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Hic et nunc

Hier j'ai entendu à la radio le terme "écologie pragmatique" sans doute en opposition avec une écologie qui serait utopique, l'un et l'autre ne veulent strictement rien dire, comme 95 % de ce qu'on entend actuellement venant des "autorisés à parler", civilisation du blablabla, il faut être totalement sourd et aveugle pour ne pas déprimer. J'ai souvent eu honte de faire partie d'une espèce qui se laisse ainsi mener par le pire d'elle-même et par ses roquets en chef de meute et qui en redemande de l'hypnose séductrice d'influenceurs-ceuses en tout genre et surtout des plus mauvais, mais là ça devient intenable, pour moi il n'y a plus de judicieuse radicalité assez radicale pour stopper cette folie et surtout elle sera toujours étouffée écrasée par ce besoin de continuer encore et encore à sucer tout ce qui est suçable, à pomper ce qui est pompable. Nous sommes toutes et tous complètement incohérents et de tenter de ne pas l'être — ce qui a été un des objectifs premiers de ma vie depuis plus de 25 ans maintenant et peut-être même depuis que je suis en âge de réfléchir —c'est épuisant car au final cela sert surtout à mesure l'ampleur de la solitude et des difficultés que cela entraine, ceci dit je suis plus motivée que jamais, plus je tombe, plus je suis consciente que c’est essentiel de lutter contre la peur que cela provoque ! J'ai toujours au fond de ma poche un peu de poudre de perlimpinpin d'espoir — pas de celle qui se jette aux yeux, plutôt celle à diluer jour après jour dans la citerne grise du découragement — l’espoir que quelque chose va faire ding ou bing ou clash soudainement et en même temps dans la tête de chacun-e d'entre nous, partout sur cette planète ! Et je dois dire qu’un certain nombre de personnes et notamment des jeunes mettent de la couleur dans ma poudre mais je n'oublie pas que des hurluberlus de notre espèce sont bien plus (ir)responsables que d'autres de l’humanité dans son ensemble : celles et ceux qui se prennent pour des hurluberélu-e-s pour toutes sortes de déraisons et puis nous autres habitants des pays qui se gavent depuis des siècles, des millénaires même et puis les hommes bien-sûr de cette planète, si, si, on en est quand même là à cause d'une vision typiquement et arrogamment masculine (dont les hommes n'ont pas le monopole, je parle ici en terme de valeurs et de façon de considérer le vivant). L’homme blanc (ou moins blanc mais très riche) hétéronormé a fait le monde à son image, on voit ce que ça donne alors quoi ? On continue comme ça ?
Bref, sous mes airs de poète artiste atypique, décalée et au summum de mon impouvoir, ma pensée est toujours très clairement écologique, écoféministe même puisque le déséquilibre est trop énorme, très librement spirituelle, radicalement décroissante et liberterre, c’est le fruit d’un long parcours de réflexion mais aussi d’intuitions fortes et très précoces. J'ai accepté de payer le vrai prix de mon atypisme (quand j’ai arrêté de tenter de m’éradiquer moi-même comme le font toutes celles et tous ceux qui ne correspondent pas aux codes imposés), ce qui ne m'a ouvert cependant aucun espace légitime dans cette société surformatée et hypernormative sous des airs faussement open et foldingue, un prix qui chaque jour m'oblige à surmonter ma détresse, mes doutes, mes peurs, ce foutu fond de culpabilité, un épuisement de l'âme, tout ce que vous autres qui me côtoyez depuis plus ou moins longtemps et de toutes sortes de façon, appelez ma force, ma créativité, mon courage, cette lumière dans mes yeux etc. Je vous remercie infiniment, nombre d’entre vous êtes ou avez été un sincère et précieux soutien mais voilà, je vous attends surtout depuis si longtemps, car le changement ce n'est pas ce soir, demain ou petit à petit, le changement c'est maintenant ou jamais ! Nous n'avons plus beaucoup de temps et toutes celles et ceux qui ont compris depuis trop longtemps déjà sont fatigué-e-s de tenir la torche allumée, vraiment, je peux le voir, l’entendre et moi-même à ma propre mesure et déception après déception, je n’en peux plus.
Alors voilà, aujourd'hui même, tout ce qui nous tue, tout ce qui tue, oppresse, manque de respect à cette planète et à toutes les formes de vie doit tomber, aujourd'hui même, maintenant, là, de suite !!!
 
cgc
 
 

Commentaires

  • Fort !!! Si Fort, si fortement dépressif. Ils n'en valent pas la peine car il y aura toujours des cgc pour ranimer les flammes, les vraies, pas celles des arcs de triomphe du (dé)cousu de fils bleus, blancs, rouges, de ces filets de camouflage des masques nauséeux des capitaines d'un monde qu'ils ne savent plus conduire ( l'ont-ils jamais su d'ailleurs ?) que vers une catastrophe que les vautours d'autres cultures guettent avec avidité pour d'autres errances tout aussi divagatoires, matériellement comme spirituellement. Alors cgc, envers et contre tout, il faut rester debout... assurer, tenir !

  • je ne voyais pas ça comme dépressif mais je suis fatiguée oui alors peut-être.... merci Jay Wing !

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