RÉSONNANCE & COPINAGES - Page 36
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Je veux rentrer à la maisonMais ma maison est la gueule d’un requinMa maison est le canon d’un fusilEt personne ne voudrait quitter sa maisonA moins d’en être chassé jusqu’au rivageA moins que ta propre maison te diseCours plus viteLaisse tes vêtements derrière toiRampe dans le désertPatauge dans les océansNoie-toiSauve-toiMeurs de faimMendieOublie ta fiertéTa survie importe plus que tout.Personne ne quitte sa maisonA moins que ta maison ne chuchote grassement à ton oreilleParsFuis moiJe ne sais pas ce que je suis devenueMais je sais que n’importe oùVaut mieux qu’ici.Warshan Shire est une jeune femme britannique d’origine somalienne.
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Violette Leduc
Être désespérée ne veut pas dire qu'on n'espère plus.
in Ravages
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Violette Leduc
Nous avons roulé enlacées sur une pente de ténèbres.
in Thérèse et Isabelle
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Francis Ponge

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Yi King - Le livre des transformations

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Henri Bergson
La connaissance intérieure et les expériences extérieures anormales leur montrent un côté de la réalité que les autres ignorent et commencent ainsi leur voyage vers l’éveil.
Chaque étape du voyage est faite en suivant le cœur au lieu de suivre la foule et en choisissant la connaissance et non pas les voiles de l’ignorance.
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Alosyus Bertrand
Et je me demandais si je veillais ou si je dormais, - si c'étaient les pâleurs de la
lune ou de Lucifer, - si c'était minuit ou le point du jour !in Gaspard de la nuit
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Noam Chomsky,
Structurellement, l’équivalent politique de l’entreprise est l’état totalitaire.
in La fabrication du consentement
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Hippocrate

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Michael Greshko
Notre Soleil n'est pas une boule de lumière qui flamboie paisiblement, c'est un véritable four nucléaire qui déferle à travers la galaxie à la vitesse folle de 720 000 km/h à mesure qu'il orbite autour du centre galactique. -
Antoine Saint-Exupéry

