Elger Esser - Cap Breton - 2025

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Quelle bonne surprise, beau, émouvant, poétique... et reposant : pas de paroles, pas d'humains !



Pierre Mainard, 2017
Là est ma demeure :
Un petit lit de paille
Entre portes et fenêtres
Et l'audience d'un chemin
Sur les terrasses du jour.
(...)
Nue la petite sourcière
La pluvieuse.
Toujours active dans les gorges du poème –
érosion éclairante
Calcaire.
Demeurer où elle passe
Boire le caillé délicieux de ses pluies
Et saisir dans sa chevelure
La ronce qui harcèle le chemin.
L'orage à sa source.
(...)
Maison où tu écris
sous l'ardoise et la tuile
à l'étage des sentiers
(...)
En sortir
Quand l'aile se débat dans la pierre –
(...)
Et toujours il sait trouver l'amoureuse
Qu'elle soit dans l'ici rouge du poème
Ou dans l'ailleurs déflagrant de la terre
Et toujours le visage habite la demeure.
La demeure bâtie où rien ne peut demeurer.
(...)
Elle s'absente
laissant son visage près du feu
faisant du seuil
une ascèse.
(...)
– Se simplifier, dit-elle
Frugale
sa clarté fracture le livre.
(...)
Dire une clairière n'est possible
que tôt le matin
avant la fable
quand le coq peut encore trier
graines et hameçons.
(...)
Regarder un homme qui nourrit des oiseaux : ce n'est pas un
spectacle, c'est surprendre un être en prière, c'est découvrir
en lui un jardin. Un mystère.
(...)
Ce n'est que moi. Né d'une fougère.
Promeneur sans bâton.
Toujours lui, jamais le même. Une branche,
peut-être de l’indiscernable.
(...)
J'écris maintenant par secousses
retenu par la corde que m'a jetée
le soleil
(...)
Je m'en vais.
Sans rien.
Avec un peu de sable.
Et des fleurs.
(...)
Il y a peut-être un centre
que chaque mot cherche à dire
qui efface le pourquoi
mais laisse entiers ses abords.
Cette maison n'est habitée qu'un instant
par celui qui n'est ni entré
ni sorti.
(...)
Cela ce qui est écrit
traversé par la main
je le sors du jour
mot après mot
avec la fourche
et la brouette
(...)
Plus trace
de rien
la nuit
et l'échelle
pour remonter
ce mot.
