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CATHY GARCIA-CANALES - Page 1095

  • Kahil Gibran

     

    Défaite, ma défaite, mon épée brillante et mon bouclier,
    Dans tes yeux j'ai lu
    Que celui qui cherche le trône se rend lui-même esclave,
    Et celui qui veut être compris se ravale
    Et pour scruter le fond d'un être il nous faut atteindre sa plénitude
    Et tel un fruit mûr tomber et être consommé.

     

    in Le Fou

     

     

  • Guy Goffette

     

    Je connais les visages parce que je les regarde à travers l’étoffe que tissent mes propres yeux, parce que je contemple la réalité qu’ils voilent.

     

    in Epilepsie force douze

     

     

  • Mon docteur indien

                                            

    un documentaire de Simon Brook (en ce moment sur Arte +7)

     


     

    Quand elle a appris qu'elle était atteinte d'un cancer, Marinella Banfi a consulté cinq cancérologues, notant chacun avec des croix dans son petit carnet. C'est finalement au Pr Thomas Tursz, alors directeur de l'Institut Gustave-Roussy, qu'a échu la tâche de soigner la malade rétive. Mais la rebelle qui ne trouvait pas sous nos latitudes l'écoute et la prise en charge attendues est aussi allée chercher en Inde une autre façon de se soigner.

    Quelques années plus tard, Marinella Banfi a proposé au Pr Tursz de refaire avec elle le voyage en Inde pour découvrir la médecine ayurvédique traditionnelle. C'est le périple indien de ce curieux duo — la patiente indocile et le docteur incrédule — que filme avec une pointe d'humour Simon Brook.   Au fil du documentaire au récit maîtrisé et à l'image superbe, Nella et Thomas, comme ils s'appellent bientôt, multiplient les rencontres, de gourous en médecins traditionnels. Elle est convaincue que l'Inde l'a sauvée, lui est piqué au vif de sa curiosité scientifique.  (Valérie Hurier - Télérama)

     

    http://www.mondocteurindien.com/

     

     

  • Les Falaises de Wangsisina de Pavan K. Varma

    traduit de l’anglais (Inde) par Sophie Bastide-Foltz

     

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    Actes Sud, mars 2014.

    240 pages, 21 €.

     

     

    « Resserre ton monde et regarde comme il s’étend

    Un œil plein de ciel, un monde dans tes bras »

    Nida Fazli

     

     

    Voici un roman rafraichissant, profond, drôle, d’une haute teneur en vitamines spirituelles, dans la trame duquel viennent très naturellement s’insérer des fragments de ghazal, la poésie indienne :

     

    Ce que nous appelons le monde est un jouet magique :

    Un tas de sable quand on l’a, une pièce d’or quand on le perd

     

    Un roman qui propose sans avoir l’air un enseignement précieux, imprégné de sagesse hindoue et de philosophie bouddhiste, en équilibre sur le fil fragile entre dukkha, la tristesse et ananda, la joie.

     

    Au départ, Anand est un jeune et brillant avocat de New Delhi, qui a tout sacrifié à une ambition qui ne le mène à rien, sinon à être le pantin d’un associé moins compétent que lui qui l’humilie et se prend pour le patron. Aussi quand Anand apprend brutalement qu’il est atteint d’un cancer du pancréas et n’en a plus que pour quelques mois, il apprend aussi dans la foulée que sa femme le quitte pour épouser Adi, cet associé justement, dont elle est la maîtresse. D’un coup, tout s’effondre en lui et autour de lui. Passés le choc, la colère et le refus de se savoir condamné et abandonné de surcroit, mourant, par sa femme pour son meilleur ennemi, ce chaos total lui ouvre les yeux sur ce qu’a été sa vie jusque là, le non-sens de sa vie et de l’univers factice dans lequel il évoluait. Il réalise avec cet arrêt obligatoire combien il est passé à côté de tout, pour courir après des chimères, plus qu’amères à l’heure où il s‘en rend compte.

     

    Il n’y a qu’aux êtres condamnés qu’est donnée la lucidité de voir à quel point ce qui leur avait paru important n’est que foutaise.

     

    Anand cependant, nourri de poésie indienne, commence à entrevoir les prémisses d’une paix dans l’acceptation de ce qui est. Aussi, quand son médecin le rappelle pour lui dire qu’en fait, il s’était peut-être trompé, et que suite à une opération, il s’avère qu’effectivement ce n’était pas ce qu’on pensait, c’est comme une nouvelle naissance pour Anand, et cette fois il est bien décidé à vivre vraiment. Pleinement.

     

    Il règle ses comptes, soulage son cœur et ne retourne pas travailler, refuse même de nouvelles offres encore plus avantageuses et comme il en a pour l’instant les moyens, il décide de ne rien faire, laissant ainsi son esprit se tourner vers des questionnements plus spirituels. Il prend enfin ce temps qu’il ne s’était jamais accordé, ni à lui, ni à sa femme, pour flâner, méditer, observer, humer et se laisser guider par l’instant présent. Ses pas le mènent ainsi plusieurs fois auprès du tombeau d’un grand saint soufi indien. C’est là qu’il fera la rencontre de l’ambassadeur du Bhoutan, rencontre qui va le propulser dans une toute nouvelle et très surprenante direction.

     

    C’est là-bas, dans ce pays à la nature extraordinaire, où le bonheur national brut remplace le PIB, où les façades des maisons et des temples s’ornent d’imposants phallus magnifiquement colorés, que sa renaissance va vraiment avoir lieu, grâce à une vallée merveilleuse, à une rivière qui court aux pieds de falaises vivantes et de deux femmes. L’une, Chimi, sera celle qui lui louera une petite maison dans cette vallée et qui l’initiera à l’esprit des lieux. L’autre, Tara, est une Indienne comme lui, qui veut laisser définitivement derrière elle le monde et son lot de douleurs et de déceptions, en devenant nonne dans un monastère tout près de là. Anand va tomber fou amoureux d’elle, mais Tara ne veut pas renoncer à son vœu.

