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17/05/2018

Key M.

Journée contre l'homophobie 2018.jpg

 

 

 

28/04/2018

Miriam Tlali - 1933- 2017

 

Peter Magubane Myriam Tlali première femme publiée en Afrique du sud en 1975.jpg

 

Miriam Masoli Tlali femme de lettres sud-africaine, romancière, journaliste anti-apartheid, féministe, fut la première femme noire à publier un roman dans son pays : Muriel at Metropolitan, en 1979, réédité en 2004 sous le titre qu'elle aurait préféré dès le départ : Between two worlds

 

 

Lire aussi (en anglais) :

https://theconversation.com/rest-in-power-miriam-tlali-au...

 

 

 

 

02/04/2018

David Spero - Emma and John's, Tir Ysbrydol (Spirit Land),Brithdir Mawr, Pembrokeshire, October 2004.

David Spero Emma and John's, Tir Ysbrydol (Spirit Land),Brithdir Mawr,  Pembrokeshire, October 2004..jpg

 

David Spero Emma and John's, Tir Ysbrydol (Spirit Land),Brithdir Mawr,  Pembrokeshire, October 2004 2..jpg

 

 

01/04/2018

Simplicité joyeuse et ingénieuse

 

 

 

 

 

25/03/2018

Roxana Méndez (Salvador) - L'instant, la vie

 

Roxana Méndez.jpg

J'ai eu une belle vie :
dix ans de guerre
et trois tremblements de terre
qui ont jeté la ville à terre,
accomplissant la prophétie
de la grand-mère,
qui, plusieurs mois
auparavant,
nous avait annoncé
la destruction terrible
avec cette même voix
qui nous contait
les histoires douces
où tout était couleur
de noisettes sèches.

Mais j'ai eu une belle vie,
paisible, assise
à la table dans la cour,
ou bien cachée
entre les sacs de maïs,
dans l’attente que
les détonations
cessent, que les cris
s’interrompent,
dans cette obscurité
où le moustique
était un murmure
qui me faisait dormir.
Le moustique dont la piqûre
ne causait pas la mort.

Mais j'ai eu une belle vie,
un amour de mille ans
vrai et brillant
comme l'or qui a acquis
la forme d'une broche,
un hibou aux grands
yeux blancs,
allumé toujours
sous ma blouse, et pour lui
une goutte de sang
est ce qui reste
du passé, une goutte
suspendue
comme une planète froide.

Mais j'ai eu une belle vie,
une vie où la guerre
et l'amour
ont duré
le même nombre d'années.
Une vie où la mort
m'a assez peu rendu visite,
et où j'ai vu le monde
et écouté le son des grandes
eaux et des vallées
énormes, où les sabots
du cheval créole
et ceux du cerf me montrent
leur différence étrange.
J'ai vu et j'ai oublié
ce que j'ai vu
et à nouveau m'a étonné
ce que j'avais déjà
trouvé curieux auparavant.
Je ne me plains pas.
Les eaux continuent
à m'embrasser les pieds,
accrochées avec toute leur tiédeur
à la brièveté que je possède.

 

traduction : Laurent Bouisset

version originale, voir :

https://fuegodelfuego.blogspot.fr/2016/11/el-instante-la-...

 

 

 

 

11/03/2018

Pénélope Corps

Elle a un peu bu ok
Et quand elle boit
Elle dessine des cœurs machinalement sur les sous-bocks
Elle lit des pages à l'envers sans s'en apercevoir
Elle comprend rien
Elle mange sa part de tarte sans broncher
Une façon comme une autre de maintenir son corps au-dessus des vagues
Et quand elle boit
Elle se fait défoncer la gentillesse
Même quand elle ne boit pas d'ailleurs
Elle a l'habitude
Elle a ses schémas
Elle s'en est toujours pris plein la gueule
Et le pire avec les connards
C' est qu'ils traînent toujours quelque chose d'aimable et de chaleureux
Elle le sait pourtant
Elle est hypersensible
C'est presque une insulte à son âge
Alors quand elle boit
Elle se balance des grandes phrases dans la tête
Ça lui agrandit l'horizon
La vérité c'est qu il faut faire avec le boulet ficelé au pied
C'est con
C'est générationnel
Et du coup
Elle a toujours besoin de se brûler les genoux pour sentir qu'elle existe
Chez elle c'est souvent le corps qui parle en premier
Aujourd'hui elle boit
Mais là il fait beau et c'est pas pareil
La ville la transperce
Les passants ont de l'aura
Leurs chiens aussi
Ça faisait longtemps
Elle se dit que
Demain c'est le printemps
Que les lacs pèteront comme des diamants

