Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ara Alexandre Shishmanian - La létale de la lune & Oniriques

On utilise souvent l'expression " se plonger dans un livre" mais quand il s'agit d'un recueil de poésie d'Ara Alexandre Shishmanian, l'expression devient littérale, au risque de s'y noyer et parfois le livre lui-même nous oblige à nous en extraire. Beaucoup abandonnent j'imagine et plusieurs fois j'ai été tentée, si ce n'était une espèce de fascination pour ce qui n'est pas donné d'entrée. Lire ici est un voyage qui demande des forces, de l'endurance en même temps qu'une ouverture totale où l'intellect est muselé pour laisser les mots pénétrer d'une autre façon. 


Entre les voix multiples des "je", autant de jeux de miroirs et labyrinthes, traversés de symboles et archétypes, étincelles fugaces d'un feu d'une obscurité absolue et le monologue de l'arêveur piégé dans le cauchemar du cauchemar des solitudes métaphysiques, questionnant le néant, sondant l'insondable, l'autopsie hallucinée de la souffrance et de la violence, individuelle et collective et toutes les clefs que le lecteur persévérant ne possèdera pas très souvent, ce ne sont pas des livres qui entrent dans des définitions, des livres que, moi lectrice, je peux lire, au sens habituel du terme. Aussi, je m'y suis enfoncée, comme on s'enfoncerait dans une masse, un océan, une montagne d'images qui me cernent, m'observent, me touchent ou me repoussent, m'étouffent, toutes à la fois minérales, aqueuses, gazeuses, subliminales, exerçant leur pression et dans cette obscurité dense où le sens est une projection purement personnelle, c'est à dire que nous sommes seuls comme l'écrivant est "personne", nous devons allumer notre propre lampe. Alors au cours de cette étrange et souvent inquiétante déambulation sans repère, des images s'illuminent, se font miroirs dans lesquels quelque chose de soi se reflète et on prend, on prend comme on prendrait des pierres étranges ou précieuses que l'on placerait dans un sac porté au flanc, surpris par leur beauté, leur éclat, bouleversé par leur noirceur aussi car le noir est bien une autre lumière. Sans doute aussi parce que nous avons besoin de nous accrocher à quelque chose dans ce magma qui nous ramène à une béance intérieure, un mystère et un effroi originel, à la mort ubiquiste. 

Voici les pierres à syllabes que j'ai tirées de ma descente dans l'abîme, ce sont elles qui parleront bien mieux que je ne pourrais le faire.

cgc

 

LetaleLune.jpg

La Létale de la lune, Phos (ΦΩΣ), 2024

traduction Dana Shishmanian révisée par l'auteur

 

 

• les voitures me contournaient tel un coyote moribond sur l'autoroute du seul et de personne • comme lorsque tout finit et qu'il ne vous reste plus que vos paumes barbouillées d'étincelles – il ne vous reste plus que le destin enduit d'une lumière vagabonde •

 


• enveloppé dans le bleu – je me dieu – et me grave – et me sombre •

 

*

• le syndicat des anges décida un beau jour d'entrer en grève générale du monde (...)

• ou la canne à pêche mince – mince – toujours plus mince – d'un pêcheur qui regardé par le vide, se pêche tout seul •

 

*

• seuls les écroulements sont grandioses – seuls les grands échecs réussissent complètement •

 

*

je grimpe sans sommet l'aven des effondrements • je me promène dans le jardin aux fleurs empoisonnées – moi, le cendreux • et elle est à mes côtés, la létale – la pâle sélénaire du sourire – la frêle insaisissable, ineffable • près de moi, avec ma démarche solitaire – près de moi, à la mains fondue dans le vide léché par l'air • elle, qu'il me serait si facile de toucher • si facile, d'effleurer à travers sa robe de brume son corps nu de lune en solitude • et à travers elle me coucher dans le chuchotement sans fin du serpent – sans fin en létal • stellaire grandit le solitaire pendu aux ailes filiformes de l'infini • le roi éteint à la couronne allumée au néant •

 

