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RÉSONNANCE & COPINAGES

  • Kate Crawford - Contre-Atlas de l’intelligence artificielle

     

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    Zulma, 2022

    Essai traduit de l’anglais (Australie) 

     

    L’IA est une industrie vorace en ressources naturelles, logistiques et humaines. Elle n’a en fait pas grand-chose d’« artificiel ». Et dès lors qu’elle perpétue toutes sortes de biais idéologiques et discriminatoires, on peut se demander si elle est vraiment « intelligente ».
    Développée et conçue sans contrôle ni évaluation, sans critères de justice ni d’éthique, l’IA renforce la toute-puissance des géants de la tech et des institutions qui l’adoptent. Elle est le reflet du pouvoir.
    À travers six enquêtes approfondies, Kate Crawford déploie une cartographie exhaustive de l’IA : ses coûts et ses impacts environnementaux, sociaux et politiques.

     

    Lire un article à propos de ce livre sur Politis : 

    https://www.politis.fr/articles/2026/04/intersections-ia-generative-cest-toujours-non-merci/

     

     

    Kate Crawford, chercheuse de renommée internationale, est spécialiste des implications politiques et sociales de l’intelligence artificielle. Professeure honoraire de l’Université de Sydney et chercheuse principale chez Microsoft Research à New York, elle enseigne à l’USC Annenberg de Californie. En 2019, elle inaugure la chaire IA et Justice sociale à l’École normale supérieure de Paris, où elle codirige un groupe de travail international sur les fondements de l’apprentissage automatique.

    En vingt ans de carrière, elle s’est également impliquée dans des projets de création ultra-novateurs et souvent primés. Anatomy of an AI System, avec Vladan Joler, a remporté le prix Beazley Design of the Year et rejoint la collection permanente du MoMA de New York et du V&A de Londres. Training Humans, conçue avec l’artiste Trevor Paglen, a été la toute première grande exposition d’images qui alimentent l’IA, et leur projet d’investigation Excavating AI a été couronné du prix Ayrton de la British Society for the History of Science.

     

     

     

  • Kate Brown - tchernobyl par la preuve & Plutopia

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    « Nous travaillons gratuitement comme liquidateur·ices nucléaires »

     

    Deux ouvrages importants de l’historienne états-unienne Kate Brown, professeure d’histoire au Massachusetts Institute of Technology, ont été traduits en français ces dernières années. Tchernobyl par la preuve. Vivre avec le désastre et après et Plutopia. Une histoire des premières ville atomiques, sont parus respectivement en 2021 et 2024 chez Actes Sud. À la fois très documentés et rigoureux, si bien écrits qu’ils se lisent comme des romans, ces deux ouvrages nous plongent dans des catastrophes nucléaires massives. Plutopia nous fait découvrir des catastrophes discrètes et presque routinières, quand Tchernobyl par la preuve braque un nouvel éclairage sur une catastrophe bien connue qui n’en finit pas d’advenir. 

     

    Lire un entretien édifiant avec l'auteur ici : 

    https://www.terrestres.org/2026/04/24/nous-travaillons-gratuitement-comme-liquidateurices-nucleaires/

     

     

  • Soif d'Adrénaline, le projet pirate par La Reine des aveugles

     

    Un très beau duo, belle énergie, au Théâtre d'Aymare, hier soir.

    "Émilie Perrin, alias La Reine des aveugles, convoque la figure de la femme pirate pour nous embarquer sur son voilier nommé désir. Sur fond d'humour noir, de provoc' et de nostalgie,
    ça parle de nos fuites, de nos tocs, de nos dates de péremption, de paradis perdus et de gilets de sauvetage. Aux commandes du bateau, Charlotte Castellat, alias madame le Cha, nous entraîne dans un voyage sonore empreint de sensualité, de mélancolie, ou de rage, au hasard des vagues,des récifs et autres accidents de parcours..."

     

     

     

     

  • Jan Bardeau

    Tant de cieux qui nous épargnent de ce qui rôde au-delà, météores furieux, rayons mortels, nuées de gaz, nous ne survivons que dans cette boîte, entre la Terre, sa gravité, son champ magnétique, et l'atmosphère.
    (...)
    Je lève les yeux, je pressens cette coquille de noix qui file courageusement dans le danger, je tremble pour l'étanchéité de ses parois.

     

    in Journal, Urtica 2019

     

     

  • Kenneth White

    quand les routes furent construites

    et les codes de l'ordre

    enfoncés dans les crânes

    ce qui fut écarté

    devenant de plus en plus faible

    de plus en plus fou



    présent encore dans le cri des mouettes

    dans le fracas des vagues

    dans ces ombres, ces lumières

    mais qui entend ? qui voit ?

    qui sait dire ?

     

     

    in atlantica

     

     



  • Marguerite Yourcenar

    Tout se passait comme si, sur une route ne menant nulle part en particulier, on rencontrait successivement des groupes de voyageurs eux aussi ignorants de leur but et croisés seulement l'espace d'un clin d’œil. D'autres, au contraire, vous accompagnaient un petit bout de chemin, pour disparaître sans raison au prochain tournant, volatilisés comme des ombres. On ne comprenait pas pourquoi ces gens s'imposaient à vôtre esprit, occupaient votre imagination, parfois même vous dévoraient le cœur, avant de s'avouer pour ce qu'ils étaient : des fantômes. De leur côté, ils en pensaient peut-être autant de vous, à supposer qu'ils fussent de nature à penser quelque chose. Tout cela était de l'ordre de la fantasmagorie et du songe.

     

    in Un homme obscur

     

     

  • Marcel Moreau (1933-2020)

    La toute-puissance des mots est toujours là, mais c'est une toute-puissance ayant fait la preuve que les mots lorsqu'ils perdent toute authenticité, donc leurs racines viscérales, peuvent devenir les instruments indifférents, ou radicaux, d'une déshumanisation bien réelle. Sous la dictature, nous savons ce qu'il en est du langage : resserré sur son mensonge, calibré pour emprisonner soit l'âme, soit le corps ou les deux. En démocratie, le langage est vidé de ses sens importants. Il est désincarné, réduit à une parlote donc l'efficacité n'a d'égale que la médiocrité de ceux qui en commercialisent ou en politisent l'usage. La démocratie nous donne l'impression que la parole s'y libère. En fait, la parole ne libère que des pensées dont l'aventure est déjà terminée, qu'elles s'appellent préjugés ou à priori, issues du grand bazar des concepts immuables, à vocation dogmatique.

     

    in La libération de la parole

    Lettres vives éd., Coll. Entre 4 yeux, novembre 2000

     

     

  • Fernando Pessoa

    Roule, grande boule, fourmilière de consciences, terre,
    roule, teintée d'aurore, chapée de crépuscule, d'aplomb
    sous les soleils, nocturne,
    roule dans l'espace abstrait, dans la nuit à peine éclairée,
    roule...

     

    in Poésie d'Alvaro de Campos