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15/08/2011

Celle qui manque lu par Jean-Marc Couvé

 

Celle qui manque, Asphodèle, 50 pages, 7 €, 2011.

 

Cela peut sembler dérisoire, à l’aune des innombrables guerres et famines qui ravagent notre planète-grain-de-sable-dans-l’univers, mais, Cathy Garcia construit une œuvre – « je vais mot dire » – accroc-bath ! Ses écrits, dessins, peintures, photos… se soucient de l’infiniment grand autant que du (détail)… ce qui fait toute la différence. Et, contrairement à nombre de nos contemporains en littérature qui s’usent les yeux en d’incessants va et vient entre miroir et nombril, Cathy est de cette trempe de poètes qui mouillent la chemise, plongent les mains dans le cambouis jusqu’aux coudes, tiennent sites/blogs non exclusivement consacrés à leurs (petites) humeurs, mais ouverts au Monde, à ses insoutenables légèretés (cf. Kundera), comme à ses incommensurables lourdeurs.

   Celle qui manque étant – manque / et compense (où un Cyrulnik rabâche sa « résilience ») en re-créant de toutes pièces ce qui lui manque : beaucoup plus de liens et des solides, qu’on les nomme amour, fraternité ou intelligence non formatée. « Poète… Mineur d’un art mineur. » Là, poète qui ne panse « con », compense en composant elle-même ses recueils et revues (Nouveaux Délits = 40 numéros) sur ses propres presses. Et il en faut, courage et opiniâtreté, pour contrecarrer l’arrogance mâle, la guerrière vanité machiste ambiante ! En francophonie, aujourd’hui, nous pouvons les compter sur les doigts d’une seule main les femmes-orchestres telles Cathy Garcia : Arabo, Christien, Riera… Est-ce que j’oublie quelqu’une ? Celle qui manque est un petit recueil rageur [« L’amour parfois est si proche de la rage »], bien dans la manière garcienne. Il commence par le commencement, le nœud gordien, la source de tous les quiproquos qui entachent nos origines : « J’ai trop manqué d’amour ! »

(...) « Cesser la lutte à contre-courant ! » Il en faudra, volonté mêlée d’abnégation, pour que le saumon-poète remonte le cours des lieux communs, arrachant à la résignation une vraie voracité vitale de vivre d’amour et de poésie. Au fil de ses 12 recueils, en 10 ans de publication, Cathy Garcia, que les épreuves ont fortifiée, rendue plus déterminée, mais aussi plus sereine (et non sœur haine !), semble savoir comme nul/le autre se jouer de, voire défier tous les obstacles : « Faire de sa vie un art d’aimer. » Oui. Tout un ART. Une œuvre à part, vous dis-je. Coûte que… goûte !

                                                              Jean-Marc Couvé

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19/07/2011

Appel à souscription pour "Le poulpe et la pulpe" - Ed Cardère

 

jusqu'au 15 septembre 2011


Le poulpe et la pulpe.jpg

Voir  poulpe_offre souscription.pdf

 

J’ai mordu, bafouillé comme d’autres se lovent et jouissent. J’ai camouflé ma soif dans une cargaison de vertige. Trouvé dans le caniveau, une pépite lustrale.
Sur les crêtes frontalières, j’ai fait récolte de courbes sereines. Amulettes fertiles. Clarté rayonnante. Trouvé le noyau de la féminité caché dans les arbres.
Des cavales et des transes, j’ai gardé l’authentique insolence de la pulpe. Ce tremblement des nuques, embuscade hypnotique. Méandre où se coule la joie inconditionnelle.
Dans ma soif, j’ai la vision d’un oiseau ensorceleur posé sur la branche haute d’un cèdre.


Poésie
Livre de 60 pages au format 140 x 210 imprimé en noir sur bouffant ivoire 80g
Illustré par des dessins de Jean-Louis Millet
sept. 2011
ép. 6 mm, pds 85 g
prix public 10 euros
ISBN 978-2-914053-60-0

 

 

P1040795S.jpg

PS : pour celles et ceux qui connaissent, cet ouvrage est déjà sorti en 2009 chez feue les Ed. Dlc sous le titre de Trans(e)création, mais sans les illustrations de JL Millet.