*
neige nocturne  – toi, ténèbre chenue, temps du gris désespoir • à travers la tache de cette route – à travers le miroir de cette route – je me perds et me retrouve • étrangement brille ce qu'on ne peut toucher •

 

*

...une étincelle tordue est mon rire – mon sourire • ce rire tel qu'un cri qui me lacère • partout seulement de l'exil... • et un zéro grelottant miroir entre les chuchotements sacrés • je le regarde à la fenêtre avec seul – tremblotant dans un buisson de nerfs •

 

*

• cette coupe que personne porte dans ses mains – que personne porte en sa poitrine – est sans fond • l'arrêve s'y couche parfois avec ses rêves arctiques et ses magies boréales • et l'aven avec ses jeux dangereux de sommeil et de mort • et les aveugles avec leurs yeux magnétiques cueillant les vergers clairs des regards • comme si elle se remplissait de serpents – comme si elle était l'humble fontaine des pâles messagers •

 

*

• je semblais me promener solitaire dans une prairie de nerfs – à l'herbe blanche de songes ophidiens – frissonnant sous la brise bizarre de mes aliénations létales • colline morbide de miroirs surgissant comme un regard froid de mon temps blanc •

 

*
• et le tilleul comme une forteresse sans porte – bien qu'ayant une clef de nostalgie et d'envol • et le parfum des paupières endormies dans les croissances du clair •

 

*
• et elle glisse, la lune létale, létale... – et à l'infini se meurt le roi-lune – et d'infini froid brûle sa main dans les glaciers des miroirs •

 

*

oui, voici la vérité – ma solitude avait rencontré quelqu'un d'autre – ma solitude voulait me quitter

 

*

une coupe géante se promène dans les nuages – où dort un dieu aux seins liquides

 

*

• nous bâtissons bien-sûr – en entrant-sortant des ténèbres que nous sommes – un palais de la fiction taillé dans des galaxies noires •

 

*

• j'éteins ma souffrance et je nage dans la nuit • je cueille dans les arbres un fruit – une pierre d’apaisement •

 

*

chaque matin la mort te fait un pain de neige et t'invite à le goûter • chaque soir elle remplit ton verre d'obscurité et le boit devant toi • elle t'a donné en cadeau à toi-même pour que tu te perdes à jamais • pour qu'à jamais tu ne sois plus qu'un couteau nu – coupant le temps face au miroir avec seul (...) • oui, portant dans tes poumons les alluvions irrespirables des ténèbres •

 

*

• oui, je le savais maintenant – j'avais passé mon enfance au milieu des pierres • j'avais bu jusqu'à satiété – en des coupes de lys – la gelée argentine des limaces • les pas flottaient comme de gros papillons noirs • j'écoutais le halètement sombre de la racine, l'oreille appuyée contre le trou de la serrure • personne ne m'aimait et ne pouvait me comprendre – et je répondais en répandant autour de moi une indifférence aussi tranchante que la lame d'un couteau •

 

*

• à travers un printemps humide saignant d'hypnoses et de sèves – à travers un printemps auquel ta pensée engourdie ne peut pas s'ouvrir • oui, un printemps que seuls les fous aux visages dédoublés peuvent encore connaître – dans leurs hospices plongés en des extases incompréhensibles •

 

*

• comme il est pur le regard de ces yeux qui ne te contemplent pourtant qu'avec les paupières • ces yeux presque aveugles qui te voient mieux en se cachant – en descendant profondément dans leurs puits hantés •

 

*

• la létale de la lune – elle, toujours elle – me donnait les pétales de ses paumes • je me baignais dans cette pâleur fraîche jusqu'à devenir transparent – jusqu'à devenir plus solitaire que tous les pétales – et toutes les neiges froides du miroir • je tremblais livide près des brumes brunes – je me coagulais de pensées près des frissons des murs • se réveillait en moi une inquiétude – l'inquiétude avec laquelle je l'avais toujours recherchée •

 

*

• quand tu me regardes c'est comme si je grimpais dans un arbre d'ombre • tes yeux sont des lassos de nuit et les instants arrêtés – la neigée d'étoiles pulvérisées •

 

