Trans(e)fusées, lu par Jacmo dans Décharge n°167 - septembre 2015
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Cette présentation figure dans Vibrations en partage - Les Moments Poétiques d'Aurillac (2006-2013) - édité en 2014 par La Porte des Poètes et le Théâtre d'Aurillac.
Moments poétiques où j'avais eu le plaisir d'être invitée, en compagnie de Georges Cathalo, en janvier 2011. Une présentation plus que flatteuse, fallait bien deux ans pour oser la montrer ici.
Pour lire, cliquez sur l'image :
deux petites rectification/précision, la première citation est tirée des Chroniques du hamac (autoédition 2008) et non de Mystica perdita et Le poulpe et la pulpe et Trans(e)création sont un seul et même recueil (publié une première fois chez DLC sous le titre un peu long de Trans(e)création ou l'art de sabrer le poulpe et la pulpe, puis chez Cardère en 2010 (DLC ayant plié bagage), sous le titre simplifié Le poulpe et la pulpe).
Un article publié il y a 17 mois, sur lequel je viens tout juste et par hasard de tomber, les éditions de l'Atlantique avait déjà mis clé sous porte cependant, donc Eskhatiaï a repris sa forme originelle en deux recueils autoédités et disponibles sur demande : Salines, 2007 et Mystica perdita, 2009,Purgatoire du quotidien est également toujours disponible.
Et Cathy Garcia-Canales recréa la femme

Dès lors et si les poèmes de Cathy Garcia tourne autour d’elle-même il n’existe pas pour autant la moindre effusion de l’égo. Saurons-nous tout d’elle ? Non sans doute. Mais sa silhouette féminine est mise à nu comme de l'intérieur dans un mouvement poétique rappelant parfois des "glissements" à la Bacon par des effets de déchirures qui ramène l’être à sa douleur, à sa solitude. Par sa voix de fantômes la poétesse permet de faire jaillir de la masse brute de la vie l’écume des sensations et des émotions parfois telluriques. La poésie devient un lieu sobrement lyrique d’épaississement autant que d’éclaircissement Chaque texte en sa concentration comme en ses élancements produit un renversement : ce qui est matière perd en densité, ce qui est de l'ordre de l'impalpable devient matière. Le lecteur se retrouve aux sources du langage : la forme décompose le monde pour le recomposer autrement et dans l’espoir de la chimérique expatriation du feu intérieur.
Jean-Paul Gavard-Perret
Cathy Garcia-Canalès, « Eskhataï, Salines suivi de Mystica Perdita », Editions de l’Atlantique, « Purgatoire du quotitien », Editions A tire d’ailes.
Source : http://salon-litteraire.com/fr/cathy-garcia/review/1916026-et-cathy-garcia-canales-recrea-la-femme
il existe sur cette terre un peuple dont on ne parle jamais mais ils se reconnaissent entre eux ; ils s’aiment ou se haïssent mais surtout sans cesse, ils se renvoient la même question, la seule à leurs yeux qui mérite d’être posée. ils cherchent, cherchent sans répit, sinon quelques plages de mensonges et certaines formes d’oubli. cette question murmurée, implorée, chantée, hurlée, ils s’en frappent la tête. ils s’en mettent le cœur à vif. ils la boivent tel un vin rare, se saoulent et se régénèrent, la perdent pour mieux la retrouver jusqu’au bout des nuits blanches, des journées sans soleil. ils la décortiquent, l’aspirent, la crachent et l’offrent parfois sans calcul comme un bouquet de fleurs à une âme de passage.
certains disent qu’ils sont fous. et alors ?
il en faut des fous pour exorciser nos démons, pour donner corps à nos monstres et nous permettre de dormir en paix ! il en faut des fous pour se mettre à nu et se poignarder avec tous nos pieux mensonges ! il en faut des fous pour se lancer dans ce vide que nous n’affrontons pas même du regard. il en faut des fous pour aller décrocher les étoiles qui brillent derrière nos paupières cousues.
il en faut des fous pour accoucher le monde !
fous ! les fous battent la campagne et la breloque !
fous ! désaxés ! détraqués ! dérangés !
siphonnés, cinglés, piqués, cintrés, timbrés !
mabouls, marteaux ! toqués, tapés ! tordus, toc-toc,
cinoques, louftingues,
dingues et loufoques !
