Charles Juliet - L'autre chemin

Arfuyen éd., 1991
cela
qui me tient
en exil
qui m'embrase
brûle mon sang
d'une telle avidité
cela
comment le nommer
le traduire
comment répandre
son feu dans mes mots
(...)
Le temps ne porte plus
Les mots gisent à terre
et la lumière
des premiers matins
mutile la mémoire
la faim
dévore
la faim
l’œil scrute
un jour
vide
(...)
sourd aux appels innombrables
aveugle à ce qui d'ordinaire
enchaîne l’œil
saisi par ce silence
où s'effondre le temps
tu laisses ta soif
te pousser sur le seuil
(...)
lenteur
silence
solitude
la vie affleure
afflue
le ruisselet enfle
devient fleuve
et le soleil du soir
fait flamber ses eaux