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30/09/2010

ESKHATIAÏ, Ed. de L'Atlantique, 2010

 

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Edition de L'Atlantique (collection Phoïbos)

Tirage limité, entièrement numéroté, avec "Cosmovision" une peinture-collage de l'auteur

 
  
 
  
"Je cours encore après toi
ange brun de mes solitudes
à la peau d’épice
tatouée de signes étranges
homme premier façonné dans l’argile
toi qui te tiens
en haut de la montagne
et qui m’attends"
  
Cathy Garcia-Canalès “Je cours
in Eskhatiaï (extrait)
  

 

Préfacé par Michel Host, il regroupe les recueils Salines et Mystica perdita. Edition à tirage limité, entièrement numéroté avec une peinture-collage de l’auteure Sur beau Papier de Création blanc nacré, grain subtil, 120 gr., couverture : Création blanc nacré, grain subtil, 250 gr. au prix de 18,00€ TTC France l’exemplaire.
 
A commander aux Editions de l’Atlantique, B.P. 70041, 17102 Saintes Cedex (2,50 € de port).
Contact : bowenchina12@yahoo.fr  tél : 06.88.36.56.33


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Voir en pj la critique de Jean-Louis Bernard Lecture de JL Bernard.JPG

 

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 et ci-dessous de Jean-Paul Gavard-Perret :


ET CATHY GARCIA CREA LA FEMME

Cathy Garcia-Canalès, « Eskhataï, Salines suivi de Mystica Perdita », Editions de l'Atlantique, coll. Phoibos, 82 pages, 18 euros.

 


Les poèmes de Cathy Garcia tourne autor d'elle-même mais sans la moindre effusion de l'égo. Saurons-nous tout d'elle ? Non sans doute. Mais sa silhouette féminine est mise à nu comme de l'intérieur dans un mouvement poétique rappelant parfois des "glissements" à la Bacon par des effets de déchirures qui ramène l'être à sa douleur, à sa solitude.


Par sa voix de fantômes, par ses belles épaules Cathy Garcia permet de faire jaillir de la masse brute de la vie l'écume des sensations et des émotions. On est « dans » la femme plus qu'autour par la présence de sa poésie tellurique puisque passé par le baptême du feu.


Cathy Garcia sait qu'il n'y a pas d'avènement de la poésie sans un certain sens du rite de la fusion.  Mais aussi à ce sur quoi cette fusion butte : l'immobilisation du désir et son achèvement chez l'un qui entraîne l'inachèvement chez l'autre. Mais de ce dernier émerge aussi la langage poétique. C'est sans doute pourquoi chez la poétesse la nudité n'est jamais scabreuse et ne contient rien de frelaté. Loin d'une pathologie sentimentale elle offre une sensation vitale. Même lorsque celle-ci s'affaisse sous le poids de la vie des émotions plus complexes.


Le lecteur est soumis à un régime qui oscille entre le plaisir et la douleur par effet de miroir.  La poésie devient un lieu sobrement lyrique d'épaississement autant que d'éclaircissement  Chaque texte en sa concentration comme en ses élancements produit un renversement : ce qui est matière perd en densité, ce qui est de l'ordre de l'impalpable devient matière. On est là aux sources du langage  : la forme décompose le monde pour le recomposer autrement et dans l'espoir de la chimérique expatriation du feu intérieur.


Sans aucun didactisme mais avec un sens du plaisir il n'est plus question de psychologisme mais de séries de transferts afin que chaque être comprenne que la femme est  le "rempart de l'avenir" dont parlait Kandinsky mais qui terrorise le mâle. Le poésie redevient un processus actif capable de laisser
naître les sensations les plus diverses.


Cathy Garcia ne met pas son travail au service d'une idée, d'un projet conçu préalablement à l'œuvre. Il n'y a pas à proprement parler chez elle de plan de création, si ce n'est l'appel à la liberté de la sensation et de l'imaginaire au sein de l'étreinte nécessaire  de la vie. De la sorte l'œuvre acquiert
une vibration spirituelle mais tout autant charnelle et quasi tactile. Il ne s'agit plus de la mettre au service de quelque chose. Il ne s'agit pas non plus de lui attribuer une simple grille de lecture symbolique. La forme poétique se génère par elle-même à travers la force "intérieure" dont
témoigne la créatrice.  En  parfaite liberté elle métamorphose le monde dans une vision  aussi ironique que douce, empreint de larmes et de volupté. Il y a là des rires et des soupirs. Dans les « sonorités » de sa poésie Cathy Garcia les fait « entendre ».