z’ont perdu la raison,
la boule et la boussole,
une araignée au plafond,
mais qu’importe monsieur,
les fous travaillent et pas qu’un peu
les fous travaillent du chapeau !
les fourres tout
les foutrement gais
les inspirés
chercheurs de vérité
fous téméraires
et foutu bordel !
les fous à lier
les fous de liberté
les fous d’amour
fous de bonheur
les fous de joie
les fous rire
les fous des bois
fous de toi
et fous au galop
les fous échappés
du jeu de tarot
les fous en marche
sur l’échiquier
il y a aussi les foutez-moi la paix
les foutez-vous de ma gueule
et tous ces fous qui en veulent
il y a les vieux fous sans lendemain
les fous qui combattent les moulins
les sacrés fous
les fous sacrés
qu’est qu’ils foutent
les fous ?
les fous parlent à leur chien
à leur chat au ciel
aux inconnus
et à la chenille
ne savent pas mentir
les fous respectent la terre
les fous flânent en chemin
nourrissent les oiseaux
les fous pleurent
la mort d’une fleur
les fous se rient des frontières
les fous traversent les déserts
gravissent les montagnes
franchissent les mers
à la nage ou à la rame
les fous disent paix et tolérance
brûlent leur carte d’identité
pour être sans-papier
refusent de s’alimenter
parce que d’autres sont opprimés
les fous ne ferment jamais leur porte à clé
les fous s’égarent
donnent sans compter
les fous vivent dans les arbres
les fous sèment des jardins
les fous se couchent au sol
devant les tanks les bulldozers
il y a des fous qui aiment tellement les animaux
qu’ils ne les mangent pas
il y a les fous qui balaient devant leurs pas
pour ne pas écraser le plus infime insecte
les fous parlent d’amour quand on leur fait la guerre
les fous pardonnent à leurs tortionnaires
les fous luttent résistent inventent
aiment et cultivent la différence
les fous vivent leurs idéaux
les fous crachent des poèmes
sur les façades des cités
les fous refusent télé supermarchés
refusent d’être vaccinés pucés
s’entêtent à ne pas se résigner
les fous un jour partent
sans se retourner
les fous voyagent à pied
à dos d’ânes en roulottes
il y a des fous qui vont dans une grotte
méditer pendant des années
il y a des fous qui peuvent
se passer d’électricité
les fous font de leurs rêves une réalité
les fous aiment malgré tout
les fous refusent le garde à vous
les fous croient en la justice
et pensent pouvoir dévier le monde
mais les fous craignent les fous
les fous vraiment malades
les fous nocifs les fous dangereux
les foutez-les dehors
les fous qui veulent rester entre eux
les fous offensifs
les foudres de guerre
führers et fous sanguinaires
les fous pervers
fous du violent
fous psychopathes
et fous de la gâchette
les fous furieux
les fous maniaques
les fous avides
les fouilles-merde
les fous stupides
les fous creux
fous des grandeurs
fous persécuteurs
fous réducteurs
fous délirants
fous paranoïaques
et fous de la matraque
les fous forcenés
fous d’odieux
des fous banquiers
fous scientifiques
fous fanatiques
des fous déguisés en flic
fous de fric de pouvoir
des fous politicards
fous qui veulent tout diriger
fous qui veulent tout acheter
y’a pas pire fous que ceux-là.
fous qui pensent qu’ils n’en sont pas
et qui proclament :
est fou celui qui ne pense pas comme nous…
est fou celui qui n’est pas comme nous…
et ils enferment, détruisent, asservissent et assassinent
monde foutu par ceux-là ?
planète foutue par ces fous ci ?
plutôt fou-rire !
cg, in Follement autre
Cathy GARCIA. TRANS(e)FUSÉES. Gros Textes éd., (Dé/collages de C. Garcia, Furieux ! Mortels ! Mystérieux !) – 40 pp. – 9 € - 2015 - éd. Gros textes & Association Rions de Soleil, Cave de Fontfourane - 05380 – Châteauroux-les-Alpes – http://grostextes.over-blog.com/
Rêveuse, blagueuse, baladeuse : « Avant de m’endormir, octroyez-moi mon baiser de cristal, que je puisse aller saluer les pachydermes aux défenses d’émeraudes. […] C’est en toute quiétude que je ne fais nulle rature à ce texte savant. / J’étais déjà têtue dans l’utérus, malle à la dextre, à espérer n’importe quel joueur de yo-yo ou de balafon qui m’emporterait au Zaïre ou au plafond.
