Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Allant vers et autres escales, Colette Daviles-Estinès

 

illustration en couverture de Diane Saint-Honoré

 

14238084_1112591848827915_3411084231441848715_n.jpg

 

éd. de l’Aigrette, septembre 2016.

45 pages, 16 €.

 

Voici des poèmes qui ne tiennent pas en place, comme l’indiquent la diversité des lieux mentionnés au-dessous avec les dates d’écriture et il semblerait que la raison d’être de cette sorte d’instabilité, soit à chercher dans un lointain ailleurs dont l’auteur aurait pu être arrachée, quelque part sur les vastes continents d’Afrique ou d’Asie, où seraient restés dispersés des morceaux d’elle-même. La bougeotte, parce que difficile de trouver sa place quand on vit une forme d’exil, de déracinement.

 

Un poème vient confirmer ce ressenti, bref et clair :

 

Mon pays

 

Je sais d’où je viens

Je suis d’Expatrie

 

C’est cette « mémoire métisse » qui donne peut-être sa particularité à la langue de Colette Daviles-Estinès, une langue mouvante, chantante, teintée de lumière, de vent, de poussière, une langue du voyage, qui a dû mal avec les rives qui enserrent, un besoin d’espace et de large.

 

Je dévide les rives dont je m’éloigne

Pour mieux leur donner sens

Le devoir d’aller

Le droit de me tenir au large

 

Quand on n’est pas de quelque part, alors on n’est de nulle part et donc de partout, et il y a ce besoin de bouger vissé au corps en même temps que de s’enraciner, une envie d’ailleurs et le besoin d’un ici, solide sous les pieds.

 

C’est le choix que l’on fait de ne pas savoir où poser le bonheur.

 

Partir, revenir, quitter, retrouver, les poèmes de Colette sont des poèmes de transhumance et sous la limpidité et le chatoiement de la langue on devine une certaine détresse, un sentiment de perte. Mais il y a aussi dans la bouche, des soleils juteux comme des mangues, une force sous-jacente, sans doute puisée dans la nature dont Colette Daviles-Estinès sait capter et transcrire la beauté, qu’elle soit d’ici ou d’ailleurs et ce souffle qui la traverse, la transcende.

 

Un vent liquide houle

Feuillette les champs de cannes

Et quel que soit l’hiver

C’est de la même eau d’ambre

Que la lumière des blés aux torrents de tes ciels

 

L’enfance, nourrie de ce qu’ici on nommerait exotisme, mais qui pour Colette est racines multiples et métissées d’une humanité sans doute plus proche de sa source, a gardé toute sa puissance évocatrice, sa faculté de s’émerveiller, de rêver.

 

C’est une chose heureuse

 

Habiter le seuil d’une porte ouverte

adossée à la lumière

 

Et on ne peut que l’aimer cette petite fille aux allumettes qui craque la flambée des horizons.

 

Cathy Garcia

 

 

14611033_2134495340108416_7075519955427617011_n.jpgColette Daviles-Estinès Naissance au Vietnam en 1960, enfance en Afrique, paysanne durant 30 ans dans les Alpes de Haute-Provence. Les aléas de la vie l'ont amenée à être aujourd'hui citadine. Quelques-uns de ses textes ont été publiés dans diverses revues de poésie comme la Barbacane, Le Journal des Poètes, Écrit(s) du Nord, La Cause Littéraire, Le Capital des Mots, Incertain Regard, Ce Qui Reste , la Revue 17 secondes, Paysages Écrits, Nouveaux Délits. Allant vers et autres esacles est sont premier recueil édité. Son blog : http://voletsouvers.ovh/

 

 

 

 Trois poèmes en lecture icihttps://youtu.be/sU5HO6JA7dI

 

 

 

 

 

Commentaires

  • Merci infiniment Cathy Garcia !

  • Oui, c'est exactement ça. J'en ai profité pour faire un tour ici, et j'apprécie.

  • Merci à vous deux

Les commentaires sont fermés.