète son remords

Entre la coulisse et le tain

Toute l'épaisseur des gestes de la veille

Cette illusion d'amour que j'ai à peine feuilletée du bout des mains

Fuyante entre la porte et le sourire

A peine ressaisie dans l'accent d'un accord

Maintenant

Plus rien que toi dans la chambre aux clous noirs

Aux rayons de ténèbres

Plus rien que toi entre les plis de mon cœur dur

Plus rien que toi à portée de mon désir encore tiède

Sur la surface à explorer dans l'avenir

A travers le danger trouble des membranes

Les contre-courants vertigineux de mon destin

Et les brusques retours de flamme de la haine

Plus rien que toi sur les cimes où se déchire la raison

Dans les bas-fonds les grimaces gélatineuses du sommeil

Des visages aux traits démaillés qui s'affalent dans la poussière

Il faut aller sur l'arête ensanglantée de la conquête

Vers cette panoplie flambant à l'horizon

Vers ce buste trop lourd qui penche sous la tête

Dans le tourbillon rouge des souvenirs

Quand tout est refoulé par l'éclat de ce nouveau mystère

Plus rien que toi dans les recoins les plus secrets de ma mémoire

Car tout a disparu en te voyant venir

Et dans le circuit de mes veines

Dans les sursauts qui désunissent les rouages de ma valeur

Des étoiles jaillies sous le chalumeau vorace du plaisir

Des étoiles d'acier qui s'évadent dans les rigoles

Un ensemble de jeux de traits et de lumières

Un regard singulier qui se soudait au mien

Un accent qui sera toujours dans mon oreille

Et tout ce qui vit ailleurs

Immobile et trop réel dans la matière

Rien

 

in " Plein Verre", éditions des îles de Lerins - Nice - juin 1940

 

 

02/08/2021

Pat Ryckewaert

 

 

Blessures faites à l’enfant

entailles dans l’écorce et l’aubier

à le faire mourir ou à le rendre fou

frêle racine au sombre dessein

dans une terre de safre

flou de la mémoire et du ciel

l’eau de pluie sur les plaies.

Blessures faites aux femmes

à les rendre dociles

à les fendre

dans leur unité et leur désir.

Blessures d’amour

à priver de sève et de sens

à faire couler le sang

assoiffer à jamais la bouche.

Blessures de l’attachement

quand tout ne tient qu’à un fil

qui ne relie à rien

la peau sans odeur

le silence des yeux et des gestes.

Blessures de la langue

celle qui nous fait sujet

celle qui nous fait vivant

celle qu’on n’a pas entendue

celle qu’on n’a pas parlée

parole enroulée dans la gorge

ou écrasée entre deux dents.

Blessures à priver d'air

à essouffler le cœur et l'en vie.

 

in À la folie

 

 

         

 

28/07/2021

Une autre soi, l'effondrée

 
 
« Qu’est-ce qu’un être souffrant ? Un être déplacé, exilé, amputé. La souffrance altère mon habitude d’être, me fait perdre mon naturel, rompt cette complicité silencieuse entre le corps et l’esprit. Le corps se dérobe, l’esprit se découvre autre, dépossédé par cette disparition d’une partie de soi, dérobée par la souffrance, que génère la maladie ou la blessure. L’esprit lui-même semble s’absenter. Pourtant, mon être gauche, suggère Michaux, a aussi quelque chose à m’apprendre sur moi-même. Être déplacé, c’est se découvrir autrement et cette fragilité n’est pas seulement une défaillance, elle nous indique d’autres façons d’être, un autre style d’existence. »
 
Claire Marin, Rupture(s), éditions de l'Observatoire, 2019.
 
Longtemps je n’ai vécu que du déploiement de ma force. Pour en imposer aux autres mais surtout pour me donner de l’intérieur, le sentiment de la maîtrise et de l’invulnérabilité. Un héritage familial et culturel. Je suis allée de l’avant, j’ai appris, j’ai fait, j’ai créé. J’ai occupé l’espace de mon corps, de mon faire, de ma puissance. Je n’avais aucune conscience de ce phénomène. Je passais tout en force. Et mon corps s’est raidi contre cette malveillance qui s’ignorait. Je n’avais aucune idée qu’il existait un être, tapi sous ces redoutables armures.
 
