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30/09/2016

Parution en ligne de la revue Lichen n° 7 (octobre 2016)

 

Nouveau bandeau lichen.jpg

Au sommaire de ce numéro :

Éditorial

Sindie Barns : « Sang titre »

Daniel Birnbaum : « Les murs » et « Crabe »

Éric Cuissard : « Grande magie »

Colette Daviles-Estinès : trois autres poèmes de l’été

Carine-Laure Desguin : deux poèmes inédits

Annie Deveaux Berthelot : quatre poèmes sans titre

Michel Diaz : trois poèmes sans titre

Didier Du Blé : trois poèmes extraits de la suite À l'écart du temps

Marie Fabre : quatre poèmes sans titre

Cathy Garcia : un poème et quelques extraits du Calepin paisible d’une pâtresse de poules

Rodolphe Gauthier : « De verre et d’os », trois poèmes

Claude Haza : « Par la voix de la poésie »

Hoda Hili : « Sans titre [variation de possibles] »

François Jégou : douze exercices avec Brigitte

Fabrice Lacroix : trois poèmes

Le Golvan : deux poèmes

Marceline-Julienne : trois poèmes extraits de L’Odyssée des Conques

Ana Minski : « Éboulements », un poème et un dessin

Pierre Morens : trois poèmes

Marie Natanson : trois poèmes

Frédéric Perrot : deux poèmes inédits

Joëlle Pétillot : deux poèmes

Lily Plasticienne : deux autres Polaroid de la série « Mémoires »

Florentine Rey : trois textes courts

SCZ : deux poëllages inédits extraits de la suite « M131026 »

Clément G. Second : Dans la suite des jours, trois poèmes (In Porteur Silence)

Florian Tomasini : cinq poèmes

Choses vues : « Un hanneton de vingt ans »

Guillemet de Parantez : le don de mots

 

 

"Gorgone" étrusque

gorgonne etrusque.png

 

 

 

Marcus Harvey - Proud of his Wife, 1994

Marcus Harvey. Proud of his Wife, 1994.jpg

 et encore merci au Musée improbable

http://jlmi94.hautetfort.com/

 

 

 

Georges Bataille - La nuit est ma nudité

Poème extrait de L’Éternelle Revue n°2, 1944

et publié dans la revue Les Hommes sans Épaules n°36 - second semestre 2013

 

 

 

 

Artiste inconnu

Daniel Pearson untitled I, 2008.jpg

 

 

 

 

Sarah Kay

 

You are a woman. Skin and bones, veins and nerves, hair and sweat.

You are not made of metaphors. Not apologies, not excuses.

 

 

 

Oumou Sangare - Sukunyali

 

 

 

 

Juan Carlos Carrilaf, artiste mapuche autodidacte

JUAN CARLOS CARRILAF mapuche.jpg

 

 

David Aniñar

 

Madre, vieja mapuche, exiliada de la historia
Hija de mi pueblo amable
Desde el sur llegaste a parirnos
Un circuito eléctrico rajó tu vientre
Y así nacimos gritándoles a los miserables
Marri chi weu!!!!
en lenguaje lactante.
Padre, escondiendo tu pena de tierra tras el licor
Caminaste las mañanas heladas enfriándote el sudor
Somos hijos de los hijos de los hijos
Somos los nietos de Lautaro tomando la micro
Para servirle a los ricos
Somos parientes del sol y del trueno
Lloviendo sobre la tierra apuñalada…

 

In Mapurbe

 

 

 

Mère, vieille Mapuche, exilée de l'histoire

Fille de mon peuple aimable

Depuis le sud tu es arrivée à nous enfanter

Un circuit électrique a tranché ton ventre

Et ainsi nous sommes nés

En criant aux misérables

Dix fois nous vaincrons !!!

Dans un langage nourri au sein.

Père, en cachant ta peine de terre dans la liqueur

Tu as marché dans les matins glacés refroidissant ta sueur

Nous sommes enfants des enfants des enfants

Nous sommes les petits- fils de Lautaro prenant le micro

Pour le servir aux riches

Nous sommes parents du soleil et du tonnerre

En pluie sur la terre poignardée..

 

In Mapurbe 

(trad. Cathy Garcia)

 

 

 

* Mapurbe : de nombreux Mapuche vivent en Patagonie, tout au sud du Chili, dans la ville de Bariloche. Les jeunes y ont créé un mouvement punk d'un genre particulier, le 'mapurbe', qui veut dire à la fois 'mapuche' et 'urbain'.