Vivre comme tout le monde en étant comme personne
En voilà une perspective

 

 

 

23/02/2018

Exposition AL à L'Alliance française de Sapporo, île d'Hokaido, Japon


Du 28 février au 24 mars 2018.
"Paysages intimes. Du lien Bretagne-Japon"

Et le plaisir d'y participer avec mes mots, ma poésie, dans la foulée de nos précédents Tissages de mots et d'images

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13/02/2018

Dennis Banks, activiste, enseignant et auteur anishinaabe (1937-2017)

Dennis Banks AIM founder.jpg

 

 

Dennis Banks, one of the AIM leaders of the Oglala Sioux Indians, .jpg

 

 

Dennis Banks, the militant Chippewa who founded the American Indian Movement in 1968 jpg.jpg

avec Russell Means (décédé en 2012), Oglala Sioux, tous deux co-fondateurs d'AIM - Occupation d'Alcatraz - 1969

 

 

 

Dennis Banks (1937 – 2017), fondateur de l’American Indian Movement



article du 7 novembre 2017 - Source :

http://www.autrefutur.net/Disparition-de-Dennis-Banks-fon...


(...)

Comme en ce moment, encore plus que de coutume, je me tiens peu au courant de
"l’actualité", c’est seulement à l’instant que je viens d’apprendre, par l’intermédiaire d’un ami, le décès survenu il y a quelques jours de Dennis Banks, l’un des fondateurs de l’American Indian Movement et, sur un plan purement personnel, l’une des très belles rencontres de ma vie. Il n’est pas dans la tradition indienne nord-américaine de célébrer les morts et de se retourner sur eux. La mort en même temps qu’une fin est considérée comme un don ; c’est une vie qui, en même temps, s’éteint et se multiplie, qui, en l’occurrence, d’une naissance à un décès, s’efface comme évènements mais se multiplie comme parole.

Dennis appartint à cette génération exceptionnelle (Leonard Crow Dog, Russell Means, John Trudell, Clyde et Vernon Bellecourt, etc. et derrière, invisibles au monde médiatique euroaméricain, mais essentiellement présentes et devant, au premier rang de l’essentiel, d’un point de vue indien : tant de femmes) qui fonda à la fin des années 1960 et fit entendre au début des années 1970 l’American Indian Movement. Génération exceptionnelle, non certes par simples mérites personnels, mais par conjoncture historique : ils avaient grandi dans une résistance indienne, qui, contrairement à ce qu’on imagine souvent, n’avait à aucun moment baissé pavillon mais qui, par la force des choses et parce qu’elle n’avait ni les moyens ni le savoir de se faire entendre au-dehors, était tout intérieure : ils ont rongé le monde tout autour de nous ; ils ne le rongeront pas du moins au-dedans de nous. Mais ils avaient aussi, de diverses façons, appris à grandir au sein du monde euroaméricain, dans ses écoles, dans ses villes, dans ses armées, dans ses prisons. Ils en parlaient la langue et ils savaient comment y agir. Ce qu’ils firent avec éclat. Ils purent et surent exprimer combativement dans l’insupportable présent modelé par le monde qui avait supplanté les leurs ce qui de ces derniers s’était maintenu dans un exil du temps. Ils contribuèrent à remettre dans le courant de l’histoire une indianité qu’on avait tellement voulu rendre muette qu’elle avait pris l’habitude de se taire, au point qu’on avait pu la croire effectivement muette, alors qu’elle n’était que silencieuse, préférant plutôt que de parler en vain à des sourds ne parler qu’à elle-même, aux vents et au fantôme bien vivant de l’Aigle-Tonnerre. Et non pas pour se laisser emporter par ce courant de l’histoire et se mêler à tous les naufrages et vociférations qu’il charrie, mais pour le détourner, pour le chevaucher, pour le conduire, in the Indian way, non comme animal chose qu’on croit diriger où l’on veut, mais comme animal allié avec lequel s’invente un trajet.

