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RÉSONNANCE & COPINAGES

  • Lukasz Kamienski - Les drogues et la guerre

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     Nouveau Monde Ed. 2019 

     

     

    Un long et complet article dans Cairn qui avait précédé le livre de 3 ans : 

    •  Par Lukasz Kamienski, Traduit de l’anglais par Pauline Landel et Samira Ouardi, 2016

     

    "La psychopharmacologie a nourri les guerres et assisté les soldats et les guerriers au combat de façon remarquable. L’usage de stupéfiants de combat est un phénomène à la fois pérenne et universel. Au cours des siècles, la prise de substances psychoactives a servi à remplir deux objectifs principaux. En premier lieu, les drogues ont été « prescrites » par les autorités militaires afin d’améliorer la combativité. Avant ou pendant la bataille, des stimulants (comme les amphétamines ou la cocaïne) ont été fournis pour améliorer la performance des soldats au combat. En améliorant l’endurance et la puissance physique, en rendant l’esprit plus alerte et en rehaussant le moral des troupes, les stimulants ont permis un décuplement des forces. En second lieu, après les combats à proprement parler, des sédatifs (comme l’alcool, la marijuana ou les opiacés) ont été administrés pour soigner ou prévenir les effets de la guerre sur le psychisme humain. Les traumatismes du combat pouvaient en effet rendre les soldats incapables de continuer à se battre, aussi ce type de calmants aidait-il à calmer leurs nerfs éprouvés. (...)"

     

    La suite ici qui montre l'hypocrisie de nos sociétés dans ce rapport aux drogues et qui montre aussi que la guerre n'a rien de naturel finalement... : https://shs.cairn.info/revue-mouvements-2016-2-page-100?lang=fr

     

     

     

  • Hydros - L'eau cycle de la vie - de François Stuck (2025)

     

    « Hydros – L’eau, cycle de la vie » est né du souhait de répondre à deux questions. Comment porter sur la place publique les enjeux qui nous concernent et comment s’approprier ces enjeux et la complexité des défis qui se présentent à nous ?

    La préoccupation du cycle de l’eau nous amène à nous projeter dans l’avenir avec l’idée que nous partageons avec l’ensemble des êtres vivants « un destin commun ». À ce titre, Laurent Roy nous rappelle, au début du film, le statut de l’eau en France : « L’eau est un bien commun de la nation ».

    Le documentaire « Hydros – L’eau, cycle de la vie » enquête sur notre relation à l’eau au travers de nos usages, de notre conception du partage de cette ressource indispensable à la vie, des solutions mises en œuvre pour préserver et même restaurer un cycle de l’eau plus que jamais menacé par les activités humaines. Se sont pas moins de 34 personnes qui témoignent.

    Nous avons les savoirs et savoirs faire pour engager des « actions sans regret » en faveur de la ressource en eau pour les humains comme pour l’ensemble du vivant. Le sujet du documentaire est d’explorer ces pistes de transformations.

    Le film est projeté lors de ciné-débat qui nous permettent cette appropriation des problématiques liées à l’eau.

     

     

    Les projections-débats sont au cœur de notre action. Tout le monde peut en organiser.
    Acteurs de la société civile, associations, entreprises, collectivité territoriales, ministères, …

    L’enjeu est de permettre à un large public de s’approprier les enjeux liés au cycle de l’eau et aux solutions pour le restaurer. Ces événements sont une occasion de créer une rencontre entre citoyens et acteurs de l’eau.

    Les projections peuvent se faire dans des cinémas ou dans tout lieu permettant la diffusion d’un film et la tenue d’un débat.

    Vous souhaitez avoir des informations pour l’organisation des projections-débats : Le mode d’emploi

    Vous pouvez aussi nous joindre :
    Courriel : contact@idetorial.fr
    Tél. +33 (0)6 144 20 531

    Association loi 1901
    61 chemin des Ramonettes 46300 Payrignac
    SIRET : 800 930 471 00027 / APE : 5911B
    www.idetorial.fr

     

     

  • Maksym Kryvtsov (1990-2024)

     

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    Un compagnon d’armes du poète, photographe et soldat Maksym Kryvtsov, en Ukraine, en 2023.

    les photos sont extraites de son recueil « Poèmes de la brèche ». 

     

     

    Il a déménagé à Boutcha à la mi-mars 2021
    a pris un petit appartement en sous-sol et un chat
    dont la fourrure avait la couleur du glaçage sur les éclairs.

    Il est allé aux cours d’anglais, à la salle de sport et à confesse
    il aimait regarder la neige tomber
    et la rue disparaître dans la brume.

    Il écoutait Radiohead, les vieux albums d’Okean Elzy, la pluie, l’orage et les battements du cœur d’une fille
    avec laquelle il s’endormait dans son appartement en sous-sol
    et se réveillait dans son appartement en sous-sol
    il embrassait son visage chaud
    se serrait contre son corps collant
    plongeait avec sa paume dans la vague de ses cheveux
    et se débattait dedans comme une mouche prise dans une toile.

