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CATHY GARCIA-CANALES - Page 447

  • Tout est provisoire même le titre de Mix ô ma prose

     

    Cactus Inébranlable, coll. Les p’tits cactus # 49

    CVT_Tout-est-provisoire-meme-ce-titre_3525.jpg

    2019. 80 pages, 9 €.

     

     

    « Être fier d’aller de l’avant,

    Debout sur un tapis roulant »

     

     

    En voilà un drôle de zèbre (clin d’œil à ceux qui se reconnaîtront) ce Mix ô ma prose ! Son Tout est provisoire même le titre est un vrai festin, un concentré de nourriture aussi délicieuse que corrosive, le lecteur n’en fera cependant pas indigestion car le plat est drôlement bien équilibré. Avec intelligence, justesse, une lucidité à vif et une ironie salvatrice, l’auteur qui n’aime pas signer de son nom, pose des pensées qui claquent, des mots kits de survie dans un monde carré à sens unique où l’impératif d’avoir, de réussir, mentir, gonfler, tricher, paraître mieux pour gagner du creux, assomment toute tentative de réelle humanité.

     

    « Je voulais être,

    Je me suis fait avoir. »

     

    Et savoir exprimer l’essentiel en deux phrases, c’est un art.

     

    « Entre moi et le bleu du ciel,

    Le langage institutionnel. »

     

    Tout est provisoire même le titre est une sorte de pense pas bête libert’air qui sans se prendre au sérieux, ni donner de leçons à personne, creuse des issues de secours vers des cieux plus sauvages, plus authentiques, vers la liberté d’être soi envers et avec tout en échappant aux injonctions de l’artifice.

     

    « Connaissant la musique,

    Je reste hors de portée. »

     

    « De nos jours,

    Réfléchir,

    C’est refléter

    Ce qui est proposé. »

     

    « La nature enfin dominée,

    Belle et triste comme un herbier. »

     

    « Tout est cher,

    Même la réalité a augmenté. »

     

    « C’est vous qui composez votre menu,

    Et c’est comme cela qu’ils nous ont eus. »

     

    « Avoir un cœur de pierre

    Pour faire carrière. »

     

    Mais l’auteur, s’il pense que son nom n’a pas d’importance, ne se cache pas tant que ça : maniant l’humour sans céder à la facilité, il s’expose au contraire, se dénude, dans sa fragilité, son handicap à la normalité et ses « rêves savonnettes ».

     

    « Si je devais résumer ma vie :

    Tant pis ! »

     

    « J’ai pris de la mort avec sursis. »

     

    « Avec la société d’aujourd’hui,

    J’ai des rapports non consentis. »

     

    « Ma vie parmi les hommes :

    Syndrome de Stockholm. »

     

    « Pas évident,

    quand nos centres d’intérêt

    Sont à la marge. »

     

    « Mes utopies

    Sur un bûcher

    Sont accusées

    De sorcellerie. »

     

    « Depuis le temps que la lutte est finale... »

     

    « Je me suis coupé de la société

    Et la plaie ne s’est jamais refermée. »

     

     

    Si vains les efforts pour « en être ».

     

    « L’ego gonflé à bloc

    Pour aller en soirée

    Tenter de s’éclater. »

     

    « Toujours à fond,

    Mais en surface. »

     

    « Merde, le fond de ma pensée est percé ! »

     

    « Miroir, miroir, mon beau miroir,

    Suis-je le plus rebelle ? »

     

    « Suis-je négatif parce que j’ai refusé

    d’être un cliché ? »

     

    « Je reste à l’écart

    Et il se creuse. »

     

     

    Comme il le dit lui-même, Mix ô ma prose fait

    «  de la poésie

    Par souci d’intégrité

    Car c’est bien connu,

    Elle ne se vend pas. »

     

    « Pour être précis,

    La formule exacte est :

    Poète autotorturé »

     

     

    Mais le poète a pris l’option linguistique pour mettre à jour nos tics de langage.

     

    « Ah des tics !

    J’ai eu peur, j’avais compris

    "d’éthique" ! »

     

     

    « J’ai beau lécher les vitrines,

    Aucune trace de cyprine. »

     

     

    « Et pour une fois

    Qu’il y a quelque chose de gratuit

    c’est la méchanceté »

     

     

    «  Ainsi les publicités pourraient être

    mensongères ? »

     

     

    «  Au lieu de la campagne

    C’est la ville qu’on devrait battre. »

     

     

    Il gratte le vernis qui recouvre nos mots pour nous faire entendre ce qui est vraiment dit :

     

     

    « Même pour la lecture,

    Ils nous ont foutu des grilles. »

     

     

    « Même le respect

    Il faut le forcer. »

     

     

    « Avec tous ces profils,

    On ne se regarde plus en face. »

     

     

    « Quand on aime, on ne compte pas

    Mais on se calcule. »

     

     

    « Les décisions sont si lourdes

    Qu’il nous faut un porte-parole. »

     

     

    « Je ne connais pas le prix de la vie,

    Mais il m’a tout l’air soldé ces temps-ci. »

     

     

    « On a plus de compassion pour les batteries ;

    Quand elles sont faibles, on les recharge. »

     

     

    « Sinon pour la prise de conscience,

    C’était le bon voltage ? »

     

     

    « Ne dites pas que l’on va droit dans le mur ;

    Faites comme tout le monde, dites futur. »

     

     

    Il dévoile l’absurde dont nos cécités quotidiennes camouflent l’évidence.