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

Docteur en littérature, Jean-Paul Gavard-Perret enseigne la communication à l’Université de Savoie (Chambéry). Membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, il est spécialiste de l’Image au XXe siècle et de l’œuvre de Samuel Beckett. Poète et critique il collabore à de nombreuses revues dont Passage d’encres, Les Temps Modernes, Esprit, Verso Art et Lettres, Champs visuels, Communication et Langage par exemple. Il a publié une quinzaine de livres, de textes brefs ou d’essais.

 

 

***

Ce livre est constitué du rassemblement de deux recueils. Le premier, "Salines",

 

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avait été autoédité en 2007, avec des illustrations originales nb de Katy Sannier et postfacé par Michel Host.

 

 

 

 

Le deuxième, "Mystica Perdita",

 

 

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avait été autoédité en 2009, avec des illustrations originales nb de Jean-Louis Millet et présenté en quatrième de couverture par Werner Lambersy :


« Qu'on le veuille ou non, ce recueil a été tiré à ...exemplaires. Il est réconfortant de penser que les imbéciles n'en sauront rien. »

Ce colophon-convient parfaitement à Cathy Garcia, experte en délits de poésie. Ses poèmes, dont le désir amoureux, la colère-sociale ou la jubilation créatrice tiennent lieu tour à tour d'azur, d'horizon et de ciel de traîne verbal, plongent ô colombe, lecteur mon frère humain, comme l'épervier sur sa proie.

Dans la candeur de ce "L'huma/Nité noïde/Hume "ou la sagesse de ce "Chercher le sens/N'a aucun sens/Le révélé/Demeure/Caché", nous devenons ces "transparents", ainsi qu'on appelait jadis les vagabonds qui se levaient avec l'aube-nouvelle.

 

Werner Lambersy, 23 janvier 2009

 

 

 

 

Quelques critiques concernant ces deux receuils autoédités :

 

 

 

" MYSTICA PERDITA" est un de ces rares  recueils devant lesquels on n'a vraiment pas envie de rester planté là, pieds nus, à se recueillir. Mais bien de "brûler la route" pour " sortir des sillons ", " extravaguer " s'extravaguer à tes côtés avec " rien que des mots " , ces mots qui t'appartiennent plus qu'à tout, plus qu'à toute autre, ces " Mots moi mots " ,ces " Moi mots moi " .  Ces émois... 

Ces mots qui de si tôt, ne marcheront pas en fumée. 

Louis Savary, Belgique - Mars 2009

 

Par Jean-Marc Couvé, dans la revue Diérèse

Salines de Cathy Garcia

Pas de mot non mûri, pour faire joli ; aucun terme obscur, pour pa-raître instruite : les fées « Salines » eussent fait saliver Messaline (revue par Jarry). Avec la complicité de Katy Sannier – aux fusains pour 14 des-seins et exquis(es) – Cathy Garcia  * en se débraillant et embrayant (de façon 100 fois plus poétique que Breillat) nous régale de sa vitalité contagieuse ! Michel Host lui-même (prix Goncourt, 1986) est sous le charme ; mieux : il signe une post-face enflammée où il déclare à la femme son enthousiasme sur 4 pages (lits, en argot !), pas moins ; gageons que son analyse fouillée a caressé la poétesse dans le sens du poil, dans toute l’essence. Car ce livre de facture artisanale, imprimé sur papier recyclé, est TOUT chatte-houe : « Nous adultes avortés / faisons de l’art comme on cherche la surface ». Il ravira tous ceux/celles qui, tournant le dos aux régimes sans sel, goûtent la langue française, ici, fort s’aimant, si féminine ; une langue débridée, crue, montée à cru, voire en crue : « je suis le beurre / qui fond à (la) flamme (de l’amour) ». A déconseiller aux demi-sels et autres grenouilles de missels… Un seul regret : 20 poèmes – pas vain – joli nombre, oui, quand j’en eusse aimé 2, 5, 10 fois plus ! Mais « quand il n’y en a plus / y’en a-t-il encore ? » On est aux « anges », ah, la « diablesse » ! On pense aux meilleurs émois érotico-littéraires, du côté des Anaïs Nin et Lasker-Schüler ; ou, plus près de nous, à Mansour et à de Burine… Cathy se dit-elle « catin » ? que des passages de Jarry, Colette ou Lawrence, des toiles de Kahlo et Tanning, des notations de Miller ou Despentes, voire du meilleur Bukowski zèbrent notre mémoire ; tandis que cette « garce » (ya : dixit !) nous entraîne au zénith d’une liberté non feinte, farouche, inaliénable : « l’illusion est si belle / vaut bien la blessure / que tu ne manqueras pas / de me faire ». Une liberté par ailleurs aux abois, en recul, acculée à se rendre, traquée sur tous les fronts : littéraire, économique, politique, social… Ayant définiti-vement opté pour l’école buissonneuse (Mont de Vénus oblige !), elle détestera le mot et pourtant, CG nous donne une leçon d’amour. De vie. Qu’elle en soit remerciée – et que l’amour de la vie, vive, violente, indivise, individuelle nous fasse « ululer » avec elle : « désenchaînez / les pantins ! » « Le geste (d’amour) / toujours neuf », il me faudrait citer les 2 pages de « Sexe de Pan » intégralement : commandez donc Salines directement à l’auteure, les libraires habituels se laissant si facilement déborder par les vagues de best-sellers, les tsunamis d’art ripe hauteur : « tout va bien / l’amer est calme » et Cathy, elle, fait feu de toute ses forces, ne recule – pas même devant néologismes ou calembours, pour mieux atteindre la cible au cœur, prendre le lecteur à bras le corps : « Je suis femme / Unique Multiple » – à telle enseigne qu’on se prend à rêver pouvoir « danser (avec elle) la danse dissolue des algues amnésiques » ! 

