Aujourd'hui est habitable lu par Alain Lacouchie
note parue dans le 130ième numéro de la revue Friches
Je précise que j'adore les chatons dans les corbeilles :-) !
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note parue dans le 130ième numéro de la revue Friches
Je précise que j'adore les chatons dans les corbeilles :-) !
Poème que je traîne depuis longtemps, publié enfin dans le tout récent Pandémonium II... certains d'entre vous se souviennent peut être, ce fut pour moi toute gamine, la prise de conscience sur les limites du journalisme... et de ce qu'on appelle "information"...

texte de cathy garcia ill. Omayra Sánchez d'après Frank Fournier
zone dévastée
tôles flottantes
torrents glissements
zone engloutie
la gamine ne peut dire mot
émettre un son
sa bouche envasée
sa langue d’eau
souillée
ses yeux noirs
si noirs
personne
plus que fange
pour la prendre dans ses bras
et ses grands yeux noirs
fixent la caméra
le journaliste étranger
qui l’immortalisera
quelques minutes
à l’autre bout du monde
quelques minutes
d’apitoiement
entre fromage
et dessert
paru dans Pandemonium II
Publié en ligne avec mon accord par Au hasard des connivences :
http://auhasarddeconnivences.eklablog.com
Comme une vaillante petite tailleuse de livres, je vous en sors deux d’un coup ! Et c’est dans la posture du grand écart que je fais moi aussi ma rentrée littéraire, le 1er septembre, avec deux livres aux antipodes l’un de l’autre : un dur et un doux, un noir et un lumineux, un grave et un léger, un engagé enragé et un tout délicieux sans danger pour le lecteur, ce qui n’empêche l’humour dans le premier avec les superbes illustrations originales de Joaquim Hock et de la profondeur dans la légèreté du second : toutes ces nuances humaines.
Voici donc Pandémonium II

Pandémonium II fait suite à Pandémonium I et il est dédié à mon tout premier et très regretté éditeur, Marcel Chinonis, qui avait publié ce tout premier livre en 2001. Il est illustré par Joaquim Hock, un complice de la première heure également, Illustre Illustrateur Attitré de ma revue Nouveaux Délits pendant des années, illustrateur également de mon Jardin du causse (à tire d’ailes, 2004) et des Poèmes follets & chansons follettes pour grands petits et petits grands (Nouveaux Délits, 2013).
« mais ce que nous n'avions pas prévu
c'était l'immense vague des bas-fonds
toute la misère accumulée
en strates et dératés
toutes les injustices
et nos impunités
rois du monde nous étions
à faire péter le bouchon
de nos magnums de pétrole »

Édité et imprimé par l’auteur
sur papier 100 % recyclé
Illustrations en nb de Joaquim Hock
Format 14,8 x 21 cm
48 pages agrafées
12 € + port

et Toboggan de velours !

Toboggan de velours comme son nom l’indique vous invite à vous laisser glisser les yeux bandés. Poèmes d’atmosphère, douceur, magie, mystère et quelques piquants soyeux d’impertinence.
« Glissade vers la nuit
ses rivages de velours
son écrin de pluie
toute chaude d'amour
se saisir de la chair
y sculpter le plaisir
descendre vers la mer
abreuver son désir
et rejoindre l'Éther »

Édité et imprimé par l’auteur
sur papier 100 % recyclé
illustrations en couleur de l’auteur
Format 10,5 x 20,5 cm
32 pages agrafées
10 € + port

Frais de port : 2 € par livre.
Si vous commandez les deux en même temps : 3,50 €


Motivée par une lectrice enthousiaste qui voulait vraiment avoir ce livre qui n'existe plus, je me suis décidée à reprendre "Celle qui manque" (qui avait été publié chez Asphodèle en 2011) à tire d'ailes, mon tout fait maison et le voici donc dans sa version 2019
Format 14 x 16 cm
48 pages
imprimé sur papier 90gr calcaire
Couverture 250 gr calcaire
100 % recyclé
photo en couv. de l'auteur
12 euros (+2 pour le port)
Pour commander : https://www.nuitdelapoesie-crest.fr/edition/
Une chronique de Lieven Callant