*

• tu me rempli de fenêtres pleines de fenêtres – pleines de fenêtres ainsi qu'une pensée au paysage arrêté • les cendres de mon crâne se vident dans un puits de fumée •

 

*

• lui, que j'ai connu dès mon premier vide et mon premier noir – lui, plus froid qu'une statue de glace – à la semence plus froide que le Styx • lui dont j'ai oublié le nom à chaque pénible fuite • lui, dont la proximité me terrifie – lui qui me respire jusqu'à ce que j’étouffe • oui, lui... •

 

*

• je contemple mon double gélatineux et translucide – cette méduse anthropomorphe aux yeux d'or – immergé en cette eau étrange mais potable, tissée de veines multicolores comme une tapisserie liquide • qui sépare les chaos racineux du monde de l'étranger à l'armure d'aveuglant •

 

*

• je m'appuie aussi fort que je peux, sur les béquilles du malheur • je suis un loup qui se déchiquette tout seul dans des déserts de miroirs et de froid • avec nostalgie le vide m'a avoué et m'a dit : •

"je suis le dieu de la douleur et la souffrance est le seul moment où avec la première goutte j'ai dit moi • éloignez-vous de moi, les amis – vos syllabes ne peuvent m'accompagner – et les miennes sans doute vous blesseraient • laissez grande ouverte la porte par laquelle je rugis –t pour moi qu'une autre bouche par où le monde entier pourrait se résorber • cet instant de solitude que je vous réclame – c'est un autre temps où pourraient s'effriter les commencements du monde •

 

*

• j'aimerais découvrir le mot où je me cache et le mot qui se cache de moi •

 

*

• en moi l'oublié roi œdipe au seuil d'incompréhensible lumière – en moi le vieux narcisse aveugle • plus vieux et plus aveugle que les prophètes des commencements • bien, bien plus vieux – oui, bien, bien plus aveugle •

 

*

• la douleur, cette bizarre pierre de larmes – bizarre porte gardée par la sueur et le sang • et cette femme comme un morceau de plomb •

 

*

• je m'écroule si lentement que je semble flotter – sur toute cette  désolation qui n'est que la vérité qui se dessèche •  la vérité hideuse – crevant dans le silence assoiffé de tant de bouches cosmiques • oh ! je meurs seulement parce que mon illusion a vieilli – pas moi – elle, la décrépite •

 

*

quand on meurt on se divise en deux – et puis ce qui a été séparé se brise à nouveau sans nombre •

 

*

• comment arracher la vérité – la vérité – à la barque de la mort qui se tait • cette barque de la mort qui te sourit – qui te ment même en se confessant • peut-être qu'elle ne comprend pas – peut-être parce qu'elle ne comprend plus ce qu'elle dit – ce qu'elle doit dire • peut-être parce qu'elle ne comprend plus que ça – que les syllabes ont été inventées pour la cacher •

 

*

une note d'or – le hasard me la passe au doigt telle une bague • le labyrinthe la dissipe entre sentier et air • et avec elle me dissipe moi – celle sans commencement – sans fin dispersée • moi – la méduse rare tissée de transparence et de voile – létale du monde •
moi, rare fleur sélénaire aux pétales solitaires et létales – je suis descendue par les fenêtres infinies du vide – et je suis née des miroirs • mon âme est un labyrinthe en vain feuilleté • je suis descendue et je lis en eux avec des lettres cachées •

*

• mes sentes sont des dentelles de fumée sur une aveuglante lumière • des dentelles nostalgiques – rivages moribonds du seul • dentelles si dépareillées entre l'encore solitaire et le toujours aveuglant •
je laisse derrière moi les peuples gélatineux de la mer dont je m'ensource – les peuples de lumière du ciel dont je me perds • les couronnes d'or vif qui ont poussé telles des antennes entre mes tempes • les hermaphrodites tellement étranges avec leurs trois vagins esméraldiques et un infime phallus en cristal •

 

*

• mais tu es liée – toujours liée, toi, écume de lune qui lui – à une errance obscure • prise comme un flocon de mystère – ou un écho égaré – dans le piège d'un souterrain à l'obscurité grisonnante • dans une forêt de ténèbres d'une vieillesse insondable •

 