Son naturel découvert, extension de la nature : « Je caresse mon chat, sa nuit de fourrure étoilée, à l’écoute des grenouilles invisibles, muscles tendus sous le caoutchouc vert, qui crient l’amour et le plaisir brut. Les feuilles grasses et brillantes de ces plantes vénusiennes chuchotent sous ma fenêtre. Tout est bien.
Affrontée aux mystères insondés de la vie incompréhensible par définition : « Attendez qu’on soit mort / Écoutez un peu / Nous n’avons pas dit notre dernier mot / Nous n’avons pas tiré notre chapeau / La vie c’est plus que ça / Beaucoup, beaucoup plus que ça / Ça commence bien avant / Et ça ne finit jamais […] Le verbe est une spirale / L’ADN est une spirale / Ce qu’on avale nous avale / Tout ça me paraît normal… »
Dans un délire précieux tel un « inexcusable delirium » : « Cristal où êtes-vous mon amour ? / Améthyste nue correcte exhibée / C’est mon verre tige de l’amour / Rubis sexuel luit la nuit / Sous son chapeau de chagrin / Et les siamois sont d’été / Sous les nuits balisées de boues de lin / Crapule ovaire mité et chien perméable / Marin d’eau rousse, capsule le cul / Je suis tombée ! »
Fureur (ou autre chose ?) vers le « réel, intranquille : « Un cœur / Qui soudain a des crocs / s’auto-dévore / Vendanges lycanthropes / À la vulve du monde / Ça m’aide la nuit / À raccommoder mes étoiles / À faire jonction / Émeute solaire // Au cadran j’ai rongé les angles / Les ai polis de ma langue / Pour en faire le cercle / Aléatoire / Non parfait / Le cercle rugueux / Du réel »
Michel HOST
_________________________________________________Le 6 / III / 2016
extrait de LE SCALP EN FEU - IX par Michel Host Décembre 2015 / Février 2016
http://www.lacauselitteraire.fr/le-scalp-en-feu-ix-decembre-2015-fevrier-2016-par-michel-host
Oiseaux fous, oiseaux ivres,
Fuyant par milliers
Le vacarme des cités tendues,
Prêtes à exploser.
Oiseaux fous,
Oiseaux ivres,
Portant haut
Le vaste drapeau déchiré
Du ciel,
Vos cris se perdent
Sur les océans migrateurs,
Vos plumes se mêlent
A leurs pleurs
Et rougissent
Les pages du monde.
Nuit d’encre
Où se noient
Les rêves
de l’albatros.
Poète ,
Marche,
Vole !
Les hommes
Riront toujours de toi !
Tailler les jours
Entailler l’os,
La marée épaisse
Des rêves écorchés.
Ôter à l’oiseau
Le droit de voler
Ôter à l’humain
Toute volonté,
Couper les ailes
Trancher la main
Fabriquer des implants
De haine,
Des lois taillées
Sur des peaux blêmes,
Et pour mieux encore
Manipuler,
Pénétrer au cœur même
du sang
Et du gène !
Brider l’oiseau
Briser l’humain,
Mais toi poète,
Marche,
Vole,
Que les Hommes,
S’il en reste,
Puissent encore rire,
De toi !
Cathy Garcia, 2001
Edition: Gros Textes

S’embarquer avec Cathy Garcia dans sa Trans(e)efusée, c’est faire un voyage d’humour et de non-sens, ponctué de belles images en pleine page (collages et gouaches de l’auteur qui les appelle des gribouglyphes) mêlant lettres et figures dans un joyeux désordre coloré qui donne le ton de ce recueil ludique et surréaliste, regroupant une trentaine de textes écrits entre 1993 et 2013.
Surréaliste ? Dada même, tant l’auteur se joue des codes de la bien-disante bienséance, dans ces poèmes et images en liberté, qui ne sont pas tant dénués de sens qu’ils ne secouent les clichés et tics du langage, pour en faire sourdre un sens autre, ordinairement inaccessible sous les couches policées du discours ou du jargon fleuri d’une certaine littérature – Langue embrouillée de poètes. Ici Une guêpe allumée dessine des jarretelles sur les pattes d’une musaraigne. Les laitues sont aux champs, les biches aux abois. Les murmures pourrissent sur des chemins d’épines.
