Alexander Khimushin- Evenk - Republic of Buryatia - Sibérie
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- Dis-moi bel enfant des glaces, que vois-tu ?
- Ô Grande mère des glaciers, je vois un avenir tranquille et lumineux...
- Tu sais pourtant que je vais disparaître ?
- Disparaître, ô non, tu vas seulement te transformer, ô sage mère et tes millénaires de mémoire vont alimenter les océans, chaque cellule de chaque être vivant en sera imprégnée.
- Tu es bien optimiste mon enfant, ne crains-tu pas la montée des eaux ?
- Je ne crains rien, ô vieille et douce mère, vois comme je suis nu et pourtant je n'ai pas froid.
- N'as-tu pas donc peur de mourir ?
- Mourir ? Mais tu le sais, ô mère sublime, rien ne meurt, tout se transforme, glace, eau, vapeur, pluie, larmes, rivières, océans, peu importe la forme, je suis ton origine aussi bien que tu es la mienne, ne sois pas triste, c'est juste une fatigue passagère, elle va s'envoler comme nuée d'oiseaux.
- Dis-moi bel enfant des glaces, que vois-tu ?
- Je me vois et m'entends dans ta voix, je suis toi et tu es moi, c'est toi-même qui me l'a enseigné, tu perds la mémoire c'est normal, tu commence à perdre tes eaux et je vais naître bientôt.
12/01/22
Mystérieux territoires de résonances. Franchir les frontières par inadvertance.
L’exode des certitudes maintient en éveil.
Nécessité vertigineuse de la métamorphose.
Loin devant marche le primitif éclaireur. Visionnaire, il conserve quelques braises sous ses paupières. Il ne les rendra aux hommes que lorsqu’ils cesseront de souffler sur les cendres.
La connaissance est périlleuse.
in Les mots allumettes
prophétesse
l'écriture est une pythie
j'en ai eu cent fois et plus la preuve
en relisant mes journaux
in Petit livre des illuminations simples
Authentique, un mot clé en ce moment. Un mot piège ?
Ou juste un caillou sur le chemin, un patrin, un message ?
in Journal 2005
L’espace nous est donné sans limites. Je ne parle pas de la caverne aux étoiles mais des lointains sur terre où sont nos équipages, de ce désir à perte de vue qui a goût de poussière, de pierre à feu, qui a goût d’autre temps et de sueur mêlés.
L’instant nous est donné sans partage. Je ne parle pas du sablier jeté contre le mur mais du réel soudain plus vaste dans une herbe qui tremble, sous le sabot d’un cheval, au fond d’un puits saturé de sel.