Cathy Garcia Canalès, Aujourd’hui est habitable, poésie, Cadère éditeur, 36 pages, 2018, 12€
« Aujourd’hui est habitable » affirme le titre de ce recueil de poésies. Reste à savoir par qui et comment?
Pour le savoir, il faut peut-être se rendre au jardin. En ce jardin intérieur aussi. Apprivoiser son regard, être capable de distinguer sans juger, sans abattre, sans disqualifier. Utiliser le silence pour lancer ses messages, attendre, comprendre. Redouter et douter encore. Se mettre à la place de l’arbre, de l’autre. Suivre les racines au-delà des tourbes noires, des terres bouillies par la pluie. Contourner les dires « D’austères marionnettes (qui) attendent à la porte avec leur couteau à moelle »
Se délester, se désengluer, s’estomper en commençant par les angles. L’être humain est plein de contradictions. Il n’est pas facile de savoir ce qui se cache sous les mots qu’il nous donne ou nous lance telles des graines qui devraient nous nourrir. Tellement de phrases finalement blessent, ne sont pas à leur place. Tellement de lucioles se font passer pour des étoiles.
J’ai le sentiment que c’est contre cela que s’élève la poésie de Cathy Garcia Canalès. Elle témoigne d’un travail personnel complexe. En quelques pages, elle invente son langage avec ses références propres, ses significations spécifiques, ses jeux de contrastes ou ses potions de mots presque semblables. C’est finalement entre les lignes, au détour d’un assemblage de mots que l’on découvre l’humain, le végétal, la vie suintant autour du minéral. Les astres, les mots, la vie se cache dans le jardin de Cathy Garcia Canalès. Le jardin du poème, le jardin de l’écriture.
« nos mains dépliées
les dés d’argile roulent
comme des perles »
Habiter la poésie ce n’est pas qu’habiter une prison obscure, ce n’est pas chercher d’une manière sournoise sans jamais oser se l’avouer qu’on ne désire que la gloire. Obtenir le pouvoir sur les mots. Nous forcer à les boire.
« tandis que s’envole la chimère
libre et merveilleuse
nous secouerons la pesanteur
pour fuir l’étreinte des goudrons
roulerons sous les horizons
tranchants comme des rasoirs
à la gorge du ciel »
Le travail poétique de Cathy Garcia Canalès explore l’aujourd’hui. La brièveté omniprésente. Explore les chemins jonchés de ronces, de racines, de sources entravées, de saisons qui se mélangent. L’auteur avance sans machette, sans s’empêcher de regarder, de comprendre que son amour est un combat et que rien n’est gagné d’avance.
« bientôt nous irons nous aimer
la tête ourlée de pluie »
La poésie de Cathy Garcia Canalès au même titre que deux des images qui accompagnent les textes ne montre pas uniquement ce qu’elle donne à voir ou décrit avec une précision tranchante. Elle canalise des zones de flou, de brumes et devient en certains points abstraite, inimaginable.
Cette semi-abstraction devient habitable il faut juste franchir une clôture, nos frontières.
« la rumeur fauve du soir
perce la gangue du monde »
« dans la cuve des constellations
un dangereux morceau d’immensité
oeuvre et s’enroule »
Toutes les clés de cet endroit habitable ne nous sont pas offertes car les serrures changent d’un individu à un autre mais aussi parce qu’il nous faut apprendre que ces clés n’ont pas à tomber dans les mains de n’importe qui. Cet espace habitable se préserve. Se cache là où on ne le soupçonne pas.
Quelque chose de ce livre et sans doute l’essentiel s’échappe toujours. Est au delà de ce chemin défriché. Quelque chose nous pousse à nous demander: « Vais-je bien? »
Lieven Callant
Extrait de "Mordre les temps de mort" parmi les extraits du recueil Aujourd'hui est habitable présentés dans ce numéro en écho à sa parution chez Cardère éditeur, en septembre 2018. Lu par moi-même.
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/


"De la poésie à l'état brut. Des images fortes comme un rêve agité, parfois cauchemar. Si aujourd'hui est habitable, il semblerait que demain le soit moins, ou différemment. Dans une caverne, entourés de dangers. Les naturels, les surnaturels et ceux que nous avons nous-mêmes créés, causés. Comme goûter "la saveur tendre d'une pluie défenestrée" Procurez-vous et lisez ce court recueil, incisif et ciselé. Un gemme (j'aime) assurément."
Des poètes francophones (dont je suis) et anglophones du 21ème siècle se croisent dans cette superbe anthologie qui se veut une autre pierre sur le chemin destructeur que sapiens a pris il y a 300 000 ans.
par Walter Ruhlmann, Édition Beakful Press, parution le 20 octobre 2018
68 pages, couverture souple en dos carré collé
Dimensions (centimètres)14,81 (largeur) x 20,98 (hauteur)
à commander ici :