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Alejandro Jodorowski

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Aristophane
À l’origine était le Vide, et la Nuit, et le noir Erèbe, et le large Tartare ; la Terre, l’air ni le ciel n’existaient pas encore. Mais dans les profondeurs infinies de l’Erèbe, la nuit aux ailes noires enfanta un œuf sans germe, d’où sortit, à la saison fixée, Eros le désirable, le dos resplendissant de deux ailes d’or, pareil aux tourbillons rapides comme le vent. S’étant uni de nuit au vide ailé, dans le large Tartare, il façonna notre race (à nous les oiseaux) et la fit surgir la première à la lumière. Celle des Immortels n’existait pas avant qu’Eros n’eût opéré l’union de toutes choses : du mélange progressif des éléments entre eux sortirent le Ciel, l’Océan, la Terre, et la race impérissable des dieux bienheureux.
in Les Oiseaux
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In memoriam... Werner Lambersy lu par lui-même, Cathy Garcia & Jean-Louis Millet
Le poème
est un rapport inconnu
à la vérité
la mort aussi
le poème n'est pas la mort
mais il passe
par là
la mort
comme le poème
passe par là où l'on ne peut
qu'être seul
la mort est poétique
en ce qu'elle est sans retour
le poème
est la mort de la mortWerner Lambersy, un poète de passion, généreux, génial et immensément profond vient de nous quitter, j'avais publié quelques-unes de ses songeries inédites dans le n°22 de ma petite revue en 2007 et avec beaucoup d'émotion aussi des extraits de "La toilette du mort", dans le n°31. Il avait aussi écrit une présentation pour la quatrième de couv. de mon recueil "Mystica perdita", très modestement comme il a toujours su faire.Werner Lambersy est né le 16 novembre 1941 à Anvers (Belgique), d’un milieu néerlandophone, a choisi d’écrire en français. Il a parcouru les États-Unis, le Canada, les Indes, la Chine et s'est fixé à Paris en 1982 où il est chargé de la promotion des Lettres au Centre Wallonie-Bruxelles. Son succès ne lui a jamais fait perdre sa liberté de parole, sa sensibilité libertaire et résolument anti-fasciste. Un combat qui touche directement son histoire personnelle, en témoigne le très long poème LA TOILETTE DU MORT paru d'abord dans la revue flamande Septentrion n°XXXIII/2004. Traduit dans de nombreuses langues, notamment en japonais, son univers poétique touche un public de plus en plus large et cosmopolite. Bien qu'il soit issu d'un milieu néerlandophone, il a choisi d’écrire en français : acte de résistance et d'antifascisme, dit-il, dont l'emblème inconscient guide toute son écriture. Il est l’auteur depuis 1967, d’une centaine au moins de recueils traduits partout à travers le monde. Fils de Juliette Rosillon, issue d’une famille aisée de la diaspora juive et d’Adolf Lambersy, intellectuel et homme de lettres autodidacte, partisan convaincu des idées du parti extrémiste flamingant VNV, engagé volontairement dans la SS en 1942. Un père et un fils aux idées totalement opposées, sans aucune possibilité de rapprochement. Le fils renié, ignorera jusqu’au lieu de la sépulture du père mort en 2002. C’est parce que j’avais été profondément touchée par la lecture de "La Toilette du mort" (Ed. L'Age d'Homme, 2006) qui évoque puissamment ce terrible fardeau héréditaire que j’ai eu envie d'en proposer un extrait dans le n°31 de ma revue avec l'accord de l'auteur. Je vous encourage à lire ce recueil dans son intégralité, y figure aussi un autre texte, à propos d’un autre homme de lettres, Ezra Pound, poète américain émigré en Italie en 1924, égaré lui aussi dans les théories fascistes et mussoliniennes, mais qui reconnaitra publiquement sa terrible erreur.Et si vous n'avez jamais lu Werner Lambersy, c'est le moment, l'homme est parti poursuivre sa route d'âme mais sa poésie est éternelle parce qu'intemporelle. Vous trouverez de nombreuses citations et références à son œuvre sur ce blog et ici : http://wernerlambersy.eklablog.com/Werner est aussi le très proche ami d'un très très proche ami et complice de création, Jean-Louis Millet, qui tenait pour lui le blog mentionné ci-dessus et c'est donc l'hommage de Jean-Louis pour son ami que je souhaite partager ici (et suis très honorée d'en être, le texte de Werner que je lis dans la vidéo, "La déclaration", est une perle d'amour dédiée à sa compagne et épouse que j'ai eu le plaisir de publier aussi plus récemment dans la revue).Mes pensées vont à elle et à tout leurs proches. -
Werner Lambersy
Aigremoine, aristoloche, benoîte, bétoine, bleuet, condamine, chélidoine, chiendent, cigüe, colchique, consoude, dauphinelle, digitale, euphorbe, fenouil, ficaire, fumeterre, germandrée, guimauve, lamier, liseron, mélilot, mercuriale, millepertuis,
achillée, absinthe, angélique, arum sauvage, aspérule, berce, bourrache, bryonne navet, capucine, carvi, chicorée, datura, trigonelle, jusquiame, laitue, marguerite, menthe, moutarde, orties, pensée, romarin, roquette, rue, safran, sarriette, sauge,
trique madame, verveine, aneth, armoise, bardane, belladone, cerfeuil, coquelicot, joubarbe, jonquille, lavande, lierre, mauve, myosotis, marjolaine, persil, pervenche, sorcière, molène, morelle, narcisse, orchidée, origan, centaurée, pissenlit,
pulmonaire, salicaire, saponaire, scabieuse, séneçon, souci, tanaisie, tussilage, valériane, véronique, violette, vipérine, pimprenelle, rhubarbe, raifort, thym, gaillet, mélisse, pariétaire, cassa, ail, genêt, éricale, solanée, primevère, balsamine, herbes Saint-Jean…in De brins et de bribes
avec Jean-Louis Millet, encres
éditions du Cygne