Sentier du Frau
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Soleil couchant vient illuminer le mur devant moi. La carte "libertad !" avec le profil du Che, la colombe fleurie de la liberté de Lionel, l’oiseau bleu de papier offert et fabriqué à l’école par ma fille, son portrait encadré du même papier, avec un cœur et deux tulipes en cœur aussi, et puis ses peintures qui témoignent de l’amour à maman. Et puis, l’aquarelle achetée à Bangkok dans une autre vie, et l’arbre aux rosiers qui me plaît par la beauté de son tronc, mais surtout de ses racines et puis un autre arbre encore, et la tête de Bouddha sculpté dans ses racines, joie et sérénité intérieure. Une carte postale de Thaïlande. Il y a aussi cette photo d’une œuvre éphémère de Goldsworthy : fleurs et bambous sur l’eau, page arrachée, je l’avoue, dans la revue de poésie Ici et là. Et puis ce jeune chaman kogi et la Sierra Madre au loin à l’horizon embrumé. Ma fille encore, photos de classe de maternelle, beau sourire, délicate, la tête penchée sur le côté devant de gros légos colorés et juste à côté, une enveloppe de physalis, ouverte comme une fleur à quatre pétales, offerte par ma belle enfant. L’émotion me fait pencher mon verre, gouttes de rouge de Touraine et ratafia sur cuisse et pouce droits. Toujours risqué de boire au bureau.
Météo en bas à la radio, couinements d’imprimante sur ma gauche, crachant des pages et des pages de nouveaux délits. Le soleil dans mon dos vient de s’éteindre, seuls le Che et la colombe demeurent illuminés.
in A la loupe
La mésange me fait promettre de mettre de la graisse et des graines sur la terrasse cet hiver. Mes poils aux mollets se dressent comme une forêt albinos. C’est vrai que j’ai toujours eu le duvet blond. Par moments, un gland s’élance, tente sa chance et un avion troue la quiétude en rappelant que les cieux ne sont pas si purs. Envie d’appeler le chat encore, mais c’est inutile, alors ne plus y penser, s’en remettre à ce qui est et jouir encore de la chaude lumière. Relever la jupe, si le chat a disparu, la chatte elle, est bel et bien là, et elle aime sentir la caresse solaire sur sa toison douce.
in A la loupe

Pepsi e basura
J’épouse le labyrinthe dans la trajectoire nocturne.
La langue propice se diffuse et de son flux naissent des visions errantes.
Intuition d’une naissance, algue parmi les algues. Extase de la nudité.
Je contemple l’inachevé, l’œuvre tellurique. L’œil vivant dans ma fibre noueuse.
La gouge des insomnies me sculpte des hanches de génisses et un chant monte à ma gorge comme un levain.
in Le Poulpe et le pulpe
(Cardère 2011)
LA PISTE ROUGE
Empreintes de pieds
Nus dans la poussière
Jusqu’aux racines tressées
Du grand séquoia
Là, gît l'homme
Des collines
Avec trois trous
Dans la poitrine
in Ailleurs simple
(Ed. Nouveaux Délits 2012)

