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Marc Tison - Des nuits au mixeur

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Maquette et graphismes par Jean-Jacques Tachdjian

La Chienne éditions, collection Nonosse, Roubaix, 2019.

 

Je manque de temps pour faire des notes de lectures comme je voudrais et il y aurait bien du bien à dire de ces nuits au mixeur de Marc Tison, mais sa poésie parle d'elle-même, lisez plutôt : 

 

 

Tu sais ce qui nous attend

dans les révolutions borderline

l’équilibre se fait sauter le caisson

 

(…)

 

C’est d’une importance extraordinaire

d’aller vers ce qui éclaire l’immensité en soi

 

(…)

 

On partira à l’aube sur les océans

On part toujours à l’aube

Dans la pureté des promesses

Avant l’ouverture des supercheries marchandes

 

(…)

 

Des bars comme des Sirius

Des signes comme des toiles de Tapies

Et la nuit qui gueule habitée

Plus sûrement que les jours des quartiers d’affaires

Et la nuit qui chante en abîme des romances tristes

De matin de grisaille

 

(…)

 

Je ne descends plus des grands singes

La lignée est éteinte

Exterminée dans les salons climatisés des banques d’investissement

Je n’enfante plus des gens sauvages

Mon sperme est défolié, il est minable et minuscule

 

(…)

 

L’odeur ça pue le vrai, ça n’est pas permis

 

(…)

 

Les algorithmes qui tracent les désirs sont des menottes

Aux radiateurs des polices du comportement

 

(…)

 

On a tordu le ciel qui était beau

 

(…)

 

Des nuits au mixer

À courir éventré l’ennui au cul

Comme la mort

 

(…)

 

L’affolement en moteur de désir

Et la route qui se barre en chewing-gum

La vrille

Les pieds sur le vide

Plongeons profonds dans l’univers

 

(…)

 

Les enfants dansaient comme des derviches défoncés

Sur les débris des usines

Les tapis de ferrailles rouillées

 

(…)

 

Tes mains sur les marbres de nerfs

Mets tes paumes de paix

sur les pensées en charpie

 

Ne rassure pas

Ne console pas

Aime

 

(…)

 

Personne ne sait combien j’ai peur

tout le temps. Pas même moi sous

mon parapluie de confiture. Il fond

sous la pluie d’orage que j’invente.

Je lèche ce qui coule comme un sexe

qui dégouline. Je ne le sais pas que

c’est un sexe qui dégouline que je

lèche tout le temps quand j’ai peur.

La pluie me dégoutte.

 

(…)

 

 

 

 

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