Raoul Vaneigem (1934- 28 juillet 2026)
Confinés dans une chambre où l'air se raréfie, les intellectuels discutent à perte de vie des causes de l'asphyxie. Pousser la porte pour aller respirer est ce qu'ils appellent une utopie.
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À quoi reconnaît-on la fin d'une époque ?
À ce qu'un présent soudain insupportable condense en peu de temps ce qui fut si malaisément supporté par le passé. De sorte que chacun se convainc sans peine ou qu'il va naître à lui-même dans la naissance d'un monde nouveau, ou qu'il mourra dans l'archaïsme d'une société de moins en moins adaptée au vivant.
Aux premières lueurs de l'aube, une lucidité se fait jour. Elle montre en un instant à quel écartèlement l'histoire de tous et l'enfance d'un seul ont porté le désir d'être humain et l'obligation quotidienne d'y renoncer.
in Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire.
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Se sentir bien ne résulte pas d’une prise de médecine, d’alcool, de drogue, de spiritualité ou d’un hédonisme de marché. C’est établir une relation avec ce que l’on éprouve en soi de plus vivant, jusqu’à cette vibration issue de tout ce qui vit, où le corps et le monde se découvrent un langage commun, une musique ou une poésie de l’action unanime.
Telles sont les impulsions de l’enfance, que l’adulte prend tant de temps et d’énergie à redécouvrir, sans le plus souvent savoir qu’en faire.
in Nous qui désirons sans fin
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Les constats procèdent par substantifs, ils s'encombrent de mots.
La poésie pratique cherche le verbe. Un seul parfois suffit à ébranler le monde.
in, Journal Imaginaire - Contre l'intellectualité.