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09/06/2011

Jardin du Causse lu par Christian Degoutte

Il est grand temps que je vous dise tout le plaisir que j’ai pris à la lecture de votre Jardin du Causse. Surtout que ça fait déjà un joli moment que je l’ai lu, même si j’ai mis bien du temps à le commander ! Mais je pense que vous êtes comme moi : on croule sous les sollicitations, donc on (je) a besoin de laisser mûrir les choses - donner du temps au désir, si je peux oser cette formule, donner du temps au désir dans cette époque où la satisfaction de tout doit être immédiate (oui : doit, la satisfaction immédiate est devenue un droit ! -j’ironise). La jouissance d’aujourd’hui, on dirait, est un peu comme les avions qui tracent dans le ciel de votre jardin…

En plus cette attente allait bien à votre ouvrage, puisque la patience, les aléas, les bontés du temps en sont le moteur unique. Ajoutons-y les mains de la jardinière, et le beau désordre créé par l’enfant. Que serait la vie des « grands » si les enfants n’y venaient pas semer le désordre ? Les graines de demain, quoi !

Votre livre est bien comme les jardiniers sont, qui vous prennent le bras pour faire le tour de leur modeste pays (modeste, c‘est les jardiniers qui le disent), nommant au passage chaque plante (par petites touches, comme votre écriture, sans rien qui pèse ou qui pose comme dit le poète) donnant des nouvelles de telle ou telle pousse ; un peu comme on le fait d’un enfant : il a bien grandi depuis la dernière fois. Il manque d’eau. Les inquiétudes qu’ils ont par rapport à l’école du ciel, etc. Nommant donc, et vous confiant (sans vous regarder vraiment, en se penchant sur des pivoines par ex.) quelque préoccupation intime, quelque souci qui les travaille continuellement.

Oui vraiment j’ai pris bien du plaisir dans votre jardin. J’y serais bien resté plus longtemps…

Christian Degoutte

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29/05/2011

Jardin du causse lu par Jean-Louis Bernard

 

« Jardin du Causse » est un livre solaire, à l’écoute des saisons de l’année et de celles du cœur. Volupté de respirer les senteurs et le vent, de faire route avec les fruits, fleurs et orages, de s’incorporer aux éléments en une cérémonie païenne sans cesse renouvelée. Il y a aussi, tenace, l’épine de l’absence qui vient, à régulières intervalles, tarauder la joie. Douceur-douleur : ces deux quasi-jumelles hantent ces superbes textes ; la poésie est manque, la poésie est désir, les deux sont là, exacerbés (Héraclite : « la vie est une harmonie de tensions ») pour nous donner à lire un bijou poétique.

 

Jean-Louis Bernard, mars 2011

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25/04/2011

Jardin du Causse lu par Paul Badin

Paul Badin N4728.JPG

Cliquez sur l'image pour lire le texte

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Jardin du Causse, lu par Jacmo

Cathy Garcia : JARDIN DU CAUSSE (Ed. de l’Atlantique)

 

C’est le journal d’un jardin. De février à novembre. Un potager qui vit tout au long des saisons entre graines et fruits, entre pousse et cueillette. Mais Cathy Garcia connaît aussi bien les légumes que toutes les plantes euphorbe, plantain, potentille rampante qu’elle sait peindre à la façon d’une aquarelliste. L’hellébore dresse ses grappes de cloches vertes et fétides, premières constellations jaune d’or des ficaires. Les fleurs, la botanique rythment les jours qui passent. Mais c’est aussi le journal des oiseaux, des  papillons, voire des avions qui tournent autour et au-dessus du jardin et du causse. Ces morceaux de ciel mobiles qui enchantent ou dérangent. C’est encore le journal d’une enfant qui apprend et s’éveille en se confrontant aux herbes et aux bestioles dans un même petit périmètre d’envol. C’est enfin et surtout le journal d’une femme qui jardine et pouponne, mais qui laisse entre nature et maternité passer quelques nuages sentimentaux. Cœur lourd, vaine rage.trop d’émotions, trop vives, jardin intérieur dévasté. Elle s’interroge : Envie de pouvoir être fière des hommes. // Faut-il qu’ils soient morts pour être admirables ? Cette peine sait jouer des armistices : la paix n’est pas un état mais une victoire sur soi, une trêve dans la guerre intime.  Elle peut aussi faire preuve d’humour : Un moucheron met fin à ses jours dans ma narine droite Enfin, comme une résolution finale : La pluie, de ses caresses, fait jouir le potager. Et puis l’hiver arrive, on referme le jardin du causse.                   

