Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/06/2022

Harald Albrigtsen - Baleines à bosse sous des aurores boréales en Norvège

 

 

05/06/2022

Warsan Shire

Warsan Shire.jpg

 

  

Personne ne quitte sa maison

À moins d’habiter dans la gueule d’un requin.

Tu ne t’enfuis vers la frontière

Que lorsque toute la ville s’enfuit comme toi.

Tes voisins courent plus vite que toi

Le goût du sang dans la gorge.

Celui qui t’a embrassé à perdre haleine

Derrière la vieille ferronnerie

Traine un fusil plus grand que lui.

Tu ne quittes ta maison

Que quand ta maison ne te permet plus de rester.

Personne ne quitte sa maison

À moins que sa maison ne le chasse

Le feu sous les pieds

Le sang qui bouillonne dans le ventre.

Tu n’y avais jamais pensé

Jusqu’à sentir les menaces brûlantes de la lame

Contre ton cou.

Et même alors tu conservais l’hymne national

À portée de souffle

Ce n’est que quand tu as déchiré ton passeport

Dans les toilettes d’un aéroport

En t’étranglant à chaque bouchée de papier

Que tu as su que tu ne reviendrais plus.

Il faut que tu comprennes,

Que personne ne pousse ses enfants dans un bateau

A moins que la mer te semble plus sûre que la terre.

Personne ne brûle ses paumes

Suspendu à un train

Accroché sous un wagon

Personne ne passe des jours et des nuits dans le ventre d’un camion

Avec rien à bouffer que du papier journal

À moins que chaque kilomètre parcouru

Compte plus qu’un simple voyage.

Personne ne rampe sous des barrières

Personne ne veut être battu

Ni recevoir de la pitié.

Personne ne choisit les camps de réfugiés

Ni les fouilles à nu

Qui laissent ton corps brisé

Ni la prison

Mais la prison est plus sûre

Qu’une ville en feu

Et un seul garde

Dans la nuit

C’est mieux que tout un camion

De types qui ressemblent à ton père.

Personne ne peut le supporter

Personne ne peut digérer ça

Aucune peau n’est assez tannée pour ça.

Alors tous les :

« À la porte les réfugiés noirs

Sales immigrants

Demandeurs d’asile

Qui sucent le sang de notre pays,

Nègres mendiants

Qui sentent le bizarre

Et le sauvage,

Ils ont foutu la merde dans leur propre pays

Et maintenant ils veulent

Foutre en l’air le nôtre »

Tous ces mots-là

Ces regards haineux

Ils nous glissent dessus

Parce que leurs coups

Sont beaucoup plus doux

Que de se faire arracher un membre.

Ou les mots sont plus tendres

Que quatorze types entre tes jambes.

Et les insultes sont plus faciles

À avaler

Que les gravats

Que les morceaux d’os

Que ton corps d’enfant

Mis en pièces.

Je veux rentrer à la maison

Mais ma maison est la gueule d’un requin

Ma maison est le canon d’un fusil.

Et personne ne voudrait quitter sa maison

À moins d’en être chassé jusqu’au rivage

À moins que ta propre maison te dise :

Cours plus vite

Laisse tes vêtements derrière toi

Rampe dans le désert

Patauge dans les océans

Noie-toi

Sauve-toi

Meurs de faim

Mendie

Oublie ta fierté

Ta survie importe plus que tout.

Personne ne quitte sa maison

A moins que ta maison ne chuchote grassement à ton oreille :

Pars

Fuis-moi.

Je ne sais pas ce que je suis devenue

Mais je sais que n’importe où

Vaut mieux qu’ici

 

 Traduction  le Boojum

 

 

26/05/2022

Véro Ferré

 

 
 
Briser la gangue des douleurs passées,
Ôter délicatement les peaux de tristesse,
N’en garder qu’une digne retenue,
L’espoir doux d’une possible renaissance.
Raffermir légèrement le fragile,
Irriguer intensément ce qui palpite,
Ressentir à nouveau la soif,
S’ouvrir à la vie qui frémit.
Alors prendre le risque de toi,
De l’effraction de toi en moi,
De l’étonnement et la faim de toi,
D’un lien ineffable qui fait émoi.
Oser t’offrir ma nudité essentielle,
Celle qui donne à voir bien au delà,
Me frotter à ton intangible, à tes secrets,
À tout ce qui se tait en toi.
Accueillir la merveilleuse urgence de t’aimer...
 
