The window - Sidi Ifni - Maroc

Dimanche solitaire dans ce village où traîne le sillage d’un passé révolu, fondu, disparu, déchu. Mendiant la chaleur par une fenêtre ouverte, j’écoute le vol des mouches, les cris des oiseaux, les roucoulements de pigeons et les voisins qui me rappellent à tout instant que je n’ai pas quitté la Terre… Que pourrais-je faire ? Lire ? Je n’ai pas arrêté. Ecrire ? … le ménage ? Le bruit de l’aspirateur est une agression. Oh j’aimerais tant être dans une bâtisse en pierre, quelque part au-milieu des pins, des cyprès, des senteurs aromatiques. Communier avec la nature, vivre en son sein. Ici dehors il y a des rues, puis des routes, des maisons, des champs clôturés, des propriétés privées, des friches pas très belles et j’ai la flemme de partir seule en quête d’un hypothétique mini-paradis.
cg in Journal 1993