Purgatoire du quotidien lu par Jacmo
Note parue dans la revue Décharge n°153 - Mars 2012
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Note parue dans la revue Décharge n°153 - Mars 2012

Cathy Garcia – poésie, 52 p.

avec des illustrations originales de l'auteur
EXTRAITS :
Survivre, hanches fendues de foudre, gorge dépouillée.
Je marche, froisse un fantôme. Les oiseaux
du jour fondent en l’air. Je plie les genoux,
ramasse mes entrailles de verre. Un peu de sel, un
peu de chair. Je ramasse et enjambe
l’éblouissement.
…
Avale-moi, dis-je au bois. Écorce-moi, dis-je à
l’homme, lentement comme un coma.
Terre et copeaux. Ma langue éboulée au creux du
refuge.
Je suis morcelée. Là mon coeur, là un poumon.
Là mon âme et des frontières entre chaque terrier.

Piqûre du vivre. Miel rauque du secret. Nudité
inhabitable.
Se sertir dans un jardin amer. Ciseler le semblant,
en élucider les ramifications.
J’épouse le cercle de la cohérence oubliée.
…
Buisson des cuisses où croassent les crapauds.
Rumeur des langues qui lapent les pierres.
Bouillon noir des reins vrillés de trouille. La vie et
son implacable sentence de mort.
La brume se faufile dans la fissure, embaume
l’esprit de visions funestes. Ce qui transpire des
murs, c’est le goût de l’ombre. Il ébouriffe et déshabille
le sang.

Nous vous proposons d’acquérir ce recueil en souscription, à 10 € au lieu de 12 € jusqu’à sa date de parution, le 30 mars 2012.
Nous comptons sur votre désir de lire, sur votre avis, et sur le bouche à oreille, seules vraies et justes bases de la notoriété d’un écrivain et de la qualité littéraire d’une maison d’édition.
Rendez-vous sur www.cardere.fr
Bulletin de souscription ci-joint : souscription allumettes.pdf
Notes parue dans la revue Friches n°109 - Janvier 2012
à paraître chez Cardère en mars 2012 (poésie, 52 pages)

Prix public : 12 €
Illustrations originales de l'auteur

EXTRAITS :

Survivre, hanches fendues de foudre, gorge dépouillée.
Je marche, froisse un fantôme. Les oiseaux du jour fondent en l’air. Je plie les genoux,
ramasse mes entrailles de verre. Un peu de sel, un peu de chair. Je ramasse et enjambe
l’éblouissement.

Avale-moi, dis-je au bois. Écorce-moi, dis-je à l’homme, lentement comme un coma.
Terre et copeaux. Ma langue éboulée au creux du refuge.
Je suis morcelée. Là mon coeur, là un poumon.
Là mon âme et des frontières entre chaque terrier.

Piqûre du vivre. Miel rauque du secret. Nudité inhabitable.
Se sertir dans un jardin amer. Ciseler le semblant, en élucider les ramifications.
J’épouse le cercle de la cohérence oubliée.

Buisson des cuisses où croassent les crapauds.
Rumeur des langues qui lapent les pierres.
Bouillon noir des reins vrillés de trouille. La vie et son implacable sentence de mort.
La brume se faufile dans la fissure, embaume l’esprit de visions funestes. Ce qui transpire des
murs, c’est le goût de l’ombre. Il ébouriffe et déshabille le sang.
***
Nous vous proposons d’acquérir ce recueil en souscription, au prix de 10 € jusqu’à sa date de parution, le 30 mars 2012.
Nous comptons sur votre désir de lire, sur votre avis, et sur le bouche à oreille, seules vraies et justes bases de la notoriété d’un écrivain et de la qualité littéraire d’une maison d’édition.
Rendez-vous sur www.cardere.fr
Bulletin de souscription ci-joint : souscription allumettes.pdf

Ed. Nouveaux Délits
Coll. les Délits Vrais - N°1 - 2011
Textes (2002-2009)
Comment va le monde ?
Sommes-nous ?
Parcours poético-précaire
Vous avez dit satire ?
et illustrations (couleur)
de Cathy Garcia
Poésie postale timbrée "Nouveaux Délits"
Un recueil de 12 pages, format A5
Livré sous enveloppe transparente personnalisée.

