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07/06/2021

Audrey Casalis - série Les Passages

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Le manque m’a donné la connaissance intérieure du vide.

La voie de l’instant, l’ennui pulvérisé. Juste se placer dans l’intervalle. Impeccable posture.

La seule qui réponde à une véritable nécessité.

 

Appel et jaillissement, évaporation, déshabillage.

Le témoin est presque nu maintenant. Franchir, s’affranchir.  

 

La traversée ne relie pas un point à un autre, elle nous rend à notre originelle unité.

 

in Le poulpe et la pulpe, Cardère éd. 2010

 

 

 

03/06/2021

Thierry De Cordier - Zeeberg, 2011

Thierry De Cordier, ZEEBERG, 2011.jpg

 

L’abrupt

 

Il y a ce moment honteux, irracontable, insupportable. L’orgueil du fauve reste une forme d’amour, mais celui qui, sans même un dernier regard, s’éloigne hiératique vers le glacier du renoncement total, est-il sage, alpiniste ou suicidé ?

Pourquoi vivre est-il si violent ?

 

in Le baume, le pire et la quintessence

 

 

 

 

 

16/05/2021

Grisélidis Real

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LA VIE SELON LA PLUS ÉMOUVANTE DES PUTAINS

 

Se noircir toute la nuit

danser baiser

bourlinguer

traverser les frontières

et n’en avoir rien à foutre

 

in Bonzaïs hallucinogènes, Gros Textes 2017

 

 

 

 

 

 

14/05/2021

Gao Xingjian

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Le mot juste. Un silence pointé. Un baiser.

 

Le mot juste, un souffle. Le premier déchire les poumons. Le dernier les recoud.

Le mot juste, pas un soufflet. Le mot juste ne dit pas je t’aime mais le fait. Il ouvre le cœur, ça fait mal, mais l’air est juste.

 

L’air qui sépare le mot de la mort.

 

in Les mots allumettes, Cardère 2012

 

 

Marina Brydnya - Morning elf - 2011

Marina Brydnya Morning Elf 2011.png

 
Silence épinglé au ciel
Boutons d'étoiles mal cousus
Aux vestes des poucets
Chuchotis de rivière
Soupirs des fossés
Libellules ensorcelées
Par les folles herbes
 
*
in Au fond du tiroir, livre d'artiste 2012
 

 

03/05/2021

Jonas Feige - de la série Night on the Sun - 2016

Jonas Fig - de  Night on the Sun, c. 2016.jpg

 

 

D’être comme déjà morte, lui a ouvert une voie spirituelle et le feu caché est si ardent, la source si vive que le plus tenace ennui n’a pas raison d’elle, que le vide loin de l’anéantir la concentre en un noyau toujours plus vif et incorruptible. Ou presque.  Et dans ce presque se cache la fêlure. Dangereuse fêlure.

 

Alors elle creuse un tunnel sous les tombes qui mène au vaste ciel, à la mer tiède du ventre, à la bouche de sève qui fait pousser les arbres, au souffle d’où naissent toutes les musiques. Le ciel aura beau s’obscurcir, le froid pourra l’étreindre, silence et désespoir n’auront pas raison d’elle. Elle crache du sang dans les noirs chaudrons, met le feu aux bûchers de glace, joue du marteau sur les bornes de verre.

 

Elle trouvera toujours la faille par où passe la lumière.

 

Faille, fêlure, ce n’est pas la même chose.

 

 

in Le baume, le pire et la quintessence

 

 

29/04/2021

Indigo - Songs of freedom

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Paroles des corps, danse cosmique, le bal du vide et ses milliards de particules.

 

 

 

 

Félix Labisse

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La main a des yeux. Dedans mordre délicatement. Faire le vide, dedans, autour. Rien ne sert de courir après l’autre s’il n’est pas prêt. Descendre, faire confiance.

 

in Celle qui manque

 

 

Philippe Naudet - Crépuscule - décembre 2020

Philippe Naudet Crépuscule collage papier, décembre 2020._o.jpg

 

 défaire le crépuscule

glisser dans les reflets renards de ses draps

 

fixer l’horizon par des pointes d’améthyste

le laisser sécher à la lune

 

tracer un paysage au fusain de la langue

compter les brûlis sur la peau

les innombrables feuillets de nos masques pâles

 

regarder fondre la vitre du réel

ses reflets d’huile sur l’étendue de neige

 

le roulis des roseaux

grand soleil rouge à l’horizon brûlé

 

in Mystica perdita, à tire d'ailes 2009

 

 

27/04/2021

Bang Hai Ja - Naissance de lumière - 2014

Bang Hai Ja - Naissance de lumière, 2014 _n.jpg

 

Du plomb fera-t-on métal solaire ?

Folle ou sage la grande perforatrice 

Pour aller au cœur où réside le secret ?

 

Créatures oui

Mais de quoi ?

 

Dans son bain en fusion

Son rire apocalyptique

Grand x

Non résolu

 

Arbitre défoncé

Programmateur de génie

Méga lumineux

Maître amour

 

Chercher le sens

N’a aucun sens

Le révélé

Demeure

Caché

 

in Mystica perdita, à tire d'ailes 2009

 

 

 

 

26/04/2021

Joe Webb

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SE TENIR INFORMÉ

 

Une éruption de bus

perturbe la circulation en Seine Saint Denis.

Un volcan caillassé en Islande.

 

in Purgatoire du quotidien

 

 

Arnold Böcklin - The Ride of Death - 1871

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On ne l'appelle plus

pour les fenaisons, 

les vendanges ;

mais juste pour les osselets.

Son pain n'est pas de blé,

son vin n'est pas de sang.

On ne l'appelle que

pour débaptiser.

La Mort aime

les bons vivants ;

elle aime jouer

avec leurs âmes d’enfant

qu’elle raccompagne

à la Maison.

Ce qui l'amuse plus que tout,

c'est bien de les perdre en chemin,

bien loin de cette Maison 

qu'elle met en pièces.

Mais ne soyez pas trop durs avec elle !

Elle ne fait que son boulot ;

derrière elle ne doit rester

que le cintre blanc des os.

 

in Le Tarot de Saint Cirque, Gros Textes 2020

 

 

 

William Turner - Llanberis - 1800

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Fabuleuse

Monstrueuse

Solitude

 

Tous les mythes de l’humanité

Mijotent dans ce creuset là

 

Creusez là                   

Creusez la terre

Creusez les méninges

Déroulez

Vos rêves de sommets

Vos songes de cimes

 

Chacun cherche le signe

Et tout n’est que fuite ou retour

Vers le pulsar primal

 

 

in Mystica perdita, à tire d'ailes 2009

 

 

 

16/04/2021

Vladimir Astapkovich - Moscou Thriller « Isaakievsky »

Vladimir Astapkovich, Moscou Thriller « Isaakievsky ».jpg

 

Tendue de peaux mortes, elle tangue, la mâchoire rouillée.

Elle tangue sous le couteau et ses cauchemars sont des drones.

 

Le guetteur lui parle de vie majuscule.

Elle entend funérailles, rubis teinté de mort.

 

in Fugitive, Cardère 2014

 

 

 

 

 

15/04/2021

James Wainwright

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Ces nuits où l’on rêve

Que l’abcès est crevé

Que l'amour est revenu

Décrocher les pendus

 

L’espoir galope et galope

Enragé dans nos veines

Charade enjôleuse

Des nuits moites

 

Le cœur bat trop fort

Attiré au-dehors

Et nos yeux dans le noir

Abîment les miroirs

 

 

in Claques & boxons, Nouveaux délits éd. 2013