Erri de Luca
Bien des jours avant de voir la mer, elle était une odeur,
une sueur salée, chacun imaginait sa forme.
in Aller simple
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Bien des jours avant de voir la mer, elle était une odeur,
une sueur salée, chacun imaginait sa forme.
in Aller simple

Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.

Je me sens un peu comme sur le haut d'une montagne. J'aimerais oublier, en cet instant même, tout ce qui me concerne, n'être plus que pure existence, sans passé, sans futur. Le rôle que je joue dans ma vie me semble parfois trop lourd, une entrave qui m'empêche d'être, tout simplement. Plus je vieillis, et plus j'ai conscience de ce besoin viscéral de "sauvagerie", d'un mode de vie plus dénudé, au propre comme au figuré. Me reste à transformer ce désir en force, à l'intégrer à la réalité, alors peut-être...
cg in Journal 1997

Je ne fuis pas le monde, car il est là, je ne peux l’effacer, et je ne suis pas de ceux qui, esprits poseurs et inutiles, se constituent un bagage culturel immense pour mieux se distinguer des autres. Je suis au service de tous ceux qui veulent bien s’arrêter chez moi. On sait où me trouver s’il le faut.
in En territoire Auriaba





Nous sommes seuls et uniques et pourtant nous ne sommes qu’un, l’humanité est une seule et même entité. Aime ton prochain comme toi-même, c’est tellement simple ! Une véritable clé. Attention aux exclus, ils n’ont aucun raison d’aimer les autres quand ils ne s’aiment plus eux-mêmes. Les dégradés, les piétinés, les meurtris, les incompris. Une attitude vraie demande beaucoup d’attention, l’attention du « guerrier ». On s’égare si vite sur les sentiers de la vie.
cg in Journal 1995

Ah ça !
Les vitrines du siècle 21
sont tellement
anonymement
parfaitement vitrines
in ne pas censurer la vie
in Décharge n°151

J’emmerde les grands discours
Rester fidèle à cette petite voix
qui chante des berceuses
à nos terreurs
in J'emmerde

Danse macabre
Il est doux d’entendre sonner jusqu’au jour
Ses genoux creux contre les os de l’amour.
De boire dans les orbites de l’Amie
Le vieux mensonge des pleurs en eau de pluie.
Et de sentir les rayons des lunes hautes
Glisser romantiquement entre ses côtes.
Il est doux, il est sage, il est bien
De n’être plus, de n’être plus rien.
Comme on est joyeux, léger, comme on se porte
Bien, quand la vermine, la vermine est morte.
Laissons aux bardes les sinistres ballades ;
Lennore, Helen, faisons de bonnes gambades.
Écartez-vous, rue, escargots, citronnelle ;
Voici Laure, la plus gaie et la plus belle.
Il est doux, il est sage, il est bien
De n’être plus, de n’être plus rien.
Plus de maîtresse, plus de chien, plus de Dieu ;
C’est tout ce que je veux, c’est tout ce qu’il veut.
Passants là-bas, cavalier et cheval noir
Venez donc un peu par ici, venez voir.
Il s’est enfui, personne, la route sonne.
Ô comme le désir de vivre m’étonne !
Il est doux, il est sage, il est bien
De n’être plus, de n’être plus rien.
Clic-clac
de vertèbres
qui craquent
et dans les ténèbres
mélancoliques
ici, là-bas, où ?
clac-clic,
de dansantes reliques
Mains et pieds traversés de clous.
Amour remariée, entends-tu ma voix ?
Cette nuit, dis-moi, combien, combien de fois ?
Mon fils, mon fils, sais-tu déjà épeler
Mon nom sur la pierre moussue et pelée ?
Sganarelle, hi hi hi ! voici tes gages :
Treize queues de rats, trois yeux de chats sauvages.
Il est doux, il est sage, il est bien
De n’être plus, de n’être plus rien.
in Les Sept solitudes, 1906