Papier et enveloppe recyclés.
Tirage signé, numéroté et limité à 50
10 €
http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com
Le 69e numéro du Microbe est prêt.
Au sommaire :
Illustrations de Gabrielle Pluet
Textes de
Stéphane Bernard
Georges Cathalo
Jean-Marc Couvé
Hélène Dassavray
Georges Elliautou
Pascal Feyaerts
Georges Friedenkraft
Pascal Mageren
David Marsac
Murièle Modély
Jany Pineau
Alain Sagault
Pierre Soletti
Didier Trumeau
Jasmine Viguier
Les abonnés le recevront dans quelques jours.
Les abonnés « + » recevront également le 32e mi(ni)crobe signé Cathy Garcia : PURGATOIRE DU QUOTIDIEN.
Les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez Eric Dejaeger :
http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2012/01/06/microbe-69.html
"Je viens de recevoir ton mini, j'ai dévoré, aimé, et tout et tout, surtout la sensibilité qui en ressort, quand on lit on sent ton cœur battre, c’est rare, surtout reste telle que tu es, même si cela ne doit pas être facile dans ce monde-là, tu fais partie de ceux qui donnent de l’espoir, d’un simple mot."
Fabrice Marzuolo
Note publiée dans Décharge n°152
Dans sa nouvelle émission Les poètes sur Radio Occitania Christian Saint-Paul invite à lire le n° 40 de la revue de poésie vive NOUVEAUX DELITS 6 € abonnement 25 € chèque à adresser à Association Nouveaux Délits Létou - 46330 St CIRQ-LAPOPIE http://larevuenouveauxdelits.hautefort.com . Ce numéro soigné comme toujours rend hommage : à Beb KABAHN (1974-2011) graphicultrice de stigmates, « écrivière en poésie et tellement plus encore » (selon l’expression affectueuse de Cathy Garcia) et à Yann ORVEILLON (1941-2011) poète et voleur de feu, au cœur océan. Les illustrations sont de Corinne Pluchard http://corinne.pluchart.over-blog.com . Lecture de la fin de l’éditorial de Cathy GARCIA.
Puis toujours de Cathy GARCIA lecture d’extraits de son recueil « le poulpe et la pulpe » avec des dessins de Jean-Louis MILLET paru aux éditions cardère 56 p 10 € commande possible sur : www.cardere.fr
Dernier poème du recueil :
Me couper rituellement la langue pour ne plus qu’elle fourche.
Semer des graines de sourire à chaud dans le fumier de mon cœur.
Me laver des scories qui cherchent encore reconnaissance.
Être creuse afin d’être usée et renouvelée sans fin.
Comme une veine.
Les éditions Cocagne 30 rue de la Banque 82000 Montauban www.cocagne-editions.org ont entrepris de publier l’œuvre de Félix-Marcel CASTAN ; le dernier volume Occitanisme pédagogique 150 p (très beau livre) 30 € rassemble des textes de ce penseur hors norme sur l’humanisme qui découle de la posture culturelle comme un mode de vie à suivre ; et cela pour toutes les cultures, la culture occitane qui est celle de l’auteur comprise. De très belles pages qui font parfois référence à des évènements datés (les années du festival de Montauban par exemple) mais écrits avec une précision pédagogique qui les rendent intemporelles. Pour CASTAN « la littérature occitane peut tout dire au nom de tous, à la fois ceux qui sont de son pays et ceux qui n’en sont pas, au nom de toutes les provinces d’une nation qui veut ressusciter à la vie culturelle, au nom même des hommes qui partout cherchent les moyens les meilleurs d’habiter leur planète. »
Puis le cap de l’émission est mis sur le Portugal, le sud précisément, l’Algarve bien connu de Saint-Paul qui y séjourna quelques étés chez son ami l’éditeur Carapato à Faro. Audition d’un morceau de MADREDEUS pour s’imprégner des accents de cette terre avant de poursuivre sur l’œuvre de Fernando CABRITA dont les éditions L’Harmattan dans leur collection « Poètes des cinq continents » ont fait paraître en édition bilingue portugais-français « Douze poèmes de Saudade » traduit et préfacé par François-Luis Blanc 65 p 10,50 € http://www.librairieharmattan.com
Né à Olhao prés de Faro en 1954, Fernando CABRITA a collaboré à divers journaux et revues, au Portugal, en Suisse et au Mozambique, à travers des articles, des dessins, des photos et des textes. Il a publié à ce jour une vingtaine d’ouvrages, essentiellement de poésie et fût lauréat de nombreux prix.
CABRITA dont c’est le premier recueil traduit en français, suscite l’émotion avec des mots simples, soulevant des ondes de plaisir chez l’auditeur. Lecture de larges extraits avec une pause pour écouter une saudade d’Amalia RODRIGUEZ.
Un poète à découvrir !
à écouter sur
http://lespoetes.fr/emmission/emmission.html