J’étais mon action, j’étais mes possessions, j’étais mon apparence, j’étais les autres qui m’entouraient, j’étais mes capacités, j’étais mes activités. Mais lorsque ces affirmations s’écroulèrent telles les cartes d’un château, les unes après les autres, il me sembla qu’il ne restait rien.
 
Angoisse. Du vide. De l’inaction, de l’inutilité, de la faillibilité. J’ai vécu cela en quatre étapes : quatre grandes crises du corps amenant celles de l’esprit et du cœur. Lors de chacune de ces crises, une autre partie du corps s’insurgeait, amenant rigidité, douleurs, incapacité, ralentissement. Des peurs, de la colère, de l’impuissance et de la tristesse venaient en cohorte se greffer à ces fêlures d’un corps en révolte contre le reste de son être.
 
 
 
Le vide. L’impossibilité de se mettre en mouvement et d’agir à sa guise. Cette impression, je la connaissais sous une autre forme, elle est celle qui précède l’écriture comme si, dans le vide, le texte ou le livre s’écrivait déjà, comme s’il se rassemblait en-dehors de mon regard et de la pensée consciente. Et bien cette fois, le livre, c’était moi. Je m’écrivais, sans le savoir, depuis ce vide.
 
 
 
Cette réalité n’est pas agréable à faire émerger. Elle s’extirpe avec violence telle la nymphe se contorsionnant avant de devenir l’insecte adulte. Un mot accompagna ce temps hors du temps : effondrement. Un ralentissement et un abattement d’emblée avec le château qui s’écroule en somme. Mais là n’est que le début du processus. Je ne me sentais pas vraiment ramenée au sol, mise en pièces. C’était plutôt comme un flux inconnu. Quelque chose lâchait, pas moi, pas ma volonté, ça se faisait sans mon intervention.
 
 
 
Des tensions, des douleurs localisées principalement dans le haut du corps. Ensuite un relâchement associé à une respiration ample qui vient calmer l’anxiété que génère cet état ; car ça se loge dans la poitrine, en plein milieu du cœur énergétique : du dos jusqu’au buste, ça traverse comme une lame. Ça pèse sur le cœur, ça le contracte. Lui que j’avais ouvert, régénéré, le voilà qui se refermait à nouveau.
 
Nouvelle source de panique. Et quoi ? rien n’est définitif, ni réglé, ni achevé : encore et encore, ce même mouvement se reproduit, demandant de dire : « Oui, c’est ce que je sens, ce point, cette douleur, cette tension ». Rien d’autre ne fonctionne. J’aurais bien aimé – encore – que la solution miracle vienne de l’extérieur mais non, cela ne fonctionne jamais comme cela.
 
Alors le oui s’expanse et peut venir le « Je te vois, telle que tu es en ce moment, je reconnais que tu vis cela (dans ta peur panique / ta tristesse / ta colère…) ; et c’est ok. Ok. Respire et respire plus grand. De quoi as-tu besoin là ? ». Les réponses sont confondantes : elles m’apparaissent farfelues, idiotes et puis je laisse cette faribole de jugements et je satisfais le besoin qui a émergé. Et cela me fait du bien.
 
Ce n’est pas cette succession de « il faut » faire si ou cela, pour mon bien ou parce que cela est nécessaire, selon je ne sais quelle règle, quelle mentalité, quelle injonction intérieure/extérieure de bonne pensance. C’est ce dont mon être a besoin, là maintenant. Et c’est de toute évidence magique. Car lorsque ce qui est est reconnu, ça fond, ça s’ouvre à nouveau, ça respire.
 
