Il devrait y avoir encore une heure avant l'aube - BUZO éd.
Pour commander : https://www.nuitdelapoesie-crest.fr/edition/
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Une chronique de Lieven Callant
Cathy Garcia Canalès, Aujourd’hui est habitable, poésie, Cadère éditeur, 36 pages, 2018, 12€
« Aujourd’hui est habitable » affirme le titre de ce recueil de poésies. Reste à savoir par qui et comment?
Pour le savoir, il faut peut-être se rendre au jardin. En ce jardin intérieur aussi. Apprivoiser son regard, être capable de distinguer sans juger, sans abattre, sans disqualifier. Utiliser le silence pour lancer ses messages, attendre, comprendre. Redouter et douter encore. Se mettre à la place de l’arbre, de l’autre. Suivre les racines au-delà des tourbes noires, des terres bouillies par la pluie. Contourner les dires « D’austères marionnettes (qui) attendent à la porte avec leur couteau à moelle »
Se délester, se désengluer, s’estomper en commençant par les angles. L’être humain est plein de contradictions. Il n’est pas facile de savoir ce qui se cache sous les mots qu’il nous donne ou nous lance telles des graines qui devraient nous nourrir. Tellement de phrases finalement blessent, ne sont pas à leur place. Tellement de lucioles se font passer pour des étoiles.
J’ai le sentiment que c’est contre cela que s’élève la poésie de Cathy Garcia Canalès. Elle témoigne d’un travail personnel complexe. En quelques pages, elle invente son langage avec ses références propres, ses significations spécifiques, ses jeux de contrastes ou ses potions de mots presque semblables. C’est finalement entre les lignes, au détour d’un assemblage de mots que l’on découvre l’humain, le végétal, la vie suintant autour du minéral. Les astres, les mots, la vie se cache dans le jardin de Cathy Garcia Canalès. Le jardin du poème, le jardin de l’écriture.
« nos mains dépliées
les dés d’argile roulent
comme des perles »
Habiter la poésie ce n’est pas qu’habiter une prison obscure, ce n’est pas chercher d’une manière sournoise sans jamais oser se l’avouer qu’on ne désire que la gloire. Obtenir le pouvoir sur les mots. Nous forcer à les boire.
« tandis que s’envole la chimère
libre et merveilleuse
nous secouerons la pesanteur
pour fuir l’étreinte des goudrons
roulerons sous les horizons
tranchants comme des rasoirs
à la gorge du ciel »
Le travail poétique de Cathy Garcia Canalès explore l’aujourd’hui. La brièveté omniprésente. Explore les chemins jonchés de ronces, de racines, de sources entravées, de saisons qui se mélangent. L’auteur avance sans machette, sans s’empêcher de regarder, de comprendre que son amour est un combat et que rien n’est gagné d’avance.
« bientôt nous irons nous aimer
la tête ourlée de pluie »
La poésie de Cathy Garcia Canalès au même titre que deux des images qui accompagnent les textes ne montre pas uniquement ce qu’elle donne à voir ou décrit avec une précision tranchante. Elle canalise des zones de flou, de brumes et devient en certains points abstraite, inimaginable.
Cette semi-abstraction devient habitable il faut juste franchir une clôture, nos frontières.
« la rumeur fauve du soir
perce la gangue du monde »
« dans la cuve des constellations
un dangereux morceau d’immensité
oeuvre et s’enroule »
Toutes les clés de cet endroit habitable ne nous sont pas offertes car les serrures changent d’un individu à un autre mais aussi parce qu’il nous faut apprendre que ces clés n’ont pas à tomber dans les mains de n’importe qui. Cet espace habitable se préserve. Se cache là où on ne le soupçonne pas.
Quelque chose de ce livre et sans doute l’essentiel s’échappe toujours. Est au delà de ce chemin défriché. Quelque chose nous pousse à nous demander: « Vais-je bien? »
Lieven Callant
Extrait de "Mordre les temps de mort" parmi les extraits du recueil Aujourd'hui est habitable présentés dans ce numéro en écho à sa parution chez Cardère éditeur, en septembre 2018. Lu par moi-même.
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
"De la poésie à l'état brut. Des images fortes comme un rêve agité, parfois cauchemar. Si aujourd'hui est habitable, il semblerait que demain le soit moins, ou différemment. Dans une caverne, entourés de dangers. Les naturels, les surnaturels et ceux que nous avons nous-mêmes créés, causés. Comme goûter "la saveur tendre d'une pluie défenestrée" Procurez-vous et lisez ce court recueil, incisif et ciselé. Un gemme (j'aime) assurément."