                              

                                                       Jean-Marc Couvé


***

Avec Cathy Garcia la poésie se passe de fioritures, mais pas des plaies de l’animal et de l’humain dont nous sommes investis. Dans le recueil Salines, qui précède Ombromanie, pas de discours dans les poèmes, mais plutôt l’énergie féroce, le désir intense à vouloir nous écorcher vif, et nous dépouiller à la manière d’un peintre qui dépossède ses modèles, les spolie de leurs faux-semblants. Alors le poème ne nous est plus étranger, parce qu’il nous ressemble, profondément, activement, et parfois monstrueusement. En poésie, la férocité est indispensable, et chez Cathy Garcia cela semble être de première nécessité.


Dans le désordonné de nos amours se mêlent les fleurs du cœur aux fortes exhalaisons. C’est le printemps et l’été des corps, l’amour acclamé dans son éclat de sel, sa portée musicale en fièvre, mais les saisons se refroidissent vite, et lorsque tout pourrait nous sembler paisible, il en est absolument rien : pour Cathy Garcia, il s’agit plutôt de « balafrer la plénitude », « laisser jaillir//la fontaine de vivre », et ne cesser d’épargner à l’amour des odeurs de parjure, ainsi que


le sinistre sérieux
de nos serments théâtraux
la camisole du manque
nos angoisses toxiques



Chez la Grande Saline, l’amour nous invite à ses danses et ses rythmes de nomades, mais tôt ou tard l’amour s’en va sans regret rejoindre les eaux profondes et  leurs « algues amnésiques » ; s’en va  naviguer l’amour comme pour retrouver son feu, l’entretenir, et nous ravir des jouissances qu’il procure, comme pour recommencer « le geste toujours neuf», la grande fraîcheur d’aimer.
Chez la Grande Saline, ce qui est mot, ce qui est geste, ce qui est avoir peur, ce qui est rire « sans savoir pourquoi », ce qui est sel, épice, sang, langue, sève … ne cessent de cafouiller des « je t’aime », profondément, activement, et parfois sauvagement. 
Jean-Marie Magnan, au sujet de Picasso, écrivait : « C’est un lieu commun assez mesquin que d’affirmer qu’un créateur ne ressemble pas à sa création ». Dans le débordement de l’amour, Cathy Garcia nous dit le désastre qui est le sien qui est le nôtre, sa hantise qui est la sienne qui est la nôtre, sa démesure de femme « Unique Multiple », et en même temps sa grande déception à errer à la même rive maligne, où l’horrible et le minable nous serrent la gorge :

Se mettre à l’abri
en hauteur
ne pas se prendre
le plein fouet
le versant nu de nos extrêmes
fragilités

