Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Claude Ber

     

    Le ciel contre les cils. Comme au tréfil des doigts
    de la reconnaissance d'un visage. Le rideau d'un
    lyrisme italien tombe en bouillonné de scène.
    Sur le zigzag des routes. Sur un couchant d'opéra.
    Dans la pagaille du réel. Dans une chambre d'hôtel
    où des marins montent et les femmes tapinent près
    de la gare. A faire ses courses aux rayons de la vie,
    rien ne se perd, rien ne se crée. Apostrophe inévitable
    entre l'histoire et son récit. Une secousse sismique.
    Un trou d'air à ras du sol. Et il dégringole des quasars
    dans un vase de porcelaine. Du précieux dans les
    tuyauteries de l'évier. Au lieu de la paupière c'est
    l'arcade qui cligne. Et sur la nacre d'un coquillage
    l'expéditif de la pensée. Son rationnement. Simplement
    donc l'ombre des cils sur le cerne d'un visage fatigué.
    Un demi cercle orange derrière le dôme de la cathédrale.
    Du brouillé rosâtre autour. La rue beige sous les lampadaires.
    Du véridique énorme et calibré de cake débité à la coupe
    automatique. Capitonné au corps. Collé à la cornée. Je
    débloque l'issue de secours d'un coup de pied. Et je sors
    par mon dos.

     

    La mort n'est jamais comme, 2003

     

     

  • Lionel Mazari

     

    Nos yeux sont les larmes du ciel

    Nos larmes sont les yeux du diable

    Y’a du laisser-aller

    chez les laissés-pour-compte ;

    on n’va pas s’entraider ;

    on n’est pas dans un conte.

    Nos yeux sont les larmes du ciel

    Nos larmes sont les yeux du diable

    Pourtant je ne vois que des pages :

    du noir sur blanc,

    quelques images,

    et pas un seul grand.

    Nos yeux sont les larmes du ciel

    Nos larmes sont les yeux du diable

    A perte de vue :

    des enfants perdus.

    Pas-encore-des-hommes,

    c’est ce que nous sommes.

    Nos yeux sont les larmes du ciel

    Nos larmes sont les yeux du diable

    ...

    © l'impossible séjour