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26/08/2018

Werner Lambersy

Tu es l'éclat de verre

Du miroir où se cachent

Les défunts

Qui te rêvent

Sans voir 

 

Eux qui songent

Au miroir des miroirs

Où se sont engendrés

Les mensonges du rien 

 

Et l'image d'un corps

Que l'absence

A creusé

Dans les débris du feu

Et la fuite

Utérine des astres 

 

Tu es l'ombre

De l'ombre d'une nuit

Comme soudain

Fleurit le sable

Sous l'averse ou l'ozone

A la suite de l'éclair 

 

Uluru 

T'as rêvé 

 

Et tu rêves 

Uluru 

 

Ici à Paris

Où les hommes pèsent si peu

Qu'ils ne rêvent jamais

Les longs rêves patients

De la pierre  

 

Là-bas dans la grande île sèche

Uluru dort 

 

Et tu dors

Dans Uluru la porteuse

Maternelle de l'ocre semence

Des crépuscules

Où tu agites

Ton ombre 

 

Là-bas sur la Grande Terre

Où tu n'es pas quelque chose

D'isolé mais un morceau non détaché

Du cordon ombilical

Des millénaires en cours 

 

Là-bas Uluru dort

à ta place

et remplit le contrat initial

de rêver l'essentiel 

 

Et son nombril est un tunnel d'étoiles 

Vers l'âme unique de la matière

Et l'œil humide de l'amour

 

Alors écoute ici à Paris

Où les hommes sont tellement sourds

Qu'ils ont besoin de livres

comme des bouées qu'on lance dans le bruit

 

Ecoute

Ce que là-bas

Dit le didjeridoo

 

Quand l'homme à la peau

Peinte en rouge

Pour la danse féconde des jours

 

Arrache de sa bouche

Le grand brame doux

Et la giclée sonore

Du sperme de son souffle

 

Ecoute ce que disent

Les talons bien rythmés

De tes frères et soeurs

Dans la chaîne de la genèse

 

Et la poussière qui retombe

En silence sur leurs pas

Comme d'un tambour à l'autre

Des galaxies

 

Quand les tambourinaires de la lumière

Se répondent par-dessus

La forêt des ténèbres

 

in Uluru

 

 

 

 

19:43 Publié dans CITATIONS | Lien permanent | Commentaires (0)

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