Christophe Jacrot

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édition de la dernière colline, 2022
tu vois ce que j'aime
c'est ça
ce ciel gris, bas, un peu incertain
ces prés ce silence
et puis les chevaux
(...)
ça résonne les mômes
déroute toujours un peu
surprend ce ressac de cris
t'es pas habitué
ou plus
(...)
ça bruisse palpite piaille comme des mouettes
(...)
continu fracas tout frais
comme un torrent
les cris d'enfants
(...)
voudraient y être de suite
les gosses
dans chaque seconde qui tombe
au centre du jeu
au centre du ciel
pour en chiper des morceaux
(...)
aime traversée la parenthèse de ce terrain neutre
son espace qui fait silence
allée large et magnifique où le temps d'écrase
surtout quand le soleil la met en joue
(...)
en se penchant bien on trouverait poèmes ici
mille et cents
qu'on bougerait du bout de la godasse
défroisserait
comme oiseaux morts qu'on ramasse
oui mille et cents
qui tous d'une manière ou d'une autre
diraient à peu près ceci
est-ce ainsi que les heures passent ?
(...)
les bruits de la ville
toute cette épilepsie qui s'arc-boute
tremble
convulse
(...)
bonne heure pour les invisibles
la propice aux discrets veilleurs
qui enflamment leur cigarette
au creux des nuits
sur les rebords de fenêtre
dans la grande chaîne éparse
des sentinelles anonymes
(...)
alors dans mes phares
avant les bientôt entrepôts
les nouveaux buildings
les navires de béton éclairés à l'ozone
en périph de métropole
qu'on tout écrasé des jardins ouvriers ou pas
me dit
demain je sais pas
le sens pas
demain
(...)
poteaux en bois qui tremblaient
les jours de bourrasque
avec leurs fils noir balancés au vent
qui les soufflait à la danse
poteaux de bois dont il était pas rare
d'en trouver un
couché d'ivresse dans le fossé

Oh cette lumière la richesse de ses dons
posée là pour nous sur les tables du monde
mais pourquoi en avoir rempli nos poches
in Gaïa






Ce jour, c'est du frais, avec du frais : soupe froide de concombres lemon à la crème (de soja), avec de l'ail, du shizo vert et du paprika & gaspacho à mon andalouse avec le reste des concombres, les tomates, de l'ail, du basilic frais, un peu de saumure de la lactofermentation habaneros/oignons/sauge de l'an dernier, graines de cumin, pain dur trempé dans l'huile d'olive, le tout mixé et parsemé de dés de poivron vert rougeoyant (non fourni par le jardin, producteur local bio).
Quetsches, nashis, pommes et mûres
Tu résistes bien à la chaleur
à la sécheresse
Pavot de Californie
mais tu te fais tout petit
peut être pour ne pas rajouter
de la flamme
aux incendies