 
 
J’avais cru écouter cette voix en moi. Je ne l’entendais qu’assourdie et recouverte par des couches d’autres voix qui savaient toujours mieux qu’elle : la voix de la femme parfaite qui assure sur tous les plans, la voix de la guru du développement personnel, la voix de celle qui sait tout mieux que tout le monde, la voix de celle qui a toujours peur de ne pas être aimée sans faire... Sans ce cœur grand ouvert, jamais je n’aurais pu m’effondrer et vivre cette nouvelle étape. Sans ce cœur grand ouvert, jamais je n’aurai imaginé l’être qui se tenait caché à l’intérieur de moi depuis si longtemps. Cet être est tout le contraire de ce que j’avais voulu être jusque là. Fragile, vulnérable, dépendant, anxieux, incapable, empêché mais aussi malveillant, haineux, jaloux, paresseux, lâche…
 
 
 
Mais cocher sur une liste tous les adjectifs existants afin de gagner le gros lot à la fin de la partie, cela n’a aucune importance. Cela ne se passe ainsi. Chaque part de l’être qui se révèle, prend une forme bien spécifique parce qu’elle est mienne. Il y a une couleur, une spécificité qui me correspond. Ma vulnérable n’est pas la vôtre et vice versa. Les nuances sont sûrement fines mais elles sont là et c’est pour cela que l’expérience doit être vécue depuis les tréfonds de soi.
 
 
 
Sur le papier et dans une certaine mesure dans ma pratique, j’avais commencé à saisir l’enjeu de l’ombre et de la lumière. Je l’avais peint il y a des années déjà ; c’est souvent ainsi que je m’annonce des choses. Je l’avais vu comme une danse des opposés en soi, j’avais regardé des facettes de moi dans le miroir mais cette compréhension n’était pas complète. C’est normal, tout procède par étapes et intervient la suivante lorsque l’on est prête à l’intégrer. Pas seulement dans la tête, voire même dans le cœur, non, elle a besoin de devenir charnelle car c’est bien pour cela que la conscience revient sur terre, elle souhaite vivre et comprendre depuis cette incroyable alchimie du corps, de l’esprit et de l’âme. Or, la compréhension pour moi n’était pas encore descendue jusqu’à mon corps, jusqu’à mes cellules pour secouer mon cœur et permettre à ma conscience de vivre ce qu’elle était venue chercher : apprendre la foi en soi en aimant la totalité de son être.
 
J’entrevois que cet apprentissage depuis l’être intérieur ouvre vers l’amour de l’autre, de tous les autres. Chacun recelant la totalité, chacun faisant corps avec les autres pour faire Un. Mais pour l’heure, ce n’est pas encore le moment pour s’emparer de cela.
 
 
 
Étymologiquement, l’effondrement peut signifier (se) déverser et (se) répandre, disperser et s’abandonner, jeter au vent, laisser aller. Autant de vocables qui rejoignent l’expérience que j’ai traversé et cela me fait du bien, de voir inscrites dans mon Gaffiot antique, ces traces du passé venant éclairer mon aujourd’hui. Car c’est bien ce qui se produit, je m’abandonne, je répands et disperse au vent mes propres croyances sur moi-même. Dans ce vide, dans ce temps suspendu et cet interstice de vie, je romps mes derniers barrages et mon être surgit. Il n’est ni ombre, ni lumière, mais ce murmure depuis le vide.
 
Une dernière occurrence amène l’idée de prodiguer, de déployer sans retenue ses forces. Je sens ou plutôt pressens qu’elle me conduira vers la prochaine étape. Mes forces n’ont plus la même teneur à présent. Wonder Woman a raccroché son costume. Mais une nouvelle super héroïne vient se joindre à mon Panthéon intérieur : elle se nomme Effondrée et son super pouvoir est de faire de sa vulnérabilité la source de sa puissance.
 
 
 
Cœur ouvert et conscience déployée,
 
Myriam Bendhif-Syllas, 9 février 2021
 
 
 
 
 

24/07/2021

Julos Beaucarne

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas attacher
Ne permettez pas qu’on fasse sur vous
Des rêves impossibles
On est en amour avec vous
Tant que vous correspondez au rêve que l’on a fait sur vous
Alors le fleuve Amour coule tranquille

Les jours sont heureux sous les marronniers mauves
Mais s’il vous arrive de ne plus être
Ce personnage qui marchait dans le rêve
Alors soufflent les vents contraires
Le bateau tangue, la voile se déchire
On met les canots à la mer
Les mots d’amour deviennent des mots couteaux
Qu’on vous enfonce dans le cœur
La personne qui hier vous chérissait
Aujourd’hui vous hait.
La personne qui avait une si belle oreille
Pour vous écouter pleurer et rire
Ne peut plus supporter le son de votre voix

Plus rien n’est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre
Il pleut et vous remontez la rue
Dans votre pardessus noir
Est-ce aimer que de vouloir que l’autre
Quitte sa propre route et son propre voyage ?
Est-ce aimer que d’enfermer l’autre
Dans la prison de son propre rêve ?

