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RÉSONNANCE & COPINAGES

  • Patrick Trochou

     

    Ces épais traits oraux ressassés par des élus ayant pattes graissées sur perchoir; qui sollicitent la glu pour qu'ils s'y sauvegardent, et espèrent que nous y coulerons notre croire. La fragilité méfiante, discrète de notre croire. Et ils s'y entendent dans les édifices pour ne pas nous écouter. (...) Nous avons lâché les rênes, la charrette, seule, s'est fracassée sans guide contre la palissade d'un idéal meurtri.

     

    in Tessons de vers après la casse, 2023

     

     

    Bon voyage vers des dimensions meilleures mon ami, ta bonté, ta générosité qui n'ont d'égal que ta discrétion, ton humilité vont me manquer et ils manquent déjà à l'humanité. Je vais relayer tes mots encore et encore et tu seras dans Nouveaux Délits comme prévu, toi qui as soutenu sans faille ma petite revue depuis presque 20 ans !

    Aujourd'hui, je suis bouleversée.

     

     

     

     

     

     

     

  • Jean Giono

    Le ciel tremblait comme un ciel de métal. On ne savait pas de quoi puisque tout était immobile, même le plus petit pompon d’osier. Ça n’était pas le vent. C’était tout simplement le ciel qui descendait jusqu’à toucher la terre, racler les plaines, frapper les montagnes et faire sonner les corridors des forêts. Après, il remontait au fond des hauteurs. 

     

    in Que ma joie demeure, 1935

     

     

  • Thomas Sankara

    Les grandes tragédies de l'histoire révèlent les grands hommes,

    mais ce sont les minables qui provoquent toujours ces tragédies.

     

    in Anthologie des discours de Thomas Sankara (2013) 

     

     

  • André Laude

    Fermez les yeux. Songez une dernière fois
    à mon profil de poète grec,
    dans la plus pouilleuse île.
    Je serai, à partir de ce jour, ciel, ciel et ciel.
    Ciel au-delà de vos folies meurtrières.
    Je serai ciel. Je serai éternel.

    (...)

    J’écris à partir d’un noyau de nuit.
    J’écris à partir d’une tranchée noyée de boue.
    J’écris corde au cou.
    La trappe déjà tremble sous mes pieds.
    Je longe le marbre froid qui donne le frisson
    et chante une très étrange et vieille chanson,
    qui dit qu’aujourd’hui et pour toujours
    le ver est dans le fruit.

     

     

  • Michel Cosem

     

    Les baraques bleues et vertes craquent dans le vent. L'herbe perlée de sel rêve de s'envoler. Il reste quelques collier de fées au ras des talus. (...)

    (Marais de l'Ors, Île d'Oléron)

     

    in Les herbes de safran, 2011 

     

     

  • Patrick Trochou

    Et c'est comme un rasoir jouant avec la gorge, et c'est comme un canon glaçant la pommette. L'oppression cachée tisse une soumission qu'entretient fortement le faîte des réseaux.

     

    in Tessons de vers après la casse

     

     

  • Éric Aubel

     

    Le monde et c'est de sang qu'il est fait

    Un sang si beau si fluide
    si abondant

    Coulant de si bons cœurs
    sur les mains

    Et depuis si longtemps
    que le temps l'a bruni

    Une jolie couleur brune
    avec laquelle on teinte des chemises

    si anciennes
    mais aussi si modernes

     

    in Gaïa, 2023

     

     

  • Ile Eniger

    Mes mots
    De pulpe acide 
    D'osier vert 
    De pierre captive 
    De robe déchirée 
    D'insolents coquelicots sur la table
    De chair et d'air
    ces mots, 
    A toi seul, appartiennent.


    in La parole gelée

     

     

  • Thierry Metz

    C'est dans ce jeu des hommes vieux que la mémoire se sclérose. Au lieu d'être le terrain nourrissant d'un avenir qui se construit, elle entretient des greffes monstrueuses aussi destructrices que possible d'un avenir de l'homme. Là où se joue ce qui veut être l'enjeu, se produit l'inverse. Ce monde est dangereux puisqu'il n'est pas le Monde ; et la soi-disant lucidité de ceux qui le conduisent n'est qu'aveuglement et entêtement. Elle l'habite comme la mort.
    Son issue n'est pas au seuil de la maison fécondée mais dans la tombe. Elle est le sans-issue. L'Homme qui ne s'interroge plus sur l'Enjeu, se retrouve derrière une porte qu'il tient à bout de bras, qui avance avec lui et ne s'ouvre pas.

     

    in Avec Kostas Axelos et les Problèmes de l'Enjeu (entretien avec Jean-Cussat-Blanc)