Septembre 2020
 
 
 
 
 
 

23/05/2022

Dans l'ici d'un homme de Guillaume Metz

 

Textes de Thierry Metz
Comédiens : Guillaume Metz et Lionel Mazari

 

 

 

 

 

 

10/05/2022

Antonin Artaud - novembre 1947

 

J’ai appris hier
(il faut croire que je retarde, ou peut-être n’est-ce qu’un faux bruit, l’un de ces sales ragots comme il s’en colporte entre évier et latrines à l’heure de la mise aux baquets des repas une fois de plus ingurgités),
j’ai appris hier
l’une des pratiques officielles les plus sensationnelles des écoles publiques américaines
et qui font sans doute que ce pays se croit à la tête du progrès.
Il paraît que parmi les examens ou épreuves que l’on fait subir à un enfant qui entre pour la première fois dans une école publique, aurait lieu l’épreuve dite de la liqueur séminale ou du sperme,
et qui consisterait à demander à cet enfant nouvel entrant un peu de son sperme afin de l’insérer dans un bocal
et de le tenir ainsi prêt à toutes les tentatives de fécondation artificielle qui pourraient ensuite avoir lieu.
Car de plus en plus les américains trouvent qu’ils manquent de bras et d’enfants,
c’est à dire non pas d’ouvriers
mais de soldats,
et ils veulent à toute force et par tous les moyens possible faire et fabriquer des soldats
en vue de toutes les guerres planétaires qui pourraient ensuite avoir lieu,
et qui seraient destinées à démontrer par les vertus écrasantes de la force
la surexcellence des produits américains,
et des fruits de la sueur américaine sur tous les champs de l’activité et du dynamisme possible de la force.
Parce qu’il faut produire,
il faut par tous les moyens de l’activité possibles remplacer la nature partout où elle peut-être remplacée,
il faut trouver à l’inertie humaine un champ majeur,
il faut que l’ouvrier est de quoi s’employer,
il faut que des champs d’activité nouvelle soient crées,
où ce sera le règne enfin de tous les faux produits fabriqués,
de tous les ignobles ersatz synthétiques
où la belle nature vraie n’a que faire,
et doit céder une fois pour toutes et honteusement la place à tous les triomphaux produits de remplacement
où le sperme de toutes les usines de fécondation artificielle
fera merveille
pour produire des armées et des cuirassés.
Plus de fruits, plus d’arbres, plus de légumes, plus de plantes pharmaceutiques ou non et par conséquent plus d’aliments,
mais des produits de synthèse à satiété,
dans des vapeurs,
dans des humeurs spéciales de l’atmosphère, sur des axes particuliers des atmosphères tirées de force et par synthèse aux résistances d’une nature qui de la guerre n’a jamais connu que la peur.
Et vive la guerre, n’est-ce pas ?
Car n’est-ce pas, ce faisant, la guerre que les Américains ont préparée et qu’il prépare ainsi pied à pied.
Pour défendre cet usinage insensé contre toutes les concurrences qui ne sauraient manquer de toutes parts de s’élever,
il faut des soldats, des armées, des avions, des cuirassés,
de là ce sperme
auquel il paraîtrait que les gouvernements de l’Amérique auraient eu le culot de penser.
Car nous avons plus d’un ennemi
et qui nous guette, mon fils,
nous, les capitalistes-nés,
et parmi ces ennemis
la Russie de Staline
qui ne manque pas non plus de bras armés.
Tout cela est très bien,
mais je ne savais pas les Américains un peuple si guerrier.
Pour se battre il faut recevoir des coups
et j’ai vu peut-être beaucoup d’Américains à la guerre
mais ils avaient toujours devant eux d’incommensurables armées de tanks, d’avions, de cuirassés
qui leur servaient de boucliers.
J’ai vu beaucoup se battrent des machines mais je n’ai vu qu’à l’infini
derrière
les hommes qui les conduisaient.
En face du peuple qui fait manger à ses chevaux, à ses bœufs et à ses ânes les dernières tonnes de morphine vraie qui peuvent lui rester pour la remplacer par des ersatz de fumée,
j’aime mieux le peuple qui mange à même la terre le délire d’où il est né,
je parle des Tarahumaras
mangeant le Peyotl à même le sol
pendant qu’il naît,
et qui tue le soleil pour installer le royaume de la nuit noire,
et qui crève la croix afin que les espaces de l’espace ne puissent plus jamais se rencontrer ni se croiser. C’est ainsi que vous allez entendre la danse du TUTUGURI
 
