La partition de Matthias Glasner (2024)
Un film sombre, corrosif, déboussolant et une brillante réalisation.
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Un film sombre, corrosif, déboussolant et une brillante réalisation.
Le film d’une beauté époustouflante, réalisé à partir d’images rares de loups 100 % libres et sauvages au cœur du massif des Écrins, sort en salles le 4 novembre 2026. Plusieurs ciné-débats sont prévus partout en France, animés par les délégations régionales de l’ASPAS.
Il y a 15 ans, Corentin observe pour la première fois un loup dans les montagnes qu’il côtoie depuis tout jeune. Il n’en fallait pas plus pour éveiller en lui une passion qui ne le quittera plus. Il y a 10 ans, il acquiert son premier appareil photo afin de documenter ses rencontres animalières et ses entrevues avec les loups de sa vallée. Suite à cela, il passe la plus grande partie de son temps dehors à tenter ne serait-ce que d’apercevoir le prédateur.
Ces 10 dernières années, Baptiste, quant à lui parcourt aussi les montagnes mais pour en faire des films. De la Suède à l’Éthiopie, des Alpes aux Pyrénées il observe et documente la faune d’altitude pour les mettre à l’honneur dans des films pour le cinéma. En 2023 Corentin et Baptiste décident de s’associer dans la réalisation d’un film sur l’espèce.
Afin de ne pas produire un énième film sur l’animal, l’équipe se donne pour ambition de réaliser le premier film 100% animalier sur le loup tourné en France, sans utilisation de pièges photo. De plus, ils prennent le parti de réaliser un film sur une louve. Ce choix s’explique par le fait que cette histoire est une histoire vraie, Corentin a observé et documenté cette louve et son comportement pendant plusieurs années. À cela s’ajoute la volonté de mettre à l’honneur la femelle de cette espèce, élément central de l’organisation des familles de loups.
À travers ce film Corentin et Baptiste souhaitent mettre en image la vie d’une louve dans un milieu changeant et sous pression humaine. En faisant le choix du point de vue de l’animal on découvre les difficultés vécues par l’espèce et les nécessaire adaptations de leur comportement. En entrant dans cette intimité au travers d’images jamais montrées au cinéma on découvre la vraie facette de l’animal, son rôle primordial dans l’environnement et la grande force des liens entre les membres de la famille.
Suivis depuis de nombreuses années par Baptiste Deturche et Corentin Esmieu, les loups filmés
Louve est un voyage au cœur des montagnes des Hautes-Alpes, où les loups sont naturellement revenus depuis plusieurs dizaines d’années. Souvent perçus comme des prédateurs menaçants, les loups se révèlent ici dans leur intimité, à travers des scènes de vie rares et inédites. On les voit joueurs, protecteurs, sensibles, vulnérables.
Soutenu par l’ASPAS, qui œuvre pour la protection des loups depuis leur retour spontané en France au début des années 1990, Louve offre une plongée immersive dans le monde secret de ces prédateurs fascinants, un hommage à leur résilience et à leur place fragile dans un écosystème qu’ils partagent avec nous.
Le rôle principal est tenu par un acteur non professionnel, Abou Sangaré, dont la vie a partiellement inspiré le scénario, film multi-primé avec cœur et raison !
En écho par la photographe Natalya Saprunova dont j'apprécie beaucoup le travail documentaire : https://natalyasaprunova.myportfolio.com/journee-dun-livreur-uber-eats
"Illuminé par le jeu d’Agnès Jaoui en quinqua fantasque luttant contre le réel, l’émouvant autoportrait posthume de la réalisatrice Sophie Fillières, disparue en 2023.
Barberie Bichette (dite Barbie), cadre fantasque dans une agence de pub à défaut de pouvoir vivre de sa poésie, a 55 ans, et c’est un drame. Divorcée, elle entretient des relations compliquées et parfois distantes avec ses grands enfants, Junior et Rose, qui ont récemment quitté le nid. Conversant avec son reflet dans le miroir, monologuant devant son psy, multipliant les actions erratiques, elle se sent en constant décalage avec le monde et poursuivie par on ne sait quels démons. Comment faire avec soi-même, avec l’ombre de la mort – avec la vie en somme ?
Fantaisie et gravité
Tourné alors que Sophie Fillières se savait gravement malade, et achevé de manière posthume sous la supervision de ses enfants, Agathe et Adam Bonitzer, ce septième long métrage se charge d’une émouvante puissance testamentaire, et s’avère le plus intime d’une filmographie (Un chat un chat, La belle et la belle…) aux ressorts infiniment personnels. L’interprétation impeccable d’Agnès Jaoui illumine cet autoportrait mélancolique et solaire, habité jusqu’au bout par ce sens de l’absurde, du pas de côté et des jeux de langage qu’affectionnait la réalisatrice. Entre fantaisie et gravité, on suit, non sans émotion, dans ses errances et ses fuites ce drôle d’alter ego au nom aussi improbable que son caractère, habité d’une folie douce, toujours sur le fil, en lutte perpétuelle contre le réel."
Splendide, poétique et terrible !
Quelle bonne surprise, beau, émouvant, poétique... et reposant : pas de paroles, pas d'humains !
