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Mahamoud M'Saidie - L'odeur du coma

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LGR, 2005

 

 

Une vieille femme décousue aux seins morts au visage calciné me frotte le cœur avec des feuilles de cactus
Elle n'est pas ma muse mais ma tempête celle qui bouscule mes veines et réclame les chants de mes fibres intimes

 

(...)

Il y a des femmes en guenilles plates et légères comme les sauterelles
Elles font hypothéquer leurs dents leurs cheveux pour des quignons de pain

 

(...)

Une maigre rosée sur l'épaule d'une pelouse ébouriffée est plus gaie que lui
Les mauvais temps venant des gouffres amer des pays sans fraîcheur sifflent et soufflent dans son ventre

 

(...)

C'est depuis un demi-siècle que les fumées des chars brûlent la peau du ciel
Les anges qui jouent dans les cours des maisons ont les sourires opaques la prunelle rouillée

 

(...)

Elle a ramassé un soleil qui dormait torse nu dans la forêt de l'aube
Elle l'a glissé dans le soleil de son bas-ventre
Puis elle l'a habillé de mots d'amour doux comme la peau des rêves

 

(...)

La vieille sorcière des hautes plaines raconte qu'elle a vu hier une mer folle à lier
Elle l'a vue emballer ses bagages et s'armer de ses draps d'eau de ses forêts internes de ses bidons vieillis par les siècles de pourritures bien versées sur sa vertèbre
La douleur de ses eaux fait du bruit comme le claquement des balles
(...)
La vieille sorcière des hautes plaines raconte qu'elle a vu la mer s'en aller à pas d'ouragan dans les villes avec ses plaies et sa gorge serrée
Elle l'a vue forcer les portes des ennemis

 

 

 

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