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Gesualdo Bufalino

 

Gesulado Bufalino le semeur de peste georges stubbss.jpg

Diceria dell'untore, 1981, Palerme

10/18, 1989

 

 

Tout commence aux premières lueurs de l'aube, et l'on entend à travers son sommeil les chiens se lamenter dans les oliveraies. Puis le soleil jaillit des toits, jaune d’œuf ruisselant, horrible menstruation du ciel. L e souffle qui naît alors ne fait même pas transpirer, mais serre le cœur dans un poing, envoie les hirondelles se briser contre les éclats de lave, partout où miroite, trompeuse, une inexistante palpitation d'eau. une heure, deux heures. Maintenant murmure doucement et s'éteint la traînée de vent qui s'était levée de la mer, semant du sable africain dans tous les replis de la peau et du sol; à côté des puits, les seaux dans lesquels s'enfile la vipère sont vides; sur les seuils, pareils à des morts, les pauvres dorment, un chiffon noir posé sur leurs paupières.

 

in Le semeur de peste

 

 

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