Novembre 1947
 
 
 
 

18/03/2022

Boris Vian - L’évadé

 

Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut, entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

Il respirait l'odeur des arbres
De tout son corps comme une forge
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie, il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre.

 

 

 

 

 

 

 

07/03/2022

Boris Vian

ILS CASSENT LE MONDE
 
 
Ils cassent le monde
En petits morceaux
Ils cassent le monde
A coups de marteau
Mais ça m'est égal
ça m'est bien égal
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j'aime
Une plume bleue
Un chemin de sable
Un oiseau peureux
Il suffit que j'aime
Un brin d'herbe mince
Une goutte de rosée
Un grillon des bois
Ils peuvent casser le monde
En petits morceaux
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
J'aurai toujours un peu d'air
Un petit filet de vie
Dans l'oeil un peu de lumière
Et le vent dans les orties
Et même, et même
S'ils me mettent en prison
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j'aime
Cette pierre corrodée
Ces crochets de fer
Où s'attarde un peu de sang
Je l'aime, je l'aime
La planche usée de mon lit
La paillasse et le châlit
La poussière de soleil
J'aime le judas qui s'ouvre
Les hommes qui sont entrés
Qui s'avancent, qui m'emmènent
Retrouver la vie du monde
Et retrouver la couleur
J'aime ces deux longs montants
Ce couteau triangulaire
Ces messieurs vêtus de noir
C'est ma fête et j'en suis fier
Je l'aime, je l'aime
Ce panier rempli de son
Où je vais poser ma tête
Oh, je l'aime pour de bon
Il suffit que j'aime
Un petit brin d'herbe bleue
Une goutte de rosée
Un amour d'oiseau peureux
Ils cassent le monde
Avec leurs marteaux pesants
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez, mon cœur.
 
 
In "Je voudrais pas crever " Jean-Jacques Pauvert - 1962
 
 
 

Les inflitrés par Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre

75_9782370734037_1_75.jpgC’est l’histoire d’un putsch progressif, presque rampant, sans effusion de sang mais qui, de l’intérieur, a changé la France. Depuis vingt ans, les consultants se sont installés au cœur de l’État. Gestion de la pandémie, stratégie militaire, numérisation de nos services publics… : les cabinets de conseil, pour la plupart anglo-saxons, sont à la manœuvre dans tous les ministères. On les retrouve même au cœur de nos services de renseignement. 
L’histoire de cette infiltration n’a jamais été racontée. Et cette prise de pouvoir encore moins démocratiquement approuvée. Les choses se sont faites par acceptations ou résignations successives. Il ne s’agit en rien d’une conspiration. L’État a été parfaitement consentant. Il a payé pour se dissoudre. Et dépense chaque année toujours plus pour s’effacer. Ce livre relate ce suicide assisté.
-
208 pages - Parution le 17 février 2022

https://allary-editions.fr/products/matthieu-aron-et-caro...