Dennis fut de ceux-là : aux côtés de Russel Means,retournant violemment, comme la lame d’un couteau qu’on déplie, toutes les blessures de l’histoire pour s’en faire non pas une plainte, certes, mais une arme,Dennis était plutôt, dans le même engagement, une sorte d’élégance lucide : vous ne m’avez pas touché, je me tiens là où vous ne m’avez pas touché, c’est mon arme (et les deux armes, celle de Russell et celle de Dennis sont bien sûr complémentaires).

Et tel était encore Dennis la dernière fois que je le vis, non pas en chair et en os mais sur une vidéo tournée il y a deux ans par un ami avec Edith Patrouilleau servant d’interprète. Octogénaire, militant autant qu’il y a 40 ans, n’ayant pas d’un dixième de degré baissé la garde, pour autant pas donneur de leçons comme trop d’Indiens occidentalisés d’aujourd’hui, mais toujours insoumis, tellement insoumis qu’il n’avait aucunement besoin de le démontrer, plutôt l’humour, plutôt le bonheur de vivre. On ne cède rien, cela va tellement de soi. Mais on ne cède pas non plus le bonheur de vivre (fier) à la nécessité d’avoir à combattre pour lui.

Pas de photo, donc, et pas de regrets. "Today is a good day to live and we’ll try tomorrow should be another good day also."

Roger Renaud


 

 

 

 

Alcatraz occupation par All Indians Tribe - 1969-1971

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Adam Fortunate Eagle, Chippewa, un des principaux leaders de l'occupation

 

 

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Indians of all tribe et AIM alcatraz occupation décembre 1969.jpg

2 décembre 1969

 

 

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Bispiritualité

 

La bispiritualité (two-spirit en anglais) est un terme dérivé d’un concept anishinaabeg (ojibwé) appelé niizh manidoowag, qui réfère aux personnes s’identifiant comme ayant un esprit masculin et un esprit féminin.

 

La bispiritualité (two-spirit en anglais) est un terme dérivé d’un concept anishinaabeg (ojibwé) appelé niizh manidoowag, qui réfère aux personnes s’identifiant comme ayant un esprit masculin et un esprit féminin. L’activiste Albert McLeod développe le terme anglais en 1990 pour désigner la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre et allosexuelle (LGBTQ) autochtone (voir Droits des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres au Canada). Le terme « bispirituel »est utilisé par certaines personnes autochtones pour décrire leur identité sexuelle, spirituelle et de genre.

 

Utilisation du terme à l’ère précoloniale

Si les termes varient parfois au point de vue historique et selon les différentes cultures autochtones, ils désignent toujours des caractéristiques que l’on attribue aux personnes bispirituelles, soit la variance de genre, l’attraction envers le même sexe, l’identité spirituelle et l’adoption de rôles spécialisés en ce qui a trait au travail.

 
La bispiritualité est utilisée de façon courante pour faire référence à l’identité de genre et au rôle et à la tenue traditionnels choisis. Chez les Cris, les termes napêw iskwêwisêhot et iskwêw ka napêwayat désignent de façon respective les hommes qui portent les habits féminins et les femmes faisant de même avec les habits masculins. En langue siksika (pied-noir), le termeaakíí’skassi est attribué aux hommes qui performent des activités associées aux femmes comme la vannerie et la poterie. De façon similaire, les Ktunaxas (Kootenays) appellent titqattek les femmes qui occupent des rôles perçus comme masculins, tels que ceux de guérisseur, de chasseur et de guerrier. Une des personnes bispirituelles les plus connues est We’wha (1846-1896), du Nouveau-Mexique, qui s’identifie comme étant de genre féminin. On la décrit comme Ihaman, ou « de genre mixte », en langue zunie. Dans une foule de cultures autochtones, ce sont le tempérament, le rôle au niveau du travail, la tenue et le mode de vie qui distinguent les personnes bispirituelles des hommes et des femmes.