 

 

 

 

 

Juan Carlos Carrilaf, artiste mapuche autodidacte

JUAN CARLOS CARRILAF 0 .jpg

 

 

Salvador Mariman

 

Me vuelvo a comer mis lágrimas.

 

¿A quién le puedo preguntar,

por qué hay quienes viven bien y quienes viven muy mal?

¿Si no hay una respuesta concreta, que puedo entender de esta realidad?

¿cómo la enfrento?

Nosotros somos ricos, muy ricos y por eso las petroleras, hidroeléctricas, mineras y otras

están en nuestras tierras,

¡es por eso!

Nos han empobrecido con su ideología,

con su historia, con su lengua, con su educación y hasta nos dicen terroristas.

¿De qué país de primer mundo me hablan, de qué país avanzado dicen venir?

pues si ser avanzado, de primer mundo y civilizado significa no respetar la tierra

y la vida, prefiero entonces ser un salvaje.

Son en los suelos usurpados a nosotros que excavan sin importar la vida de niños que se envenenan de rabia, odio, de gases y químicos que les producen mal formaciones,

daños irreparables a sus sistemas inmunológicos y hasta cáncer.

¿Por qué no hacer pública esta guerra que nos han declarado?

¿por qué no gritar a los cuatro vientos que hoy,

en pleno siglo XXI el modelo económico capitalista impulsado por los supremacitas blancos nos está matando?

¿Por qué no gritar a los cuatro vientos

que lentamente han comenzado un proceso de control del agua en nuestro territorio?

Sabemos que esto no parará,

sino que al contrario en el Wallmapu solo habrá más muertos.

¡Hey, despierta!

aquí no se están respetando los tratados internacionales

y se están violando los derechos humanos.

Cómo pueden decir tan descaradamente que luchan contra el terrorismo,

cuando la historia nos muestra como han sido ustedes los que han esclavizado millones de personas, han usurpado nuestras tierras, matado nuestros abuelos

y continúan haciendo guerras?

Es por eso que me vuelvo a comer mis lágrimas, no he de llorar,

pues el llanto no nos salvará, sino la acción

y es por eso,

es por eso que te invito a luchar.

 

 

Je mange de nouveau mes larmes.

 

 

A qui puis-je demander,

pourquoi il y a ceux qui vivent bien et ceux qui vivent mal ?

S’il n’y a pas une réponse concrète, que puis-je comprendre de cette réalité ?

Comment dois-je l’affronter ?

Nous autres sommes riches, très riches et c’est pourquoi les compagnies pétrolières, hydroélectriques, minières et autres

sont sur nos terres,

c’est pour cela !

Ils nous ont appauvri avec leur idéologie,

avec leur histoire, leur langue, leur éducation et nous appellent même terroristes.

De quel pays du premier monde me parlent-ils,

de quel pays avancé disent-ils venir?

car si être avancé, du premier monde et civilisé, cela signifie ne pas respecter la terre et la vie, je préfère alors être un sauvage.

Ce sont dans les sols qu’ils nous ont usurpés qu’ils excavent en se foutant de la vie des enfants qui s’enveniment de rage, de haine, de gaz et de produits chimiques leur provoquant des malformations,

dommages irréparables à leurs systèmes immunitaires, et même des cancers.

Pourquoi ne pas rendre publique cette guerre qu’ils nous ont déclarée ?

pourquoi ne pas crier aux quatre vents qu’aujourd’hui,

en plein 21ème siècle, le modèle économique capitaliste impulsé par les suprématies blanches est en train de nous tuer ?

Pourquoi ne pas crier aux quatre vents

qu’ils ont lentement commencé un processus de contrôle de l’eau sur notre territoire ?

Nous savons que cela ne s’arrêtera pas,

mais qu’au contraire au Wallmapu il y aura seulement plus de morts.

Hey, réveilles-toi!

ici les traités internationaux ne sont pas respectés

et les droits de l’Homme sont violés.

Comment peuvent-ils dire avec autant d’insolence qu’ils luttent contre le terrorisme,

lorsque l’histoire nous démontre comment ce fut eux qui réduisirent en esclavage des millions de personnes, qui ont usurpé nos terres, tué nos ancêtres

et qui continuent à faire la guerre ?

C’est pour cela que je mange de nouveau mes larmes, je ne dois pas pleurer,

puisque les pleurs ne nous sauverons pas, sinon l’action

et c’est pour cela,

c’est pour cela que je t’invite à lutter.