    À l’automne, elle l’a quitté
    comme les oiseaux quittent les bois
    comme les ingénieurs quittent l’usine à la fin de leur journée
    et elle est partie en Pologne
    pour y rester.

    Il a pris le chat qui ressemble à une pâtisserie
    et a dit : chat, on doit partir
    comme un matin
    comme la vie
    comme la maladie
    il nous est arrivé
    froide comme la glace
    une guerre
    la leçon qui s’intitule "vie tranquille" est finie.

    Dans la brume disparaît la rue
    tombe la pluie
    on ne l’écoute absolument pas
    le chat s’est enfui dans le champ et il a pour nom le vent.

    Sur la croix comme sur une carte d’identité, il est écrit :
    Ci-gît le numéro 234 souvenir éternel.

    Elle rêvait d’un voyage en Patagonie
    d’une histoire avec un chanteur de rock
    d’une réincarnation en tsarine ou en poisson.

    Elle prévoyait d’écrire un livre
    sur la mémoire,
    fragile comme la croûte d’une crème brûlée
    délicate comme l’amour
    qui s’écoule tel du sable entre les doigts
    et disparaît
    elle n’est plus.

    Elle aimait son vélo
    la glace au lait concentré sucré
    collectionnait les feuilles d’automne
    comme des timbres
    aimait observer les nuages
    éparpillés comme le pop-corn
    d’un gosse débraillé au cinéma.

    Elle partait seule en montagne
    pour inhaler un grand bol d’air et d’aiguilles de pin
    cueillait de la menthe et de l’épilobe en épi
    cueillait des étoiles, les rangeait dans sa mémoire comme dans un album photo.

    Son père était mort en deux mille quatorze
    elle avait quatorze ans quand sa mère était partie en Italie
    pour y rester.

    Elle évitait les relations, parce qu’elle attendait le chanteur de rock.

    Quand l’hiver avait décidé de s’installer
    au minimum jusqu’à l’automne suivant
    le signifiant avec douleur et fracas
    et que ça sentait dans la rue
    le silence horrifiant
    le feu et la terre
    les corbeaux s’envolèrent.

    Alors elle garda la tête froide
    attrapa sur l’étagère du haut une petite boîte
    d’épilobe en épi et de thym séchés
    infusa les feuilles
    versa dans un thermos
    et l’apporta au poste
    aux gars de la défense territoriale.

    Sur la croix, comme un tatouage il est tracé :
    Ci-gît le numéro 457 souvenir éternel.

    Elle vivait près du parc
    dans un petit immeuble
    nourrissait les écureuils
    nourrissait les chiens
    nourrissait les ivrognes
    elle était la gardienne de l’automne
    et la gardienne des souvenirs
    éparpillés comme du sucre en poudre.

    Elle avait 54 ans
    elle travaillait dans une entreprise de service public
    portait un bleu de travail du magasin Épicentre
    et circulait en vélo.

    Elle se peignait les ongles en pourpre
    se peignait les lèvres en pourpre
    et chaque nuit elle faisait des rêves pourpres.

    Elle regardait l’émission "L’Ukraine parle"
    essuyait ses larmes avec un mouchoir blanc
    se rappelait l’enfance
    la chaleur du soleil d’alors
    elle lisait un livre de Kokotioukha avant de dormir
    et plongeait tel un scaphandrier dans ses rêves
    pourpres comme ses ongles
    pourpres comme ses lèvres.

    Elle attendait samedi
    pour ôter la poussière dans chaque pièce
    laver les vêtements
    préparer un gâteau aux pommes
    et penser au passé.

    Elle fut tuée le cinq mars
    en arrivant au coin de sa rue
    en vélo
    tuée comme la nuit tue le jour
    comme l’automne tue l’été
    crucifiée par une rafale de mitrailleuse de char.

    Sur la croix comme sur un panneau d’affichage, on lit :
    Ci-gît le numéro 451 souvenir éternel.

    Dans les rues et dans les champs
    ont surgi de nouveaux calvaires
    mais leurs clous sont des balles
    mais leurs lances sont des canons.

    On voulait
    compter les jours jusqu’à l’été
    compter les chatons
    compter les enfants
    compter les étoiles
    compter jusqu’à cent, et s’endormir.

    Ci-gît le numéro 176 souvenir éternel
    Ci-gît le numéro 201 souvenir éternel
    Ci-gît le numéro 163 souvenir éternel
    Ci-gît le numéro 308 souvenir éternel.

     

    Traduit de l’ukrainien par Nastasia Dahuron

     

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    Merci au Hasard de connivences

    https://auhasarddeconnivences.eklablog.com

     

     

    Deux autres recueils de poètes ukrainiens viennent de sortir publiés en français :

     

    « C’est ainsi que nous demeurons libres » (Dasein oborona prysutnosti), d’Yaryna Chornohuz, traduit de l’ukrainien par Ella Yevtouchenko et Frédéric Martin, Le Tripode, 128 p., 16 €.

    « Nous étions là » (Tut buly my), d’Artur Dron, traduit de l’ukrainien par Nikol Dziub, Bleu et jaune, 128 p., 18 €, numérique 12 €.

