Imprimerie Trace - de la série FabuLot (Pedro, Blaz, Justine Lepiez, Soia et Pipocolor)
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C’est une partition d’empreintes mêlées
et de signes des nuées qui descendent
en courant jusqu’à l’eau.
Puis la rivière s’ébroue
dans l’air gris perle avec
des canards dans le rire.
in Dehors s’enlise dans nos plaies
Le ciel tatoué de nuages porte des échancrures de soie. Une terre blanche et calcaire resplendit sous un soleil pourtant timide. Maisons de pierre que j'aime tant, champs de blé mûr et tournesols. Nous approchons de Cahors.
juillet 1997 in Calepins voyageurs et après ?
Un gros chou chinois, des tomates fraîches, 4 ou 5 gousses d'ail, huile d'olive, coriandre en poudre, poivre
pour la salade, il y a en plus :
noix, moutarde à l'ancienne, vinaigre balsamique, cumin en poudre
Faire une sauce avec huile, moutarde, vinaigre, rajouter les épices, une ou deux gousses d'ail hachées, les noix, puis les tomates en morceaux et des feuilles du chou chinois émincées, bien mélanger. Servir et poivrer dans l'assiette. Délicieuse avec un fromage de chèvre frais et du pain grillé au pavot.
pour la potée du lendemain, il y a en plus :
un bloc de tofu aux olives vertes, un oignon, le jus d'un bocal d'olives kalamata, curcuma en poudre
Dans une cocotte, en fonte de préférence, faire revenir l'oignon, puis rajouter les tomates en morceaux, laisser revenir en remuant souvent, rajouter le reste du chou chinois de la veille, émincé, l'ail haché, la coriandre et le curcuma en poudre, bien remuer, laisser cuire quelques minutes, rajouter le tofu en petit morceaux, et comme j'avais ce jus de kalamata en stock, je l'ai rajouté avant de baisser le feu, et laisser cuire 15 mn couvert. Servir et poivrer dans l'assiette Les restes seront délicieux demain avec du riz ou de la semoule au chanvre et un petit piment.
éd. Intervalles,13 février 2015
256 pages, 11.99 €
Rachel Vannier a sorti en juin dernier aux éd. Intervalles son deuxième roman, Écosystème. J’avais reçu son premier, gentiment dédicacé par l’auteur, lors de sa sortie en 2015, mais n’avais pas eu le temps de le lire jusqu’à aujourd’hui. Voilà qui est fait !
Hôtel International évoque sur fond d’un drame personnel, le petit monde des expatriés avec un regard vif et sans concession, une plume acerbe et le genre d’humour noir qui permet de survivre au désespoir.
« La vraie vie, c’est ce décalage aberrant entre le drame d’une situation et la banalité du quotidien qui continue son chemin, impassible, autour de nous. Le contrôleur contrôle, le mendiant mendie, le Parisien parisie. Alors qu’on souhaiterait flotter au-dessus du monde qui s’anime, et que la réalité nous ramène brutalement sur la terre ferme, l’atterrissage donne le vertige. »
L’héroïne d’Hôtel International s’enfuit subitement au Cambodge suite au suicide de son père, sans même un visa et sans prévenir ses proches et ses amis, elle débarque là-bas sans connaître grand chose de ce pays sinon un peu de sa tragique histoire et cherche avant tout à mettre un mur entre elle et tout ce qu’elle a laissé derrière. Sa façon de faire le deuil ou peut-être d’en refuser la réalité.
« Parler, c’est la dernière chose au monde dont j’avais envie. Je ne souhaitais que m’enterrer bien profondément dans un abri anti-atomique, anti-monde extérieur, anti-gens, anti-tout. »
C’est ainsi qu’après avoir débarqué au Cambodge de façon assez surréaliste et avoir logé dans une chambre sans fenêtre d’un hôtel très minable, le fameux Hôtel International, elle se lie avec quelque congénères qui l’accueillent dans le petit cercle des expatriés, des barangs — les blancs — au Cambodge. Installée dans un appartement en collocation, sa vie alors consiste à s’oublier en profitant des avantages de ce milieu de privilégiés et de boire au moins un soir sur quatre et de façon très déraisonnable mojitos sur mojitos dans les endroits fréquentés uniquement ou presque par des étrangers. Entre ceux qui bossent pour des ONG, le Cambodge étant un des pays où en compterait le plus au mètre carré, et ceux qui profitent uniquement des privilèges et de la vie facile qu’offre le statut d’expatrié dans une sorte d’entre-soi dépravé de luxe, elle tente d’oublier la raison de sa fuite dans ce pays.
L’auteur connait bien le Cambodge et ça se lit. Ayant eu l’occasion moi-même d’aller à Phnom Penh, même si bien des années plus tôt, peut-être cela a-t-il aidé à ce que j’en apprécie la justesse, même si le portrait du pays n’est pas vraiment flatteur.
C’est Arthur, un dandy de la mode, le premier Français qu’elle rencontre là-bas parce-que ami d’amis de facebook, qui va l’introduire dans le cercle des expats :
« Pour les Cambodgiens, nous les blancs, on est des demi-dieux. Tu croyais que c’était fini depuis la décolonisation ? Détrompe-toi. Les bons vieux réflexes n’ont pas disparu. C’est pour ça qu’ils se blanchissent la peau avec des crèmes qui leur brûlent l’épiderme. Ils préfèrent avoir des taches sur la gueule plutôt que d’être bronzés. Si ça n’est pas une preuve ! Quant à l’argent, dans 99% des cas, si tu veux quelque chose tu peux l’acheter. Alors les vieux dégueus viennent surtout pour se payer des femmes mais nous, les gens normaux, on peut s’accorder une vie de plaisirs. Des hôtels de luxe, un service impeccable, de bons restaurants. Avec un salaire normal pour un expatrié, tu peux vivre une vie de pacha, c’est ce sur quoi l’économie du pays repose. »
Bien qu’il y soit aussi évoqué et de façon sérieuse la question des Khmers rouges et la situation économique du pays, c’est un portrait tiré à grands traits à travers le prisme du milieu des expats et de sa superficialité, milieu dont le portrait est encore moins flatteur, d’autant plus que tout est perçu à travers le regard plutôt désespéré de la narratrice, qui ne s’épargne pas non plus. Et c’est ce qui rend ce roman drôle, même et peut-être surtout quand c’est pathétique.