*

• pas vieux à cause des années – mais vieux d'obscurité – d'infinité de ténèbres • vieux de tant d'arbres non pénétrés de lumière – vieux du silence incarné – encordé – de ce labyrinthe trop obscur même pour la pâleur la plus trouble •

 

*

• oui, et cette forêt – la forêt du vieux regard de la solitude de l'abîme •

 

*

• un peut-être de glace sur lequel je patine en fondant – en m'enrêvant •

 

*

• à l'instar du nom divin qui n'est que respiration imprononçable • lui qui se prononce et se respire continuellement •

 

*

• et moi – étincelle de nulle part – vague de nul temps – écume de personne • nitescence de rien – scintillement létal de rien • je disparais comme une histoire dissoute • en des non-mots – en des rayons sélénaires de non-syllabes •

 

*

• la pierre étrange des murs ne peut être plus silencieuse que celle du poisson de l'âme qu'une pâleur astrale glace • le poisson d'exil – le poisson-grotte – qui jamais n'est vivant – et jamais mort • mais seulement en passage •

 

*

• l'ange est message et lyre jetés à l'abîme • l'autre me guette depuis des fenêtres cachées • il est l’œil du jardin d'or – le serpent-fragrance dans la tentation de la fleur • oh ! la nuit comme un vin ardent et sombre s'écoule dans les gosiers de mes yeux •

 

*

• parfois je contemple mélancolique mes mains parchemineuses en y cherchant les œufs noirs des lettres •

 

*

• les clefs entrent dans les clefs et les ouvrent – car seules les clefs sont des portes •

 

&

 

 

Oniriques.jpg

 

Oniriques, Phos (ΦΩΣ), 2025

qui est une sélec­tion pour les lecteurs fran­coph­o­nes (tra­duc­tion de Dana Shish­man­ian révisée par l'auteur), des trois recueils en roumain du cycle Onirice entamé en 2022.

 

 

 

• d'étranges blanchisseuses essorent les bâtiments trempés par la pluie

 

*

• en fait, jamais le mal n'a été plus indiscutablement mauvais ‒ et chaque mot, soumis à un plus impitoyable bombardement de négations • jamais je ne me suis senti plus handicapé de toute chance de transcendance • jamais aussi irréversiblement muet

 

*

• des vieux livres nous ne pouvons plus boire que les épis de la sécheresse • ta chevelure est or de poussière ‒ tes lèvres sont sommeil de cendres • et à nouveau je coupe avec des lames de dégoût et de sourire les amarres du monde • je danse ‒ moi, le funambule ‒ sur les cordes de la frustration qui me carie la vie et l'âme • avec des échardes de cri, je me cherche ‒ je me demande ‒ et m'appelle • oui, je me demande  – comment je pourrais habiter une autre demeure que le souterrain • oui, me chercher ‒ où ailleurs que dans les ruines des sous-marins et des croiseurs coulés

 

*

• et toi espérance, étrange fantôme que le soleil ne chasse point – toi qui prolonge en jour la nuit dépressive

 

*

• tu descends sur les marches imaginaires de l'eau – t'égares dans les canaux étroits d'entre barques et chandelles • et tu cherches une sortie dans chaque éclat de ta disparition impossible • dans chaque bris de ce faire-semblant extatique où l'oubli joue à cache-cache

 

*

• depuis le néant vers le néant, nous nous effritons ‒ quand le désespoir est inutile et la mélancolie, dérisoire

 

*

• l'homme-heure est vidé à chaque seconde – comme un sémaphore qui remplit consciencieusement sa norme • dans les bureaux brumeux pour les dos courbés – oui, pour les têtes enfoncées dans les ordinateurs de l'absurde et du sable • ce mal cabossée comme des chaussures abîmées par trop d'usage • ces mots abandonnés par le sens – qui pendent visqueux aux branches d'oubli

 

• quand la panique te fait transpirer comme si tu étais soudain recouvert d'une colonne de soldats

 

• des trahisons de soi – avec leurs crampes de lumière (...) non pas la voie vers l'enfer mais seulement vers les cendres – oui les pleurs aux joues sèches • quand tout à la fin – même l'âme – s'avère un masque pour le néant 

