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  • La rivière

    Plus on se cybérise, plus il semblerait qu'une partie de l'humanité retourne à son bon vieux fond animal mal dégrossi, on grogne, on crache, on mord, on se rassemble en clans, en meutes, on a peur, on se méfie, on aboie à tous les courants d'air qui passent, on enfle tout ce qu'on peut pour impressionner, on brandit sa raison, sa vérité, comme un gourdin, on pisse partout, on chie chez les voisins, on vomit sur les générations à venir, on se sent pousser des ailes d'inquisiteur, on se met à croire à tout et surtout n'importe quoi avec une impressionnante énergie primaire. Nous vivons un "drôle" de mélange d'époques comme si on avait pris le pire dans chacune d'elles  : ça c'est pour ce qui saute aux yeux, aux oreilles, à la gorge.

    Après, j'aime penser qu'il y a aussi une partie bien plus silencieuse, qui allie profondeur de réflexion, courage et véritable intelligence du cœur à une action juste, précise, discrète mais efficace dans tous les domaines possibles, avec détermination, créativité et modestie, j'aime penser qu'une partie de l'humanité est faite d'hommes et de femmes de parole, qui marchent leur parole, qui ne perdent pas de temps là où ils ne peuvent pas agir, qui ne perdent pas leur temps à convaincre qui que ce soit ou à énumérer leurs ennemis, qui ne perdent pas de temps à nier leur ignorance ou à se convaincre eux-mêmes qu'ils sont ce qu'ils ne sont pas, qui ne perdent pas de temps à vouloir plaire, impressionner, prouver, mais donc la capacité d'empathie pleinement développée leur permet d'aller directement à l'essentiel et qui minute après minute, jour après jour, changent le monde
    imperceptiblement peut-être mais en profondeur, sans que rien ni personne ne puisse les arrêter, comme une rivière dont la source demeure quoiqu'il arrive intarissable et j'aime penser que cette rivière finira par emporter avec elle tout  l'obsolète, le périmé, le vieux fond nauséabond d'une humanité qui refuse d'évoluer et entre les mains de laquelle rien, aussi sophistiqué que cela puisse paraître et quel que soit le discours d'enrobage, rien ne pourra jamais être un "progrès".

    cg, 25 avril 2019

     

     

     

     

  • Victor Hugo

     
    Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure. À mesure qu’ils approchaient du sol, les deux jets de plomb liquide s’élargissaient en gerbes, comme l’eau qui jaillit des mille trous de l’arrosoir. Au-dessus de la flamme, les énormes tours, de chacune desquelles on voyait deux faces crues et tranchées, l’une toute noire, l’autre toute rouge, semblaient plus grandes encore de toute l’immensité de l’ombre qu’elles projetaient jusque dans le ciel. Leurs innombrables sculptures de diables et de dragons prenaient un aspect lugubre. La clarté inquiète de la flamme les faisait remuer à l’œil. Il y avait des guivres qui avaient l’air de rire, des gargouilles qu’on croyait entendre japper, des salamandres qui soufflaient dans le feu, des tarasques qui éternuaient dans la fumée. Et parmi ces monstres ainsi réveillés de leur sommeil de pierre par cette flamme, par ce bruit, il y en avait un qui marchait et qu’on voyait de temps en temps passer sur le front ardent du bûcher comme une chauve-souris devant une chandelle.
    Sans doute ce phare étrange allait éveiller au loin le bûcheron des collines de Bicêtre, épouvanté de voir chanceler sur ses bruyères l’ombre gigantesque des tours de Notre-Dame.
     
     in Notre-Dame de Paris
     
     
     
     
     
     
     
     

  • Fanny Sheper

     

    Je me dis : «  Faut pas la laisser faire de nous des

    oiseaux troués juste bons à chuter. Faut pas la

    croire, faut pas la laisser nous démonter.

     

    in Cheval Rouge

     

     

     

  • Vincent

     

    Des fois j’regarde tes yeux et

    Je ne vois rien qui saigne

    Des fois j’regarde tes veines et

    Je ne vois que du bleu       

    Mais si je baisse les paupières, j’entends tout ce qui hurle à l’intérieur de  toi