 

Jacmo (à paraître dans la revue Décharge n°150 – juin 2011)

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Celle qui manque lu par Georges Cathalo

 

Cathy GARCIA : Celle qui manque  (Asphodèle éd., 2011), 52 pages, 7 euros, 23 rue de la matrasserie 44340 Bouguenais.

C’est chez une nouvelle et discrète maison d’édition que Cathy Garcia a le bonheur de voir paraître cette longue suite poétique. Autour du manque fondamental qu’elle ne craint pas d’aborder, ce sont d’autres manques secondaires qui vont être déclinés. Ce qui ailleurs tournerait à la confession pleurnicharde résonne ici tout autrement grâce à la richesse des mots et « des valises et des valises de vocabulaire ». Ce recours au langage précis est difficile  et troublant car « les mots clés ont des serrures », surtout lorsque Cathy Garcia se fixe un but utopique : « J’atteindrai le mot ultime ». Elle reconnaît pourtant qu’écrire « n’est pas le but, seulement un chemin », une recherche et une quête. Elle se livre à des aveux qui lui permettent d’avancer : « j’ai trop manqué d’amour » et « je ne suis toujours pas guérie ». Avec ce beau petit livre, « celle qui manque aujourd’hui ne manque de rien », errant « de désert en désert où elle s’entête à croire aux fleurs », à l’art, à l’écriture et à la poésie, « ce vent chargé de fadaises ».

 

Georges Cathalo

19:14 Publié dans MES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (0)

29/03/2011

Celle qui manque lu par Murièle Modély

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Les poèmes de Cathy Garcia disent la langue éruptive.
Voilà il faut que les mots coulent.
Regarder le manque, creuset où la voix de la poètesse se déroule, éructe
Il y a une urgence, un impératif à briser le silence.

"J'ai grandi ligotée, baillonnée sous le joug maternel, avec cette injonction qui résonne toujours et encore "Ne réponds pas ! ".
Aussi qu'on veuille bien excuser cet irrépressible besoin d'avoir mon mot à dire."

A briser et à maîtriser aussi.
De la nécessité mais aussi du dérisoire d'écrire.
Car les mots ne peuvent et doivent dire ce que l'on est.

"Ecrire. Ecrire quoi ? Tourner, tourner la même soupe, une connerie christique s'imaginant offrir ses tripes. Manquer de pudeur ? Mais c'est bien pire que ça ! Montrer ses fesses sans culotte, certes c'est osé, mais les montrer sans peau ?"

C'est un cri, où peu à peu le "je" se pose/ pause.
Il faut une voie en soi et dans le monde.

"Ecrire n'est pas un but, seulement un chemin. Il faut trouver cette autre chose, essentielle. L'énergie vive."

Et un bel apaisement parcourt les dernières pages

 "Par les veines de la terre, sa chair, ses vertèbres résonantes, je suis reliée.

Reliée vive."

Ce livre me parle, me parle... pour diverses raisons
Alors je vous en parle, moi aussi.

 

http://l-oeil-bande.blogspot.com/2011/02/celle-qui-manque...

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08/02/2011

Celle qui manque, lu par Stéphane Beau

Un bel article de Stéphane Beau sur le Grognard à propos de Guillaume Siaudeau et
Quelques crevasses, le recueil qu’il vient de faire paraître aux éditions du Petit Véhicule et moi-même et Celle qui manque, tout juste paru donc chez Asphodèle.
  
à lire dans son intégralité ici :http://legrognard.hautetfort.com/archive/2011/02/08/les-crevasses-ne-manquent-pas.html

(...)

C’est par le biais d’une publication chez Asphodèle que j’ai découvert Guillaume Siaudeau, et c’est chez ce même éditeur que j’ai le plaisir de retrouver Cathy Garcia, poétesse dont tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la poésie contemporaine connaissent forcément le nom. Son dernier né ? Celle qui manque.