     

     

    « À part l’épargne,

    Y’a quoi comme plan ? »

     

     

    « Rien ne marche,

    Tout fonctionne. »

     

     

    « Même nos codes se barrent. »

     

     

    « Le plus inquiétant

    C’est que tout soit normal. »

     

     

    « Tellement intégré

    Que j’ai disparu. »

     

     

    « Il y a un scénario à la base

    Ou c’est improvisé ? »

     

     

    « Putain les gens,

    Merde, quoi !

    Ça se voit !!! »

     

     

    Tout est provisoire même le titre est un petit shoot qui devrait être remboursé par la Sécu :

     

    « Bien sûr que l’on a progressé ;

    Au départ, il y avait un point

    Et on a une ligne à l’arrivée. »

     

    « Franchement, Dieu n’est pas si con

    Aucune enquête de satisfaction. »

     

     

    Petite mais efficace piqûre de rappel pour temps sombre : tant qu’il y a de l’humour, il y a encore une chance pour qu’il y ait de la vie, de la vraie, vivante, impertinente qui se glisse en douce sous des plumes de poètes, là où elle sait qu’elle sera respectée, protégée.

     

     

    Cathy Garcia

     

     mix-o-ma-prose-par-morgan-prudhomme.jpgDerrière Mix ô ma prose se cache Olivier Boyron, un Viennois d’origine qui a eu le privilège de grandir dans la « vallée de la mort ». Malgré un cadre apaisant et propice au recueillement, il peine à s’adapter au monde qui l’encercle. Pour lui, le chaos n’est déjà plus une théorie mais une réalité dont il dépassera la friction au travers de nombreuses expériences : écriture, dessins, peintures, théâtre de rue… Mix ô ma prose, lui, nait en 2002 d’une rencontre avec le slam dont il devient un des pionniers en Rhône-Alpes avec La Section lyonnaise des Amasseurs de Mots et Les Polysémiques, association qu’il fonde à la même période. En 2006 il co-fonde La Tribut du Verbe, une compagnie de slam poésie qui propose toujours spectacles et performances. En 2016 Les Polysémiques rajoutent une branche éditions à leurs activités, il en devient le responsable d’éditions. Malgré tout, toujours mal à l’aise avec les conventions, il stoppera net sa déjà courte bio.

     

     

     

  • Improvisation sur fonds de placard

     

    Sur les fonds fonds de placard, prévoir un souper, un petit-déj et un casse-croûte pour le lendemain..... galère et stimulation créative ! Ne reste qu'un fond de farine de sarrasin, de la farine d'épeautre, des flocons d'avoine, un boite de lait de coco du sri lanka (bio équitable), des graines de tournesol.... Ok............

     

    Et voilà !

     

    croquettes d'avoine coco-curry.JPG

    Croquettes d'avoine coco-curry

     

    Les flocons à tremper dans la moitié de la boite de lait de coco (l'autre a servi pour le sucré), avec un oignon, du curry indien, du gingembre frais haché, des graines de tournesol, du tamari, puis j'ai rajouté un peu d'eau et un peu d'huile d'olive et de la levure de bière avant de mixer avec une tomate, un piment Purple delight frais, du persil frais, du basilic grand vert et pourpre frais. Merci mon potager en pots ! Cuisson au four, à retourner à mi-cuisson et à surveiller.

    Seront accompagnées de tomates fraîchement cueillies.

     

     

    Moelleux coco cannelle.JPG

    Moelleux coco-cannelle sans œufs

     

    150 gr de farine (moitié sarrasin, moitié épeautre), entre 120 et 150 gr de sucre  selon vos goûts, une demie-boîte de lait de coco, une petite cuillère d'huile de tournesol, bcp de cannelle, trois cuillerées à soupe d'eau froide, une pincée de sel, un demi sachet de levure.

    Mélanger la farine, le sucre, la cannelle, le sel puis rajouter la moitié de la moitié de la boite de coco, bien bien mélanger, rajouter le reste du lait de coco, la cuillère d'huile et l'eau froide, bien bien mélanger encore et enfin la levure, mélanger encore et dans un plat à four graissé à l'huile : 30 mn. Et c'est un vrai délice !