Des poètes francophones (dont je suis) et anglophones du 21ème siècle se croisent dans cette superbe anthologie qui se veut une autre pierre sur le chemin destructeur que sapiens a pris il y a 300 000 ans.
par Walter Ruhlmann, Édition Beakful Press, parution le 20 octobre 2018
68 pages, couverture souple en dos carré collé
Dimensions (centimètres)14,81 (largeur) x 20,98 (hauteur)
à commander ici :
Lancement des souscriptions dans quelques jours :
Il devrait y avoir encore une heure avant l’aube
ouvrage collectif édité par l'association BUZO au profit du collectif allexois de solidarité avec les réfugié.e.s
Préface d’Emily Loizeau
Textes de Cathy Garcia, Grégoire Damon, Colette Daviles-Estinès, Abdellatif Laâbi, Julie Rossello Rochet, Alissa Thor, Chloé Landriot, David Myriam, Claire Rengade, Marlene Tissot, Stephanie Querite, Samuel Gallet, Claire Audhuy, Julio Serrano Echeverría, Rafael Cuevas Molina, Rodrigo Arenas Carter, Alberto Blanco, Laurence Loutre-Barbier, Serge Pey, Snayder Pierre Louis, Baptiste Cogitore, Laura Tirandaz.
Traduction des auteurs hispanophones : Laurent Bouisset
Illustration : Julien Sibert, Simon Fuste et Noémie Ségala
Graphisme : Noémie Ségala
Ouvrage collectif coordonné par Samaël Steiner
Format : 15 x 21 cm, 56 pages
Prix: 15 euros
Paiement par espèces ou chèque à l’ordre de Buzo
(asso qui porte la Nuit de la Poésie Crest )
association Buzo / 9 rue Gustave André, 26400 Crest
Sortie prévue fin 2018
"entre cimes & cimetières", tout tes "axes élastiques" en action pour activer la roulette qui vrille nos "dents de solitudes" dispersées aux confins "de la cuve du crâne" , afin d'en extirper toutes sources de "bouffées de mensonges", de vomissures "d'éclatement du démiurge" et nous rendre libre d'un "orgasme de tonnerre", "foudre de joie" , dans un "aujourd'hui [enfin] habitable"
Bref, ça l'fait !!!
Aux prises avec l’insaisissable
Le dernier opus de Cathy Garcia Canalès peut se lire de diverses façons. Emporté par ses images et prophéties, on glissera dans le courant de cet énergique « jus de poème » (p. 25) teinté d’une menace, d’une urgence indéfinies. Ou bien, attentif aux clés de lecture qui pourraient éclairer l’intention première de la poétesse, on lira peut-être le journal d’une maladie, d’un affrontement au « temps de mort » (p. 18), d’une subversion de tous les déterminismes – ceux du corps, ceux du temps – opérée par la parole poétique grâce à laquelle « la crue du vivre déferlera » (p. 29).
L’être dont on entend ici la voix explore des mondes de sensations et fusionne avec ce qui l’environne : l’annonce « nous irons allumer / un feu de souches veinées / dans le taillis des rides » (p. 13) superpose les veines du bois et les plis de la peau, en même temps que le passé et l’avenir. Tous les poèmes du recueil disent l’ambivalence des choses (ce dernier oiseau, « il chante / il fiente / fluide et serein », p. 34), l’articulation des valeurs opposées et des perceptions contrastées (« la caresse des fumées / la rosée des broussailles / et le poivre des dentelles », p. 17), et entre les strophes se joue l’alternance perpétuelle du bon et du mauvais.
C’est dans ce mouvement, dans ces oscillations que se déploie la réinvention de la légèreté, de la liberté, de l’affirmation de soi comme sujet sentant, vivant avec une volontaire intensité. Au cours de l’épreuve, « dans la cuve du crâne on entend / l’étrange ressac de l’acide / l’esprit cataracte éclate les coutures / tandis que dévalent par maints orifices / les pensées mornes en ruisseaux de plumes » (p. 25), et la matière poétique est tout humeurs, fluides : sang, salive, larmes, venin…
On ne sait si l’invitation qui clôt le recueil s’adresse au lecteur, lui proposant de vivre à son tour dans sa chair cette odyssée de douleurs et de luttes – provocation paradoxale en ce qu’elle est aussi une consolation –, ou si elle est adressée à l’instance poétique par sa propre voix concluant elle-même à sa puissance vitale, ici attestée.