A première vue, rien n’est plus éloigné de l’écriture de Guillaume Siaudeau que celle de Cathy Garcia. Alors que le premier semble porter sur la vie un regard doux et paisible, Cathy Garcia mène un combat sans pitié contre elle-même. Si j’ai parlé de « sourire » pour Guillaume Siaudeau, il convient plus de parler de « cri » à propos de Cathy Garcia (on retrouve d’ailleurs le célèbre personnage de Munch dans un de ses collages qui illustrent le volume). Même l’acte d’écrire, loin d’être l’expression d’une joyeuse harmonie, est chez elle bien souvent un aveu d’impuissance : « Ecrire. Ecrire quoi ? Tourner, tourner la même soupe, une connerie christique s’imaginant offrir ses tripes. Manquer de pudeur ? Mais c’est bien pire que ça ! Montrer ses fesses, sans culotte, certes c’est osé, mais les montrer sans peau ? ».

 

Et pourtant, malgré les différences de styles et de tonalités, Guillaume Siaudeau et Cathy Garcia se retrouvent sur l’essentiel : la sincérité et l’honnêteté. Aucun des deux n’écrit pour la gloire : s’ils se remettent à l’ouvrage chaque jour c’est parce que la béquille des mots leur est indispensable pour colmater les brèches de leurs crevasses intimes. Tous deux n’écrivent pas pour écrire, mais pour vivre, tout simplement. « Vivre et justifier quoi ? » Nous demande Cathy Garcia, avant de répondre pour nous : « Rien. Nothing. Nada. »

 

Stéphane Beau

10:45 Publié dans MES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (0)

06/02/2011

Celle qui manque lu par Ile Eniger

"Celle qui manque" - Cathy Garcia

Éditions Asphodèle - Collection Minuscule - 7 Euros

 

Aux Éditions Asphodèle, ou chez l'auteur, un petit livre qui en dit long !

Je vous le recommande.

L'écriture de Cathy Garcia se passe des stratégies du joli langagier pour offrir un cri brut et personnel qui en dit plus que tous les ronds de jambes inutiles. C'est un grand plaisir de recevoir la belle écriture de "Celle qui manque".

  Ile Eniger

  

 

 

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27/01/2011

CELLE QUI MANQUE vient de sortir chez Asphodèle

 

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e de couv.JPG

Format 10,5x14,8cm - 52 pages – 7€

 
Photo de l'auteur
 
 
 
Le mot de l'éditeur :

Cathy Garcia est une artiste complète, presque prométhéenne. Poésie, littérature, oeuvres picturales, dessin, collages, théâtre, chant... Le plus remarquable est qu’elle excelle dans tous ces domaines. Quelque chose comme une forme de vitalité impérieuse.


Ce nouveau “minuscule” est, comme il se devait pour elle, innovant, puisqu’il est le premier à contenir, en plus de ses textes, des illustrations originales de l’auteure.


 
Adressez vos envois et vos commandes à :

Asphodèle-éditions
23 rue de la matrasserie
44340 Bouguenais

06 43 35 49 14

ou par mail à :

asphodele-edition@orange.fr
 
 

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24/01/2011

Jardin du Causse, lu par Guénane

LE JARDIN DE CATHY ME CAUSE

"J'avais lu les extraits. Je craignais un peu je ne sais quoi, j'avais TORT! J'y ai plongé avec bonheur, pire, l'émotion peu à peu monta.
Mère-enfant-chat au jardin de la découverte, c'est touchant-charmant. Mais perce la Femme, crocus en son hiver. L'Amour craque, se disloque, le Chat redevient "Celui qui s'en va tout seul", juste un chatoiement. Mère-Fille, le théorème de l'angoisse sourd, filiation et répétition me traquent, sans éteindre heureusement la lumière. La Poésie c'est savoir s'agenouiller devant un brin d'herbe, c'est la sage folie de l'Espoir."

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18/01/2011

ESKHATIAÏ par Michel Host

Un premier recueil, un coup de maître… Autrement dit, l’évidence d’un poète majeur ! Non que Cathy Garcia-Canalès, n’ait que peu publié : elle l’a fait, et souvent, dans diverses revues, dont la sienne (Nouveaux Délits) et chez différents éditeurs [Voir ci-dessous (*)] Puis dans les autoéditions à tire d’ailes…où, à propos de Salines, je disais le bonheur éprouvé à découvrir une poésie d’une ampleur rare et d’une totale liberté dans le verbe qu’elle fait détaler et courir selon les pentes d’un tempérament qui, outre sa générosité, ne se conçoit pas dans les retenues dictées par les bienséances de l’heure, la volonté de ne heurter quiconque ou quoi que ce soit… Reprenons ici quelques moments de la postface que j’écrivis alors, c’était en 2007 :