     

    Leur rencontre étonnante avec un disciple de Drukpa Kunley, ce yogi tantrique tibétain du XVIe siècle, connu sous le nom de « fou divin », initiateur irrévérencieux, en apparence, d’une sage philosophie de liberté fondée sur le rire et le sexe, va les bouleverser tous deux et les emmener au plus près de la connaissance de soi et peut-être aussi au plus près d’ananda.

     

    Ô Khusro, la rivière de l’amour suit sa propre loi

    Ceux qui l’ont traversée s’y sont noyés à coup sûr

    Ceux qui s’y sont noyés l’ont traversée

    Amir Khusro

     

     

    Il n’y a pas à hésiter, c’est un livre dans lequel il fait très bon plonger !

     

     

    Cathy Garcia

     

     

    374.jpgDiplomate, essayiste, traducteur, Pavan K. Varma est aujourd’hui ambassadeur de l’Inde au Bhoutan. Actes Sud a déjà publié Le Défi indien (2005, Babel n° 798), La Classe moyenne en Inde (2009) et Devenir Indien (2011). Les Falaises de Wangsisina est sa première incursion dans la fiction.

     

     

     Cet article sera en ligne sur le site de la Cause Littéraire.

  • Anna Zemánková

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    Anna Zemánková p.jpgArtiste tchèque (1908-1986)

    Née en 1908 à Olomouc en Moravie, Anna montre dès l’enfance un goût prononcé pour le dessin qui, toutefois, se heurte à l’incompréhension de son père : elle devient assistante dentaire. 

    En 1933, elle se marie à un officier, arrête de travailler et se consacre pleinement à son foyer. Le couple a trois fils (dont le premier décède à l’âge de 4 ans), puis, plus tardivement, une fille. Son rôle de mère aimante l’occupe à plein temps. Après la seconde guerre mondiale, la famille déménage à Prague, puis, en 1950, Anna entre en dépression puis, en raison de son diabète, subit l’amputation de ses deux jambes.

    À plus de 50 ans, – renouant peut-être avec son rêve d’enfant – Anna se met à produire quotidiennement des dessins spontanés d’inspiration végétale, entre 4 h et 7 h du matin, moment où elle a le sentiment de capter des forces magnétiques. Elle ignore, au commencement de l’oeuvre, sa forme fi nale : « Tout marche tout seul », « […] pas besoin de réfléchir ». Ces productions, aux détails saisissants, mues d’un rythme singulier entre spirales, arabesques et formes géométriques, font d’Anna une fi gure majeure de l’art brut. Elle est représentée dans les plus prestigieuses collections, jusqu’à connaître la consécration du pavillon international de la biennale de Venise 2013.

     

     

  • Entrée des médiums - Spiritisme et art de Hugo à Breton

     


    Cette exposition qui s'est déroulé à la Maison de Victor Hugo du 18 octobre 2012 – au 20 janvier 2013 proposait un regard historique sur les productions artistiques du spiritisme, étranges et involontaires, dont les médiums ne pensaient même pas être les auteurs mais les attribuaient à des voix et des mains d’outre-tombe. En septembre 1853, suscitée par la visite de Delphine de Girardin à Jersey, la pratique des « tables parlantes » devient l’occupation principale de la famille Hugo. Jusqu’en octobre 1855, les tables dictent, dessinent même, exerçant une influence majeure sur la pensée et la création de Victor Hugo. Sous les mains de son fils Charles, le médium de ces séances, elles confirment du sceau de l’au-delà, la vérité d’un fonds d’idées philosophiques préexistant et qui, enrichi, va irriguer l’oeuvre et le bouillonnement poétique et littéraire à venir. En 1933, André Breton publie dans la revue Minotaure, « Le Message automatique » qui constitue une véritable entrée des médiums sur la scène artistique et la reconnaissance de leur rôle dans l’accroissement du domaine de la création vers les zones inconnues ou tout juste défrichée de notre inconscient. Se donnant ces deux dates pour limites, l’exposition tente de rendre sensible le surgissement d’une nouvelle esthétique et d’un nouvel imaginaire qui vont, entre autres, alimenter le surréalisme ou grossir le flot de l’art brut. Elle s’appuie sur des oeuvres rarement exposées, sinon inédites, mises en relation avec les productions « littéraires » dictées par les tables. Parmi les médiums se côtoient l’écrivain, le mineur ou l’employée, le modeste prend place à côté du génie pour lever le voile sur le merveilleux. Cette exposition leur rend hommage à travers les oeuvres de Victor et Charles Hugo, Victorien Sardou, Fernand Desmoulin, Hélène Smith, Gustave Le Goarant de Tromelin, Hugo d’Alesi, Augustin Lesage, Marjan Gruzewski, Marthe Béraud, Franek Kluski, Man Ray, Robert Desnos, André Masson, Yves Tanguy, Nadja, Nina Karasek, Madge Gill, Philippe Deloison… et d’anonymes. « Si la science ne veut pas de ces faits, l’ignorance les prendra » déclarait Victor Hugo. L’exposition insiste aussi sur le mouvement d’étude suscité par les phénomènes spirites et en particulier sur la métapsychique – grâce à l’aide de l’IMI (Institut métapsychique international) – qui a tenté de les comprendre, ouvrant une voie de réflexion sur les capacités de l’esprit humain et de l’inconscient.