Dans certains cas, le terme réfère de façon précise à la sexualité, comme dans la phrase micmaque Geenumu Gessalagee, qui signifie « il aime les hommes ». Malgré tout, les personnes bispirituelles ne se voient pas comme homosexuelles pour autant et l’on considère comme hétéronormatives les relations entre personnes bispirituelles et non-bispirituelles. Bien que les colons européens cantonnent le terme à l’homosexualité et qu’aujourd’hui le terme puisse servir à décrire cette orientation sexuelle, l’histoire nous apprend que les personnes bispirituelles refusent souvent de s’identifier selon les étiquettes hétéro ou homosexuelle.

Enfin, la bispiritualité sert aussi à désigner l’identité spirituelle. Dans plusieurs communautés autochtones, on croit souvent que les personnes bispirituelles communiquent, par l’intermédiaire de rêves et de visions, avec des forces surnaturelles. En tant que telles, elles occupent souvent des rôles spirituels spéciaux, comme ceux de chamans, de guérisseurs ou chef spirituel (voir Autochtones : religion). De tout temps, les personnes bispirituelles sont aussi gardiennes des traditions et conteuses des histoires de la création et, de ce fait, de grandes sources de connaissances.

Autrefois, la bispiritualité représentait une identité et un rôle complexes. Aujourd’hui, le concept permet aux personnes bispirituelles de renouer avec les traditions liées à l’identité spirituelle et de genre, à la préférence sexuelle et aux rôles conventionnels.

 

Traditions bispirituelles après la colonisation
Du XVIIe au XIXe siècle, les missionnaires et explorateurs européens documentent souvent leurs interactions avec les personnes bispirituelles, prouvant l’endurance des traditions autochtones après le contact avec les Européens. L’explorateur britannique Alexander Henry, de la Compagnie de la Baie d’Hudson, décrit dans son journal une personne bispirituelle appelée Ozaw-wen-dib comme étant « un curieux mélange entre homme et femme ». Dans ses notes de voyage, David Thompson, de la Compagnie du Nord-Ouest, parle de sa rencontre avec Kaúxuma Núpika, une femme qui, aux dires de David Thompson, « dit avoir changé de sexe et être désormais un homme, s’habille et s’arme comme tel, en plus d’avoir pris une jeune femme pour épouse. »

Dans leurs écrits, les missionnaires et explorateurs utilisent souvent le terme berdache pour parler de bispiritualité, un terme qui désigne dans l’histoire le plus jeune partenaire dans une relation homosexuelle avec un écart d’âge important. Dès le début du XXe siècle, berdache devient le terme anthropologique accepté pour désigner les personnes bispirituelles. Avec le temps, toutefois, il devient synonyme d’homosexualité masculine et aujourd’hui, en général, est considéré comme désuet et offensant.

Au tournant du XIXe siècle, on rend de moins en moins compte de la bispiritualité. En effet, la colonisation, les missions chrétiennes et les outils d’assimilation culturelle comme le système des pensionnats en viennent à museler les traditions bispirituelles de certaines communautés autochtones.

 

Utilisation contemporaine du terme
Au début des années 1990, dans un effort pour se réapproprier leurs traditions, les Autochtones cherchent un mot ou une phrase provenant de leur communauté pour remplacer le terme berdache. Bien qu’il existe une foule de termes en diverses langues autochtones pour décrire le troisième et le quatrième genre (les hommes femmes et les femmes hommes) et l’homosexualité, ils cherchent un terme contemporain qui pourrait être utilisé par le grand public.

Lors de la troisième édition annuelle de la Intertribal Native American, First Nations, Gay and Lesbian American Conference, tenue en 1990 à Winnipeg, au Manitoba, l’activiste Albert McLeod propose le terme anglais two-spirit. Le terme est bien reçu par les participants à la conférence et gagne vite en popularité parmi les Autochtones pour désigner leur communauté LGBTQ. Certains organismes bispirituels parlent même des communautés LGBTQ2S ou LGBTTIQQ2S (lesbienne, gaie, bisexuelle, transsexuelle, transgenre, intersexuée, allosexuelle, en questionnement et bispirituelle) pour intégrer la bispiritualité dans le large spectre des identités sexuelles et de genre.