Lancement des souscriptions dans quelques jours :
Il devrait y avoir encore une heure avant l’aube
ouvrage collectif édité par l'association BUZO au profit du collectif allexois de solidarité avec les réfugié.e.s
Préface d’Emily Loizeau
Textes de Cathy Garcia, Grégoire Damon, Colette Daviles-Estinès, Abdellatif Laâbi, Julie Rossello Rochet, Alissa Thor, Chloé Landriot, David Myriam, Claire Rengade, Marlene Tissot, Stephanie Querite, Samuel Gallet, Claire Audhuy, Julio Serrano Echeverría, Rafael Cuevas Molina, Rodrigo Arenas Carter, Alberto Blanco, Laurence Loutre-Barbier, Serge Pey, Snayder Pierre Louis, Baptiste Cogitore, Laura Tirandaz.
Traduction des auteurs hispanophones : Laurent Bouisset
Illustration : Julien Sibert, Simon Fuste et Noémie Ségala
Graphisme : Noémie Ségala
Ouvrage collectif coordonné par Samaël Steiner
Format : 15 x 21 cm, 56 pages
Prix: 15 euros
Paiement par espèces ou chèque à l’ordre de Buzo
(asso qui porte la Nuit de la Poésie Crest )
association Buzo / 9 rue Gustave André, 26400 Crest
Sortie prévue fin 2018
"entre cimes & cimetières", tout tes "axes élastiques" en action pour activer la roulette qui vrille nos "dents de solitudes" dispersées aux confins "de la cuve du crâne" , afin d'en extirper toutes sources de "bouffées de mensonges", de vomissures "d'éclatement du démiurge" et nous rendre libre d'un "orgasme de tonnerre", "foudre de joie" , dans un "aujourd'hui [enfin] habitable"
Bref, ça l'fait !!!
Aux prises avec l’insaisissable
Le dernier opus de Cathy Garcia Canalès peut se lire de diverses façons. Emporté par ses images et prophéties, on glissera dans le courant de cet énergique « jus de poème » (p. 25) teinté d’une menace, d’une urgence indéfinies. Ou bien, attentif aux clés de lecture qui pourraient éclairer l’intention première de la poétesse, on lira peut-être le journal d’une maladie, d’un affrontement au « temps de mort » (p. 18), d’une subversion de tous les déterminismes – ceux du corps, ceux du temps – opérée par la parole poétique grâce à laquelle « la crue du vivre déferlera » (p. 29).
L’être dont on entend ici la voix explore des mondes de sensations et fusionne avec ce qui l’environne : l’annonce « nous irons allumer / un feu de souches veinées / dans le taillis des rides » (p. 13) superpose les veines du bois et les plis de la peau, en même temps que le passé et l’avenir. Tous les poèmes du recueil disent l’ambivalence des choses (ce dernier oiseau, « il chante / il fiente / fluide et serein », p. 34), l’articulation des valeurs opposées et des perceptions contrastées (« la caresse des fumées / la rosée des broussailles / et le poivre des dentelles », p. 17), et entre les strophes se joue l’alternance perpétuelle du bon et du mauvais.
C’est dans ce mouvement, dans ces oscillations que se déploie la réinvention de la légèreté, de la liberté, de l’affirmation de soi comme sujet sentant, vivant avec une volontaire intensité. Au cours de l’épreuve, « dans la cuve du crâne on entend / l’étrange ressac de l’acide / l’esprit cataracte éclate les coutures / tandis que dévalent par maints orifices / les pensées mornes en ruisseaux de plumes » (p. 25), et la matière poétique est tout humeurs, fluides : sang, salive, larmes, venin…
On ne sait si l’invitation qui clôt le recueil s’adresse au lecteur, lui proposant de vivre à son tour dans sa chair cette odyssée de douleurs et de luttes – provocation paradoxale en ce qu’elle est aussi une consolation –, ou si elle est adressée à l’instance poétique par sa propre voix concluant elle-même à sa puissance vitale, ici attestée.
Maëlle Levacher
http://www.lelitteraire.com/?p=43437
"Magnifique ! Très noir, sans concession aucune, écrit au scalpel ! Bravo et merci"
Jacques Cauda
Pour lire les premières pages :
http://cardere.fr/doc/EXTRAIT-aujourdhui.pdf
44 p., 14x21, ép. 4 mm, pds 80 g
Sept. 2018, isbn 9782376490074
12 euros


Souscription en cours jusqu'à parution le 26 en septembre
à 10 euros au lieu de 12 euros prix public, port gratuit :
https://cardere.fr/poesie-contemporaine/151-aujourd-hui-est-habitable-9782376490074.html