Maureen Bisilliat - Xingu Tribal territory

sans digue
ni barrage
torrents
montés du ventre
les chants
de terre et d’eau
corps peints
menez la danse
cg in Ailleurs simple (Nouveaux Délits, 2012)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

sans digue
ni barrage
torrents
montés du ventre
les chants
de terre et d’eau
corps peints
menez la danse
cg in Ailleurs simple (Nouveaux Délits, 2012)

Quel phallus sonnera le glas
Le jour où je dormirai sous un couvercle de plomb
Fondue dans ma peur
Comme l’olive dans le bocal
Il fera froid métallique et laid
Je ne ferai plus l’amour dans une baignoire émaillée
Je ne ferai plus l’amour entre parenthèses
Ni entre les lèvres javanaises d’un gazon de printemps
J’exsuderai la mort comme une moiteur amoureuse
Cernée assaillie par des visions d’octobre
Je me blottirai dans la boue
in Faire signe au machiniste (1976)


Corps de femme, blanches collines, cuisses blanches, l'attitude du don te rend pareil au monde. Mon corps de laboureur sauvage, de son soc a fait jaillir le fils du profond de la terre. Je fus comme un tunnel. Déserté des oiseaux, la nuit m'envahissait de toute sa puissance. pour survivre j'ai dû te forger comme une arme et tu es la flèche à mon arc, tu es la pierre dans ma fronde. Mais passe l'heure de la vengeance, et je t'aime. Corps de peau et de mousse, de lait avide et ferme. Ah ! le vase des seins ! Ah ! les yeux de l'absence ! ah ! roses du pubis ! ah ! ta voix lente et triste ! Corps de femme, je persisterai dans ta grâce. Ô soif, désir illimité, chemin sans but ! Courants obscurs où coule une soif éternelle et la fatigue y coule, et l'infinie douleur.

Ma Lilith se révolte, c’est ça qui me met dans cet état de combat et d’ébullition intérieure. La chèvre et l’agneau, quelle drôle d’image ! Je ne veux pas être à demi-aimée voilà tout. Juste envie de danser. Je ne me résoudrai pas à être civilisée !
cg in Journal 1995

Je ne bois jamais à outrance, je ne sais même pas où c'est.

la muraille des os qui se cabre

Les chevaux du Temps
Quand les chevaux du Temps s’arrêtent à ma porte
J’hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c’est de mon sang qu’ils étanchent leur soif.
Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant
Pendant que leurs longs traits m’emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu’une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu’il me faut soudain refaire en moi des forces
Pour qu’un jour où viendrait l’attelage assoiffé
Je puisse encore vivre et les désaltérer.
in Les Amis inconnus, 1934

Je ne suis nulle part. A cheval entre deux mondes qui ne sont pas plus miens l’un que l’autre.
cg in Journal 1999