Maëlle Levacher
http://www.lelitteraire.com/?p=43437
"Magnifique ! Très noir, sans concession aucune, écrit au scalpel ! Bravo et merci"
Jacques Cauda
Pour lire les premières pages :
http://cardere.fr/doc/EXTRAIT-aujourdhui.pdf
44 p., 14x21, ép. 4 mm, pds 80 g
Sept. 2018, isbn 9782376490074
12 euros
Souscription en cours jusqu'à parution le 26 en septembre
à 10 euros au lieu de 12 euros prix public, port gratuit :
https://cardere.fr/poesie-contemporaine/151-aujourd-hui-est-habitable-9782376490074.html
Oubliez-moi, oubliez mon personnage, il n'est rien d'autre que le vent quand rien ne bouge.
Je m'absente pour vivre pleinement, comprenez-vous? Et si je dois quitter mes mots pour cela ou plutôt ceux qui les lisent, je le ferai. Il y a un piège dans les personnages que nous créent les mots, ces personnages peuvent à chaque instant se refermer sur nous comme des vierges de fer. Ensuite, on ne nous entend plus, embrochés, pris au piège.
Aussi, je m'absente, afin que si mon personnage se referme, il ne se referme que sur le vide. Et je est ailleurs, je est nulle part, je est partout. Dans les nuages en transhumance, dans la langue infatigable de mon enfant, dans le chant du coucou, dans l'avion qui troue le ciel, dans les arbres en attente de l'orgasme printanier et le couple d'oiseaux qui se chamaille; dans le trésor des buis agités par le vent, la mousse qui veloute les murets, dans ce morceau sec de genévrier, dans la crête rouge vif de Cerridwen, dans le jaune d'or du grain de maïs qu'elle vient de gober, dans les pelures de mandarine qui tranche sur le délavé des pelouses sèches, dans la croix du corbeau à l'aplomb de ma tête.
I celebrate myself, and sing myself,
And what I assume you shall assume,
For every atom belonging to me as good belongs to you.
Walt Whitman “Songs of Myself”, Leaves of Grass
28 pages agrafées
ISBN : 978-2-919162-05-5
tirage limité et numéroté
sur papier 90g - couverture 250g
100 % recyclé
10 € +2 pour le port
à commander à
Association Nouveaux Délits
http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/
j'ai la joie de vous annoncer - et cette fois pour de bon et dans de bonnes conditions chez un éditeur de confiance, la parution d'Aujourd'hui est habitable, accompagné de trois de mes photos.
Ce sera donc mon quatrième bébé à voir le jour chez Cardère éd.
Une souscription est lancée, jusqu'à parution en septembre
à 10 euros au lieu de 12 euros prix public, port gratuit :
https://cardere.fr/poesie-contemporaine/151-aujourd-hui-est-habitable-9782376490074.html
Vous l'aviez aimé, voire adoré et bien voilà :
le numéro 2 de la collection Nouveaux Délits de poésie postale "Délits vrais"
est maintenant disponible en version livre
(légèrement remaniée)
28 pages agrafées
ISBN : 978-2-919162-05-5
tirage limité et numéroté
sur papier 90g - couverture 250g
100 % recyclé
10 € +2 pour le port
à commander à
Association Nouveaux Délits
Létou
46330 St CIRQ-LAPOPIE
« Que c’est bon d’être assise là au soleil, pâtresse de poules au sein de toute cette beauté ! Un léger vent, un esprit bienveillant, pose sa main sur mon front. Le sourire est là, à portée de lèvres. Il affleure comme une source, il vient du cœur. Ce cœur à cajoler, à nicher dans la mousse.
L’hiver se meurt, je le sais, je le sens. Ne pas chercher.
Ne plus chercher. Simplement faire de la place pour accueillir. »
textes & photos de Cathy Garcia Canalès
En hommage à Madame Wong
emportée par le renard en juillet 2011
et à tous nos compagnons à poils et à plumes
sans qui la vie ne serait pas la vie
on laisse sortir poulets et chiens, ils dansent
on laisse faire les enfants, ils s'amusent
assis oisivement, à l'ombre des sophoras,
le poitrail à l'air face au vent du soir
le chanvre trempe dans l'eau de l'étang
les dattes sèchent au soleil
hommes et choses, quelle harmonie !
Po Chu yi (772-846)
Du 15 mai au 15 octobre,
une partie de mes créations artistiques & littéraires sont présentées
à la boutique Fourmillard - 60, rue du Portail Alban à Cahors (Lot)
en compagnie d'une multitude de belles et originales créations 100 % locales !
Inauguration samedi 19 mai à partir de 18 heures.