Schaár Erzsébet
Coulée dans le béton
coulée mais pas touchée
d'un bloc comme un mur
coulée compressée
grise béton
cauchemar
dont il faudra se réveiller
coulée coincée
sous les bombes
in en cours
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Coulée dans le béton
coulée mais pas touchée
d'un bloc comme un mur
coulée compressée
grise béton
cauchemar
dont il faudra se réveiller
coulée coincée
sous les bombes
in en cours
Éclaboussures à l'horizon
grand ciel en miettes
des tâches sur mon cœur
quelque chose qui rampe
vers la lumière
in en cours
Ma chair en résonance
avec le minéral humide
les parois remontées
du débuts des temps
le parcours des doigts
qui tracent les lignes
faille strates
chevaux bisons
ma peau mon souffle
le même frisson
in en cours
C'est un abri
je t'y attends
quand tu auras compris
ce qui est important
in en cours
dans le buisson aux esprits
la Dame veille
froissement d'ailes
onyx de chats
ce qui est
ce qui n'est pas
chuchotis chuchota
entre dans le cercle
et souffle trois fois
in en cours
Ourse de lune
la sagesse je chasse
Ourse de lune
la sagesse je mange
in en cours
Froissement léger d'une robe jamais portée, juste un courant d'air, un passé de jeune fille réinventé, une romance qui finit bien, vive la mariée ! Et déjà ce goût de cendre...
Un froissement, un fantôme, une fumée.
in en cours
Du chaos sourd la lumière
rochers qui s'échappent
de la poche des géantes
quand la matière s'effondre
le ciel remonte les cascades
in en cours
Jour de vent à la douceur venimeuse.
Mettre les questions sur la table, chercher le repos de l’amitié. Tarot de la libération, impératrice, étoile, justice pour atteindre le monde réalisé, échapper à l’immobilisme du pendu. Les obstacles nourrissent un potentiel d’élévation.
Quand le vent revient les mary poppins s’en vont.
in Chronique du hamac
L’animal, l’étoile, la graine, le vent, l’eau, l’acide, les limbes et les cimes.
La cueillette du jour lavée au lait des nuits.
in Les mots allumettes
cercles humains tissés
sans commencement ni fin
entrelacs de serpents
souffle femelle
poison initiatique
la dissolution des frontières
réveille les passes des sorciers
affole la cadence des luttes
du vagin de la terre
monte la voix barbare
aux mamelles innombrables
montent les aigreurs les misères
le sang tant et trop versé
montent les peurs les viscères
les espoirs décomposés
sentir soudain
la force du courant
aux rives du monde
in Mystica Perdita
J'irai vers les orages
remonterai à pas de nuit
le lit des rivières
écouterai le murmure
des arbres prêts
à marcher
sur le monde
in en cours
L’enfant arrache son regard de la main, celle qui n’a que deux doigts, puis ouvre la bouche comme s’il allait dire quelque chose et brusquement repart en courant rejoindre ses camarades, déjà installés au pied du phare. Le vieillard hausse les épaules puis lentement remet la main dans sa poche et s'éloigne d'un pas lourd en direction du petit port. La sueur dégouline sur ses tempes, sur ses joues jusqu’aux lèvres. Il y passe sa langue pour en goûter le sel puis il s’arrête un instant et fait demi-tour. Il retourne vers le phare, là où les enfants cherchent des coquillages entre les grands rochers. Le vieux a soudain envie de parler. Il a tellement, tellement de choses à raconter.
« Hé petit, tu veux savoir pourquoi je n’ai que deux doigts à cette main là ? »
in La pince du vieux marin pêcheur
Soleil et ce miracle renouvelé du printemps. Les yeux sont fatigués, les oreilles se dilatent. Les oiseaux, les insectes, les lézards rapides comme des moines shaolin. Le mental se tait pour laisser les sensations prendre le dessus et toujours cette connexion qui se fait avec les sensations premières de l’enfance. Enfance et printemps, deux faces d’un même élan, d’un présent qui s’éternise. Sensations et images se répondent et soudain un mot, oublié, mais qui revient comme quelque chose de désagréable, un mot qui donne envie de vomir : réfectoire. Peur et mal-être, mamelles de mon enfance mais sentir en moi une force trop longtemps mutilée par le doute. Fermer les yeux. Le soleil a une odeur de poivre.
in Le livre des sensations
LA VIE VA !
Dis vague, où va la vie ?
La vie divague
suit ses envies
la vie vogue
la vigie voit
la vie bogue
et la diva boit
La vie louvoie
la vie exode
la vie élague
les nuits sans joie
la vie navigue
la vie pirogue
la vie cascade
et puis s’en va !
Dis vague, où va la vie ?
2001