Extrait
J’ai mordu, bafouillé comme d’autres se lovent et jouissent. J’ai camouflé ma soif dans une cargaison de vertige. Trouvé dans le caniveau, une pépite lustrale.
Sur les crêtes frontalières, j’ai fait récolte de courbes sereines. Amulettes fertiles. Clarté rayonnante. Trouvé le noyau de la féminité caché dans les arbres.
Des cavales et des transes, j’ai gardé l’authentique insolence de la pulpe. Ce tremblement des nuques, embuscade hypnotique. Méandre où se coule la joie inconditionnelle.
Dans ma soif, j’ai la vision d’un oiseau ensorceleur posé sur la branche haute d’un cèdre.
« Une poésie grave, précise et drôle à la fois, où je me laisse volontiers embarquer, surprendre souvent, dans un cheminement preste, parfois fébrile ou vertigineux, qui épouse des méandres très féminins d’émotions, de sentiments, de joies et de souffrances. » (Bruno Msika, éditeur)
Poésie. Livre de 60 pages au format 140 x 210 imprimé en noir sur bouffant naturel 80g. Illustré par des dessins de Jean-Louis Millet. Sept. 2011, prix public 10 euros, ISBN 978-2-914053-60-0 Cardère éditeur, Lirac (30) www.cardere.fr
Celle qui manque, Asphodèle, 50 pages, 7 €, 2011.
Cela peut sembler dérisoire, à l’aune des innombrables guerres et famines qui ravagent notre planète-grain-de-sable-dans-l’univers, mais, Cathy Garcia construit une œuvre – « je vais mot dire » – accroc-bath ! Ses écrits, dessins, peintures, photos… se soucient de l’infiniment grand autant que du (détail)… ce qui fait toute la différence. Et, contrairement à nombre de nos contemporains en littérature qui s’usent les yeux en d’incessants va et vient entre miroir et nombril, Cathy est de cette trempe de poètes qui mouillent la chemise, plongent les mains dans le cambouis jusqu’aux coudes, tiennent sites/blogs non exclusivement consacrés à leurs (petites) humeurs, mais ouverts au Monde, à ses insoutenables légèretés (cf. Kundera), comme à ses incommensurables lourdeurs.
Celle qui manque étant – manque / et compense (où un Cyrulnik rabâche sa « résilience ») en re-créant de toutes pièces ce qui lui manque : beaucoup plus de liens et des solides, qu’on les nomme amour, fraternité ou intelligence non formatée. « Poète… Mineur d’un art mineur. » Là, poète qui ne panse « con », compense en composant elle-même ses recueils et revues (Nouveaux Délits = 40 numéros) sur ses propres presses. Et il en faut, courage et opiniâtreté, pour contrecarrer l’arrogance mâle, la guerrière vanité machiste ambiante ! En francophonie, aujourd’hui, nous pouvons les compter sur les doigts d’une seule main les femmes-orchestres telles Cathy Garcia : Arabo, Christien, Riera… Est-ce que j’oublie quelqu’une ? Celle qui manque est un petit recueil rageur [« L’amour parfois est si proche de la rage »], bien dans la manière garcienne. Il commence par le commencement, le nœud gordien, la source de tous les quiproquos qui entachent nos origines : « J’ai trop manqué d’amour ! »
(...) « Cesser la lutte à contre-courant ! » Il en faudra, volonté mêlée d’abnégation, pour que le saumon-poète remonte le cours des lieux communs, arrachant à la résignation une vraie voracité vitale de vivre d’amour et de poésie. Au fil de ses 12 recueils, en 10 ans de publication, Cathy Garcia, que les épreuves ont fortifiée, rendue plus déterminée, mais aussi plus sereine (et non sœur haine !), semble savoir comme nul/le autre se jouer de, voire défier tous les obstacles : « Faire de sa vie un art d’aimer. » Oui. Tout un ART. Une œuvre à part, vous dis-je. Coûte que… goûte !
Jean-Marc Couvé
jusqu'au 15 septembre 2011
Voir poulpe_offre souscription.pdf
J’ai mordu, bafouillé comme d’autres se lovent et jouissent. J’ai camouflé ma soif dans une cargaison de vertige. Trouvé dans le caniveau, une pépite lustrale. Poésie |