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas rêver par quelqu’un d’autre que vous-même
Chacun a son chemin qu’il est seul parfois à comprendre
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Si nous pouvions être d’abord toutes et tous
Et avant tout et premièrement
Des amants de la Vie
Alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs, ces éternels mendiants
Qui perdent tant d’énergie et tant de temps
À attendre des autres, des signes, des baisers, de la reconnaissance

Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la Vie
Tout nous serait cadeau, nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie et dans sa peau
À chacun sa texture, son tissage et ses mots.

 

 

 

16/07/2021

Abeilles sauvages d'été

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09/07/2021

Angélique Ionatos - Optimisme (Et si l'arbre brûle)

 

"

Ma mère Angélique Ionatos s’est éteinte ce mercredi 7 Juillet.
J’ai du mal à trouver les mots, ils étaient si importants à ses yeux, elle qui leur a dédié sa vie.
Et puis comment résumer une carrière comme la sienne, comment parler de la mère qu’elle était.
Elle a façonné la définition de l’artiste à mes yeux, et son départ me laisse un vide immense tout en ayant conscience qu’il sera à jamais comblé par son œuvre, éternelle, et essentielle et évidemment par mes souvenirs.
Elle s'inscrit à jamais dans la dynastie des plus grands artistes de son époque, des plus grandes, des plus audacieux et des plus audacieuses.
Pour elle, l’artiste devait témoigner de son temps, et résister.
C’est ce qu’elle a fait continuellement.
Pour elle encore, la poésie était mère de tous les arts, et comme disait René Char, poète si cher à ses yeux, à ceux de mon père, et aux miens “Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la beauté, toute la place est pour la beauté”
Ses mots, ou ceux qu’elle a empruntés à d’autres, résonneront à jamais comme un guide et ne résonnent que plus fort, comme jamais auparavant, depuis qu’elle est partie.
Elle me manque déjà terriblement, mais je l’imagine aux côtés de ses pairs, de mon père, quelque part en Grèce sans aucun doute.
Le regard d’aigle c’était mon père, et elle définitivement les effusions de mésanges, René Char, encore.
Son héritage dépasse l’entendement, mon amour pour elle aussi"
 
Alexis Sevenier
 
 
 
 

 

25/06/2021

Lao Tseu

 

 

Il y avait quelque chose d'indéterminé avant la naissance de l'univers.
Ce quelque chose est muet et vide.
Il est indépendant et inaltérable.
Il circule partout sans se lasser jamais.
Ne connaissant pas son nom, je le dénomme "Tao".


L'homme imite la terre.
La terre imite le ciel.
Le ciel imite le Tao.
Le Tao n'a d'autre modèle que lui-même.

 


Le Tao qu'on tente de saisir n'est pas le Tao lui-même;
le nom qu'on veut lui donner n'est pas le nom adéquat.


Sans nom, il représente l'origine de l'univers;
avec un nom, il constitue la Mère de tous les êtres.


Par le non-être, saisissons son secret;
par l'être, abordons son accès.


Le regardant, on ne le voit pas, on le nomme l'invisible.
L'écoutant, on ne l'entend pas, on le nomme l'inaudible.
Le touchant, on ne le sent pas, on le nomme l'impalpable.


Le Tao est quelque chose de fuyant et d'insaisissable.
Fuyant et insaisissable, il présente cependant quelque image,
insaisissable et fuyant, il est cependant quelque chose.


Le Tao lui-même n'agit pas,
et pourtant tout se fait par lui.


Perpétuel, il ne peut être nommé,
ainsi il appartient au royaume des sans-choses.


Il est la forme sans forme et l'image sans image.
Il est fuyant et insaisissable.


Le Tao lui-même n'agit pas,
et pourtant tout se fait par lui.


Le grand Tao s'épand comme un flot.


Tous les êtres sont nés de lui
sans qu'il en soit l'auteur.


Il accomplit ses œuvres mais ne se les approprie pas.