 

"Pour l’année 2019, soit avant la crise sanitaire, l’Etat se serait acquitté de près de 800 millions d’euros auprès de ces entreprises, selon la Fédération européenne des associations en conseil en organisation. Mais dans leur livre-enquête les Infiltrés : comment les cabinets de conseils prennent le pouvoir dans l’Etat (Allary Editions), publié jeudi, les journalistes Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre estiment plutôt que le gouvernement a déboursé entre 1,5 milliard et 3 milliards d’euros par an. Un «suicide assisté de l’Etat», décrivent-ils."

 

 

 

 

 

26/02/2022

Les médias vous mentent sur l'Ukraine

 

 

 

25/02/2022

Arno Peters - Mappemonde réelle

Mappemonde réelle projection d'Arno Peters.jpg

 

 

 

 

23/02/2022

Kathy Acker, cannibale littéraire

Kathy Hacker.jpg

 

L’écrivain postmoderne Kathy Acker est morte le 29 novembre 1997, le corps ravagé par le cancer. Elle est morte dans une clinique qu’elle était allée chercher au Mexique pour y suivre un traitement alternatif. Ce n’est que très récemment qu’elle avait subi une double mastectomie et pour diverses raisons, certaines d’ordre financier, elle s’était détournée des traitements modernes, la chimiothérapie ou l’ablation du sein par exemple, pour choisir des traitements naturels.
Kathy Acker naît en 1944 et grandit New York dans une riche famille juive allemande. Son père quitte sa mère avant qu’elle naisse, il résulte une relation difficile entre elle et sa mère, et elle se sent toujours marginale dans une famille bourgeoise. À dix-huit, sa famille lui coupe les vivres. Au début des années soixante, elle suit des cours de littérature à l’université de Boston et en Californie. Elle emménage ensuite à New York et y travaille un temps comme strip-teaseuse pour subvenir à ses besoins. Parallèlement, elle fréquente assidûment la scène littéraire et poétique de St. Mark’s Place. Cette combinaison impossible signifie qu’elle est toujours déchirée, vivant une double vie, dans deux Moi différents. À cette époque, elle ne trouve pas sa place dans la culture hippy émergeante qui déteste tout ce qui ressemble de près ou de loin aux homosexuels, dealers, travestis, prostituées et autres déviants. Elle écoute le Velvet Underground, travaille sur la 42e rue, n’est jamais très loin du milieu d’Andy Warhol et de la faune de la Factory en général. Sa mère, qui s’est remariée tardivement, se suicide au milieu des années soixante-dix. Il semble que ce drame joue un rôle important dans son écriture, mais aussi dans sa vie. Au début des années 70, elle vit à San Francisco, puis va à New York et déménage à Londres au cours des années 80. Un petit scandale éclate lorsqu’on l’accuse de plagiat pour une histoire écrite sur Toulouse- Lautrec dans Young Lust, dans laquelle est incluse une petite partie déconstruite à partir du Pirate de Harold Robins. En 1986, son roman Sang et stupre au lycée est interdit en Allemagne sous couvert de protection de l’enfance. Mis à part les thèmes de l’inceste et du sadomasochisme, le fait que ce roman n’ait prétendument pas de sens a beaucoup ulcéré et déconcerté les censeurs qui, choqués, lui reprochaient ses incorrections grammaticales, dessins, calligraphie, extraits en persan, confusion entre rêve et réalité et l’incohérence générale du récit. À son retour à New York en 1990, Kathy Acker prend brutalement conscience du fait que le milieu de l’art expérimental et avant-gardiste dans lequel elle a grandi s’est fissuré et a disparu sous la pression du conservatisme politique et des intérêts commerciaux de l’art officiel. Une fois de plus, le milieu de l’art est dominé pas les hommes et les blancs, ce pour quoi elle le critique. Il est désincarné et a pratiquement disparu. Elle s’établit alors à San Francisco. Au cours de sa carrière, elle publie nombre de livres influents et brillants, dont Sang et stupre au lycée [Blood and Guts in High School], Empire of Senseless, Don Quichotte [Don Quixote], Grandes espérances [Great Expectations], Kathy Goes to Haïti, Pussy, King of the Pirates et bien d’autres.