« Il n’est pas de faux-semblants, ni dans le dire, ni dans l’image, ni dans la trajectoire chez Cathy Garcia, et moins qu’ailleurs peut-être dans SALINES. Ce beau titre assume une amplitude et un regard qui, d’emblée, nous rapprochent de la mer et du vent, de la peau chargée des odeurs chaudes de l’amour, et, pour tout dire, d’un élan vital originel… »

J’y relevais le rétablissement de l’âme humaine « dans les beautés et les grandeurs terrestres », et jusqu’à l’impudeur, « cette ostentation de l’être féminin  - totalement féminin -, entièrement soi, protéiforme… :

Je suis femme

Unique multiple

Je suis la grande saline

 

Une poésie établie dans le vivant absolu, « parce qu’être femme c’est cela, ni plus ni moins, c’est être dans la germination, l’efflorescence, l’offrande et le plaisir :

 

J’aime à fleurir

clandestinement

 

m’ouvrir à des nuits étoilées de plaisir

éclater sous la brûlure d’un soleil mâle »

 

J’évoquais le grand Pan, et le regret qu’en avait exprimé Michelet… la sauvagerie d’une poésie jouissive et jouissante, réjouissante donc, non pas apeurée, mais fière, où le carpe diem « n’a plus à se signaler comme ambition et désir, car il est désormais et explicitement, l’existence elle-même… »

J’aime donc et admire cette poésie aussi crue ici qu’elle se montre délicate là-bas… cette poésie de la célébration qui ne tombe jamais dans la niaiserie, ni dans le solennel et l’ennuyeux !  Qui va son train, mais ne méconnaît pas « le versant périlleux et bouleversant des choses » :

L’illusion

est si belle

 

vaut bien la blessure

que tu ne manqueras pas

de me faire

 

Je voulais aussi la ramener, non seulement à une lignée et à un puissant courant de la poésie française féminine (de Marie de France et Pernette du Guillet à Madame Colette !), mais surtout à cette longue respiration du vivant, à « cette force infinie et lointaine des fontaines résurgentes. » J’ajoutais ceci, que je confirme aujourd’hui encore : « Mon admiration est sans mesure. »

Silvaine Arabo et les Editions de l’Atlantique, en réunissant Salines et Mystica Perdita dans un même recueil intitulé ESKHATIAÏ (les confins, les limites), ne semblent pas m’avoir donné tort. La vision,  je le souligne en préface, s’élargit, s’approfondit, veut toucher à la totalité de notre monde : « Ses poèmes vibrent de ce contraste implicite entre le Jardin de la Création, que nous n’avons plus que le choix de regarder en songe, et ce jardin mutilé que, sous nos yeux, salit et martyrise la modernité cupide. » Mystica perdita lance les mots comme on lance des fusées, au grand loin, au-delà des eskhatiaï que, malgré leur fragilité, ils franchissent :

 

Mots d’hommes en langues aguerris

De verre d’entailles de boue de bruit

……………………………………………..

Mots esprits sables reptiles

Sueur sperme salive

Mots salis de nos sexes vortex

Façonnés à faire tourner

Ciel tête bol monde

 

Cette poésie magnifique, grande sans grandiloquence, nous porte, nous transporte, nous élève en somme ; elle tremble et rit et pleure dans son « Chant Chaos-Harmonie » :

 

Plaie obscure de la nuit

Dans nos paumes accolées

Rêve bu au carreau du destin

 

Elle est écrite par quelqu’un qui ne se disjoint pas, ne se divise pas en tranches séparables, opposables… Ici la main droite sait à tout moment ce que fait la main gauche. Le visage regarde et voit devant. Cathy Garcia-Canalès vit et écrit comme elle avance, droit devant elle et sans nulle crainte. Je me cite une fois encore, qu’on me pardonne, mais je ne sais mieux dire : « Le Poème qu’entreprend d’écrire sa sensibilité toute tendue vers l’intelligence de soi-même et du monde, n’est ni de contingence ni de hasard. Il est grand comme sa vie. Il va comme elle, il avance dans ses pas. »

____________________________.   

Editions de l’Atlantique – BP. 70041 – 17 102  SAINTES CEDEX

Bowenchina12@yahoo.fr  /  http://aguerro.ifrance.com  

 