 

(traduction de José Antonio Benitez Torres - Québec,  pour Nouveaux délits n°29 - juillet 2008)

 

 

 

10:27 Publié dans RESONNANCE | Lien permanent | Commentaires (0)

Jean-Louis Millet - illustration pour la revue Nouveaux Délits n°29 - juillet 2008

Mapuche 01.jpg

 

 

Salvador Mariman

 

A la tierra de los sueños.

 

Llenas de dolor esta noche mis palabras,

madre

en mi largo caminar la vida no ha sido fácil y

hoy siento que me voy.

¡Tengo miedo a dejarte!

por favor te pido me permitas entrar en tu vientre y

descansar por siempre en el Konünwenu,

desde ahí podré mirarte mientras me embarco

a la tierra de los sueños.

 

 

  

Pour la terre des rêves.

 

Pleines de douleur cette nuit mes mots,

mère

durant mon long parcours la vie ne fût pas facile et

aujourd’hui je sens que je m’en vais.

J’ai peur de te laisser !

S’il te plaît je te demande la permission d’entrer dans ton ventre et

me reposer à tout jamais dans le Konünwenu,

de là je pourrais te regarder pendant que je m’embarque

pour la terre des rêves.

 

 

(traduction de José Antonio Benitez Torres - Québec,  pour Nouveaux délits n°29 - juillet 2008)

 

 

 

Calendrier mapuche

calendario_mapuche_ch.jpg

 

 

Elicura Chihuailaf Nahuelpan, poète mapuche (Chili)

JUAN CARLOS CARRILAF,koli makuñ016.jpg

(c)Juan Carlos Carrilaf

 

 

Ini rume ñamvm noel chillafe
 
Feyti vlkantun che mu rume kvmelay, pigeken
Ka fey ti mawizantu ayiwigvn .ti pu aliwen
ñi kallfv folil mu egvn
ka ñi chagvll negvmi ti kvrvf
chalilerpuy vñvm egu ti Pvnon Choyke
Feyti vlkantun alvkonchi wirarvn
feyti pu lalu
kiñe pin ti tapvl rimv mew
feyti weñagkvn feyti wecheche
ñi petu zugu ñi kewvn
welu ñami ñi pvllv
Feyti vlkantun, ti vlkantun fey
kiñe pewma feyti afvl chi mapu
tami ge ka iñche ñi ge, vlcha
allkvfe piwke, ka feychi  vl zugulvn
Ka zoy pilayan, ini rume penolu
ti llafe ini rume ñamvn nolu
Kas vlkantun fey ñi vl tañi pu Kuyfikeche
pukem antv mu vy lu ka chonglu
feyta chi kisu zwam weñagkvn
 

  

 

 

La clef que personne n'a perdue
La poésie ne sert à rien, me dit-on.
Et dans le bois les arbres se caressent
avec leurs racines bleues et agitent leurs branches
dans l'air, saluant avec les oiseaux la Croix du Sud.
La poésie est le profond murmure des assassinés,
la rumeur des feuilles en automne, la tristesse
envers le garçon qui conserve la langue
mais qui a perdu l'âme
La poésie, la poésie est un geste, le paysage,
tes yeux et mes yeux,  jeune fille, les oreilles, le coeur
la musique elle-même. Et je n'en dis pas plus, car
personne ne trouvera la clef que personne n'a perdue.
Et la poésie est le chant de mes ancêtres
le jour d'hiver qui brûle et éteint cette mélancolie si personnelle.

 

 

  


La llave que nadie ha perdido 
La poesía no sirve para nada, me dicen
Y en el bosque los arboles se acarician
con sus raíces azules y agitan sus ramas
al aire, saludando con pájaros  la Cruz del Sur
La poesía es el hondo susurro de los asesinados
el rumor de hojas  en el otoño, la tristeza
por el muchacho que conserva la lengua
pero ha perdido el alma
La poesía, la poesía, es un gesto, el paisaje
tus ojos y mis ojos muchacha, oídos corazón
la misma música. Y no digo más, porque
nadie encontrará la llave que nadie ha perdido.
Y poesía es el canto de mis antepasados
el día de invierno que arde y apaga esta melancolía tan personal.

 

 

 

 

On peut entendre ici une lecture en mapudungún, la langue mapuche (traduite en français également) d'Elicura Chihuailaf Nahuelpan :

http://www.cipmarseille.com/pop_audio.php?id=752...

 

 

 

 

10:14 Publié dans RESONNANCE | Lien permanent | Commentaires (0)