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CATHY GARCIA-CANALES - Page 560

  • Les ombres de l’Araguaia de Guiomar de Grammont

     

    traduit du brésilien par Danielle Schramm 

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    Métailié, 14 septembre 2017. 232 pages, 18 €.

     

     

    Ce roman dédié « aux familles de tous les disparus politiques du Brésil, surtout à leur mères et leurs sœurs », aborde un passage obscur de la lutte contre la dictature dans les années 70, quand des jeunes étudiants épris de justice sociale avaient dans l’idée de libérer leur pays. Quelques-uns d’entre eux sont même allaient se former à Cuba aux techniques de guérillas, et les chefs de la guérilla jusqu’en Chine maoïste.

     

    Dehors les bate-paus et les grileiros !

    Morts aux généraux fascistes !

    A bas la dictature militaire !

    Vive la terre libérée pour que le peuple vive et travaille !

    Vive les Forces guérilleras de l’Araguaia !

    Vive le Brésil libre et indépendant !

     

    Traqués par les agents du gouvernement et les bate-paus, les collabos, les mouchards, c’est en Amazonie, dans la région de l’Araguaia qu’ils tentèrent de mettre en pratique leurs utopies. Ils étaient une soixantaine et le gouvernement envoya dix mille soldats pour les combattre, très peu de ces jeunes survécurent, tous les autres ont été « disparus ».

     

    Dans Les ombres de l’Araguaia, c’est la jeune sœur d’un de ces guérilleros, qui via un journal arrivé un peu mystérieusement entre ses mains, part sur les traces de son frère, espérant le retrouver — peut-être était-il exilé quelque part, ou tout au moins de découvrir la vérité sur son sort. Sofia vit au quotidien depuis des années la douleur de ses parents, elle n’était qu’une petite fille quand Leonardo est parti. Leur père ne s’en est jamais remis et il est mort malheureux, emportant avec lui cette souffrance et son sentiment de culpabilité, et Luisa, la mère, ne peut s’empêcher de garder la chambre du fils prête au cas où, les habits lavés, repassés, il lui semble qu’il est toujours sur le point d’arriver.

     

    Le roman se découpe en deux parties qui s’entremêlent : l’une, c’est celle que raconte le journal, lequel a été écrit, semble t-il, par deux personnes différentes et pas au même moment, une femme et un homme. Journal qui nous plonge directement dans l’enfer vert de l’Araguaia, où ces jeunes révolutionnaires, souvent issus de la ville, se heurtent à l’hostilité de l’environnement avec l’angoisse permanente d’une attaque de l’armée, d’une dénonciation, mais aussi à l’extrémisme de leur propre camp, la discipline impitoyable de la guérilla et ils travaillent sans compter pour survivre et apporter aide, savoir, soins et soutien aux paysans locaux, souvent des autochtones aux conditions de vie très difficiles aussi. Une population locale qui se retrouve prise en étau entre ces jeunes idéalistes et l’armée, ils subissent la violence de cette dernière, mais aussi parfois celle des guérilleros eux-mêmes quand ils sont soupçonnés de collaboration avec l’armée. C’est toute l’ambigüité et les limites de cette forme de lutte pour la justice sociale de ces années là — et dont le Che fut et demeurera sans doute pour toujours le symbole, qui transparait dans ce journal.

     

    Sofia, la petite sœur en quête de son grand frère adoré et idéalisé aussi, remonte la piste jusque l’Araguaia en passant par Brasilia et un détour par Cuba. Elle mène une enquête que sa formation de journaliste lui permet de faire passer pour non personnelle, elle rencontre des personnes qui peu à peu lui permettent de rassembler le puzzle, et plus elle avance dans le journal et plus elle a la certitude que les auteurs ne sont autres que son frère lui-même et sa compagne qui l’avait suivi là-bas.

     

    C’est un morceau de l’histoire du Brésil, un morceau de sale histoire et ce qui sous-tend ce roman, c’est cette douleur effroyable éprouvée par toutes les familles de disparus, les proches, au Brésil mais aussi à travers toute l’Amérique latine, qui ne cessent encore aujourd’hui, de réclamer la vérité, quelque chose à quoi se raccrocher afin d’avoir quelque chose à enterrer et pouvoir enfin entamer le deuil. Et puis, il fait aussi référence à tous ces enfants enlevés à leurs parents assassinés, pour être élevés dans les familles des assassins eux-mêmes. Est-ce que cela fut pour certaines, une façon de réparer ?

     

    Les ombres de l’Araguaia malgré tout est un roman presque tranquille, non moralisateur, sans rage, sans colère, sans parti pris, il est juste humain et expose avec sensibilité des faits qui jalonnent la piste que Sofia tente de remonter pour guérir l’inguérissable, recoudre les plaies de sa famille qui sont aussi les plaies de l’Histoire, cette spirale qui finit par prendre bourreaux, victimes et familles des uns et des autres, dans un même nœud qui ne peut que se resserrer sur tous.

     

     

    Cathy Garcia

     

     

    editions-metailie_com-guiomar-de-grammont-carol-reis-300x460.jpgGuiomar de Grammont est née à Ouro Preto où elle enseigne à l’université. Elle y a créé le Forum des Lettres. Elle est l’auteur d’un essai sur le sculpteur baroque Aleijadinho. Elle a reçu le prix Casa de las Américas pour un de ses recueils de nouvelles et le prix Pen Club du Brésil 2017 pour Les ombres de l’Araguaia. Elle est traduite en français pour la première fois.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Anne-Lise - tissage #2

     

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     Jardin du causse, le soleil chemine vers l’ouest.

    Enfant rebelle, mère attentive. La nature, ses dangers, l’enfant goûte à tout sans discernement : feuilles, graines, cailloux, terre, moisissure, brindille… L’enfant s’enhardit quitte le territoire connu, s’aventure hors de la couverture, rampe dans la jungle verte. Les tourterelles s’approchent, l’enfant les montre du doigt. Le lien.

     

    Une photo d'Anne-Lise©  à partir d'un extrait de Jardin du causse

     

     

     

     

     

  • Pablo Gelgon

     

    La poésie n’aime pas les sarcasmes. Souvent quand elle doute, elle se contracte dans sa coquille et fait miroiter des couleurs empoisonnées sur son parement de coquille.

    in Traction Brabant 75

     

     

     

     

     

  • Anne-Lise - Un petit bout de moi - tissage#1

    Anne-Lise un-petit-bout-de-moi-web-web.jpg

    texte Cathy Garcia sur une photo d'Anne-Lise ©

     

     

    Elle est partie dans la nuit

    je ne m’en suis pas aperçu, je dormais

    c’est la soif qui m’a réveillé

    la soif d’elle

    je l’ai appelée, seule la chatte m’a répondu

    je suis sorti devant la maison

    l’aube commençait à enflammer le ciel

    J’ai couru jusqu’à la plage

    la marée était basse

    l’horizon vide

    j’ai couru comme un fou

    je l’ai appelée à m’en déchirer les poumons

    je n’ai trouvé que ses bottines sur le sable

    j’ai entendu l’océan au loin qui se marrait

    à moins que ce ne fussent les mouettes

     

     

     

    Premier opus d'un échange sur invitation de la photographe :

    http://www.boucle-a-l-ouest.com/