Abeille et pissenlit
Sur chaque soleil
une abeille
récolte
son butin d'or
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Sur chaque soleil
une abeille
récolte
son butin d'or
Mère des millions
Plante chandelier
si loin
Kalanchoe delagoensis
de ta terre malgache
merci
de me faire enfin
l'honneur de tes fleurs
dont la couleur tendre
adoucit mes peines

Un oiseau sur la branche
un oiseau plutôt que rien
un simple trait
à la plume vive

L’ourse n’a jamais été bipolaire — polaire parfois, égarée sur les banquises du monde — mais c’est une ourse qui a toujours refusé le dressage pour le cirque et les barreaux des zoos, une ourse triste qui piste la source et une ourse de joie, oui, sauvage oui, et douce aussi comme le miel. Les griffes et les crocs, c’est surtout contre elle-même qu’elle les a usés. Aujourd’hui, c’est une vieille ourse — plus sage peut être — qui vous regarde et elle a enfin trouvé une tanière.
in ©Ourse (bi)polaire, à tire d'ailes, 2024

J'ai un oiseau dans l’œil
un jeune faucon
qui prend le soleil
à l'ombre de mes cils
j'ai un oiseau
juché
sur le bord
de ma prunelle
précieux
il fait entrer
la lumière
Buée matinale
traces mystérieuses
juste une impression

Les traces que laissent
les arraché.e.s
l'incendie qui couve
dans les charbons
Depuis ta mort
je ne peux plus voir
un arc-en-ciel
sans pleurer
mais cette émotion
qui m'étreint
est si belle

Vignes enfuies
des mémoires défuntes
paysages remués
de l'intérieur
éboulis de nuages
tout ce qui fut de terre
tout ce qui fut au ciel
les vins aigres
les larmes séchées

Dans les landes
de ses rêves
elle erre
en longue robe noire
son cri muet
ses yeux de brumes
et de broussailles
Que transperce la lumière
nos vieux hivers
nos silences
ont assez duré !

Fournaise dans les veines
du grand dragon
qui se réveille

Elle arrive de loin
envoyée des profondeurs
catasismiques
des genèses prolifiques
elle arrive
écume légère
langue de lumière
pour lécher les ténèbres
elle arrive la toute douce
inspire
ouvre tes poumons
à la puissance
de son déferlement
sens battre dans tes reins
le vieux tambour
de toutes les origines
matin de décembre
passements de lumière
dans la trame des arbres nus
or du solstice
bientôt avenu

Caput corvi
le temps de la putréfaction
a commencé
nigredo
vieux Mercure
de la renonciation
mon beau corps beau
échangeons nos souffles
je confie la douleur
au chaudron
de la Materia prima
cuisson lente
de l'âme
jusqu'à désincarcération
en échange tu m'insuffles
nouvelle vie