CATHY GARCIA-CANALES - Page 319
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Mon père a laissé les choses quotidiennes - le journalisme - pour se consacrer à ce qu'il appelait le pérennialisme, c'est-à-dire s'occuper de choses pérennes. (...)Il voulait communiquer quelque chose d'éternel dont on ne parle peut-être plus. Comme faire confiance au cœur, à la tête, à ce que l'on ressent à l'intérieur sans s'encaisser nécessairement dans ces possibilités que la société offre. Comment dire... Fais ce que tu veux et ça marchera. Avoir bref le courage de faire sa vie, celle où finalement on peut se reconnaître.
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Auteur inconnu

J’ai le cœur qui s’affirme maintenant
qui rayonne sans filtre, elle tourne bien ma petite centrale
j’ai le cœur qui bat à son propre rythme
qui ne s’emballe plus
à trop vouloir s’accorder
avec les uns avec les autres
avec ce qu’ils disent et son contraire
j’ai le cœur cristal
et toutes les fêlures
sont des tatouages
dont l’histoire n’a plus d’importance
ou presque
in Le livre des sensations
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Melanie Pappenheim - Ave Maria ·
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Ruth Hallensleben - Along the Bondensee at Mainau - 1961

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Djâlal-od-Dîn Rûmî
Tout l'univers est contenu dans un seul être humain : toi.
Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n'aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés. Ne cherche donc pas non plus Sheitan hors de toi. Le diable n'est pas une force extraordinaire qui t'attaque du dehors. C'est une voix ordinaire en toi.
Si tu parviens à te connaître totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience. Quand une personne se connaît, elle connaît Dieu.
in Le livre de Chams de Tabriz -
Auteur inconnu

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Jocelyn Pook - Yellow Fever Psalm
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Saskia Boelsums - Bargerveen

Lasse des épaves, la fantaisie se cabre, glane des comas dans les chardons. On passe le gant de crin sur nos sourires de lézards, tout en ignorant les rituels des cyclopes qui gardent les mines de pollen.
in Aujourd'hui est habitable, Cardère 2018
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Cornelis Pietersz Bega (1632 - 1664)

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Pascal Perrot
à pleines mains plonger dans la poussière les excrétions la boue de soi
ce que nous avons rejeté pour être conforme au modèle.
in Une brèche dans la tapisserie des ombres
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Hamish Imlach - Twa Corbies
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Shelley Lewis - Raven and the Harvest Moon

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Nadia Anjuman, poétesse afghane assassinée pour avoir voulu devenir poète...
Mon cœur impatientA l’aubeRêve de la nuit solitaireSerré et lasIl fait du vacarme des joursSon excuseMais quand vient le soirLe même cœurSe met à chanter l’auroreEt quand vient la nuitLes branches de ses rêvesSe mettent à bourgeonnerInconscient de lui-mêmeIl s’envole sans limiteVers le cielAh ! si seulementCueillir la luneSi seulement la nuitPouvait pour le prixD’une seule étoileRacheter ma courbureSi seulement l’aubePouvait ne point jaillirAlors cette cité de la nuitJe l’habillerais de lumièreEt mon regardSerait pour l’éternitéBuveurs d’étoiles puresQue faire de ce cœurBrodeur de rêvesCe cœurQui noie mon êtreDans un tissu d’imaginaireJusqu’à quand cette vieille sorcièreMe jettera ses charmes de vierge ? -
Bijan Chemirani - Jurjuna
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Judith en den bosh

Je voudrais des ailes. Aile comme lumière, aile comme légère.
Hélas…. Mes ailes lasses.Je touche aux bas-fonds où rampent folies, insanités. Tunnels lugubres, lancinants. Je me creuse au-dedans pour accueillir la vie mais mes yeux ne surprennent que la mort. Mort des mouches, mort du souriceau, mort dans l’âme que je traîne d’un matin à l’autre.
L’âme… Une superstition ?
Ainsi donc j’étais folle et je ne le savais pas. J’avais oublié. Je l’avais trop bien caché, dissimulé dans mes brouillards, mes fumées. Folle sans aile. Sans amour. Sans amour surtout. Toujours à me frotter au côté crin de la vie.
Peau douce mais le cœur si friable.
À force d’user ma solitude, elle est devenue fine et translucide.
Fragile, si fragile…
2002
in Ourse bipolaire