Entre hypallage et contre-emploi des images, on a une idée de l’imagerie bouffonne qui accompagne le lecteur, partagé entre le rire et le plaisir de découvrir les contraintes d’écriture qui président aux poèmes – à-peu-près, logorallye… – on pense à Oulipo, à Prévert, à Raymond Roussel aussi, évidemment, dans ces textes qui ne se prennent pas le chou, ainsi que nous le précise l’auteur à sa façon dans le poème liminaire, fort justement intitulé D’Asile à Zoo : C’est en toute quiétude que je ne fais nulle rature à ce texte savant. / J’étais déjà têtue dans l’utérus, malle à la dextre, à espérer n’importe quel joueur de yo-yo ou de balafon qui m’emporterait au Zaïre ou au plafond.
Extravagantes, ces jongleries nous promettent « trente essais de décollage du réel » – et nous promènent dans un cirque de mots, par-delà le cercle rugueux du réel, entre rêverie fantaisiste et réalités hétéroclites, où jongle la peau-était-ce ? (titre d’un poème) – amenant le lecteur à se demander si ce recueil – par ailleurs mine d’idées pour l’animation d’ateliers d’écriture – n’est pas aussi l’envers d’un art poétique – art peau-éthique en liberté – selon des termes proches de ceux utilisés par Cathy Garcia – par ailleurs rédactrice de la revue Nouveaux Délits – comme slogan de son blog : Une quête d’éthique plutôt qu’une étiquette.
Marilyne Bertoncini
en ligne sur : http://www.lacauselitteraire.fr/transefusee-cathy-garcia
Cathy Garcia a fait paraître en mars 2014 aux éditions Cardère « fugitive ». Avec ce livre elle parvient à la plénitude de son art. Très beau livre dont les illustrations originales de l’auteure, artiste accomplie, sont elles aussi comme dans le livre de F. Ricard en noir et blanc et font de ce livre, un véritable livre d’artiste à la portée de tous (12€).
Lecture de « fugitive » par Christian Saint-Paul à écouter ici dans l'émission du 20 août :
http://les-poetes.fr/emmission/emmission.html
Purgatoire du quotidien, éditions A tire d’ailes, 2014, 22 pages, 5 €
Un « Purgatoire du quotidien »en rien soporifique, où la marque de fabrique de cet humour caustique pratiqué par l’éditrice-poète autodidacte des Nouveaux Délits, Cathy Garcia, se reconnaît dès l’ouverture de ce court et dense opus rafraîchissant, jubilatoire, couleur soleil noir. Un florilège de notes journalières sur la vie, le temps, le monde, les autres, etc. Roboratif, hors des sentiers battus, parfois subversif, toujours salutaire !
Cathy Garcia en annonce la couleur : « Si nous vivions au paradis, je répondrais moi aussi à l’appel, mais nous vivons au mieux au purgatoire ».
Nous savons où nous situer, à la frontière entre le désarroi et la dérision, dans une COURSE QUOTIDIENNE où
Sur la ligne de départ
Comme pour une course,
L’athlète au foyer compte mentalement
Les sauts d’obstacle.
Et si notre foi dans le présent n’a pas été tout à fait sauvegardée, on se range entre la solitude que l’on sait rendre librement nombreuse, le découragement et le rire mais jamais du côté de la résignation : La résignation est un suicide quotidien, lit-on dans l’exergue de l’opus, citation du romancier Balzac. La vie une comédie humaine, soit. Mais l’écriture recoud les déchirures. Comble chaque
LACUNE
Il me manque des pages au manuel de la vie,
entre autres celles concernant le logiciel
de compression des choses à faire.
Les rebonds sont au rendez-vous pour repartir de plus belle, avec un bouquin, un crayon, un cahier, même la figure copieusement aspergée par les phéromones d’un chat (p.11), et l’on parle de l’avenir, malgré tout :
NO FUTUR
Famille motoculteur et tronçonneuse se lancent à l’attaque
et vas-y que se lamentent les moutons en ces temps
foutuistes. Les nuages arrivent de partout, meutes aux
ventres sales. Souffle, fraîcheur, caresse et les antennes nous
grillent.