 

Sensibilisation aux LGBTQQ2S
Depuis les années 1990, la sensibilisation au sujet des personnes bispirituelles augmente, tant au sein des communautés autochtones qu’auprès du grand public. Des organismes comme National Confederacy of Two-Spirit Organizations (NC2SO) et la Northeast Two-Spirit Society (maintenant connue sous le nom East Coast Two Spirit Society ou EC2SS) cherchent à éduquer le public par rapport aux traditions bispirituelles, en plus d’offrir du soutien aux personnes autochtones LGBTQ. En janvier 2013, NC2SO et EC2SS créent un annuaire de tous les groupes bispirituels au Canada et aux États-Unis.

Malgré les efforts de sensibilisation, la communauté bispirituelle continue d’être victime de discrimination sexuelle et de genre et de violence dans les villes et les communautés n’acceptant pas ce mode de vie. En 2001, Fred Martinez, un Navajo transgenre de 16 ans, est battu à mort près de Cortez, au Colorado. Le film Two Spirits (2011) documente cette tragédie, tout en explorant l’histoire des identités LGBTQ dans la culture autochtone. Le cas du jeune Fred Martinez ne fait hélas pas figure d’exception. En effet, Dolan Bagder, activiste dans la lutte contre le VIH-sida et bispirituel affirmé est lui aussi victime de meurtre, le 12 janvier 2013 à Edmonton, en Alberta. Ces deux exemples, parmi tant d’autres histoires tragiques, alimentent les débats sur les droits de la communauté LGBTQ tant au Canada qu’aux États-Unis (voir Droits des lesbiennes, des gais, des bisexuelles et des transgenres au Canada).

En 2013, à la veille de la Journée nationale des Autochtones et de la World Pride à Toronto, Egale Canada Human Rights Trust, seule organisation caritative au Canada à promouvoir les droits des LGBTQ par l’intermédiaire de la recherche, de l’éducation et de l’implication communautaire, annonce le lancement du programme Two Spirits, One Voice. Conçu par des personnes bispirituelles canadiennes, ce programme vise à « renforcer le soutien du public aux communautés autochtones et à sensibiliser les jeunes, les autorités policières et les prestataires de services communautaires aux rôles historiques et contemporains des personnes bispirituelles au Canada. » Le programme donne enfin une tribune à ces dernières, en plus de les aider à renouer avec leurs traditions et à faire des communautés autochtones et des espaces urbains des endroits plus sécuritaires pour elles.

 

Revendiquer l’identité bispirituelle
Un des aspects majeurs du mouvement bispirituel consiste à lutter pour un retour aux traditions de l’ère précoloniale. Des groupes de soutien aux Autochtones aident les personnes bispirituelles en leur offrant des conseils de la part d’Aînés et en matière de santé et l’occasion de participer à des cercles de partage, groupes de discussions où les participants peuvent exprimer leurs émotions et raconter leurs expériences sans peur d’être jugés. Dans plusieurs communautés, l’art est aussi devenu un élément important du processus de partage et de revendication. En effet, les personnes bispirituelles trouvent dans l’art un moyen de communiquer leur identité, leurs traditions et leurs histoires avec les personnes non bispirituelles.

Le renommé artiste cri Kent Monkman donne d’ailleurs une voix sans précédent aux personnes bispirituelles dans son art, en traitant de l’homosexualité et des façons dont les Autochtones sont dépeints par les artistes du XIXe et du XXe siècle. À travers ses représentations de l’homosexualité, Kent Monkman partage aussi des histoires, des traditions et des points de vue autochtones qui ont disparu sous l’influence du colonialisme et de la religion chrétienne. Afin d’exagérer les tendances « égocentriques » des peintres du XIXe siècle, Kent Monkman se crée en 2010 un alter ego travesti, Miss Chief Eagle Testickle, qui deviendra un personnage récurrent dans ses peintures, ses vidéos et ses performances. L’art de cet artiste, par les thèmes qu’il aborde, est une réelle source d’inspiration pour ceux et celles qui cherchent à promouvoir et à renouer avec les traditions bispirituelles.

