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07/06/2016

René Daumal



 Triste petit train de vie

Celle qui pourrit dans mon cœur
 c'est la lueur qui se nourrit des peurs
 qui rôdent chantant le malheur,
 en haut, en bas, toujours.

Nuit sur la nuit, c'est fête, enfonçons la
 détresse
 sous l'ouate d'une joie épaisse ;
 nuit sur la nuit, c'est la faiblesse
 du cœur brisé

La pourriture est dans mon souffle et ce
 vent
 c'est le siffleur fascinant, c'est la dent,
 c'est le goût de saumure de ce gouffre avant
 la fuite en bas.

Plaie du jour à mon flanc !
 la nuit, c'est mon sang
 qui s'enfuit par ce trou blanc,
 soleil qui me baigne jusqu'au petit matin,
 m'ôte la faim
 au petit matin de ma fin,

personne n'entend, personne,
 personne ne tend la main,
 je suis l'aiguille,
 l'aiguille dans le tas de foin,
 le foin sans fin, l'étouffeur à la fin...

personne ne vient, personne ne pleure,
 sauf toujours la même, la terreur.

in Le Contre-Ciel

 

 

 

 

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