     

    *

    GUERRES : STOP !

     

     

     

  • Nathalie Quintane - Soixante-dix fantômes (choses vues)

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    La Fabrique éditions, 17 octobre 2025, 200 pages

    https://lafabrique.fr/soixante-dix-fantomes/

     

     



    Qu’est-ce qu’une expérience fasciste ordinaire ? Qu’est-ce qu’un flash fasciste dans une vie normale ? Un détail, un mot, un geste, dont vous avez brutalement la certitude que c’est ça, que, cette fois-ci, vous n’interprétez pas, ce n’est pas de la parano, c’est pour de bon, pour de vrai. Vous voilà saisi·e. C’est ce saisissement, et ce qui l’a provoqué, que décrivent les courts textes de Soixante-dix fantômes. Parfois, une sortie possible s’ouvre…

     

     

    Nathalie Quintane publie chez P.O.L, des livres sans indication générique. À La fabrique, elle est l’autrice d’Un hamster à l’école, Ultra-Proust et Les années 10.

     

     

  • Anna de Noailles


    Ces enfants, bondissant, partaient, contents de plaire
    Au devoir, à l’honneur, à l’immense atmosphère,
    Aux grands signaux humains brûlant sur les sommets.
    Ils dorment, à présent, saccagés dans la terre
    Qui fera jaillir d’eux ses rêveurs mois de mai…
    — Songeons, le front baissé, au glacial mystère
    Que la Patrie en pleurs, mais stoïque, permet.

    Ils avaient vingt ans, l’âge où l’on ne meurt jamais… 


    in La jeunesse des morts 

     

     

  • Bruno Sourdin

     

    Le monde est plein de bruits et de fureur
    Il fait froid
    Trop paresseux pour me lever
    Les pensées en désordre
    J’ouvre mon vieux livre de poèmes
    Je pense à l’endroit où personne ne vient
    Je pense aux arbres, aux nuages et aux rochers
    Je pense à l’odeur des herbes
    Je pense aux corbeaux de la montagne
    Je pense au jardin de Lo Yang
    Je pense aux deux grues qui savent danser

     

     

  • Jean Bédard

    Chaque matin, se lever et nourrir les chèvres, travailler aux champs et au jardin. Participer. Insérer les grains entre les lèvres tièdes de la terre. Refermer avec la paume. Sentir les lèvres de la terre jouir un instant de la semence.

    in Marguerite Porète

     

  • Alain Le Beuze

     

    Au fond du jardin, derrière les hautes herbes qui

    raccommodent l’illusoire, la cabane de planches

    repeinte de lumière grince dans son ombre apeurée.

    Son toit de tôle presque aveugle sous les flatteries

    du lierre où carillonnent les scènes d’oiseaux résiste

    encore. Les abeilles affairées y tressent une parole de miel.

    La porte ne ferme plus sur les féroces odeurs de chiotte qui

    roucoulaient là jadis. Les intempéries de la rouille l’ont poussé

    dans un sommeil d’orties.

    La lumière paresse là parmi ces outils encore tout crottés de

    leurs souvenirs de terre.

     

     

  • Jeanne Mermet - Désertons !

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    éditions Wild project/Les Liens qui libèrent, septembre 2025

    https://wildproject.org/livres/desertons

     

    « C’est à quel sujet ? La désertion. La désertion de qui, de quoi. La désertion comme acte politique, philosophique, poétique, pratique ? Déserter, c’est quitter quelque chose. C’est pas juste quitter, c’est refuser. »

    Refuser de nuire, refuser de dominer, refuser la guerre. Partant du phénomène de désertion des jeunes diplômé·es d’écoles d’ingénieurs dont elle est elle-même une protagoniste, l’autrice nous invite ensuite à conjuguer déserter à plusieurs personnes, plusieurs temps, plusieurs échelles : « Pouvons-nous déserter collectivement de la trajectoire sociale meurtrière et catastrophique dans laquelle nous sommes lancé·es ? »

    Dans ce récit intime et engagé, Jeanne Mermet interroge le rôle des sciences et des techniques ainsi que celui des personnes qui les font, et propose des pistes pour prendre soin et refuser de nuire collectivement.

     


    L’autrice

    Jeanne Mermet est diplômée de l’École Polytechnique et de l’Université Technique du Danemark en 2019. Elle choisit ensuite de ne pas exercer le métier d’ingénieur, et adopte pendant quelques années un mode de vie nomade en rencontrant les luttes écologistes et les milieux alternatifs, pour explorer diverses manières de mettre en lumière et en débat les enjeux de la gestion de l’énergie, et la place des sciences et des techniques dans les crises en cours.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Sylvie Germain

     

    C’est toujours les mêmes histoires, les mêmes saletés, la méchanceté n’a aucune imagination sous son air hâbleur et conquérant, elle radote piteusement, recyclant sans fin ses vieilles trouvailles, et le pire, c’est que ça marche, il se trouve constamment des novices pour se laisser séduire, et prendre goût au jeu.

     

    in À la table des hommes