Rachel Vannier a un vrai talent, elle écrit admirablement bien de façon simple et directe et réussit à rendre intéressante presque la moindre banalité. La fluidité de l’écriture fait qu’on boit son roman comme un mojito, suivi d’un mojito, suivi d’un… etc. L’avantage, c’est que le lecteur, lui, n’a pas la gueule de bois le lendemain. Cela se lit aussi comme un roman d’aventures modernes et désabusées où on crapahute donc plus dans les bars que dans la jungle.
Cathy Garcia
Rachel Vanier est née à Budapest en 1988. Après avoir grandi à Lille, fait ses études à Paris, s’être échappée à Boston puis avoir crapahuté au Cambodge, elle travaille dans le monde non moins dépaysant de l’innovation et des start-up. Elle est aujourd'hui en charge de la communication du campus de start-up STATION F. En parallèle, elle écrit sur le voyage, retrace le parcours de personnages souvent anti-héro(ïne)s, et s'intéresse à sa génération. Elle a aussi contribué à plusieurs revues sur l'innovation et tient un blog décalé, dinde.co
Son regard hésite entre la haine et la peur.
Elle est épuisée, le souffle court, animal traqué, assise sur le clavier du piano de concert, au centre de la scène du Deutsche Oper.
Elle vient d’interpréter sa partition de Schumann mais elle l’a emplie de rage et d’amour en des improvisations échevelées, vannes de l’âme grandes ouvertes.
Quatre minutes d’émotion pure.
Une chape de silence tombe sur les dernières résonances d’un coup de poing rageur sur les graves. Le public est sonné par le flot de musique brute que Jenny vient de lui asséner, et reste pétrifié ; hésitant sur la réaction à avoir face à ce génial ovni.
Jenny, enfant prodige brisée par la vie depuis que son père a abusé d’elle à la fin d’un concert à New-York lorsqu’elle avait treize ans et que plus tard son compagnon a abandonné enceinte avec la responsabilité d’un crime abominable qu’elle n’a pas commis. Le système carcéral a parachevé cette descente aux enfers en refusant la césarienne qui aurait sauvé son enfant. Elle n’est que haine et indifférence au monde. « Capable de piquer les clopes d’une morte » disent entre-elles à voix basses ses co-détenues.
Elle s’est évadée de prison il y a deux, trois heures à peine, grâce à son maître de musique, Fraü Krüger ; une artiste aux rêves brisés il y a longtemps, la guerre…aujourd’hui bénévole sévère et froide tentant d’apporter « un peu de beau » dans cet univers sombre, car seul le Beau l’émeut, la soutient.
Une évasion juste pour participer à ce grand concours national des jeunes talents du Deutsche Oper dont Jenny occupe maintenant le centre de la scène.
Jenny attend. Le temps est lent.
L’ovation se déclenche, soudaine, jubilatoire, immense…
…Fraü Krüger sera au balcon.
Leurs regards se croiseront.
Elles se verront enfin
le maître la main sur les lèvres esquissera un geste de tendresse,
Jenny adoucira son masque puis,lente, plongera dans une ample révérence.
Une escouade de policiers surgira alors des coulisses pour maîtriser ‘’le fauve’’…
jlmi sur Vier Minuten, un film de Chris Kraus musique de Annette Focksavec Monica Bleibtreu : Traude Krüger Hannah Herzsprung : Jenny von Loeben
oOoOo
Merci à Jlmi
La bande-annonce du film :
Treize micro-fictions poétiques, bizarres, décalées, dérangées… Dérangeantes ?
« Je l'observe avec étonnement et soudain, je vois ses lèvres venir s'écraser contre le rempart de verre et son regard virer au gris. Je la vois se retourner sur elle-même, cette crispation soudaine qui ne trompe pas. Je me demande l’espace d’un instant, si elle pourra obtenir rapidement son sursis, puis je m'éloigne, je voudrais profiter du mien. »
Tirage numéroté édité et imprimé par l’auteur avec neuf collages papiers originaux réalisés par l'auteur
de cet ouvrage,
a été réalisé un tirage de tête
limité à 13 exemplaires, numéroté et signé
avec illustrations en couleur
(épuisé)
illustrations que l'on peut voir ici
http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.hautetfort.com/illustrations-de-recueils/
et qui sont maintenant en vente au pris de 50 € chacun
le tirage sinon est en beau noir et blanc
28 pages agrafées
sur papier 90g calcaire
couverture 250g calcaire
100 % recyclé
dépôt légal : octobre 2017
10 €
port offert jusqu'à fin octobre
à me commander directement : mc.gc(at)orange.fr
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(…) la Colombie avait cessé d’être ce qu’elle avait été pendant un demi-siècle : une cour d’exécutions capitales de 1 178 000 kilomètres carrés, dont les rivières et les lagunes étaient devenues des dépotoirs de cadavres, et d’où on était en train d’exhumer, peu à peu, les millions d’ossements enterrés sous la verte couche végétale, qui avaient transformé le pays en fosse commune la plus belle et la plus fleurie d’Amérique latine
in Retourner dans l’obscure vallée, Métailié 2017