L’humour ici se pratique en solo, en famille, avec une « madeleine Thaï »,dansune « minute zen », entouré pourquoi pas de chats, au pire de « gens qui vous quotidiennent le quotidien. / On appelle ça des cons » et même au sein du « purgatoire vert » autour de chez soi ; en prose, en distiques, en tercets, avec l’air quotidien d’un haïku ou l’air haïku du quotidien, tout dépend de l’humeur de chacun(e) – par exemple :
PANACHÉ ZEN
Il fait très beau, le ciel est très bleu, les oiseaux chantent très
bien. C’est le jour du premier passage du nuage nucléaire
japonais.
Humour en touches de petites vérités journalières assénées « on the road »,en hamac (« machine à suspendre le temps »), à l’endroit, mieux, à l’envers sans manquer de diffuser pourquoi pas, par-ci par-là – voire en épilogue – comme une petite leçon de vie à celles et à ceux qui n’auraient pas encore compris à quoi elle tient : à presque rien. Un fil. Celui d’un micro-poème pourquoi pas. Un microcosme d’immanquable et féroce bêtise, un monde fait de beautés paradoxales ravissantes et/ou ravies. Le bonheur. Un bonheur immense dans notre décor minuscule.
TROP MINUSCULES
D’un beau vert pomme mais si minuscule, vraiment la moitié
d’un puceron, le voilà sur mon doigt. J’ai soufflé mais il est
resté là, alors je l’ai poussé un peu, et encore un peu et il a
fini par avoir l’air……. Mort. Alors je l’ai poussé pour de bon,
avec tout de même un genre de remords, et c’est alors que ça
m’est venu, je me suis dit que toutes les injustices de notre
condition humaine viennent peut-être de ça… Nous sommes
simplement trop minuscules !
Murielle Compère-Demarcy
Source : http://www.lacauselitteraire.fr/purgatoire-du-quotidien-cathy-garcia

30 essais de décollage du réel
1993-2013
Il y avait au fond de ma valise, un vieux brouillon, une veste d’homme, une bouteille, quelques fantômes et leurs bleus désirs de méharées. C’est de bon cœur que je m’apprêtais à les suivre, hélas, monsieur, en guise de départ, j’entendis pleurer les bombes et je vis l’automne passer sous les rails. Oui Monsieur ! J’ai donc ôté mes souliers et j’ai même ôté mes pieds avant de me glisser, sans rien de plus à dire, sous cet atome de soupir où vous m’avez trouvée.
40 pages au format 14 x 21
orné de 12 pleines pages couleur avec des illustrations de l’auteur
imprimé sur papier bouffant munken 90 g
ISBN : 978-2-35082-273-0
9 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)
Commande à :
Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
(Chèques à l’ordre de Gros Textes)
Source : http://www.lacauselitteraire.fr/poemes-follets-et-chansons-follettes-cathy-garcia
Poèmes follets et chansons follettes, éditions Nouveaux Délits, octobre 2014, illustrations de Joaquim Hock, 54 pages, 15 €

Valse des couleurs, bestiaire tendre et malicieux, nature en fariboles et enchantée composent ces Poèmes follets et chansons follettes dans lesquels Cathy Garcia nous embarque pour « vagavoler » et se balader dans son univers. La poétesse se fait fée et sorcière, déléguant l’art du pinceau à son comparse Joaquim Hock.
« Un chat ça pense, et avant tout à sa panse.
Entresort a faim, enfin !
Mais l’homme, lui, écoute ses pas, flip, flop,
et sourit tout bas.
Un homme, un chat…
Par quel hasard, cette promenade ?
Un homme heureux, un chat mouillé.
Un homme qui marche, un chat le suit,
sous la pluie ».
Dans ce recueil pour enfants, petits et grands, elle s’empare des mots et des images de toujours pour repeindre le monde, célébrer les étapes de la vie et chantonner des ritournelles tantôt délicates tantôt farfelues. « C’est ma palette à moi », affirme-t-elle, et elle en appelle au pouvoir créateur des enfants de s’approprier couleurs, matières, formes et mots, de s’inventer des histoires à partir du matériau le plus accessible : le réel et ses multiples merveilles.