Pour certaines personnes bispirituelles, le travestisme est une bonne façon d’explorer et d’exprimer la dualité de leur identité. À titre d’exemple, l’entrepreneur Massey Whiteknife, un membre de la Première Nation crie Mikisew propriétaire d’une entreprise dans les sables bitumineux de la région subarctique albertaine, s’identifie aussi comme la chanteuse de karaoké ICEIS Rain. D’après lui, c’est cette dernière qui lui permet de surmonter son passé marqué par l’intimidation et l’abus sexuel. ICEIS Rain gagne en notoriété en 2013, grâce à ses performances dans le documentaire canadien Oil Sands Karaoke. Depuis, l’artiste a lancé un premier album, The Queen, une compilation de ballades et de chansons country rock encourageant la communauté LGBTQ2S à s’affirmer et à s’accepter. En 2014, l’album est mis en nomination pour les prix du meilleur nouvel artiste et du meilleur album rock aux Aboriginal People’s Choice Music Awards (maintenant appelé Indigenous Music Awards). ICEIS Rain est aussi la première artiste bispirituelle à avoir offert une prestation sur la scène de cette remise de prix.

Dans les dernières années, les traditions et identités bispirituelles font aussi l’objet de certaines productions cinématographiques. C’est le cas du documentaire First Stories – Two Spirited, produit en 2007 par l’Office national du film du Canada, qui traite des difficultés de la vie bispirituelle. La réalisatrice Sharon A. Desjarlais raconte en effet l’histoire de Rodney « Geeyo » Poucette, une personne bispirituelle qui lutte pour faire accepter son identité au sein de sa communauté. Fire Song (2015), du réalisateur cri-métis Adam Garnet Jones, explore aussi les obstacles liés au fait d’être bispirituel. Dans le récit, Shane (Andrew Martin), un jeune Anishinaabe, doit choisir entre rester dans sa communauté ou affronter le monde au-delà de sa réserve.

À travers différents arts, les membres de la communauté bispirituelle parviennent à communiquer des points de vue et des traditions de l’ère précoloniale, tout en mettant en relief leur histoire personnelle et leur identité.

 

Importance du mouvement
Les organisations et les personnes bispirituelles, tout autant que la création du terme bispiritualité, marquent le retour à une culture autochtone traditionnelle qui reconnaît plus de deux genres. Comme le dit l’activiste et éducateur malécite (welustuk) Jeremy Dutcher à la veille de la World Pride à Toronto, « il existait une longue tradition d’acceptation des personnes bispirituelles ici sur l’île de la Tortue [l’Amérique du Nord] avant que n’arrivent les colons européens. » Ce dernier, qui est aussi coordonnateur du programme Two Spirits, One Voice, poursuit : « La fierté revient dans nos communautés. » Partout en Amérique du Nord, les organisations bispirituelles continuent leur travail acharné, sensibilisant les gens à propos des communautés LGBTQ2S.

Source : https://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/two-spir...

 

 

 

 

 

 

10/02/2018

ça va ! de Michel Digout (2018)

 

 

.................. ça va pas.......................

 

 

 

03/02/2018

Pénélope Corps - inspiré d'Au bord du monde

Un texte qui m'a cueilli ce matin, un texte de Pénélope Corps qui figure au sommaire du dernier numéro de la revue Nouveaux Délits, je le partage et point, rien à rajouter si ce n'est : lisez !
 

 