Le retour est le mouvement du Tao.
C'est par la faiblesse qu'il se manifeste.


Tous les êtres sont issus de l’Être.
L’Être est issu du non-être.


Lorsqu'un esprit supérieur entend le Tao,
il le pratique avec zèle.


Lorsqu'un esprit moyen entend le Tao,
tantôt il le conserve, tantôt il le perd.


Lorsqu'un esprit inférieur entend le Tao,
il en rit aux éclats.


S'il n'en riait pas,
le Tao ne serait plus le Tao.


A sa naissance, l'homme est doux et faible;
à sa mort, il est dur et tout raide.


Les dix milles êtres, plantes et arbres,
pendant leur vie, sont tendres et vulnérables;
à leur mort, ils sont secs et recroquevillés.


Car ce qui est dur et fort est serviteur de la mort;
ce qui est doux et faible est serviteur de la vie.


La dureté et la rigidité sont inférieures;
la souplesse et la faiblesse sont supérieures.


Les êtres devenus forts vieillissent,
car cela s'oppose au Tao.


Quiconque s'oppose au Tao
périt prématurément.


Rien n'est plus souple et plus faible que l'eau,
mais pour enlever le dur et le fort, rien ne la surpasse.


La faiblesse a raison de la force;
la souplesse a raison de la dureté.
Tout le monde le sait,
mais personne ne parvient à le mettre en pratique.


Le meilleur soldat n'attaque pas.
Le combattant de valeur l'emporte sans violence.
Les plus grands conquérants gagnent sans lutter.
Les dirigeants les plus efficaces conduisent les hommes sans ordonner.


C'est ce qu'on appelle "la non-agressivité intelligente".
C'est ce qu'on appelle "la maîtrise des hommes".


Tout le monde tient le beau pour le beau,
c'est en cela que réside sa laideur.
Tout le monde tient le bien pour le bien,
c'est en cela que réside son mal.


Car l'être et le néant s'engendrent.
Le facile et le difficile se parfont.
Le long et le court se forment l'un par l'autre.
Le haut et le bas se touchent.
La voix et le son s'harmonisent.
L'avant et l'après se suivent.


C'est pourquoi le sage adopte la tactique du non-agir,
et pratique l'enseignement sans parole.
Toutes choses du monde surgissent
sans qu'il en soit l'auteur.


Il produit sans s'approprier,
il agit sans rien attendre,
son œuvre accomplie, il ne s'y attache pas,
et puisqu'il ne s'y attache pas,
son oeuvre restera.


Qui se plie restera entier.
Qui s'incline sera redressé.
Qui se tient creux sera rempli.
Qui subit l'usure se renouvellera,
Qui embrasse peu acquerra la connaissance sûre,
Qui embrasse beaucoup tombera dans le doute.


Ainsi le sage embrassant l'unité
deviendra le modèle du monde.
Il ne s'exhibera pas et rayonnera.
Il ne s'affirmera pas et s'imposera.
Il ne se glorifie pas et son mérite sera reconnu.
Il ne s'exalte pas et deviendra le chef.


Comme il ne rivalise avec personne,
personne au monde ne rivalise avec lui.


Qui se dresse sur la pointe des pieds ne tiendra pas longtemps debout.
Qui s'exhibe ne rayonnera pas.
Qui s'affirme ne s'imposera pas.
Qui se glorifie ne verra pas son mérite reconnu.
Qui s'exalte ne deviendra pas un chef.
Ces manières sont pour le Tao
comme les restes de nourriture et les tumeurs qui répugnent à tous.
Celui qui connait la loi de la nature
ne fera pas ainsi sa demeure.


Celui qui se réfère au Tao comme maître des hommes
ne subjugue pas le monde par les armes,
car cette manière d'agir entraîne habituellement une riposte.
Ainsi un homme de bien se contente-t-il d'être résolu,
sans user de sa force.


Qu'il soit résolu sans orgueil.
Qu'il soit résolu sans exagération.
Qu'il soit résolu sans ostentation.
Qu'il soit résolu par nécessité.


Connaitre les autres, c'est la sagesse.
Se connaitre soi-même, c'est la sagesse supérieure.
Imposer sa volonté aux autres, c'est la force.
Se l'imposer à soi-même, c'est la force supérieure.