Kathy Acker est un écrivain post-beat et féministe unique et irremplaçable […] Elle est morte l’année tragique qui a également vu disparaître William Burroughs et Allen Ginsberg.

Hormis Burroughs, Kathy Acker fut très influencée par la philosophie française, le féminisme particulièrement, et connaissait très bien Bataille ou Sade (que la plupart des féministes trouvent douteux). Mais, comme elle disait, ce n’est qu’après avoir lu L’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari, ainsi que certains travaux de Michel Foucault qu’elle a finalement compris la théorie sous-tendant ce qu’elle faisait par intuition. C’est alors seulement qu’elle a pu mettre des mots sur son travail, comprenant que d’autres expérimentent et pratiquent le même mécanisme de pensée schizoïde qu’elle-même. […]

L’étiquette de pseudo plagiaire que l’on attribue à Kathy Acker vient d’une technique narrative par laquelle elle s’approprie des textes, partant de différentes sources, et procède à leur déconstruction en jouant avec eux, modifiant, coupant, recomposant, réécrivant et éclatant les originaux. Elle sépare, coupe et insère les textes dans des contextes différents, changeant les sexes et chamboulant l’ordre. Mais là encore cette tentative n’est pas le seul fait de Acker, ainsi Nova Express de William Burrouhs utilise des cut-ups de Shakespeare, Rimbaud et Jack Kerouac.

Ayant passé son adolescence à New York, Kathy Acker connaissait très bien la scène du cinéma underground et expérimental. Elle s’est mariée avec le compositeur de musique expérimental Peter Gordon. De ce point de vue, le travail d’écrivain de Kathy Acker peut-être comparable à celui d’un cinéaste ou d’un musicien. De nombreuses techniques qu’elle utilise proviennent de ces médias, qu’elle applique ensuite à ses textes. Ainsi du montage, cut-ups, sampling, surimpression, postsynchronisation et le refus de la linéarité. Un temps, alors qu’elle habitait Londres, Kathy est devenue amie avec Genesis P-Orridge (de Throbbing Gristle et Psychic TV). Ils s’attaquaient ensemble à cette société imprégnée d’une sorte de sadomasochisme qui pousse les hommes à désirer leur propre répression, via la publicité, la variété commerciale et le christianisme. Où la répression du désir, la culpabilité et l’instinct de mort semblent infecter tout ce qui existe. […]

Les féministes devraient-elles brûler Kathy ? Kathy Acker est presque toujours restée étrangère au mouvement féministe. Sa marginalité l’a quelque peu mise en porte-à-faux avec le féminisme dans ce qu’il peut avoir de plus prude. Lors d’une interview radiophonique, elle a déclaré avec désarroi que la féministe allemande Germaine Greer avait reproché à l’une de ses amies de porter des chaussures sur lesquelles était inscrit « Fuck Me ». Elle avait l’habitude d’aller dans les librairies et de dessiner des pénis dans les livres de la féministe radicale (c’est ainsi qu’on l’appelle) et militante anti-pornographie Andrea Dworkin. Elle était l’une des ses « principales bêtes noires ». […] Les féministes qui ont influencé Kathy Acker sont entre autres, Luce Irigaray, Elizabeth Grosz et Judith Butler.

 

Paroxysm, novembre 2002
Traduit par Norbert Naigeon

Source : https://www.editions-laurence-viallet.com/cahier/en-memoi...

 

écouter aussi :

https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-p...

 

 

 

 

 

18/02/2022

Michel Serres (2016)

 

 

 