"M'sieurs dames, bonjour, je m'excuse de vous importuner comme on dit, je m'appelle Wenceslas, j'ai 41 ans et si je suis dans le métro c'est que j'ai perdu mon travail et que je dors dehors. Ça devient pas facile de manger c'est vrai, mais je viens pas vraiment pour faire la manche. Je sais pas lancer des appels au secours. Je viens côtoyer des gens juste. Croiser des visages. Si c'est pas légal, dites-moi. Je veux pas déranger. Et puis ça me fait plaisir de parler avec vous. Là je me sens pas très bien, comme dans une grande bassine d'eau qui m' attire vers le fond. Un poisson ferré. Mais je souris. Je veux pas arrêter de sourire. Ça veut dire quelque chose. Ça veut dire que le navire a pas encore complètement sombré. Je dis ça parce que j'étais dans la marine quand j'étais jeune. J'étais élégant. Une certaine classe. Là je me sens pas très bien. J'ai peur. Une grande bassine. Et puis faut pas trop que je reste dans la même position. A cause de mon épilepsie. Mes crises. Ca me prend des fois. Et j'ai mal.
Je sais pas vraiment pourquoi je suis là. Personne ne sait. Y a pas de réponse. Plutôt des non-réponses. Une absence. C'est ce que je ressens. C' est ça le pire, tu peux tout perdre en fait. Les trucs matériels et puis aussi les photos de tes enfants. Ce qui revient à perdre tes enfants. Et puis tes cheveux. Tes dents. Et y a pas de réponse.
Qu'est-ce que je faisais avant d'être là? J' étais chez moi avec ma famille. Je vivais là. Normal. Repas de Noël. Réveillon. Tout ça quoi. En général le 31 à minuit tout le monde crie dans les rues. Les gens sont contents. Mais moi maintenant à minuit c' est plié. Et à minuit deux ben je suis toujours dans la même merde. Voilà.
Je viens pas vous réclamer d' argent.C'est juste que j'ai passé une sale nuit. Des gamins m' ont foutu des coups de pied. Je crois qu'ils étaient ivres ou juste pas bien élevés. J'ai encore la faculté de voir arriver les gens. J'arrive encore à me méfier si c'est nécessaire. Exterminer le clochard qu'ils disaient. Il sert plus à rien le pauvre vieux. Parce qu'il faut servir à quelque chose tu comprends. A quelqu'un. Pas juste être. Servir. Mais je souris. Je veux pas arrêter de sourire. Ça veut dire que le bateau tient encore un peu le cap.
Des fois je vais près du canal. Juste pour voir les canards.Quand j étais petit je pêchais la nuit avec mon tonton. Ensuite on dormait à la belle. Mais là c' est une autre sorte de sommeil. Tout s éteint. Tout se rallume. Tu rêves pas. T'es juste un fantôme dans l' ombre. Y a des matins je suis prêt à 4h37. Je pars à la recherche de bouffe. D'objets. De bouquins. De trucs pour tenir. Mais y a rien de palpable qui soit source de bonheur. Le bonheur c' est regarder les animaux. Capter leurs émotions. La technologie peut pas faire le taf.
Je viens pas vraiment vous demander de l'argent. Paraît qu'on peut pas : faire la manche c est pas bien, dormir sous les ponts c' est pas bien, voler c' est pas bien, du travail j' en ai pas...bon. Je sais pas trop quoi faire du coup.
Des regrets? Non, je peux pas dire que j' en ai. Juste quelques trous. Quelques douleurs. Le corps tire pour que j'abdique. Et c'est pas vrai que les gens deviennent fous dans la rue. Simplement ils disparaissent.
Faudrait juste, je sais pas moi, que l' humanité redevienne forte, solide, simple, qu' elle retrouve sa voie. Je suis pas philosophe. Je suis un clodo. J' ai les pieds mouillés. J'ai juste envie de parler.
Je suis venu là, je sais pas trop pourquoi. Pétez-moi les doigts que je sente si j'ai encore un corps. Gueulez moi dessus je sais pas. Appelez-moi par mon prénom. Un truc vivant. Un truc pour de vrai. Peut-être que le navire a pas encore complètement sombré. Je souris. Je veux pas arrêter de sourire. Ça veut dire quelque chose. Le monde fait la gueule mais je me dis que c' est pas une raison pour s'aligner.
En vous remerciant m'sieurs dames et en vous souhaitant une belle journée."

 

P.C.

 

inspiré du doc " Au bord du monde" de Claus Drexel :

 

 

 

 

30/01/2018

Honor the Treaties - Aaron Huey's Pine Ridge Indian street project

 

Aaron Huey's Pine Ridge Indian street project The Black Hills Are Not For Sale.jpg

 

 

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Ernesto Yerena

 

 

Shepard Fairey aka Obey Giant. honnor the Treaties.png

Shepard Fairey aka Obey Giant

 

 

honnor the Treaties.-1.jpg

 

En savoir plus :

 

https://amplifier.org/campaigns/honor-the-treaties/

 http://cathygarcia.hautetfort.com/archive/2016/12/30/hono...

 http://cathygarcia.hautetfort.com/archive/2016/12/30/aaro...

 

 

 

 

 

 

 

We Are Still Here : 40 ans d'AIM en photos

La journaliste et écrivain Laura Waterman Wittstock et le photographe Dick Bancroft ont enregistré, écrit et photographié l'American Indian Movement (AIM) pendant plus de 40 ans.