Produire sans s'approprier,
agir sans attendre,
guider sans contrainte,
voilà la vertu suprême.


Percevoir le plus petit, voilà la clairvoyance.
Garder la douceur, voilà la force d'âme.


Le sage n'apprécie pas les trésors recherchés.
Il apprend à désapprendre.
Il se détourne des excès communs à tous les hommes.
Il facilite l'évolution de tous les êtres sans oser agir sur eux.


Le sage connait sans voyager,
comprend sans regarder,
accomplit sans agir.


C'est par le non-faire
que l'on gagne l'univers.
Celui qui veut faire
ne peut gagner l'univers.


Qui cherche à façonner le monde n'y réussira pas.
Le monde, vaste vase spirituel, ne peut être façonné.
Qui le façonne le détruira.
Qui le tient le perdra.


Un état se régit par les lois.
Une guerre se fait à coup de surprises.
Mais c'est par le non-faire qu'on gagne l'univers.


Comment le sais-je?
Par ce qui suit:


Plus il y a d'interdits et de prohibition,
plus le peuple s'appauvrit.


Plus on possède d'armes meurtrières,
plus le désordre sévit.
Plus se développe l'intelligence fabricatrice,
plus en découle d'étranges produits.


Plus se multiplient les lois et les ordonnances,
plus foisonnent les voleurs et les bandits.


Lorsque le gouverneur est indulgent,
le peuple reste pur.


Lorsque le gouverneur est pointilleux,
Le peuple devient fautif.


Le bonheur repose sur le malheur;
Le malheur couve sous le bonheur.
Quel en est le terme?
Le monde n'a pas de normes,
car le normal peut se faire anormal
et le bien peut se transformer en monstruosité.


Qui se diminue grandira;
Qui se grandit diminuera.


Qui veut abaisser quelqu'un
doit d'abord le grandir.
Qui veut affaiblir quelqu'un
doit d'abord le renforcer.
Qui veut éliminer quelqu'un
doit d'abord l'exalter.
Qui veut supplanter quelqu'un
doit d'abord lui faire des concessions.


Telle est la vision subtile du monde.


De même si le sage désire être au-dessus du peuple,
il lui faut s'abaisser d'abord en paroles;
s'il désire prendre la tête du peuple,
il lui faut se mettre au dernier rang.


Un véritable chef militaire n'est pas belliqueux.
Un véritable guerrier n'est pas coléreux.
Un véritable vainqueur ne s'engage pas dans la guerre.
Un véritable conducteur d'hommes se met en dessous d'eux.


On regarde le Tao,
cela ne suffit pas pour le voir.


On l'écoute,
cela ne suffit pas pour l'entendre.


On le goûte,
cela ne suffit pas pour en trouver la saveur.


Connaître l'harmonie, c'est saisir le Constant.


Saisir le Constant, c'est être illuminé.


*

préface du Tao Te King 

 

 

Lao Tseu

    "Il existe un tunnel obscur dans la Lumière Infinie. On l'appelle « Temps ».
    Lorsqu'un humain entre dans ce tunnel,
    On appelle cela « naître ».

    Lorsqu'un humain marche au long de ce tunnel, On appelle cela « vivre ».
    Lorsqu'un humain sort de ce tunnel,
    On appelle cela « mourir ».

    Considérer que vivre se réduit à évoluer au long de ce tunnel obscur,
    Cela s'appelle « illusion ».
    Percer des trous dans ce tunnel obscur,
    Cela s'appelle « science ».

    Savoir que la Lumière est autour du tunnel,Cela s'appelle « Foi ».
    Voir la Lumière dans le tunnel obscur,
    Cela s'appelle « Amour ».

    Voir la Lumière à travers le Tunnel obscur,
    Cela s'appelle « Sagesse ».
    Éclairer le tunnel obscur de sa propre Lumière, Cela s'appelle « Sainteté ».

    Confondre la Lumière et le Tunnel obscur,
    Cela est au-delà des mots."