Extrait du bulletin La Mère Michel V - Poiesis-Poésie - Automne-Hiver 2010-2011 qu'on peut lire dans son intégralité sur:

http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2011/01/18/la-mere-michel-a-lu-special-poesie.html


 

20:03 Publié dans MES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (0)

14/01/2011

Les Livres Pauvres

Je viens d'avoir, suite à l'invitation de Daniel Leuwers que je remercie beaucoup, le grand plaisir de participer à l'aventure des Livres Pauvres. Une nouvelle collection de petit format dont les titres sont tous empruntés à l'oeuvre de Mallarmé. Je me suis associée pour cela aux talents d'artiste de Jean-Louis Millet (http://www.zen-evasion.com/)

"Les « livres pauvres » constituent des collections « hors commerce » de petits ouvrages où l’écriture manuscrite d’un poète rejoint l’intervention originale d’un peintre. C’est en 2003, dans le cadre du Prieuré de Saint-Cosme,situé près de Tours et où est mort Ronsard, qu’a eu lieu la première expositions de ces collections lancées par Daniel Leuwers, qui comprenaient alors une soixantaine de livres."

"En 2008, c’est près de trois cents nouveaux livres qui ont été présentés à Saint-Cosme. Des peintres comme Alechinsky, Viallat, Kijno, Steinberg ont rejoint les collections qui se sont multipliées.
Trois gros catalogues présentant les ouvrages et leurs reproductions en couleur offrent un panorama unique de cette belle aventures ont été successivement édités : « Le Livre pauvre » , Tarabuste, 2003 ; « Livre pauvre/Livre riche » , Somogy, 2006 ; enfin « Richesses du livre pauvre » , Gallimard, 2008.
Pourquoi cette appellation « livres pauvres » ? Tout simplement parce qu’il s’agit de livres conçus comme un artisanat sans aucun investissement financier. Le poète compose à la main sur papier vierge chacun des exemplaires constituant à chaque fois un original et choisit le peintre qui va l’accompagner sur ces mêmes exemplaires, chacune des illustrations étant elle-même un original pour le recueil final. Par conséquent, ni graveur, ni lithographe, ni imprimeur et en bout de chaîne ni diffuseur et ni libraire.
Daniel Leuwers n’est donc pas un éditeur, mais un « susciteur » qui souhaite que les livres pauvres soient montrés au public le plus large possible."

Voir tout l'article de Bernard Mazo à ce propos sur Texture :http://revue-texture.fr/spip.php?article268

 

Voici donc un aperçu de notre série de Livres Pauvres, à JL Millet et moi, en partant de ce vers tiré de l'oeuvre de  Mallarmé "D'azur bleu vorace"

 

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24/12/2010

JARDIN DU CAUSSE

Vient de paraître aux Editions de l’Atlantique (Collection Phoïbos) :

 

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poèmes de CATHY GARCIA-CANALÈS

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avec la reproduction de nombreux dessins originaux de Joaquim Hock

 

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Edition à tirage limité, entièrement numéroté sur beau Papier de Création blanc nacré, grain subtil, 120 gr., Couverture : id. 250 gr. au prix de 13,00€ TTC France l’exemplaire

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Voici le livre du bonheur : bonheur de la jeune mère dans ce jardin du Causse qui tient lieu
de paradis, bonheur du lecteur qui retrouve un peu de son âme dʼenfant en parcourant ces
textes de Vie et, jʼoserais presque le dire, de sacralité. Car, oui, cʼest un espace intérieur
et extérieur (lʼun jouant perpétuellement avec lʼautre) de sacralité quʼil nous est donné,
comme par grâce, dʼéprouver ici.
Les originales et belles illustrations de Joaquim Hock viennent ponctuer cette parenthèse
aiguë du bonheur dʼêtre - dès lors que lʼon sʼabandonne à Mère Nature - et la scansion du
recueil en dix mois (un peu plus que le temps dʼune gestation - le recueil est dédié à sa
fille), avec la psalmodie de “jardin du Causse” qui revient comme une litanie, nous redisent
la volonté dʼincarner lʼarchétype : celui du Jardin (on pense aux jardins carrés, mystiques,
du Moyen Age) mais aussi celui de lʼEnfance, et, peut-être aussi, comme le dirait Marcel
Proust, du “Temps retrouvé”.


Silvaine Arabo

Bon de commande : Bon de commande C. Garcia.pdf
Editions de l’Atlantique, B.P. 70041, 17102 Saintes Cedex

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