Edward Sheriff Curtis - Maricopa tribe - 1907



Récolte du saguaro
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.



Récolte du saguaro
Toutes les erreurs de l'homme viennent de ce qu'il s'imagine marcher sur une chose inerte alors que ses pas s'impriment dans de la chair pleine.

C’est un lieu propice à la création, à la réflexion aussi. Juste trouver comment, peut-être pas le pourquoi, mais au moins un sens, une saveur. C’est un lieu propice à la contemplation aussi. Juste éviter d’être trop fixé sur le nombril. C’est vrai, j’ai besoin d’espace intérieur et extérieur. Je me sens moins enfermée dans la solitude parfois qu’avec les autres. Ceux que l’on ne connaît pas intimement, les étrangers pas assez étranges, faux miroirs, faux-semblant, faux-culs aussi souvent. Bref, espace de repli, espace de vagabondage, espace d’inspiration et d’expiration.
cg in Journal 2007

.
et une forêt d'Amazonie soudain s'est tendrement refermée
sur mes aventures
Les oiseaux verts rouges jaunes ont crié notre règne
au cœur de l'été torride, infracassable.
in 19 lettres brèves à Nora Nord





Dis-moi d'urgence le tracé des îles
combien sont les gardes qui veillent sur les carcasses
pourries des navigations
donne-moi le nord
j'ai hâte des vents maigres chiens affamés des ressacs de plomb
je brûle pour ces énigmatiques figures de proue
qui hantent mes rues chaudes
et lavent leurs épaules douces dans des alcools de lune
farouche
Dis-moi où la fête se passe
Où les portes ne sont que des
soupirs d'amantes
à peine blessées par le duvet nocturne.
in 19 lettres brèves à Nora N.


et si les ailes des anges étaient en fait des oreilles...

Depuis septembre, je n’ai pas écrit un seul poème. Ma tête est ailleurs et ma muse fait la gueule. A croire qu’elle n’aime pas les hommes. Pas ceux qui me détournent d’elle en tout cas.
cg in Journal 1995

J'ai hanté son sexe cercueil et caverne
où naître et mourir étaient une même jouissance
d'algues d'ouest collant aux reins huilés du voyageur
brûlé par les étapes
initié par les poussière et les migrations de comètes
J'ai hurlé de joie dans cette monstrueuse verdure
incendié par des soleils tropicaux
O danse de sioux des globules rouges
O martèlement de tambours nègres des doigts
luisants de semence
j'ai dormi une aube plus vaste que le désert des Tartares
in 19 lettres brèves à Nora N.
Enterrez-moi dans son nom
qu'avec elle je voyage partout
dans le bleu des triangles d'oiseaux sauvages
dans le pollen des fous de Bassan
dans le noir ténébreux des énigmes
dans la chute libre des sangs qui, une fois, ont épousé les soleils caraïbes.
Enterrez-moi dans sa gestualité inquiète
dans sa beauté tuméfiée
dans son agenouillement face aux ordures de la nuit
dans le vert espérance de sa durée.
De sa violente présence
aux vagues et aux Etoiles
aux enfants et aux fées.
in 19 lettres à Nora N.