Max Bucaille et Samedi soir

SAMEDI SOIR
Éclaboussures violettes
Sur la mâchoire d’un ciel d’orage
Les mantes encapuchonnées rodent
Sur les places désertes. C’est l’heure
Où les rats comptent la monnaie
Quelques montures élégantes paradent encore
Dans les dernières rues animées
Les clowns à tête de mort
Secouent leur bâton crécelle
Puis la nuit éclate comme un vase
Sur les carreaux du crépuscule
Dans les mansardes poussiéreuses
Les crétins patientent et les vers de sable
Guettent leurs étoiles-mères
Bientôt les nuées nocturnes viendront s’abattre
Sur des comptoirs étincelants
Pour se noyer
Haut et court
à des alcools de potence.
cg 1999
in Trans(e)fusées


























Établi en France, Takesada Matsutani (né à Osaka en 1937), travaille à Paris depuis 40 ans. Dans les années 1960, il a pris une part active au mouvement d'avant-garde japonais Gutaï, qui a laissé un vaste corpus d'œuvres. Gutaï est le premier mouvement japonais de l'après-guerre affilié à l'art occidental et le premier à connaître un succès international. En 1966, il part étudier à Paris. Il entre l’année suivante dans l’Atelier 17 du graveur Hayter, dont il devient l’assistant en 1969. MATSUTANI reste six ans à l'atelier, découvrant la richesse du noir, qui depuis domine son œuvre. Outre des toiles et des estampes, il conçoit des installations. MATSUTANI conjugue des interrogations spirituelles sur l'espace et le temps avec une réflexion plus formelle sur la surface. A partir des deux dimensions de la toile ou du papier, il conçoit des reliefs de colle vinylique, laissant une grande part au hasard. Le rythme austère et répétitif du passage du crayon ou du pinceau est brisé par les boursouflures créées par la colle. Depuis 1979, MATSUTANI conçoit régulièrement des installations au travers desquelles il exprime les mêmes interrogations que dans ses toiles ou estampes.

