Eugène Samuel Grasset (1845-1917) - Trois Femmes et trois loups, vers 1892

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Paris 1949

Paris 1949




Elliott Erwitt, célèbre photographe américain, né en 1928 de parents russes-juifs. Il a passé dix ans de son enfance en Europe notamment en Italie, Allemagne et France avant que ses parents n'émigrent en 1939 aux États-Unis, à New York puis à Los Angeles.

LES MOTS
Les mots sont des lames qui laissent des traces, de vilaines cicatrices
Les mots sont des bombes à explosion différée
Parfois même mines anti-personnelles
Les mots sont cruels mais sont aussi
Des baumes pour le cœur, des bonbons qui fondent en bouche…
(mhmmmmm c’est bon ça, me dit ma toute petite fille).
Les mots sont des perles qui parfois font de beaux colliers
(comme pour mettre aux oreilles, me dit-elle encore).
Les mots sont des véhicules non polluants, les mots sont parfois trop salés
Les mots sont des animaux dociles ou sauvages et les poètes d'étranges bergers
Les mots sont points
De vue de croix de suture
Les mots sont fils conducteurs qui peuvent nous égarer
Les mots sont perches et parfois perchés
Tentatives pour se relier, se dire, se comprendre
Les mots sont ce que nous voulons qu'ils soient, mais trop souvent, ils nous échappent
Et souvent ils n'y sont pas quand l'essentiel est à dire
Les mots dès qu’ils prennent l’air, sont moRts
Les mots sont bouts de bois, cailloux, ficelles avec lesquels se construit l'humanité
Les mots sont étranges
Les mots en folles orgies de lettres
Les mots sont musique, ils chantent, enchantent
Et parfois, ils tuent.
Cg in Complainte du poète

AJ Frena is an illustrator from Texas who studied at the School of Visual Arts in New York City.

M’AIMES-TU ?
quand je suis
l’eau
roule galets
hanche qui bondit
remous secrets
eau sable lumière
qui t’envahissent
la bouche
fauve
aux griffes d’air
ciel fendu
terre foulée
avec des crocs des serres
à déchirer le cœur
d’un soleil
baiser serpent
flamme fumée
la chanson
le parfum
qui te font
pleurer
chatte
de gouttière
vagabonde
folle de lune
rêve tordu
fugue éclopée
semeuse d’espoir
sur laine de verre
quand je ris sans savoir
pourquoi
quand j’ai peur
de tout de vivre de moi
et rage de ne pouvoir
fuir encore et encore
faire tourner le monde
à l’envers
quand je trépigne et cabriole
sans bouger d’un cil
d’un fil
quand je dis
le convenu
le superflu
et omets
l’essentiel
quand j’entends des violons
inexistants
et oublie ces mots ces gestes
qui bafouillent
je t’aime
je naufrage au revers
d’un alcool de brume
ma robe est noire
mes yeux brûlés
des accents nomades
me font couler
mes sourires
tournent grimaces
et je tremble et grince
le vent se lève
tempête dans ma tête
gicle à mes lèvres
un jus noir amer
quand tes mots ne m’atteignent pas
quand tes mots ne m’atteignent plus
qu’explosent les ponts
les piliers de compréhension
un samouraï délirant
à la douceur assassine
s’arrache les entrailles
pour dérouler à tes pieds
l’histoire d’une vie
ratée
ma vie
m’aimes-tu dis
m’aimes-tu
encore ?
cg in Salines, 2007

Lui
Elle l’a vu
il lui a plu
dès la première fois
donné ce désir étrange
d’un chemin à ses côtés
voir où il mène
avec le cœur qui bat
l’envoûtant tempo
de ce nous
qu’elle pressent
cg in Le baume, le pire et l'essence










Photographe belge, fait partie du Project-experimental group C o n c e p t



Elle est entrée en silence comme dans un bain d’huiles, quand les parfums se font médecine. Elle est entrée en silence et n’en est plus ressortie. Certains disent qu’elle s’est noyée, d’autres — mauvaises langues —, que le bain a refroidi. Tout cela est faux. Elle est entrée en silence et elle y a découvert un vaste univers, nul besoin de revenir puisque elle n’est même pas partie. Elle est simplement entrée. Entrée en silence. Les pieds léchés par les vagues, la place immense où il ne fait jamais nuit, pas plus que jour d’ailleurs, il y fait seulement un léger, un merveilleux, un dense silence. Elle y est entrée comme on entre dans son lit, comme on glisse en soi. Elle n’est pas partie. Elle est là, minuscule et immense, en silence.
Cg in Le baume, le pire et la quintessence

Argile des pieds, musique des toiles d’araignées. Le chant des sphères, le chant des bulles.
Non je n’ai pas oublié le sang des champs noirs mais je fabrique une énergie de contrebande, distille le peu que je sais de l’amour. Je poissonne, frissonne, électrise l’eau de mon corps pour la rendre vivante.
cg In Chroniques du hamac, 2008

Encre noire
Sur neige blanche
Devient plume
Vivante
L'oiseau
yin
est yang
CG, 2013











Jephan de Villiers est sculpteur. Il est né au Chesnay le 4 avril 1940. Il partage son temps entre l'atelier de Jolymont à Watermael-Boitsfort (Bruxelles) et celui de Corloux à Mirambeau (Charente-Maritime). Vers l'âge de 14 ans il commence à recueillir dans le jardin de sa grand-mère près de Versailles des brindilles et des feuilles mortes pour en faire d'immenses villages de terre et d'écorces. Quelques années plus tard, il remplit de gouaches des coquilles d'œuf et les jette sur de grands papiers noirs. Dans les années 1960, la découverte de l'atelier de Brancusi reconstitué au musée d'art moderne de Paris, donne naissance à des sculptures blanches filiformes qu'il appelle Structures aquatiales. Il s'installe alors à Londres où il expose ses sculptures de plâtre. En 1976, lors d'un voyage à Bruxelles, Jephan de Villiers découvre la forêt de Soignes et ramasse le premier "bois-corps" préfiguration du Voyage en Arbonie. Dès lors, tout ce qu'il utilise vient de ce monde secret des végétaux tombés sur la terre où ils pourrissent, se perdent et se transforment. Ces racines, ces écorces de bouleau, ces bogues, ramassés au cours de ses promenades en forêt, vont devenir des peuples de nomades, des forêts en marche, des anges chevauchant des ours géants. Ce peuple de bois mort s'avance en longs défilés silencieux, étranges tribus d'un territoire imaginaire.














Née en 1956 à Hagen, Jaya Suberg vit et travaille à Berlin depuis 1980. Dans ses photos manipulées se superposent des couches de lieux/moments donnant naissance à des mondes oniriques où se heurtent le concret et l’imaginaire. Elles mélangent aussi les techniques pour obtenir des oeuvres du même accabit.

Death in the Alley, 1900

Death Looking into the Window of One Dying, c.1900




Peintre tchèque (1872-1958)