Il est grand temps que je vous dise tout le plaisir que j’ai pris à la lecture de votre Jardin du Causse. Surtout que ça fait déjà un joli moment que je l’ai lu, même si j’ai mis bien du temps à le commander ! Mais je pense que vous êtes comme moi : on croule sous les sollicitations, donc on (je) a besoin de laisser mûrir les choses - donner du temps au désir, si je peux oser cette formule, donner du temps au désir dans cette époque où la satisfaction de tout doit être immédiate (oui : doit, la satisfaction immédiate est devenue un droit ! -j’ironise). La jouissance d’aujourd’hui, on dirait, est un peu comme les avions qui tracent dans le ciel de votre jardin…
En plus cette attente allait bien à votre ouvrage, puisque la patience, les aléas, les bontés du temps en sont le moteur unique. Ajoutons-y les mains de la jardinière, et le beau désordre créé par l’enfant. Que serait la vie des « grands » si les enfants n’y venaient pas semer le désordre ? Les graines de demain, quoi !
Votre livre est bien comme les jardiniers sont, qui vous prennent le bras pour faire le tour de leur modeste pays (modeste, c‘est les jardiniers qui le disent), nommant au passage chaque plante (par petites touches, comme votre écriture, sans rien qui pèse ou qui pose comme dit le poète) donnant des nouvelles de telle ou telle pousse ; un peu comme on le fait d’un enfant : il a bien grandi depuis la dernière fois. Il manque d’eau. Les inquiétudes qu’ils ont par rapport à l’école du ciel, etc. Nommant donc, et vous confiant (sans vous regarder vraiment, en se penchant sur des pivoines par ex.) quelque préoccupation intime, quelque souci qui les travaille continuellement.
Oui vraiment j’ai pris bien du plaisir dans votre jardin. J’y serais bien resté plus longtemps…
Christian Degoutte
« Jardin du Causse » est un livre solaire, à l’écoute des saisons de l’année et de celles du cœur. Volupté de respirer les senteurs et le vent, de faire route avec les fruits, fleurs et orages, de s’incorporer aux éléments en une cérémonie païenne sans cesse renouvelée. Il y a aussi, tenace, l’épine de l’absence qui vient, à régulières intervalles, tarauder la joie. Douceur-douleur : ces deux quasi-jumelles hantent ces superbes textes ; la poésie est manque, la poésie est désir, les deux sont là, exacerbés (Héraclite : « la vie est une harmonie de tensions ») pour nous donner à lire un bijou poétique.
Jean-Louis Bernard, mars 2011
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Cathy Garcia : JARDIN DU CAUSSE (Ed. de l’Atlantique)
C’est le journal d’un jardin. De février à novembre. Un potager qui vit tout au long des saisons entre graines et fruits, entre pousse et cueillette. Mais Cathy Garcia connaît aussi bien les légumes que toutes les plantes euphorbe, plantain, potentille rampante qu’elle sait peindre à la façon d’une aquarelliste. L’hellébore dresse ses grappes de cloches vertes et fétides, premières constellations jaune d’or des ficaires. Les fleurs, la botanique rythment les jours qui passent. Mais c’est aussi le journal des oiseaux, des papillons, voire des avions qui tournent autour et au-dessus du jardin et du causse. Ces morceaux de ciel mobiles qui enchantent ou dérangent. C’est encore le journal d’une enfant qui apprend et s’éveille en se confrontant aux herbes et aux bestioles dans un même petit périmètre d’envol. C’est enfin et surtout le journal d’une femme qui jardine et pouponne, mais qui laisse entre nature et maternité passer quelques nuages sentimentaux. Cœur lourd, vaine rage. … trop d’émotions, trop vives, jardin intérieur dévasté. Elle s’interroge : Envie de pouvoir être fière des hommes. // Faut-il qu’ils soient morts pour être admirables ? Cette peine sait jouer des armistices : la paix n’est pas un état mais une victoire sur soi, une trêve dans la guerre intime. Elle peut aussi faire preuve d’humour : Un moucheron met fin à ses jours dans ma narine droite Enfin, comme une résolution finale : La pluie, de ses caresses, fait jouir le potager. Et puis l’hiver arrive, on referme le jardin du causse.
Jacmo (à paraître dans la revue Décharge n°150 – juin 2011)