« Vert tendre
Un bouquet de violettes
En jupes de frais printemps
Chatouillent les moustaches
Scintillantes de rosée
D’un gai lapin
Farfouilleur de fourrés.
Là, derrière les collines
Qui dessinent l’horizon
En vertes
Et douces courbes maternelles
Un bouton de rose
Est sur le point d’éclore ».
Qu’elle choisisse la fable ou le haïku, les formes libres ou le poème débridé, elle manipule avec jubilation les sons qui coulent ou s’entrechoquent, qui se répètent ou qui pètent : « Chatouilles et crabouilles », « verte et visqueuse », « Hurons Harpon Hêtre »… Les mots prennent toute leur saveur dans la bouche de celui qui les délivre et leur fait danser leur joyeuse sarabande. On lit, on rit, on sourit, on relit, on fredonne, la magie opère.
Les illustrations de Joaquim Hock accompagnent ces poèmes tout en racontant leurs propres histoires. De drôles de bonshommes aux têtes carrées et aux pattes bizarres y veillent, ouvrant leurs grands yeux sur une nature en pleine activité. Araignées au plafond, animaux montrant leurs têtes, escargots alpinistes, sont à découvrir dans ces tableaux étranges, rigolos et colorés.
« Ne pleure pas
Petite mousse
Ne pleure pas
C’est ton cœur qui pousse ».
« Sur l’île terre, il n’y a qu’un seul homme,
Il en porte toutes les couleurs
Mais lui-même ne sait pas,
Qu’il est un arc-en-ciel ».
Plaisir de la langue en liberté. Plaisir d’une pensée grande ouverte sur le monde, amenant les esprits les plus jeunes à s’ouvrir à leur tour. Passeuse de mots, passeuse d’âme.
Poèmes à partir de 5 ans pour « Grands petits et Petits grands ».
Myriam Bendhif-Syllas

« Poids Plumes », ce sont des livrets-poèmes gratuits qui circuleront tout au long de ce Printemps des poètes, et dont les médiathèques et lieux partenaires se feront le vecteur en offrant un livret « Poids Plumes » à leurs usagers entre le 7 et le 22 mars.
sous l'impulsion de Mots Nomades à la Rochelle
http://www.frangelik.fr/ou_trouver_les_livrets_Poids_Plume.pdf
Voici donc Des ourses dans le ciel ou Cathy Garcia & compagnie, 3ème volume de la série francophone X & compagnie. Après Stéphane Bernard en septembre et Thierry Roquet en novembre, la série revient sur toute l'année 2015, une fois tous les deux mois. Cathy Garcia a invité Guénane, Jany Pineau, Perrine Le Querrec, Diane Meunier et Murièle Modély. Féminine et puissante, la poésie des ourses plane au-dessus de celles des autres.
Couverture souple, illustration Cathy Garcia, 34 Pages, 5 euros
A commander par ici :
http://www.lulu.com/shop/cathy-garcia-and-diane-meunier-a...
Pour toutes informations : mgv2publishing@gmail.com
http://mgv2publishing.blogspot.fr/
leurs « coups de cœur » de l’année 2014, dont le mien pour
Les Falaises de Wangsisina de Pavan K. Varma (Actes Sud)

38 livres à offrir et à déguster à retrouver ici :
http://www.lacauselitteraire.fr/les-coups-de-coeur-2014-de-la-redaction-liste-complete
et Le poulpe et la pulpe (Cardère 2011)
est le coup de cœur de Loredana KAHN,
merci à elle !

5 € + 1 pour le port
à me commander directement
illustration en couverture de l'auteur
format 128 x 180, 24 pages agrafées
tirage limité et numéroté
sur papier recyclé
Mon bonheur, c'est la voie de la vie quotidienne
L'antre dans les rochers et les lierres brumeux…
Sauvages émotions et liberté sans frein
je fainéante avec mes amis les nuages !
La route que je sais ne mène pas au monde
dans l'oubli des pensées, à quoi me raccrocher ?
La nuit, je m'assieds seul sur mon divan de pierre
la lune ronde s'élève sur Montfroid
Han - Chan

Purgatoire du quotidien
a été publié une première fois en 2012
# 32 en 100 exemplaires numérotés
de la collection Mi(ni)crobe
de la revue Microbe
Merci à elle !