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02/02/2018

Vincent - poème pour la dame qui habitait en haut de la rue

l'oeil & la plume...   http://jlmi22.hautetfort.com/

maisoncercueilameB2.jpg
texte de vincent                                                                                                                   collage jlmi 2013
 

 

J’ai posé ma main sur le bois

                        clair

de votre cercueil,

votre maison lorsque j’étais enfant

était le point de ralliement, on venait

là, les gosses du quartier,

fumer des clopes et boire des bières

        sans que vous le deviniez

c’est dans votre voiture que je suis

parti pour la première fois

voir le bleu de la mer,

        il y avait toujours

votre sourire, votre manière

        un peu guindée

de fumer des cigarettes fines

à la menthe

on riait souvent, et souvent

le soir, je pouvais rester

regarder la télé en couleurs.

quand on se faisait prendre

car nous étions des garnements

vous n’appeliez jamais nos

        parents et nous

avons grandi ainsi

on apprenait

la vie, on était des gamins

puis des adolescents et

votre fille qui est comme ma

sœur a lu vos mots

        au dessus de votre

        cercueil, Dieu

que vous écriviez bien,

        et votre petite

fille vous a lu un magnifique adieu

écrit de sa main juvénile, vous deviez

être fière d’elle de là-haut

et nous avons tous pleuré

        un peu plus

et votre fils qui

est comme mon frère

ne pouvait

dire un mot, étranglé

par le chagrin, moi

j’étais tout au fond

à ravaler mes sanglots

vêtu d’une stupide

(inutile et incongrue)

pudeur tout en pensant

que tous ces gens ici

vous aimaient et

surtout que,

tous ces gens ici,

vous les aimiez

et pour le bleu de la mer

        le bleu de la vie

        et le bleu de votre

        sourire

je voulais vous crier un

merci, mais vous n’étiez plus

là, alors j’ai posé la main

sur le bois clair de votre cercueil

et je l’ai murmuré comme on

parle à la douceur du vent,

le vent qui emporte

                vers le ciel les

                âmes bleus qui s’en vont

                loin des larmes de ceux

                                qui restent

 

 

 

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