"C'est le film (et livre) dont je suis le plus fière! "Escadrons de la mort, l'école française" est un documentaire de 52 minutes qui a été diffusé sur Canal+ en 2003 et ARTE en 2004. Il raconte comment la France a exporté vers l'Amérique du Sud et du Nord les méthodes de la "guerre antisubversive" qu'elle avait développées pendant les guerres coloniales d'Indochine, puis d'Algérie: quadrillage du territoire, torture systématique, pour obtenir du renseignement et disparitions forcées. Ces "techniques de la guerre moderne" ont été enseignées par les militaires français aux généraux argentins qui ont conduit l'une des dictatures militaires les plus sanglantes de 1976 à 1982. S'appuyant sur des archives inédites et sur les déclarations exclusives de nombreux anciens généraux — français, américains, argentins, chiliens - mon enquête a contribué à la réouverture des procès contre les militaires argentins, et j'ai été régulièrement citée comme témoin dans les tribunaux à la fin des années 2000. Dans mon livre éponyme, je raconte que j'ai réussi à interviewer quatre responsables de la junte argentine, en me faisant passer pour une historienne d'Extrême droite...
Le film a obtenu le Prix de l'Investigation au Festival international du grand reportage audiovisuel (FIGRA), le Award of Merit (Latin American Studies Association/ USA), et le Prix du meilleur documentaire politique ( Laurier du Sénat). Lors de la remise de ce dernier prix, Bernard Stasi a prononcé ces mots: "J'ai honte pour la France. J'espère que ce film contribuera à éclairer l'une des faces les plus sombres de son histoire".
La musique du film a été écrite par le compositeur et musicien chilien, Sergio Ortega, un réfugié politique qui était très ému de participer à ce film et qui nous a malheureusement quittés peu de temps après."
Marie-Monique Robin
Pour en savoir plus : https://trigon-film.org/fr/films/la-hija-condor/
Il y a les intouchables et ceux qu'on ne peut pas toucher...
"Pour son premier film de fiction, la réalisatrice Sandhya Suri (en), jusque-là autrice de plusieurs films documentaires, s'est inspirée de l'affaire du viol collectif de New Delhi. Elle souhaitait à l'origine réaliser un documentaire sur la violence contre les femmes en Inde, avant d'opter pour une fiction. Avant le tournage, Suri s'est entretenue avec plusieurs veuves de policiers devenues officières de police en vertu de la « loi de la compassion ». Le film est tourné à Lucknow, dans le Nord de l'Inde en 2023."
Terrible et terriblement réussi.
Oppressant et nécessaire... Un film qui prend à la gorge et ne lâche pas pendant presque 3 heures, présenté et primé à Cannes en 2024, il mêle fiction et réalité vidéo et a contraint son réalisateur à l'exil.
Un très beau film, digne et bouleversant.
Dans la campagne française de la fin du XIXe siècle, Rosalie, atteinte d’hirsutisme, ose s’affranchir du regard des autres pour vivre pleinement. Avec Nadia Tereszkiewicz et Benoît Magimel, une chronique sensible inspirée de la vie de Clémentine Delait, célèbre femme à barbe française du début du XXᵉ siècle
Un petit village de France, dans les années 1870. Propriétaire d’un café, Abel Deluc accepte d’épouser Rosalie pour rembourser une partie de ses dettes avec la dot qu’elle lui apporte. Le soir de leurs noces, Abel rejette violemment la jeune femme lorsqu’il découvre le secret qu’elle lui a caché : depuis sa naissance, Rosalie est atteinte d’un dérèglement hormonal qui l’afflige d’une abondante pilosité. Alors que le vœu le plus cher de Rosalie est de devenir mère, Abel refuse obstinément tout contact physique avec elle. Surmontant ce rejet, Rosalie décide de ne plus raser ses joues. Le café d’Abel, jusqu’alors déserté, s’anime soudain d’une foule de curieux. Bientôt, un photographe la convainc de poser avec sa barbe drue pour des cartes postales érotiques…
Hymne à l’amour
Elle l’espérait différent ; il l’attendait comme les autres. Entre Rosalie (Nadia Tereszkiewicz) et Abel (Benoît Magimel), la déception des premiers instants s'avère profonde. Malgré ses tourments, Rosalie, dotée d’une nature sensuelle et joyeuse, va pourtant s’affranchir du regard des autres. Elle s’obstine aussi à conquérir le cœur de son époux, au corps également meurtri par les séquelles d’une blessure de guerre. Mais les hommes autour du couple ne se contentent pas d’être curieux, ils savent aussi être cruels. Inspirée par l’histoire vraie de Clémentine Delait (1865-1939), la fameuse femme à barbe, Stéphanie Di Giusto (La danseuse) restitue dans une chronique sensible un tableau minutieux de la France rurale de la seconde moitié du XIXe siècle : la vie rude, les divertissements rares, le poids écrasant des conventions, de l’Église et du hobereau local (Benjamin Biolay), propriétaire de la seule usine du village. Vibrant d’émotions, un hymne à la tolérance et à l’amour plus fort que tout.
Le terme « Fous » désigne ici ces musiciens inspirés et errants du Bengale connus sous le nom de Baül. Le mot baül dérive en effet du mot sanscrit vatul qui signifie « fou », dans le sens que ce terme a couramment en français lorsqu'il connote un comportement plus ou moins frénétique. Les Baül sont des gens étranges, particulièrement dans leurs manières, leurs coutumes et leurs pratiques. Quoi qu’appartenant indifféremment à la religion hindoue ou musulmane, les Baül refusent d'être guidés par quelque convention sociale ou religieuse que soit. La liberté d'esprit est leur seul guide . Ils avancent ainsi à contre-courant des habitudes, des idées reçues et des théories générales.
Les ancêtres des filles et fils du vent ?