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  • Hubble Space Telescope - Neptune

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    Voyage au bout de ma nuit. Journal d’une instabilité psychique. La lune plonge et baise avec Neptune. Rythme. Énergie. Son. Vibration. Euphonies incantatoires. Parfois la route est large et resplendissante, tellement que les yeux se ferment, éblouis. En profiter pour faire pénétrer le vent du large dans les poumons. Se mettre au diapason. Ne l’avais–je pas dis ? « Je trouve la paix sur les ailes d’un délire ». J’explore entre deux avenues de soleil, des catacombes étrangement familières. Je suis au-dessous de la ligne de flottaison. Faire confiance. On ne risque jamais rien de plus que sa vie. Naître, c’est risquer sa vie. Je me fraie un passage entre deux falaises, c’est parfois d’une étouffantes lenteur, puis soudain les rapides et la navigation à l’instinct. Prise de risque oui, mais nulle part où débarquer, alors il faut continuer, louvoyer entre les falaises abruptes, immenses. C’est une naissance longue, compliquée, douloureuse mais qu’importe, il ne s’agit toujours que d’ici et maintenant. Je m’épouvante d’un rien, je me réjouis d’un rien, c’est un genre d’équilibre, de grand écart. La vie n’est-elle pas un grand écart ? Buissonnière d’essence. Il me faut encore changer de peau, ma peau d’âme, la peau intérieure, grand ménage. Une période riche, parfois atrocement dérangeante… La peur jugulante. De nouveau crever d’anciens yeux pour déciller les nouveaux, me traquer dans les moindres recoins. Je suis le pisteur, je flaire mes déjections morales, me suis à la trace de mes compromissions, me fouette l’ego parce que j’aime ça. C’est comme une douche glacée en plein hiver dans la montagne.

     

    cg in Journal 2005

     

     

     

  • Charles Baudelaire

     

    L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes ;

     Allonge l’illimité,

     Approfondit le temps, creuse la volupté.

     Tout cela ne vaut pas le poison qui découle de tes yeux, de tes yeux ouverts ;

     Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers…

     Mes songes viennent en foule

     Pour se désaltérer à ces gouffres amers

     Tout cela ne vaut pas le terrible prodige de ta salive qui mord

     Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord

     Et, chavirant le vertige,

     La roule défaillante aux rives de la Mort ! 

     

     

     

     

  • Co Rentmeester - Nu photographié avec un Polaroid SX-70 camera - 1972

    Co Rentmeester A nude photographed with a Polaroid SX-70 camera (with a 15-second time exposure), 1972.jpg

     

    Se séparer. Les pissenlits en graines, réfractaires aux vœux, nous manquons de souffle. Se séparer. Être dans l’instant d’un bourdonnement qui passe, faire taire les pensées, l’espoir, le désespoir. Se séparer. Arrêter les pensées ? Impossible ! Elles tournent, tournent, infernal manège, on n’en veut pas, on n’en veut, à l’autre. Un bourdon sur ma peau, doux, mais aussitôt la peur, ancestrale peut-être, de la piqûre.

     

    cg in A la loupe, tout est rituel

     

     

     

  • Auteur inconnu

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    POÈME NOIR

     

    Poème aux rimes noires

    Poème d'un monde écorché

    Monde de paix illusoire

    De rêves assassinés

     

    Toutes les nuits sont les mêmes

    Autant de joies que de haine

    Tous les soleils se ressemblent

    Trempent dans un même sang

    Aux pieds de cités qui tremblent

    Jusqu’à la mort elles dansent 

    Tous les peuples savent sourire

     

    Ils savent tous tendre la main

    Tous ces peuples qui chavirent

    Avec des armes sur leur sein 

    Leurs enfants jouent dans les rues

    Qu'il tombe de l'eau ou des bombes

    Ils aiment tous courir pieds nus

    Même s'ils trébuchent sur des tombes

     

    Poème aux rimes noires

    L’espoir est un supplice

    Le monde à l'abattoir

    Et l’amour s’éclipse

     

     

    cg 1995

    in Guerre et autres gâchis