13/02/2022

Mathieu Slama - Adieu la liberté Essai sur la société disciplinaire

Après l'autorisation de sortie, le pass sanitaire, le pass vaccinal voici maintenant le certificat de rétablissement valable 4 mois...... je m'exprime rarement et encore moins publiquement sur ce que nous font vivre covidoux/covidur mais surtout ses marionnettistes, estomaquée la plupart du temps par l'enchainement qui ne laisse place à aucun recul et voudrait par-dessus le marché (de la finance) nous interdire toute réflexion, avec ça le nauséabond de l'approche à pas de fourbes des élections.... Étymologie : XIe siècle, eslire, « choisir ». Emprunté du latin populaire "exlegere", réfection, d’après legere, du latin classique eligere, « arracher en cueillant, choisir, trier, élire ». Choisir, trier.... On voit bien à quel point élire a été vidé de sons sens, car si personnellement je pouvais réellement choisir et trier, ils dégageraient tous.... Bon, suis tombée ce matin sur ce bouquin, je ne l'ai pas lu mais il a le mérite d'exister, souffle d'air, je mettrais un bémol sur le mot "science" et je remplacerais par "le casino de la science".... Cette disparition de la liberté ne date pas de 2020, elle est progressive, insidieuse et planifiée depuis bien plus longtemps.... Je ne suis donc pas surprise, loin de là, les années 80 commençaient déjà à sonner le glas en nous endormant sous des couches et des couches de consommation, nous avions obtenu trop de marge, nous les peuples "libérés" de l'après-guerre mais l'accélération des deux dernières années ceci dit m'a prise de court comme bon nombre d'entre nous, je n'en ai pas perdu pour autant ma capacité à observer et réfléchir...
 

0.jpg

 
 
*
 
"La crise du Covid-19 a révélé un nouveau totalitarisme « soft » fondé sur une idéologie du « safe ». Dans cet essai incisif, Mathieu Slama analyse les faits et les mots qui ont fait croître l'acceptation de la servitude chez un peuple pourtant réputé rebelle depuis la Révolution.
Avec l'assentiment d'une majorité de Français, une société de l'ordre et de la surveillance s'est installée ; la démocratie est devenue management, le politique s'est effacé devant la science et les citoyens libres se sont transformés en population docile à discipliner.
Une éclipse de la liberté préparée de longue date par des renoncements successifs, rendant inéluctable l'avènement, comme l'écrivait en 1977 Gilles Deleuze, de "ce néofascisme, qui est une entente mondiale pour la sécurité, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d'étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma". "
 
 
 

12/02/2022

Michaël Serfaty

MICHAEL SERFATY 1_75.jpg

"« Je ne trahis pas, je témoigne. Je ne révèle pas, je m’insurge. Je ne dévoile pas, je crie. », écrit Michaël Serfaty, gynécologue et photographe.

Depuis trente ans, dans un volumineux carnet d’artiste – composé de dessins, de bouts de scotch, de ficelles et de tissus, d’images collées, de menus objets, de tickets divers -, il note des phrases, des fragments d’histoires, des réflexions émises par les patientes reçues dans son cabinet.

Un livre publié par Arnaud Bizalion Editeur, avec qui il avait déjà réalisé en 2019 Les Bras du séquoia, recompose cet ensemble très riche, surtout très émouvant, et totalement personnel dans la traduction en gestes plastiques des paroles fondamentales qu’il entend."

 

MICHAEL SERFATY Cest-comme-si-javais-la-bouche-dans-la-gorge-copie.jpg

 

MICHAEL SERFATY .jpg

 

MICHAEL SERFATY 3a7.jpg

 

MICHAEL SERFATY On-ma-réduite-au-silence-copie.jpg

 

Michael serfaty je-suis-excisecc81e-ils-mont-ratecc81e.jpg

 

MICHAEL SERFATY d837ed2.jpg

 

MICHAEL SERFATY _livres_Michael-Serfaty_3_popup.jpg

MICHAEL SERFATY 777.jpg

 

MICHAEL SERFATY -9.jpg

 

 

 

 

Michaël Serfaty, Je vous écris avec la chair des mots, textes de Sylvie Hugues et Marie Darrieussecq, graphisme et maquette Marie-Anne Hauth, Arnaud Bizalion Editeur, 2020

Voir sur le site de l'artiste auteur :

https://www.michael-serfaty.com/je-vous-%C3%A9cris

 

MICHAEL SERFATY -6.jpg

 

 

 

  

30/01/2022

Nestor Makhno, paysan d'Ukraine

Un révolutionnaire anarchiste quasi oublié enterré à Paris au Père Lachaise