Chercher l’autre rive
des yeux seulement
paysages projetés
crachés au visage


Chez elle, le crépuscule n’est pas en chute libre, mais « en chute froide ».  Et que peut le poète contre ça ? à part ne pas l’ignorer, à part ne rien attendre. C’est le crépuscule qui floue la soie de l’âme, la soif des chiennes, et leur extirpe le soleil.
La solitude lui est-elle « un feu//à la langue exaspérante », la solitude est action, où écrire nous enracine, nous déterre, arrache, sarcle, déporte, éloigne. Gratitude de la solitude. Ingratitude de l’aveu. Peu importe. Il n’y a pas forcément de l’altruisme dans la lumière. Seulement de la buée sur les mots. Et puis de l’écume et du sel. Et puis du venin et de la lie comme excrétions contre toutes les mascarades, les violations, les reniements.


Le futur recommence au ras du sol*

* Claude Esteban


Nathalie Riera
Le 4 avril 2008

dans Une étape dans la clairière n°2, avril 2008

 

***



Par Katy Sannier, illustratrice de Salines, novembre 2007

Une belle aventure est née de ces rencontres qui se tissent sur fond de toile : "Salines", recueil de 48 pages, écrit et mis en page par Cathy Garcia, Editions à tire d'ailes. Et accessoirement illustré par une certaine grenouille... Grâce aux rugissements laissés par dame Nina Louve ici-même sur ce blog, j'ai rebondi sur les traces de Cathy Garcia, qui a dévoré quelques-unes de mes illustrations pour aller les coucher tout près de ses mots... Ses mots qui prennent aux tripes avec sensualité, force, fougue, passion, et sans conteste grand talent... Cathy se démène également à faire vivre et partager la poésie en éditant La revue nouveaux délits et fait également partager son univers poétique sur son blog Délit de poésie, sur lequel elle présente les saveurs "Uniques & Multiples" de "Salines". (...)
Michel Host écrit de Cathy "elle est la perle qui fait la fortune du pêcheur de perles. Certains l'ont déjà découverte, et je suis des élus, mon admiration est sans mesure. Je voudrais seulement la rendre à sa lignée...".
Dans ce recueil pour me présenter un peu, j'écris : "...la rencontre avec Cathy me fait retrouver ce souffle oublié, et mêle la courbe des corps de mes crayons avec ses mots brûlants, je l'en remercie donc...". Je lui réitère ici mon grand merci. Et j'embrasse chaleureusement Nina louVe & Mandor pour avoir déjà présenté en avant première ce recueil chez eux !
Pour vous donner envie de le boire d'un trait (le recueil, je précise,... sourire)  http://bouilledegrenouille.typepad.fr/bouilledegrenouille...


***

 

Chroniques de Mandor http://www.mandor.fr/tag/Beno%C3%AEt+Luciani

 

Je ne parle jamais de poésie.

La raison en est simple, je ne sais pas parler de poésie.

D'autres s'y emploient avec talent.

Donc, je m’abstiens.

 

Mais quand une des membres de la FAPM illustre un recueil de poèmes, que je lis le recueil lors d’une nuit d’insomnie et qu’il parvient à me transporter dans un monde féminin sensuel et sauvage (voyez la banalité de mes propos, c’est pour cela que je ne parle jamais de poésie, il y a tant d’autres visions possibles) je décide de présenter l’ouvrage.

(Certes, succintement).


 

 

12:29 Publié dans MES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (0)

TRANS(e)CRÉATION

  
 Ou l’art de sabrer le poulpe et la pulpe

aux éditions dlc (41 pages, 10 euros), 2009
 

 (épuisé - ouvrage en quête d'un nouvel éditeur)

Pour commander :
 
 
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Extraits :

 

 

 

Quelque part

L’esprit de la vallée ne meurt pas.

Là réside la femelle obscure, dans l’huis de la femelle obscure

réside la racine de l’univers

Lao tseu

Tao Tö king

 

 

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(...)

 

Il faut parfois de grandes bourrasques qui nous laissent hébétés, en dehors de nous-mêmes.

 

Partir. Ne laisser que nos mues quelque part griffonnées, cachées dans une fente, entre les dents d’un voleur d’âmes. Un vendeur de vent et ses hochets de feuilles.

 

Nous purgeons nos peines de vie et pouvons saisir dans une fraction de temps, de soleil, de silence, quelques visions et parfums fugaces de paradis.

 

(...)

Cycle et fiction

 

Le chat lèche le poulpe.