 

*

• étrange visage inversé recouvrant des mono-schizophrénies boréales avec des atolls en œil de paon

 

*  

• ralenties – aliénées – les secondes me regardent avec transparence – elles, larves ébahies de l'infini • et j'étais un – et j'étais deux – et j'étais une toile d'obscurité au sexe incertain

 

*

• car le temps n'est que le pus de l'éternité

 

*

• et au lieu d'un lendemain encore possible – le sourire tordu d'un fou

 

*

• les serpents étaient des prophéties faites autrefois par la terre • en eux on entend la glèbe venimeuse et fertile avec ses voix muettes – elle, la profonde gordienne nouée

 

*

• là-bas, une paupière désespérément collée au trottoir – au-delà, une paume de tristesse enfoncée dans l'écorce de l'arbre • ou cet effort insensé pour lisser – pour caresser la rugosité – la souffrance de toutes les choses • directement par le cœur • parce que tout souffre – et tu n'es rien de plus  • que le néant laissé derrière par la souffrance

 

*

• et peut-être  un soldat – ou deux ou trois – sortaient d'elle avec leurs uniformes rouge sang • telles des croûtes de pain mâchées par une ultime guerre 

 

*

• il ne restait plus qu'un sein reverdi • oui, si solitaire est le néant que même la solitude le quitte

 

*

• peut-être les infinis ne sont que frémissement de phrases ou le néant lit le gaspillage des mondes • peut-être dois-je boire en des verres brisés l'abîme – jusqu'à ce que les étoiles me dévorent comme l'acide sulfurique • peut-être faut-il rompre le pain des syllabes dans le sexe équivoque des sibylles (...) la colline est une vague paralysée par une contemplation indéchiffrable – par la contemplation qui dans les signes des choses dépose toujours l'énigme

 

*

• il doit y avoir encore dans l'obscurité de l'asphyxie quelques vieilles fissures par où du monde l'on puisse s'évader • le cœur lui-même est une telle crevasse restée d'un cosmos fossile

 

*

• les jours cassent des pierres pour les routes du désespoir – du charbon anxieux des mines du dégoût

 

*

• la hutte de nuit s'effrite sous la lune

 

*

• l'absurde des foules asservies à l'extermination – et les élites, ces "génies" létaux de crachats et carton

 

 

 

*

 

aashishmanian_m.jpgAra Alexandre Shishmanian, né en 1951, exilé roumain en France, historien des religions et de la littérature, est aussi un poète très prolifique. Je l'ai publié dans ma revue Nouveaux Délits en 2023. 

Diplômé de l’Université de Bucarest avec une thèse sur le Sacrifice védique ou coïncidentia oppositorum, Ara Alexandre Shishmanian a souffert des persécutions en Roumanie en raison de son opposition au régime communiste, notamment par suite de la signature en 1977 de l’appel pour les droits de l’homme lancé par l’écrivain Paul Goma. Il a dû quitter définitivement la Roumanie avec son épouse Dana, elle-même poète et qui est aussi sa traductrice, en 1983 et se sont installés en France en tant que réfugiés politiques.

En tant qu’historien des religions, il est l’auteur de plusieurs études sur l’Inde védique et la Gnose, parues dans des publications de spécialité en Belgique, France, Italie, Roumanie, États-Unis (dont les actes du colloque « Psychanodia » organisé à Paris en 1993 sous l’égide de l’INALCO en mémoire de l’historien des religions I. P. Couliano, disciple de Mircea Eliade).

Il a publié également un grand nombre d’articles politiques dans la presse roumaine d’après 1989, tant au pays qu’en exil.

 Ara Alexandre et Dana Shishmanian ont publié ensemble des études et articles d’histoire des religions, histoire littéraire, politique, en français et en roumain.

 

Voir leur site commun : https://adshishma.net/AraDana-Accueil.html

 

Dana qui est aussi membre actif depuis 2012 de l'excellente revue en ligne Francopolis qui existe depuis 2002 et qui cette même année fut parmi les premières revues à publier ma propre poésie.

 

 

Écrire un commentaire

Optionnel