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Clémentine Pons

Je me réveille
le cœur comme un sac plastique
gonflé / vide / collé au visage
y’a des oiseaux qui chantent plus
juste du bruit de moteurs
et de climatiseurs qui crachent l’apocalypse
...
même dans les forêts
ça sent le neuf
le détergent
la mort
j’ai peur pour l’eau
j’ai peur pour l’air
j’ai peur pour le gosse qu’on fera peut-être pas
parce que le monde est trop chaud
trop cher
trop tard
c’est comme bouffer un fruit moisi
et dire merci
parce qu’y a plus rien d’autre

 

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