Le poulpe lâche le chat.

 

Le cycle n’est pas une roue fermée.

Seule la vitesse en donne l’illusion.

 

(...)

 

A l’envers fluide du vertige respirer un oiseau, battre la peau des tympans.

 

Pluie visqueuse, trop palpable.

J’ai mal à elles, mal à eux.

 

Illusions. Ne pas être touchée par le malheur, la massue, le missile qui s’abat sur toi autre moi.

 

Chaque coup, blessure, torture sont portés à ton ardoise,

Homme qui au galop voudrait fuir tes propres jambes.

 

Arrête la main, le bras, le pouvoir de celui qui frappe !

Arrête de frapper, arrête la bouche, le mensonge !

 

Tais-toi !

Tais-moi.

 

Et mâchons nos poulpes.

 

(...)

Corps thaumaturge.

Flaque haletante, étreinte océanique.

Vertige et déchirure de la naissance.

 

Le volcan constricteur des chairs vibre de moissons ! Transgressions génitales, jougs intenses, sources de vif et d’extase. La béance nous fascine mais au-delà de l’érectile corail, l’infini déferle et renverse les destins, laissant ci et là des épaves poreuses. Un vomi de doigts pétrifiés. Un courant de vermine moribonde, de cordes à étancher.

 

Nous sommes las des haines. Liane primordiale, combien de brins ?

 

Des tissus, des normes et quelques mirages lacés serrés.

Crachat de tôle, abîmes du souffle, fleur de foutre.

Crevasse, chagrin souillé, poisseux de la sève essoufflée.

 

Ecoutez ! J’entends le sanglot des papillons dans la caverne.

 

La lente trajectoire hivernale. Ressac, sel et sang sous les paupières.

L’horloge folle fait le grand saut quantique.

 

La terre s’offre à l’espace. Les paroles se cristallisent. L’eau dénoue le vent.

 

Dans l’échancrure de la lumière,

La graine de beauté.

 


QUELQUES CRITIQUES :

 

TRANS(e)CRÉATION ou l’art de sabrer le poulpe et la pulpe

Par Jean-Louis Millet

 

 

Trans(e)création ?

Jaillissement, urgence, geyser d’images-mots.

Tentative de fixation photogénique des l’éphémère des émotions, des sentiments, des heurs –bons ou mals -, du vrai.

Immobilisation de flashes en plein éclat(aimant) pour dire la vie qui va à la vitesse du soleil.

Frénésie de l’ici et maintenant sous le joug du prévu-vécu-perdu, sous les roues du char lent de l’impermanence.

Travail d’accouchement de l’essentiel !

Volonté de rompre les cercles, de « redessiner l’infini », de « lécher la lumière », de « voir l’impossible éclore » et de « se rétracter au centre de la rosace ».

Dans l’exploration sans concession de ses fissures, Cathy Garcia a fini par « semer des graines de sourire dans le fumier de (son) cœur »

Et la récolte est superbe…

En cette rentrée littéraire (é)vantée par les médias aux ordres, si vous n’avez qu’un livre à lire, c’est celui-ci.

Sans aucun doute !

 

31/08/2009

 

 

***

 

Co-errante :

 

 

Cathy Garcia, il faut la lire dans la brèche. Là où ça fait mal, là où ça cicatrise. Ou dans les flaques et les vertiges. Dans la marge, dans l'humus. C'est une femme qui écrit, chaque ligne le dit, porte-voix - portant  haut et fort - de la femme originelle. Elle creuse, elle s'enfonce pour mieux resurgir. Cela peut être tout autant sauvage, passionné, parfois à la limite de la violence, que la femme est douce, tout au fond. Cathy Garcia a à dire, elle le dira, c'est tout.

 

 

Extrait

 

Fièvre blanche. Au centre des pupilles, la veine de nuit.

À la fourche des doigts, mes flocons d'encre bleuissent.

 

Mise au pas. Marcher tout droit.
Révolution. Tourner en rond.

 

Attaquer le chat au chalumeau pour qu'il en sorte un chameau.

 

Jouer avec les mots.
Balles au bond, rebonds.

Au vol et revol, vers quoi ?

 

Nous brocantons le futur tandis que décantent les souvenirs dans la cuvette sacrée.

Aujourd'hui je lave mon sang.

 

 http://ledemotoir.blogspot.com/

 


 

12:04 Publié dans MES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (0)