 

extrait du Tao Te King

 

 

Myriam OH

 
être entier, c’est laisser des morceaux de soi
dans chaque regard
dans chaque rayon de soleil
qui nous éclaire
à sa manière
c’est tomber de tout son poids
sous le charme
d’un paysage d’un visage
d’un instant
et ne jamais en revenir réellement
et s’ouvrir
à une dimension
supplémentaire
les photographies ne volent pas l’âme
– elles la révèlent –
ce sont les clichés qui sont mortels
les images qu’on fige mentalement
de ceux qu’on connaît
mais avec qui on ne naît plus
on s’endort
on vieillit
voilà
et quand on veille
c’est à ce que personne ne se réveille
et à chaque cri
on dit :
« ce n’est pas toi, je ne te reconnais plus »
tout en acceptant les mises à jour
de son ordinateur
en jetant à la poubelle le pack de yaourts
périmés
être entier, c’est se jeter dans le vide
et franchir le mur du non
c’est accepter de rentrer chez soi
nu
sans clé
les morceaux de soi
en vrac
ils ne s’imbriquent plus parfaitement
il manque des pièces
pourtant le puzzle n’a jamais été
si juste
être entier, c’est laisser des morceaux de soi
danser avec la réalité
« ce n’est pas toi,
ce n’est pas moi non plus :
c’est la lumière
qui joue avec les ombres »
 
 
 
 

04/06/2021

Irène Andrieu

On lui a donné de multiples noms Conscience, Conscience d’Être, Témoin, Observateur, Vigilance, Dieu, ou Cela chez les Bouddhistes. (…) « Cela » est absolument neutre. « Cela » n’interprète rien, n’exprime rien et semble n’avoir aucune origine. Rien au-delà… mais tout peut être perçu à partir de cette position, dans la sérénité, le Calme parfait, signalé par la Roue de la  Vie comme Sagesse du Lion.

Cet état parfaitement tangible, plus vivant que chaque instant de notre vie quotidienne, est indéfinissable. La première rencontre avec la Conscience bouleverse tous les concepts que nous projetions sur elle. (…) Elle se manifeste d’abord par une impression de stabilité interne, à partir de laquelle le monde commence à être perçu avec plus de sérénité. Puis survient une zone de silence. Il devient très difficile de parler et l’on peut comprendre alors à quel point notre expression quotidienne est reliée aux réactions émotionnelles. Sans intérêt pour quelque chose, il n’y a rien à en dire. La neutralité est silence. Le monde intérieur et extérieur apparaît dans sa mouvance et sa fugacité. Oui, tout est bien impermanent et cela n’a plus d’importance, car le sentiment de Vie qui nous habite se révèle non dépendant de tout fonctionnement mental habituel. Il n’existe plus que complétude, acceptation naturelle et beauté. En avançant encore, dans l’acceptation de tout ce qui se présente, il arrive qu’on débouche à l’improviste dans la lentille de lumière. L’ego se volatilise d’un coup sans avertissement. Il n’existe plus que le monde, le mouvement, les couleurs, la lumière, les sons… et tout cela ne laissera aucune trace dans la mémoire une fois l’expérience achevée. Et puis plus rien. Nous avons cessé de nous approprier le monde, comme le fait sans cesse la Conscience de veille. Nous sommes sortis de la séparation qu’opère le mental d’avec la réalité. Lorsque le phénomène s’inverse, parce qu’il existe une nécessité d’opérer à nouveau la jonction mentale avec le monde extérieur, on peut percevoir l’esprit fonctionnant avec un extrême ralenti. Le mental associatif essaye péniblement de reprendre la barre. Il faut faire un effort pour nommer les choses perçues, comme un enfant en train d’apprendre à parler. On cherche ses mots. Et puis, très vite, le mouvement s’accélère. Quelques instants après, l’enchaînement mental est rétabli et l’on oublie que la moindre pensée exige la mise en œuvre de toute cette alchimie qui s’opère à l’intérieur de nous à la vitesse de l’éclair.

  

In Lecture karmique du zodiaque

 

 

 

26/05/2021

Movimiento de Mujeres Indigenas por el buen vivir - Stop au Terricide !

 

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Parties le 20 mars dernier, elles sont arrivées samedi à Buenos Aires.

 

Voir : http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2021/05/26/mo...

 

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et la page FB du Mouvement : https://www.facebook.com/movimientodemujeresindigenasporelbuenvivir

 

 

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